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Discours de l'Hon. M. Marchand sur l'instruction primaire [microforme]

| Prononcé a la Chambre d'Assemblée durant la dernière Session, en réponse au discours prononcé par le Premier Ministre en présentant ses Résolutions sur l’Instruction Publique.

[ onsieur le Président, ;

Je-crois que nous devons nous occuper avant tout de la réforme l’Instruction ÿrimaire dans cette province. Il y a déjà longtemps u . [ue la nécessité de cette réforme se fait sentir, et tout ce que je regrette, di est que le Gouvernement ait attendu jusqu’à cette époque tardive pour en occuper. nie L'Honorable Premier Ministre nous informe que ! son intention est ‘augmenter l'octroi destiné aux écoles communes, au moyen d’un fonds j pécial qui sera constitué, par la vente de quinze cent mille acres de rres colonisables qu'il doit réserver spécialement pour cet objet ; et il rétend que, lorsque toute cette réserve ‘sera vendue, le prix de ente, placé à intérêt, produira un revenu annuel de soixante mille iastres, Mais il nous informe en même temps qu'en attendant que ; ette opération aussi prolongée que compliquée s’'accomplisse, le Gou- à ‘ernement ajoutera à l'octroi des écoles communes, une somme de cinhs mille piastres par année.

| Il eut mieux valu dire tout de suite que cette dernière alternative à sentait l'intention réelle du Gouvernement, et que la première ne ’accomplira jamais. Il suffit de l'analyser quelque peu pour s’en Jlonvaincre. ls ‘ Outre le long délai qui devra s'écouler avant que cette immense … due de quinze cent mille acres de nos terres publiques soit vendue

produit du soit Dlanient Fr et sisoé de manière à produire venu régulier, il y a cet autre inconvénient que l’Honorable Prer Ministre n’a pas envisagé : c’est que la somme totale que produira eette vente, lorsqu'elle aura été complètement effectuée, ne représentera pas le capital requis pour former ce revenu. annuel de soixante mille piastres qu’il prétend en retirer.

Il suffit d’un calcul bien simple pour s'en convaincre,

Les terrains colonisables qui seront compris dans cette réserve se vendent au prix de trente centins de l’acre ; ce qui représente un capital de quatre cent cinquante mille piastres, produisant au taux de quatre par cent, indiqué dans les résolutions soumises à cette chambre, un in- ., térêt annuel de dix-huit mille piastres. C’est donc dix-huit mille piastres seulement et non soixante mille que le Gouvernement pourra| Pour retirer chaque année de cette réserve ainsi capitalisée, lorsqu’après un} Mora délai indéfini, la vente en sera totalement effectuée. C’est dire que son| calcul n'est pas sérieux ; d'autant moins sérieux que les dépenses autori-| norat sées par la sixième résolution: occasionneraient encore une forte| fois ; réduction de ce fonds, déjà insuffisant, comme je viens de le démontrer. son i

le Pourquoi ne pas nous déclarer immédiatement que son unique inten-| ses ét: | tion est de mettre à effet sa seconde alternative; c’est-à-dire d’augmenter| pratiq purement et simplement l'octroi annuel aux écoles communes de| Qu'il cinquante mille piastres. Sur ce point je coïncidrai parfaitement avec| religi lui, et l'opposition se joindra volontiers au Gouvernement pour aviser| enseig au moyen d'employer cette somme le plus efficacement-possible à l'avan-| moi, € eement de l'enseignement primaire dans notre Province. réforr C'est là une de ces questions qui doivent être considérées par toute comp la députation, sans esprit de parti. C’est ce que nous sommes disposés| VINCE: à faire, en avisant avec le Gouvernement aux de d'arriver au! dela résultat désiré. ns Je constate avec plaisir que l’Honorable Prémier Ministre, dans| , d'acce … l'exposition qu’il vient de faire de la question, a paru vouloir la placer] MOÿe sur ce terrain de neutralité patriotique ; c’est pourquoi je ne comprends | (e pas bien la nécessité qu'il a para éprouver, avant d'envisager le côté| méthc tique de son sujet, de faire’ des one de prose pag lès à mon avis, n'avons pas besoin d'offrir à. vise population des assuau point de vue de ue aa morale qu doit être donnés à

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dans cette discussion, les réformes à opérer.

