WASHINGTON, 0.C
New-York, 29 janvier 1918.
Monsieur Adrian Iselin, Président du comité des catholiques laïcs, 36 Wall Street, New-York.
Cher monsieur Iselin, 5
Je ‘ésire confirmer ce que j'ai écrit immédiatemen'! à Monsignor Lavelle, le 18 courant, à savoir que je regrette beaucoup une déclaration que j'ai faite récemment dans cette ville lors d'une conférence relative à la conservation des vivres. Ma déclaration attribuait au pape une mesure de responsabilité dans le désastre ita- Hen et dans la propagande démoralisante qui l’avait amené. J'ai répété étourdiment et sans y avoir réfléchi au préalable, une rmeur que j'avais entendue, que je n'avais pas vérifiée et qui, de le crois et j'en suis convaincu maintenant, était fausse. J'ai lu depuis la dénégation catégorique du cardinal Gasparri, ministre des affaires étrangères du pape, et la dénégation du cardinal Bourne, à Londres, et j'ai lu aussi la déclaration faite par M. Orlando, le premier ministre d'Italie, à la chambre italienne des députés, qui s'est exprimé en ces termes:
“Je déplore les accusations d'un caractère gé- “néral qui ont été faites par l'honorable M. Pirolini contre de hauts personnages ecclésiastiques —accusations qui tentent à blesser la suprême autorité spirituelle,--contre des prêtres et contre le parti catholique. De telles accusations sont injustes et offeusuutes, parce que, le sait le public, le clergé italien à haut et bas a donné une preuve noble et superbe de ses sentiments italiens et la grande masse des catholiques ont su comment faire accorder les dictées de leur foi avec leurs devoirs envers leur pays.”
Je reconnais donc que c'est mon devoir de réiracter la déclaration que j'ai faite au sujet du pape, ce que je fais sans réserve et je voudrais réparer l'impression malheureuse et erronée que mes observations ont tendu à créer,
Vor: pouvez donner à cette lettre toute la publicité que votre comité jugera convenable pour réagir contre l'effet de ma déclaration et sa répétition par ceux qui l'ont entendue,
Qu'il me soit permis de saisir cette occasion pour exprimer la reconnaissance de mes collègues et de moi-même pour la coopération uniforme et efficace que l'administration nationale des vivres a reçu de nos compatriotes catholiques et äu clergé catholique.
J'ai l'honneur d'être, votre très dévoué,
F. C. Walcott.
comme la fois
Aussi, monsieur l’Orateur, si j'ai quelques : conseils à donner à l'honorable député de Durham (M. Rowell) c'est d’être assez brave pour suivre l'exemple de M. Walcott.
Avant d'en finir avec cette partie de mon sujet,. permettez que je fasse l'éloge d’une classe de citoyens que nous de la minorité sommes désireux de ne pas voir confondue avec ceux qui ont été infidèles au parti libéral et au chef libéral. En opposition à tes fanatiques et à ces semeurs de haines nationales, nous voyons comme noble soulagement les protestants libéraux qui ont .
fait face aux orages des passions et des préjugés, qui sont restés sourds aux railleries des amis, aux ricanemente des voisins, aux insultes des adversaires et qui, au milieu de tout cela, sont restés fidèles à leurs principes politiques et au chef de leur parti. -
Tels sont les hommes qui, au cours de mon existence, sont rcs3.‘s inébranlables et sans changement tandis que faisaient rage autour d'eux l'agitation bilingue, l’agitation de la loi des propriétés des jésuites, l'agitation des Droits égaux, l'agitation du décret Ne temere, et plus récemment une agitation antifrançaise et anticatholique.
Is sont non seulement l’orgueil des minorités dont ils ont épousé et défendu fermement les droits, mais ils sont les plus vrais exemples des citoyens canadiens et le seul espoir de l’avenir—si on peut espérer en un avenir dans un pays si en butte aux luttes de races et de religions comme l’est le Canada.
Si j'ai des reproches à faire aux autres, je n'ai que des louanges à l’adresse de ces derniers de l'admiration et de l'affection pour leur noble attitude, et je considère que c'est ici le temps et l’endroit pour faire une déclaration de cette nature à leur égard.
Permettez-moi, monsieur l’Orateur, d’aborder une autre question. Durant la dernière session, quand la loi des élections en temps de güerre fut débattue en cette enceinte, de nombreuses prédictions furent faites relativement aux irrégularités et aux crimes qui accompagneraient certainement sa mise en vigueur. Quelque extravagantes alore qu’aient pu sembler ces prophéties, elles étaient encore loin de donner une idée exacte des incidents qui se sont déroulés au cours de la dernière élection. A part quelques circonscriptions électorales de la province de Québec, il n’est pas une seule division électorale du pays où le scrutin a été tenu, qui ne donne raison aux adversaires de la loi des élections en temps de guerre. De fait, il s’est commis des irrégularités et des crimes qu'il était impossible de prévoir; en temps et lieu, la
preuve de ces tristes faits sera faite en cette enceinte. Dans l'intervalle, permettez-moi de citer l'opinion du premiz: ministre de la Saskatchewan, l'honorable M. ïfartin, opinion exprimée dès avant la date de l'élection au sujet de cette mesure notoire adoptée en temps de guerre. Voici comment s’exprimait l'honorable M. Martin le 8 décembre 1917:
Relativement à la loi des élections en temps de guerre, j'ai déjà fait connaître mon opinion quant à la privation du droit de suffrage infligée à certaines classes de notre population. A cet égard, je regarde cette mesure comme une loi anti-britannique et anti-démocratique, de nature à soulever la défiance et le soupçon et à retarder de vingt-cinq ans l'assimilation d'un grand nombre des habitants du Dominion.
