‹ Discours de l'Hon. L.P. Pelletier sur la question des asiles d'aliéné s [microforme]Chapitre 28 sur 36 · LES GUÉRISONS · texte numérisé non relu

LES GUÉRISONS

Le chiffre des guérisons dans un asile'd’aliénés n’est pas un criterium absolu, mais il est généralement admis comme un bon indicateur d’un traitement médical compétent et d’une bonne administratien. Je dis que le chiffre des guérisons n’est pas cependant un criterium absolu, car la guérison d'un aliéné ne dépend pas toujours de la manière dont il est traité. Ilest admis aujourd'hui par tous ceux qui se sont occupés de cette question que la probabilité de la guérison est considérablement

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affectée par la longueur du temps qu'a duré la maladie avant l'admission du patient à l'asile ; et dans notre province, on ne prend pas assez de soin pour saisir l’origine de la maladie. On espère toujours, on garde le malade longtemps, et on ne l'envoie à l'asile que lorsqu'on a perdu chez lui toute espérance de guérison, C’est là un grand malheur ; les spécialistes les plus autorisés, comme Tuke, Esquirol et Pinel, s'efforcent de l’établir et les statistiques du monde entier corroborent leurs assertions: En Angleterre, la statistique démontre, tel que l’a établi Lord Ashley à la Chambre des Communes, que les aliénés gunérissent dans une proportion de neuf sur dix, quand ils sont confiés aux médecins spécialistes dans les premiers mois de la maladie,

Une citation du journal La France donne la moyenne suivante pour ce pays :

76 pour cent pendant le premier mois de la maladie.

58: 14 ‘pendant le deuxième mois de la maladie, 41 ‘après le sixième mois.

30 “ “si la maladie dure plus d’un an.

En Italie, on a le résultat suivant :

6 par 10 pendant le premier trimestre de la maladie.

3 12 pendant le deuxième.

3 ‘“ 13 pendant le troisième.

3 ‘ 20 pendant le quatrième.

2 “ 33 après une année de maladie.

Ce résultat, qui est moins favorable que celui constatéen Angleterre, montre cependant la même proportion ascendante. J'emprunte ces statistiques à un de nos rapports sur nos asiles, mais j'ai pris la peine de faire des recherches pour contrôler ces chiffres, m'assurer de leur exactitude, et j'ai pu constater que les citations étaient correctes.

Les Etats-Unis donnent à peu près les mêmes proportions que celles constatées en Angleterre. Winslow, dans son ouvrage très accrédité “ On the Brain and Mind,” qui est cité dans le même rapport, nous dit :

“ Le nombre effrayant des cas de folie chronique et incurable, qui encombrent nos asiles privés et nos asiles de comté, est le résultat de cette négligence criminelle qu'on a apportée, dans la période latente de la maladie, à leur donner les soins convenables.”

“ Sincèrement, il est à espérer, ajoute Sir Williams Ellis, que la connaissance de ces faits induira les personnes responsables à soumettre de bonne heure les demandes pour obtenir l'admission des malades. En supposant même que le résultat dût n'être point nécessairement fatal, il est contraire à toute justice et à toute humanité, qu'un de nos semblables, ne déraisonnant peut-être que sur un seul sujet, soit, par suite de cette négligence impardonnable de la part de ceux qui lui doivent protection, et qui

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auraient dû lui procuret, en temps opportun, les soins nécessaires, exposé à trainer une existence misérable loin de ses amis, et, condamné, sans être criminel, à être prisonnier toute sa vie.”

