NET TE
1908. et il devrait être lu par quiconque est Le de se familiariser ave: les possibilide corruption électorale créées par la loi des élections en temps de guerre. Il fut suivi d’un article du “Edmonton Bulletin” résumant plusieurs des détails fournis par M. MacKay, et je donnerai une idée de ce qui s'est passé en général parmi les fonctionnaires employés aux élections, en faisant lecture de quelques-uns des premiers paragraphes de ce résumé, ainsi conçus:
Le :ésultat du scrutin dans la division électorale d'Edmonton-Ouest accuse une majorité considérable en faveur de honorable Frank Oliver, si l'on s'en tient aux votes donnés dans le pays. C'est là une majorité remarquable, eu égard à l'intention évidente d'enlever le droit de vote à autant d'électeurs qu'il devait être nécessaire pour assurer l'élection du candidat ministériel. Si celui-ci n'a pas été élu, c'est que les fonctionaires employés à l'élection ont failli À leur tâche, car ils auraient pu ajouter ou retrancher assez de votes pour assurer le résultat. Là où üils se sont trompés, c'est en pensant qu'ils n'avaient pas besoin d'autant de votes. 11 y a différentes manières d'enlever aux électeurs leurs votes. On le peut, d'une façon directe, au moyen d’une loi, et cette loi avait été adoptée; cn le peut aussi en conférant aux énumérateurs le pouvoir d’'accorder ou d'enlever des votes, et c'est ce qu'on a fait. Il y a un troisième moyen, c'est de fixer les bureaux de scrutin à des endroits assez éloignés pour que les électeurs ne puissent les atteindre. C'est ce qui fut fait égaiement. il y a encore un autre moyen, c'est de ne pas fournir assez de bulletins aux bureaux de votes, dans les endroits reconnus favorables à l'opposition. On n’a pas manqué dy recourir. Mais parlons seulement des deux moyens mentionnés en dernier lieu :
Bureau de Grouard, No. 210.
A ce bureau, il s'est donné 183 votes, dont 153 pour Oliver et 28 pour Griesbach, 2 des bulletins ayant été macuiés. L'arrondissement comprenait dix townships du sud au nord, et huit de l'est À l'ouest, c'est-à-dire qu'il était de 60 milles sur 50, exclusion faite une vaste étendue, au nord, en partie inhabité. l'es établissements compris dans l'étendue c:-dessu:
mentionnée avaient eu sept bureaux à l'élection provinciale, le printemps dernier, et quatre à l'élection de 1911. La liste des électeurs comprenait environ 40f noms. L'établissement ou colonie de Whitet. 1 Lake, à 50 milles de Grouard par sentier, avait eu un bureau à élection provinciale, mais on ne lui en a pas accordé un seul dans la récente élection. Deux votants se rendirent de Whiteñish Lake à Grouard et arrivèrent à temps pour voter, mais cinq autres, qui s'étaient mis en route, n'arrivèrent qu'après la fermeture du bureau, parce qu'ils n'avaient pu avaicer que lentement, À cause du froid et de la tempête. L'établissement entier, comprenant environ cinquante électeurs, à l'exception des deux ci-dessus mentionnés, fut réellement empêché de voter parce qu'on lui avait refusé un bureau.
De l’'embranchement d'Indiana, sur le chemin de fer de Dunvegan, où travaillait un certain nombre de pêcheurs, jusqu'au bureau de Grouard, il y avait plus de 20 milles.
Ce fut pour ainsi dire deux fois pis à Grouard qu'à McLennan. D'abord, la popula-
inscrits. On n'avait fourni que 150 bulletins à Grouard, bien qu'il y eût plus de 400 noms sur les listes. Vers deux heures st demie les 150 bul'etins avaient été employés. Après un certain temps, le président permis à des électeurs régulièrement inscrits de se servir de bulletins c': remplacement, Trente-trois de ces bulletins turent employés avant la fermeture du bureau et comptés par le président. Ii est peut-être à prop?s de mentionner que l'établissemeut deGrouard à fourni un grand nombre de soldats.
Etablissement Fahler, Bureaux de scrutin 208
et 226
Le cas de Fahler a déjà été mentionné en détail, mais il convietit en donner un résumé. La colonie de Fahler comprend la plus grande partie des townships 77 et 78, rangs 21 et 22, à l'ouest du 5e méridien. Plus de 400 homesteads ont été concédés, et une grande partie des colons y tiennent feu et lieu Le chemin de fer de Dunvegan traverse cette colonie de l'est à l'ouest. La colonie a eu cinq bureaux à l'élection provinciale du printemps dernier, mais elle n'en a pas eu un seul à la dernière élection. La partie qui se trouve dans le rang 21 fut comprise dans l'arrondissement où s'est tenu le burea de McLennan et était, par conséquent, à une distance de 6 à 18 milles. Le rang 22 fut compris dans l'arrondissement où se trouvait le bureau de Smnoky-River, distance de 12 à 30 milles. Un ancien sentier pratiqué à travers les bois dut être réouvert pour qu’il fût possible aux votants d'atteindre le bureau de Smoky-River. li n'y avait à Smoky-River que deux hommes; ils demeuraient à la pompe du chemin de fer. Un groupe de 31 électeurs de Fahler se mirent en route le samedi, s'ouvrant un passage à trrvers les bois, et ils atteignirent le bureau le lundi midi,et y votèrent. Douze autres, qui s'étaient mis en route le dimanche, ne purent arriver au bureau le lundi. Tous ces votants furent obligés de camper à la belle étoile durant quatre nuits et par un temps excessivement froid.
