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comité, qui sérait conforme à la constitution, comme nous sommes les premiers à protester contre la nomination du comité tel que demandé par la motion de l'honorable député de Lotbinière parce que ce serait violer la constitution et les usages parlementaires,
Pour appuyer ses attaques. l’hon. député de Lotbinière a parlé de ce qui s’est fait à Ottawa. Il est vrai qu'on a nommé là un comité pour s’enquérir de certaines transactions du gouvernement, que l'on prétendait être dérogatoires à l'honneur des ministres. Mais là, on avait formulé directement ces accusations, et quelque soit l'appréciation des moyens que l’on a pris pour y arriver, toute indigne qu’ait été la manière dont l’accusateur est venu en possession de ses moyens d'attaque, et quelqu’infâme que soit le stigmate que l’histoire infligera à ces espions, dénonciateurs, voleurs et complices, il n’en est pas moins vrai que la Chambre des Communes, n’a pu agir dans cette affaire que sur des griefs clairs, spécifiques et précis.
On voudrait répeter aujourd’hui la ridicule comédie que jouait à la fin de la dernière session l'honorable M.
Fournier, maintenant ministre fédéral.
Alors. comme aujourd’hui, les diatribes les plus violentes assaillaient le gouvernement. C’est en vain que le ministère demandait de préciser les accusations, on ne répondait que par l’invective, et on attestait ses grands dieux que le gouvernement était coupable et qu'il ne refusait un comité que par crainte de voir ses iniquités dévoilées. Le senti
ment de la chambre se révoltait contre la violence de ces attaques et forçait l’hon. député à spécifier ses plaintes avant de lui accorder le comité qu'il demaudait. Tous les honorables membres doivent s’en rappeler comme moi. Il se trouva que toutes ces colères de l’opposition d'alors se résumaient en une plainte particulière contre la prétendue tyrannie du ministre des terres de la Couronne. Pièces en mains, il fût prouvé que la victime de cette tyrannie était un nommé Bouffardqui n'avait pas rempli les conditions de son billet de location,
qui n'avait pas fait les paiements requis, et qui avait même répondu dés injures aux officiers du département des térres qui lui demandaien de remplir ses obligations. Il fut mên.e prouvé que ce colon avait été traité avec une extrênie bien veillance par le gouvernement, qui avait eu la bonté d'attendre longtemps les paiements qu’il ne voulait pas faire sur l'achat de sa terre. Ce Bouffard, du reste, s’obstinait à ne pas payer, parce que M. Fouraier, qui vensit nous dire en chambre que le gouvernement l'avait maltraité, lui conseillait de ne pas remplir les obligations de son billet de location. Et quand la cour eut condamné Bouffard à payer, il vint trouver M. Fournier, son avocat, et pour toute consolation, M. Fournier lui dit : “ C’est parfait ; vous devez remplir vos obligations ; payez le gouvernement et payez vos honoraires.” Ce que je disais alors, M. l’Orateur, je l'ai appris de Bouffard lui-même que J'ai rencontré dernièrement dans le comité de Montmagny.
M. MARCHAND.—II est injuste d’attataquer l’hon. M. Fournier qui est abs at.
L'HON. M. CHAPLEAU.—Ce n’est pas ma faute; je ne constate du reste que des faits qui se sont passés à la connaissance de toute la chambre, et ce que je rappelle de ce débat, je n'ai pas craint de le dire en face de M. Fournier dans cette chambre, et sans être contredit.
Ces messieurs sont bien chatouilleux, quand il s’agit d'eux ; il est fâcheux qu'ils ne le soicut pas autant lorsqu'il s'agit des autres.
La Chambre se rappelle aussi que M.
Fournier, qui parlait avec tant d’amerture de la sévérité du gouvernement à l'égard des colons, qui l’accusait si vigoureusement de les persécuter, avait été lui-même l’objet des faveurs et de la bonté de l'honorable Commissaire des Terres. Il avait un lot sur lequel il n'avait jamais payé les redevances...
M. MoLLEUR.—Les instalments.
L'HON. M. CHAPLEAU.—Oui. L’honorable député est plus précis que moi dans ses expressions ; il à la pratique de ces choses à. M. Fournier n'avait fait
aucun paiement sur le lot qu'il avait
A à: US
À & acheté huit:ans avant, il n'avait fait au-
cundéfrithement sur ce lot,contrairement aux; dispositions de la loi, et lui, l’homme qui se plaignait avec {ant d’aigreur, qui accusait si fort l'honorable Commissaire des Terres, était un de ceux qui avaient bénéficié de la clémence et. de la bonté de ce même commissaire. Son lot se trouvait sur le chemin Taché, et quoiqu’il fut tenu légalement au paiement de ses arrérages, l'honorable Commissaire, par -bonté pour lui, le rangea dans la catégorie des octrois gratuits qu’on venait d'accorder dans cette région, et lui fit la remise de ce qu'il devait au gouvernement. Tel était la conduite tyrannique du gouvernement contre laquelle il protestait si fort au nom des colons ?
Tous ces faits furent alors. établis, séance tenante, et l’'Hon. député en fût quitte pour ses frais de déclamation con tre le gouvernement, la chambre ayant presqu'à l'unanimité repoussé la futile demande d’un comité. Si dans ce moment les Hon. Députés de, la gauche
étaient appelés à formuler et spécifier leurs accusations sous leurs responsabilité de députés, le fiasco de l’an dernier aurait une seconde édition. Aussi s'abstiendront-ils prudemment et bat-
tront-ils en retraite après avoir décoché
leurs traits les plus empoisonné.
Je regrette, M. l'orateur, d’avoir abusé si longtemps de la bienveillance de cette chambre, mais je serai satisfait si j'ai réussi
| à mettre en garde les honorables députés
contre le danger qu'il y a d'accepter à la légère toutes les accusations que l’on vient lancer contre le gouvernement.
L'administration a une tâche ardue à remplir ; elle l’a acceptée avec la ferme détermination de la mener à bonne fin.
C’est à vous, Messieurs, de seconder ses efforts en faisant justice des attaques d'un parti politique aussi rétrograde qu'égoïste, et dont la seule ambition est de supplanter ceux qui ont aujourd’hui votre confiance et celle du pays.—(Applaudissemerts prolongés.)