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J'ai encore ici, sous les yeux d'autres auteurs, tous éminents et versés dans cette matière, que je pourrais citer. Mais comme l'opinion, je crois, est unanime sur ce point je m'arrèête pour conclure que nos législateurs devraient pourvoir à ce que les efforts pour la guérison devraient être faits à l’origine même de la maladie. Il y aurait moins d'encombrement dans nos asiles, moins de malheurs domestiques perpétuels, et une économie considérable pour la province. Malheureusement, nos lois ne pourvoient pas à cela. Il y a même des gens qui s'étonnent beaucoup du fait que des personnes dévouées et connaissant ce qui en est, essaient de faire parvenir les malades dans les asiles pour y être traités dès qu'ils sont atteints. Ceci: soit dit entre parenthèse,

Maintenant, avec l’état de choses actuel, avec nos malades transportés

dans es asiles après un espace de temps plus ou moins long, pendant M lequel la maladie a gagné du terrain, quel résultat nous donne encore St- l'A: Jean-de-Dieu, comparé aux meilleurs asiles des Etats-Unis ? Jeu La majorité de la commission, où comme je l'ai dit, il n’y avait pas de en favoritisme pour la Longue-Pointe, dit, à la page 10, que la moyenne des Mo: guérisons y est de 32 pour cent; la minorité, à la page 20 dit : 82.62 pour aa

cent. Ces chiffres sont une moyenne à peu près exacte, les voici avec un peu plus de détail pour les trois dernières années :

Admissions Guérisons . Percentage.

Ces statistiques comprennent les idiots dans les admissions, et les idiots sont inguérissables comme tout le monde le sait.

Ces chiffres de guérison sont très élevés et ne sont surpassés nulle part en Europe ni aux Etats-Unis. Les patients privés y sont compris comme

ils !e sont d’ailleurs aux Etats-Unis, dans Ontario et aussi en Europe. Les siv chiffres suivants pour la guérison dans les autres as it foi de ce que

j'avance :

Moyenne de la guérison par cent.

1887.—Asile de Buffalo... 22.00 ” Elizabeth, à Washington... 26.86 ki Mount-Hope, Baltimore... ..... 52.00 # DR EE iccetteaivonssnsvoeses esse LOT ; Worcester, Mass... 28.49

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Moyenne de la guérison par cent.

1886.—Asile de Blackwell's Island, N, Y........... 18.00 ie Harrisburg 19.00 DÉRDIONE ss eécsscscidenesn ne sidereees : 81:00 Danvilles genius 2000 Norristown.....,,............. ss. 15.00 MOTOR lies reetertt cesse 00 4 Friends Asylum...................… 22.00 Pennsylvania Hospital for Insane.........….. 19.00 Asile de Toronto... 28.00

Lie MORE orme Et eue Li 85.00 # NiDgStON er sresiseseseneigience | 000 4 Hamilton ss, ss secs css 27.00

Ces ehiffres puisés un peut partout défient toute contradiction et ils sont éloquents. En effet, sur une liste de 17 asiles, les plus importants de l'Amérique, il n’y en a que deux/où la moyenne des guérisons soit meilleure qu’à St-Jean-de-Dieu, celui de London qui ne le dépasse pas beaucoup, et celui de Mount Hope à Baltimore. Chose étonnante, cet asile de Mount Hope est l'un des rares asiles d'Amérique qui fonctionnent en vertu du système d’affermage, et c'est un des rares asiles aussi qui sont administrés par des religieuses, les mêmes Sœurs de charité que nous avons ici à la Longue-Pointe. Ce percentage extraordinaire de guérisons à Mount Hope Retreat résulte aussi de circonstances spéciales. La plupart des patients de cet asile sont des patients privés qui paient jusqu’à $500 et $1,000 par année partête, On n'y admet que des cas guérissables, et lorsque le malade est amené à l’origine de la maladie. Cet asile ne peut donc pas entrer en ligne de comparaison avec les autres. La plupart des autres nous donnent une proportion de guérison inférieure à celle de Saint-Jean- Dieu.

Il me sera sans doute permis de conclure ici que la moyenne des guérisons obtenues à l'asile St-Jean-de-Dieu indique un état de chose: excessivement satisfaisant.

En ce cas, pourquoi changer de système.

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