‹ Discours de l'Hon. L.P. Pelletier sur la question des asiles d'aliéné s [microforme]Chapitre 23 sur 36 · MONSIEUR LE MINISTRE · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE MINISTRE

La prétention du gouvernement de monopoliser le droit de se servir, et de permettre de se servir des formules est pour le moins étonnante. Pourquoi ces formules ont-elles été mises dans les statuts, si ce n’est pour l'usage de tout le monde ? N'importe qui peut écrire ces formules de sa main, et personne n'a le moindre droit d'y trouver à redire; et si au lieu de les écrire à la main il juge à propos de les faire imprimer, c'est son affaire et non l’affaire du gouvernement.

Ceci dit, voici les faits: Nous ne ‘“distribuons” pas des formules comme votre lettre le représente faussement; nous n'en avons jamais distribué. Vu les nombreuses copies qu'il nous faut faire des documents concernant les aliénés, nous avons, pour nous éviter de longues et fatiguantes écritures, fait imprimer les blanes usuels.

Il arrive quelquefois que l’on nous écrit personnellement et privément, nous demandant des renseignements sur les formalités à suivre pour procurer l’internement d’un patient, et nous priant en même temps, comme faveur, d'envoyer les blancs des formules nécessaires.

Qt Nous en envoyons pour deux raisons : lo parceque c ’est un service à St. rendre ; 20 parceque nous ignorons alors s’il s'agit de patients priv és ou de ter patients publics. Et comme nous ne voyons aucune raison, ni même aucun Ju: semblant de motif raisonnable pour nous excuser de ne pas rendre un tel service, lorsqu'on nous le réclame, nous continuerons à faire ce que nous É da

avons fait jusqu'ici,

Il est arrivé qu’un prêtre nous ayant écrit vers la fin de septembre dernier, de lui envoyer des formules pour deux aliénés, nous avons communiqué cette demande au Dr. Perrault, membre du Bureau Médical, en le priant d’y faire droit. Le Dr. Perrault a pris le nom et l’adresse en note et a promis d'envoyer les blancs demandés.

. Le 11 octobre dernier, nous recevions une lettre de ce NA prêtre, nous reprochant de ne pas lui avoir envoyé de formules et nous demandant pourquoi nous avions refusé de lui reudre ce léger service.

Ce fait, qui n’est pas isolé, n’est pas de nature à nous engager à nous fier aux membres du bureau médical pour donner satisfaction à ceux qui nous écrivent. Nous vous donnerons les noms, si vous voulez vérifier notre lo assertion.

J'ai bien : .onneur d'être, Monsieur le Ministre,

Votre très humble servante, À SR. THÉRÈSE DE JÉNSUS, Supérieure.

Le onze septembre, pouvoir avait été donné d'admettre temporaire- M

ment les malades comme suit :

LONGUE PuINTE, 11 Septembre, 1885, er

Nous soussignés médecins membre du bureau médical de l’Asile St. vi Jean de Dieu de la Longue Pointe, autorisons Sr Thérèse de Jésus Supé- à. rieure de l’Asile à recevoir et admettre temporairement dans l’Asile, les :

aliénés arrivant en notre absence, jusqu'à notre visite suivante, et cela jusqu’à nouvelle ordre.

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