C'est en face de pareilles déclarations que le premier ministre s’est écrié, cet aprèsmidi, que ‘jamais élection ne s'était faite, au Canada, de façon plus conforme aux dictées des convenances et de l’honnêteté” ! On
lit ensuite, dans le même article:
ll se donna 31 votes pour Oliver et 5 pour Griesbach. Ceux qui votèrent en faveur de Griesbach furent les hommes de la station de pompe du chemin de fer et les fonctionnaires employés au bureau. Les colons de Fahler ont tâché d'obtenir la permission de se rendre au bureau en chemin de fer, mais elle leur fut refusée.
Les colons du rang 21 quittèrent McLennan le dimanche matin et la plupart arrivèrent le dimanche soir, Il n'y avait que 100 bulletins dans la boîte. Quand on les eut tous employés, le président procura aux votants des bulletins de remplacement, jusqu'au nombre de 81. Ceux-ci furent employés de la façon ordinaire par des votants régulièrement inscrits, mais sous prétexte d'un ordre reçu par télégramme de la part de l'officier rapporteur, le président refusa de compter ces bulletins-là, et ils ne furent pas comptés, bien qu'ils fussent dans la boîte. Les 100 bulletins réguliers furent comptés; il y en avait 94 pour Oliver, 4 pour
Griesbach, et 2 avaient été gûtés. En dépit de toutes les misères qu'ils avaient endurées pour aller voter, à peu près autant d'électeurs en furent empêchés à cause du manque de bulletins au bureau de McLennan, qu'il y en eut qui votèrent.
Voilà quelques exemples de ce qui s’est passé dans l'Alberta. Comme on peut en juger d’après un article du “Regina Leader”, il'en fut évidemment de même dans la Saskatchewan. L'’honorable ministre de l’Immigration et de la Colonisation (M. J. A. Calder) nous dira, sans doute, au cours du débat, si le “Regina Leader'’ est en état de parler de ce qui s’est fait dans le Saskatchewan. Voici l'article:
Maintenant que l'élection est finie et que les résultats du scrutin sont assez compiets, un fait ressort avec une «larté étonnante. C'est que, non seulement la loi des élections en temps de guetre a été ue bévue, mais qu'elle était absolument inutile, même comme engin politique,
11 n'y a peut-etre pas au Canada une province qui a plus durement ressenti que la Saskatchewan les effets de cette loi contraire aux usages d'Angleterre et éminemment infâme. Rien dans les annales politiques de ce pays n'a autant agité et mis aux prises notre populetion, les gens d'origine angiaise et ceux d'origine étrangère, les libéraux et les conservateurs, jes protestants et les catholiques, comme ce “chiffon de papier” législatif, La rancune éveillée parmi les conservaceurs de l'Est par le rejet de la réciprocité n’était rien comparée à l'ire que provoque dans l'Ouest la loi des élections en temps de guerre.
Plus loin, dans le même article, le ‘"Regina Leader” ajoute:
Nous le répétons, la loi des élections en temps de guerre a été une bévue À n'importe quel point de vue on la considère ; elle a créé de l'animosité et de la discorde là où cela n'était pas nécessaire et lorsque cela ne pouvait pas faire de bien. Elle a gravement et dangereusement retardé le moment où les citoyens qui ne parlent pas l'anglais deviendront des Canadiens. Elle a détruit la confiance que ces gens-là avaient en ce qu'était l'un des plus puissants moyens pour le pays d'attirer des émigrés—la foi en la justice et en l'impartialité anglaises, et en la parole de tous les gouvernements qui existent sous le drapeau d'Angleterre,
Maintenant que l'élection a eu lieu et que le Gouvernement unionniste a été maintenu, l’un de ses premiers actes devrait être de laver la tache faite à la réputation de notre pays. Les habitants de l'Ouest canadien s'y attendent ; ils ont le droit de l’exiger. Et ils l'exigent.
Yu le blâme général dont la loi des élections en temps de guerre a été l’objet et la demande formelle du premier ministre Martin et d’autres partis 18 du ministère unioniste tendant à son .rogation, je me dispenserai de faire d’autres commentaires sur le sujet jusqu’à ce que le ministère ait déclaré quelles sont ses intentions.
