MONSIEUR LE MINISTRE
Du moment que nous avons été notifiées du refus du gouvernement d'admettre définitivement les deux idiotes Elise et Marie Louise Guillotte, nous en avons immédiatement donné connaissance à leurs parents et au curé de North Stanbridge. Jusqu'à présent, personne n’est venu les chercher.
Veuillez nous dire ce que nous devons faire de ces deux enfants, Nous ne voulons pas prendre sur nous de les mettre sur la rue Toutes deux sont incapables de se conduire, incapables même de voir seules à leurs besoins naturels, elles ne sont pas assez intelligentes pour cela; de plus, elles ont malgré leur jeune âge (7 ans et 13 ans respectivement) des habitudes dépravées et scandaleuses au dernier point, ainsi qu’en font foi les certificats qui accompagnent leur demande d'admission.
Nous avons toujours eu l'abitude d'attendre l’arrivée des parents et de remettre entre les mains de ces derniers, les patients déchargés. Mais comme dans le cas de ces deux idiotes, les parents tardent à venir, nous devons vous demander des instructions particulières,
J'ai l'honneur d'être, Monsieur le Ministre, Votre très humble servante, [Nigné,] SR THERESE DE JESUS, Supérieure,
Or veut-on savoir ce qu’un grand gouvernement et de grands ministres sont capables de répondre à une lettre comme celle-là ?
: à RÉ BUREAU DU SECRÉTAIRE, QuéBEc, 17 Décembre, 1885.
4 2 a 1 RÉVÉRENDE SŒUR, Pr.
J’ai l'honneur d’accuser réception de votre lettre du 9 et de vous informer que l’honorable Secrétaire de la Province regrette de ne pouvoir révo- tie quer l'ordre qui vous a été communiqué relativement au renvoi d’Elise et pa Marie Louise Guillotte. Mc J'ai l'honneur d’être, Monsieur, Votre obéissant serviteur, Px. J. JOLICŒUR, Assistant-Secrétaire, L RE En voilà une réponse !
Et dire qu'il avait fallu huit jours, du 9 au 17 septembre, pour trouver cela !
On laïssa ces idiotes à la charge de la communauté pendant longtemps sans vouloir payer pour leur entretien et sans vouloir donner d'ordre à son leur sujet, ce que voyant la Supérieure décida un acte énergique. Elle D'a envoya les deux malades sous bonne garde à la résidence du médecin du lett gouvernement. Ce dernier, touchant alors la difficulté du doigt, les ren- enc voya à l'asile promettant de s'occuper de l’affaire immédiatement. ‘Ce ne àr fut cependant que le 6 de mai suivant, cinq mois après, que l’on s’occupa de cette question pour lui donner une solution. Je cite ici le document avec la date : A Longue-Pointe, 6 mai, 1886. Mo RÉvD SR SUPÉRIEURE de l’Asile St. Jean de Dieu. Ma RÉvVD. SŒUR, et AA À à À à Po Le bureau médical, à son assemblée de lundi le 38 du courant, a pris l'u en considération le cas des deux Guillotte et a résolu de faire un rapport th spécial au gouvernement. J'ai l'honneur de vous informer que tel rap- dé port est fait et doit être envuyé sans délai. aff, | Votre très humble serviteur ÿl F. X. PERREAULT, M. D., Méd. Interne. oi tril il Le gouvernement, peu satisfait des tracasseries de ses sbires du bureau col j médical, s'en mêlait quelques fois lui-même ; lui qui ne voulait jamais gu o correspondre avec la communauté, prenait la peine d'écrire ce qui suit le ï i no ü| 15 décembre : où
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BUREAU DU NECRÉTAIRE, Québec 15 déc. 1885.
RÉVÉRENDE NŒUR,
J'ai l'honneur de vous informer qu'il est venu à la connaissance du gouvernement que votre établissement distribue aux particuliers des doubles des formules et certificats requis pour l’adm ssion des aliénés.
J’ai ordre de vous prier de cesser cette pratique et d'informer les parties qu’elles devront s'adresser aux membres du Bureau Médical et en particulier au Dr Howard, Surintendant Médical, 96 University Street, Montréal.
J'ai l'honneur d’être, Révérende Sœur, Votre obéissant serviteur, PH. J. JOLICŒUR, Assistant-Secrétaire.
REVERENDE SŒUR THÉRÈSE DE JÉSUS, Directrice de l’Asile St Jean de Dieu, Longue-Pointe.
L'honorable député de Beauce, responsable de cette lettre écrite par son assistant, reçut une réponse que je cite en entier, pour deux raisons. D'abord, parcequ'elle mettait à sa place un homme qui avait écrit une lettre imméritée, et ensuite pour faire cesser certaines rumeurs qui existent encore et certaines accusations que l’on porte contre les Sœurs de chercher à recueillir des malades dans les campagnes.
Ho&PICE NT-JEAN-DE-DIEU, LONGUE POINTE, 21 Décembre 1885.
À L'HONORABLE J. BLANCHET, Secrétaire Provincial, Québec.