. d'accord sur leur nécessité, nous devons rechercher les meilleurs |

moyens de les réaliser. ? | Ce qui manque surtout à notre enseignement primaire, c’est la

méthode,

insuffisamment rétribués, et nous devons, en augmenñtant l'octroi . . scolaire, voir à ce que cette augmentation profite à ceux d’entre eux qui le ne par un surcroît de rémunération qui puisse mn enc!

nos écoles publiques ; nos lois, et elles y resteront.

faitement à l'aise à cet égard. Que ce soit le Gouvernement actue ou Je parti que j'ai l'honneur de diriger qui soit chargé, à l'avenir, l'administration des affaires de cette province, les mêmes garanties seront respectées. Les antécédents de l'Honorable Premier Ministre, | comme les miens, devraient être assez connus cet égard,et s'ilétait | nécessaire, pour rassurer le public, que je fisse, moi aussi, une déclaration de principes comme mon honorable préopinant a cru devoir en en faire une, je n’hésiterais pas à la donner de la manière la plus posi- “à tive et la plus claire possible,

Nous sommes, de ce côté-ci de la chambre, d’une seule opinion pour réprouver les écoles sans Dieu.

moral et religieux dans nos écoles, et nous le conserverons.

L'éducation de la jeunesse doit être, comme vient de le dire l’'Ho- !: norable Premier Ministre, physique, morale et intellectuelle tout à la il faut que le cœur de l’enfant soit cultivé en même temps que son intelligence, et qu'il s’impreigne simultanément, dans le cours de ses études, des principes de moralité chrétienne, et des connaissances ‘afin de devenir plus tard un excellent et utile citoyen. Qu'il soit donc bien compris, une fois pour toutes, que l'enseignement religieux sera respecté et maintenu dans nos écoles. enseignement, il y a celui des notions et des choses usuelles ; c'est, selon moi, cette partie du système qui est défectueuse et qui demande une réforme sérieuse, afin que notre jeunesse puisse acquérir toute la compétente voulue pour la placer au niveau de la jeunesse de nos provinces sœurs, et la mettre en position d'entreprendre avec elle les luttes

toutes les garatitios indie sont © Les consciences peuvent. demeurer par

Nous possédons l’enseignement

Mais à côté de cet

C’est à cet unique point de vue que nous devons envisager, Nous sommes tous

Sans aucun doute, nos instituteurs et nos institutrices sont |

és RAA

= ring avant de se mettre à l'œuvre, gubisse un stage, mois lequel il pourra se familiariser suffisamment avec les notions rudimen-

de ses devoirs. : Cette préparation lui est nécessaire comme elle est : nécessaire à l'homme de profession, et même à l'artisan. On ne devient pas avocat, médecin, ou notaire sans s’y être préparé par une cléri- ‘“Cature, comme on ne devient pas charpentier, maçon ou forgeron sans avoir passé par l'apprentissage. La profession de l’enseignement, la

plus importante peut-être (puisqu'elle est chargée de l’éducation morale et intellectuelle des jeunes générations), moins que les autres n’est exempte de ces études préliminaires. Malheureusement, elles font

RE

DSTI AE ;

jeune fille, après quelques années de pensionnat, à l’âge de dix-sept ou . dix-huit ans, sans posséder les moindres notions pédagogiques, est chargée d'enseigner à une nombreüse classe d'élèves dont quelques-uns lui sont à peine inférieurs en âge ; il s'en suit une absence complète de discipline et un enseignement défectueux, sans méthode, qui ne produit que des résultats déplorablement insuffisants, lorsqu'ils ne sont pas complètement nuls. :

Voilà la grande lacune qu'il nous faut combler (et c’est une réforme urgente qui s'impose), en nous servant, en attendant non des matériaux que nous avons sous la main.

Inutile d'espérer qu’il soit possible d'imprégner, du jour au lerfdemain, les quelques six mille instituteurs et institutrices qui dirigent actuellement nos écoles publiques, d’une méthode bien complète ; mais nous pourrions au moins utiliser ce nouvel octroi en le faisant servir à leur inculquer les notions élémentaires de la science pédagogique, indispensables à la bonne conduite et au succès d’une école. On m'a suggéré. : pour cet objet, un procédé très simple et peu dispendieux Jon je pra- : - pose au Gouvernement de faire l'essai.

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