LES MÉDECINS
Ayant examiné ces deux questions du chiffre des guérisons et du chiffre des mortalités, ayant donné des statistiques qui sont de nature à démontrer et à soutenir avantageusement les propositions que j'ai émises,
j'entre maintenant, avec la permission de cette Chiinbre, dans les détails
du fonctionnement intérieur de l'asile, J'ai parlé du traitement médical comme d'une chose importante, essentielle ; c’est pour obtenir un prétendu traitement médical parfait que:
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l'on a passé la loi de 1885, c’est pour y arriver que l’on parle quelque part de changer le système actuel. C’est donc le iieu de se demander comment se fait le traitement médical à St-Jean de Dieu.
Les Sœurs de la Providence se sont assuré, pour les soins médicaux à donner à leurs aliénés, les services de trois aliénistes distingués. Elles ont d'abord le Dr Bourque (Edmond Joseph). Ce médecin est un spécialiste en matière d’aliénation mentale. Il est encore relativement jeune malgré qu'il ait une expérience de vingt-quatre années de pratique. Il a suivi tout un cours en Europe aux dépens des Sœurs qui, voulant s'assurer les services d’un homme de science et d'expérience consommées, l'ont envoyé en Eurcpe, payant toutes ses dépenses et lui accordant en outre un salaire de deux mille piastres pour l'indemniser pendant son absence. Le Dr Bourque a étudié en Europe avec les meilleurs aliénistes du monde, comme le Dr Savage à Londres, à Paris avec les professeurs Magnan et Ball, et aussi avec le professeur Charcot.
La Communauté de la Providence en faisant ces dépenses énormes et ces sacrifices sans demander à la province de lui venir en aide, n'avait en vue que de remplir fidèlement son contrat et d'assurer à son hospice un traitement médical aussi complet qu’on peut le désirer.
Je pourrais dire la même chose du Dr. Joseph Alfred Prieur, le second médecin, qui, lui aussi, est allé étudier en Europe aux dépens de la Communauté, et qui fait honneur par sa science et son talent à la position qu’il occupe. Le troisième médecin, M. Adélard Barolet, relativement plus jeune que ses deux confrères, s'efforce de marcher sur leurs traces, et il donne la plus entière satisfaction. Ceci nous donne trois médecins pour à peu près 1150 à 1200 personnes. Il n’est personne qui puisse nier que c’est parfaitement suffisant et nul ne prétendra que les grands asiles si vantés des Etats-Unis fassent mieux sous ce rapport.
Les médecins de St. Jean de Dieu, outre leurs capacités, leur dévouement et leur talent, offrent des garanties spéciales à cause des conditions dans lesquelles ils se trouvent. Ils sont obligés de se consacrer exclusivement à l’asile et d'abandonner toute autre clientèle. Ils sont engagés ea vertu d’un contrat qui leur assure leur position de manière à les rendre inamovibles tant qu’ils donneront satisfaction. On comprend par là qu'avec des hommes studieux et dévoués comme ceux-là le sont, l'asile de St. Jean de Dieu offre sous le rapport des médecins des garanties que l'Etat lui-même serait bien impuissant à donner. Nous avons là un bureau médical complet et pouvant agir efficacement. L'Etat ferait-il mieux que cela? Enverrait-il des médecins en lurope à grands frais, et quels sont eeux qui demanderaient à la province de faire cette dépense, lorsque les sommes qu'il nous faudrait payer pour cela sont déboursées pour nous par
des religieuses qui font tous ces sacrifices sans autre remunération additionnelle que la somme si minime de $100 par année,que nous leur payons pour chaque malade. Au lieu d'envoyer des médecins en Europe, ne les verrait-on pas plutôt se faire nommer grâce aux faveurs et aux influences politiques et être obligé de se démettre on de se soumettre pour les mêmes raisons lorsque les gouvernements viendraient à changer.
Le système actuel est merveilleux, du moment qu'il fonctionne en harmonie avec le droit de surveillance des médecins du gouvernement. L’asile fournit ses médecins, les plus compétents qui puissent exister, la province en nomme d’autres qui ont droit de les surveiller, de faire rapport, de proposer des suggestions utiles et d'aider les médecins ordinaires dans l’accomplissement de leurs difficiles fonctions. Nous avons deux bureaux médicaux se surveillant mutuellement et voyant par des efforts communs à remédier aux défectuosités qui pourraient exister. On n'arrive pas à ce résultat dans les asiles d'Etat, ni aux Etats-Unis, ni ailleurs. Les médecins qui y sont nommés par l'Etat sont virtuellement sans contrôle et sans FReTe Aug: On a bien quelque part ce qu'on appele le ‘“ Board of Supervisors, ” mais ce bureau est “composé de gens bien souvent non qualifiés et qui, du reste, n’ont pas mission de visiter assez souvent l’asile pour surveiller d’une manière efficace le traitement médical qui y est donné.