De plus, indépendamment des dispositions destinées à priver certaines classes de la population de leurs privilèges électoraux, la loi des élections met entre l:s mains de gens dénués de scrupules un moyen de s'assurer une majorité dans n’importe quelle circonscription électorale. Cette partie de la loi expose à la privation de son droit d'électeur tout habitant de l'Ouest du Canada. Le Gouvernement unioniste devrait voir à ce que l'organisme électoral auquel pourvoit la loi soit mis er. œuvre dans des conditions équitables; 11 devrait voir à ce que toute personne qui a le droit de voter soit à même d'exercer ce droit. Si le Gouvernement néglige d'agir avec honnêteté et justice, dans la mise eu vigueur de la loi électorale qu'il a adoptée, la confiance que je repose en lui sera ébranlée.
11 devrait également abroger la loi dès la première session du Parlement qui suivra l'élection. .
Comme on a eu bien soin d’exclure de la presse de l’est de l'üntario, qui était à la
dévotion du Gouvernement, cette partie du
manifeste de l'honorable M. Martin, je demanderai, monsieur l’Orateur, qu'il me cit permis de relire encore une fois la dernière phrase, au cas vù mes amis des provinces des prairies ne l’auraient pas entendue lorsque j'en ai fait la lecture ia première fois:
Le Gnuvernement devrait aussi abroger cette
loi dès la première session du Parlement qui suivra l'élection.
Les opinions qu’exprima l'honorable M.
Martin, furent d'absrd formulées à l'intention de ses amis de l'Ouest. Mais elles attirèrsnt l'attention publique, vu que M.
Martin avait été pendant plusieurs années l’un des membres respectés de cette Chambre et qu’un bon nombre de ses collègues libéraux, surtout ceux qui l'ont connu intimement pendant qu'il occupait un siège en cette enceinte, le jugent destiré à jouer un grand rôle dans les affaires publiques.
Quelques exemples suffront à établir que les craintes de l'honorable M. Martin, quant à la mise en action du mécanisme électoral, étaient bien fondées. J’emprunte le premier fait de cette nature à un journal qui
appuie le Gouvernement. L“‘Evening Telegram”, de Toronto, dans son édition du lundi, 17 décembre 1917, fait allusion en ces termes au mode d'application de cette loi à Toronto:
La loyauté de Toronto à la cause du Gouvernem:. d'union a été exploitée par les meneurs d'éleucions. Les patriotes avaient pour le moment fermé les yeux sur les bévues commises comme sur les abus dont »n s'était rendu coupable en négligeant d’'enrûier un si grand nombre ds femmes àinsi privées du privilège électoral. La mention publique de ces crimes aurait été de nature à aider Laurier. -
Monsieur l'Orateur, cette phrase est tellement expressive d’une mentalité qui ne s’observe qu’à Toronto, que je la relis encore une fois:
La mention publique de ces crimes aurait été de nature à aider Laurier.
L'article continue:
On ne saurait aider Laurier aujourd'hui en proclamant que tout le mode de préparation des , listes d'électeurs en temps de guerre à Toronto a tourné au déshonneur du Gouvernement d'union,. Le Gouvernement unioniste devait abolir le patronage Ce même Gouvernement était représenté à Toronto par un groupe de médiocrttés incompétentes qui firent un singulier abus du patronage, à tous les tournants de la confection d'une liste électorale en temps de guerre.
La nomination des officiers rapporteurs s'est faite sous les auspices du favoritisme politique.
La nomination des recenseurs s'est faite sous les auspices du favoritisme politique,
Toronto est déshonorée par cette tragédie de la confection des listes électorales en temps de guerre.
Les auteurs de cette tragédie sont les fonctionnaires routiniers d'Ottawa et les colporteurs de faveurs politiques qui posent comme les chefs du parti conservateur à Toronto.
Les propres termes du “Toronto Telegram”, à savoir que le système tout entier de la préparation des listes électorales en temps de guerre a fonctionné de façon à déshonorer le Gouvernement unioniste, peuvent s'appliquer exactement au cas de nombreuses circonscriptions électorales; et pourtant nous avons entendu le très honorable premier ministre proclamer cet après-midi au cours de son discours “qu’il n’y a jamais eu une élection au Canada qui ait été conduite d'une façon plus honnête et plus impartiale.”
Tournons-nous maintenant du côté de l'Ouest et voyons un peu ce qui s’est produit dans cette partie du pays. L’exposé le plus clair des méfaits électoraux qui soit encore venu à ma connaissance, émane de l'honorable A. G. Mackay, d’Edmonton, dans un discours qu’il a prononcé en cette dernière ville, dans le cours du mois de janvier dernier.
Ce discours fut publié en entier dans le “Edmonton Weekly Topics”, du 11 janvier
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