Monsieur l’Orateur, si j'ai pris beaucoup de temps à passer en revue quelques-uns des hommes et des moyens dont on s’est servi pour donter naissance au ministère
vnionniste, ce n’est pas parce que, à mon avis, ils sont l’objet des préoccupations actuelles. 11 n’en est rien. Ce qui nous préoccupe le plus en ce moment c'est de voir que la création d’un ministère unionniste nous a aliéné les sympathies et la confiance de trois millions de Canadiens. Resscrtant vivement les injustices commiscs soit par la privation de leur droit électoral, soit par de brutales attaques dirigées contre leur religion, trois anillions de Canadiens sont aujourd’hui moroses et défiants et le brocantage des tracteu*s agricoles, des emplois de directerr des postes, de receveur des dcuanes ou des charges de sénateur ne rétsblira pas la confiance que leur inspirait autrefois le gouvernement constitutionnel.
Ce brocs :tage peut être habile et servir à apaiser certaines classes et certains individus, mais ce n’est pas de la grande politique, telle que celle dont le Canada a besoin en ce moment.
Bien que ce besoin se fasse sentir, les journaux annoncent que le représentant de Durham (M. Rowell) et-d’autres ministres grillent d’impatiencc d’aller assister à une conférence à Londres. Monsieur l’Orateur, si ces ministres écoutent de bons conseils, ils s’occuperont de choses qui exigent beaucoup d'attention au Canada et laisseront les politiques anglais régler les affaires impériale à Londres. Rien ne sert de prétendre que plusieurs ministres doivent courir en Angleterre en négligeant des affaires canadiennes urgentes. L'union de ce pays nous importe beaucoup plus qu’un débat sur les nouvelles frontières d'un pays européen—débat auquel les ministres canadiens ne feraient qu'assister, en tout cas.
A l'heure qu’il est, le Canada est en partie gouverné de Londres, mais surtout de Washington. Il y a quelques jours à peine, nous avions à célébrer l'établissement d’un fil télégraphique reliant en droite ligne Ottawa à Washington. Qu'aucun de nos amis de la droite ne s'énerve; pour maintenir l'harmonie parmi le ministère, je ne ferai aucune allusion au cri de ‘‘ni commerce ni échange avec les Américains” poussé pendant la lutte électorale de 1911. Ce que je dé-
sire faire observer c’est que la population .
canadienne choisit ses représentants au Parlement avec l'entente qu’on la gouvernera d'Ottawa, et que les affaires publiques du pays seront gérées par des Canadiens au Canada même, d'où il découle que les ministres, surtout en ces temps critiques, doivent remplir leurs devoirs à Ottawa et non à Londres, et que, s’il y a à Londres des aflaires qui ne peuvent pas être réglées par correspondance ou par dé-
pêches, le haut commissaire peut assurement s'en occuper.
Monsieur l’Orateur, c'est l'intelligence de la situation actuelle qui a porté le premier ministre Martin a déclaré dans son manifeste que:
Il se crée en ce pays une situation qui, si elle persiste, désunira le Canada, -
Et c'est son vif sentiment du besoin de l’union nationale qui l’a engagé à ajouter que:
Bien qu'il y ait dans le ministère des hommes qui ont trempé dans des projets et pris part à des actes qui causent aujourd'hui de la perturbation au Canada, j'ai assez de confiance dans ceux de mes amis qui sont entrés dans le ministère pour croire.... qu'ils déploieront tous leurs efforts pour que le Canada soit convenablement gouverné durant la guerré,
Avant que la présente session soit très avancée, on constatera si les amis, en qui le premier ministre Martin exprimait sa confiance, se seront montrés dignes de pareille confiance. S'ils le font en rappelant la loi des élections en temps de guerre, ce que le
AUOT
premier ministre Martin a formellement demandé, et en adoptant une politique destinée à unir plutôt qu’à diviser les’habitants du , ils auront fait beaucoup pour
réparer des maux dont le Canads souffre à l'heure qu'il est et dont la continuation nuit au progrès national et à la participation que nous réclamons tous pour le Canada en cette
guerre.
Non seulement aux amis du premier ministre Martin, dans le cabinet, mais encore à tous les membres du Gouvernement, à tous les membres du Parlement—oui, à tous les habitants du Canada—on peut offrir, en ce moment comme inspiration se rattachant à cette forme de service publie qui seule peut fondre ensemble les éléments discordants qu'on relève dans notre population, l'exemple du véritable chet de l'oppozitirn qui accepte ses nouvelles obligations dan l'esprit qui animait les naroles prononcées par Gladstone, dans :on lernier discours de Midlothian; “Tandis que la Nature réclame le repos, moi je revêts mon armure.”