‹ Discours de l'Hon. L.P. Pelletier sur la question des asiles d'aliéné s [microforme]Chapitre 2 sur 36 · UNE ASSERTION ERRONÉE · texte numérisé non relu

UNE ASSERTION ERRONÉE

. J'aurai l’occasion au cours de mes remarques de répondre d'une manière spéciale à chacun de ces arguments, mais, avant d'aller plus loiu, je me fais un devoir de relever de suite une de ses assertions, la plus étrange qu'il ait faite.

L'honorable député nous a dit que le Statut de 1885 n'avait pas été dénoncé et combattu par les autorités religieuses de cette province.

Je n'avais pas l'intention de discuter ce point là. J'avais raison de croire que l'honorable député n’en parleruit pas non plus ; l'honorable Secrétaire Provincial n’y avait pas touché et il était préférable de n'y pas faire allusion. Mais, comme le député de Beauce a jugé à propos de se réclamer de l'opinion de nos SS. les Evêques, il convient de ne pas laisser le public sous l'impression que ses avancés sont exacts. Je n'hésite pas à m'inscrire en faux contre les assertions de l’honorable député sur ce point-là. J'irai plus loin ; je dirai que je suis extrêmement surpris de voir qu’un homme qui a été ministre de la couronne, qui a occupé des positions importantes dans ce pays, et qui est encore à l'heure qu'il est l'un des hommes les plus en vue de cette Chambre, puisse se permettre d'affirmer des choses qu’il sait ne pas être exactes.

Il existe des documents confidentiels dont je ne veux pas parler, quel

je n'ai pas droit d’invoquer. S'il y a un homme qui connaisse ces docaments, qui sache jusqu'à quel point ils démentent la vérité de ses assertions c'est bien l'honorable député de Beauce, qui les a lui-même reçus, qui n’a

jamais voulu s'en occuper, qui les a foulés aux pieds tout en promettant

de s’y conformer. Ces documents confidentiels forment tout un dossier ; ils comportent, en termes formels, une condamnation contre l’ancien gouvernement. L'honorable député a cru sans doute que, vu leür caractère confidentiel, ils ne pourraient être invoqués devant cette Chambre. Il a cru pouvoir s’autoriser de ce fait pour affirmer devant cette Chambre et devant le pays un fait qui est d'une flagrante inexactitude. Cette attitude ne fait pas honneur à celui qui l’a prise. Il existe heureusement des documents non confidentiels sur ce point, et il suffit de citer ceux-là pour

démolir sans retour l'étrange proposition qui nous à été soumise. On ak

invoqué l'opinion de Son Eminence le Cardinal Taschereau, et on a cité une lettre du 16 novembre 1887, lettre écrite à la Commission royale sur les asiles et publiée dans le rapport de la majorité. On a eu le soin de ne citer qu'une partie de cette lettre. Je me permettrai de complèter la citation. La dernière phrase de la lettre de Son Eminence, telle que je la trouve à la page 71 du rapport, dit ceci : ‘“ Puisque la Commission veut ‘“ bien me consulter sur la question je dirai franchement qu’il me parait

“ désirs “ Jean ‘avant

Qu l'acte e de l’asi en vert vpiniot

Je

et repr dit :

“ désirable que le gouvernement laisse aux directrices de cet asile (Saint- “ Jean de Dieu) au moins une partie de l'autonomie dont elles jouissaient ‘avant la passation de l'acte en question.”

dre d'une plus loin, ns, la plus

Qu'est-ce que veut dire cette phrase ? N'est-elle pas une preuve que l'acte en question, c’est-à-dire le Statut de 1885, a enlevé aux directrices de l’asile de Saint-Jean de Dieu une partie des droits dont elles jouissaient en vertu de leur contrat ? Il me semble qu'il ne peut pas y avoir deux vpinions là-dessus.

ait pas été nce.

s raison de

Je passe maintenant à la lettre écrite par Sa Grandeur Mgr de Montréal

able Secré- : é gs ire 7 reproduite à la page suivante du rapport de la majorité. Voici ce qu’elle pas faire dit :

se réclamer r le public Montréal, 16 novembre 1888.

m'inscrire -là. J'irai n homme portantes Les les plus hoses qu’il

‘“ M. À. DUCRESNEAU, président, ‘ Commission Royale des Asiles.

“ Monsieur le Président,

‘ Dans votre lettre du 14 courant vous me faites l’honneur de me “ demander mon opinion relativement à la loi des asiles d’aliénés. Or, ‘ la-dessus, je ne puis pour le moment que demander ceci : Que cette loi ‘ remplisse d'une manière équitable les conditions du contrat passé avec “ les sœurs, concernant l'asile St-Jean de Dieu, et à mon avis elles ne sou- ‘ lèveront aucune récrimination. Je souhaite de tout mon cœur que la ‘ Commission Royale insiste dans son rapport sur ce ts da qui est des “ plus importants.

arler, que » ces doca-| s assertions us, qui n’a promettant k an dossier ; ncien gour caractère nbre., Ila hambre et te attitude

“ J'ai l'honneur d’être, Monsieur, votre tout dévoué serviteur,

EpouaRD CHARLES, Archevêque de Montréal.”

: des docu- à À RES

ux-là pour Que veut dire cette lettre ? I1 me semble qu’elle est claire. Des récriise,. Onda minations sans nombre ont été faites à cause de la loi de 1885. Mgr de tona cité Montréal nous dit que si les lois de l'avenir SX d'une manière | ‘ontrat passé avec les Sœurs, elles ne soulèroyale surk équitable, les conditions du con p ;

veront aucune récrimination. Ne doit-on pas conclure de là que Sa Grandeur est d'opinion que si les lois antérieures ont soulevé des récriminations, \ 4 c’est qu’elles n'étaient pas justes, qu’elles violaient les contrats ?

À la pag: 75 du même rapport, je trouve maintenant l'opinion de Sa Grandeur Mzr de St-Hyacinthe :

soin de ne mplèter la e que je la ssion veut me paral!

Ets

St-Hyacinthe, 15 novembre 1888,

M. À. DUCHESNEAU, ; “ Président C. R. A.

‘ Monsieur le Président,

“ J'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre d'hier et de vous “ informer en réponse que la cause des difficultés entre le Gouvernement “ de Québec et les religieuses directrices de St-Jean de Dieu en particulier “ m'a paru être ia non observation de la part du Gouvernement du contrat passé “ entre celui-ci et les susdites religieuses. C'est pour cette raison que j'ai bien “ regretté dans le temps la passation du Bill de 1885 pour les asiles ‘ d'aliénés.

“ Je demeure bien sincèrement, Monsieur le président, Votre tout dévoué serviteur,

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