À. LECOURS, N. P
Dès le lendemain, c'est-à-dire le 25 août, le fameux bureau médical répondit par l'envoi d’une copie des résolutions qu'il avait adoptées et que je cite textuellement :
* A une assemblée du bureau médical de l'asile St. Jean de Dieu,
tenue, au bureau du Président et Nurintendant médical à Montréal, le vingtcinq Août 1885.
I] fut résolu que le Dr. Duquet agisse comme secrétaire du bureau.
Résolu que le Dr. Perrault, médecin interne, et le Dr. Duquet, assistant-médecin, tous deux nommés par le gouvernement à cet emploi, sous l'autorité de l'acte 48 Vict., offrent leurs services demain matin aux propriétaires de l’asile et déclarent aux dits proprié: :ires qu'ils sont prêts à exécuter les devoirs que leur impose le goxvernement en vertu du dit acte.
.… Résolu que le Bureau Médical regrette que les propriétaires de l'asile ment cru de leur devoir de protester contre le Bureau et contre l’Acte en vertu duquel le dit Bureau a été constitué.
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Résolu que c’est le désir du Bureau de rencontrer les vues des propriétaires de l'asile dans l'administration du dit asile aussi longtemps que cela pourra se concilier avec les devoirs du dit Bureau.
Résolu qu'une copie des présentes résolutions soit transmise à l'Honorable Secrétaire Provincial et à la révérende Mère Supérieure de l'asile d'aliénés de St. Jean de Dieu.
HENRY HOWARD, Surintendant-Médical, F, X. PERRAULT, Médecin Interne, E. E. DUQUET, Assistant M. D. Interne.
Ces résolutions en disaient long sur les intentions du bureau médical et sur celles du gouvernement. Ces solennels médecins, agents du pouvoir public, annoncent d’abord qu’ils sont nommés par le gouvernement et qu'ils entendent imposer leurs services, leur manière de voir, ils s'arrogent le droit de faire des remontrances à la communauté parceque cette dernière a eu l'audace de protester contre le bill et contre le bureau médical, et ils terminent en déclarant qu'ils désirent rencontrer les vues des propriétaires des asiles dans l'administration aussi longtemps que cela pourra se concilier avec leur devoir. .
Ainsi donc, nous avons ici l’aveu du bureau médical lui-même qu'il ne veut plus simplement contrôler le trailement médical, mais qu’il ne s’ingèrera pas dans l'administration (management) seulement s’il considère la chose compatible avec son devoir.
Les médecins du gouvernement ne disaient pas là une chose nouvelle ; il était impossible pour eux de contrôler le service médical, sans contrôler en même temps l'administration. Mais il est important de noter ici l’aveu même de ces gens-là pour démontrer que j'émets une proposition vraie lorsque je dis que le service médical ne peut pas se séparer de l'administration, qu’en s’emparant de l’un, le gouvernement prenait aussi l’autre forcément.
Continuons à suivre les événements.
Le fameux docteur Howard, le président du bureau médical, le fanatique instrument de l’ex-ministère, l’homme qui a laissé son nom et sa réputation attachés d’une manière disgracicuse à cette lutte d’un gouvernement contre des Sœurs de Charité, le fameux docteur Howard continue à vouloir imposer sa volonté ; le 25 août 1885, il écrit à la révérende Sœur Thérèse :
‘ J'espère que vous et le gouvernement en viendrez bientôt à une “gntente, dans tous les cas rappelez-vous que c'est une question à décider “entre le gouvernement et votre communauté. Quant au bureau médical ‘ il Jui faut faire son devoir tel que prescrit par la loi. Te vous assure que vous “ m'en créez des difficultés et que j'ai les mains pleines. Vous savez, ma
“ chère sœur, que je désire que la paix et l’hsrmonie règne entre nous;
“ j'espère que les journaux ne seront pas informés de nos difficultés, que
“ rien de tout cela ne sera publié dans la presse maïs que l'affaire sera
“ arrangée d'une manière pacifique entre vous et le gouvernement. ” Votre obéissant serviteur,