Discours de l'Hon. L.P. Pelletier sur la question des asiles d'aliéné s [microforme]
La question qui nous occupe en ce moment est une de celles qui ont passionné l'opinion publique depuis plusieurs années. Elle a été l’une des causes qui ont amené la séparation du parti conservateur en deux camps ; dans la presse et aux élections générales de 1886, elle a été le sujet de luttes acrimonieuses. Le parti conservateur-national à pris, sur cette question, une position tranchée et je crois qu’il convient à l’un de ses membres d'offrir ici quelques remarques.
Nous venons d'entendre deux discours remarquables, celui de l’hono rable Secrétaire Provincial (M. Gagnon) et celui de l’honorable député de Beauce (M. Blanchet). Le premier a présenté, de la part du gouvernement et au point de vue ministériel, les motifs qui ont engagé nos gouvernants à soumettre à la législature le projet de loi qui est devant nous. Il l’a fait en termes éloquents et il a rendu justice à la cause. Je le remercie des bonnes paroles qu’il a prononcées à l’adresse des révérendes Sœurs de la Providence, et je prends acte des déclarations qu'il a faites au sujet de la politique future du gouvernement à leur égard.
L'honorable député de Beauce qui lui a répondu s’est efforcé surtout de justifier la position qu'il avait prise en 1885 avec ses collègues de l'ancien gouvernement ; il a essayé de démontrer que le projet de loi actuel est inutile parceque le Statu’ de 1885 ne violait pas les contrats intervenus entre le gouvernement et les propriétuires de nos asiles.