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vigilant ni assez actif pour empêcher l'organisation, sur son territoire, de bandes d'hommes armés,ouvertement hostiles à un pays paisible, et pour mettre fin aux incursions d'hommes venant guerroyer sur nos frontières, massacrer nos concitoyens et détruire nos propriétés. Nous devions donc demander à l’Angleterre d’exiger du gouvernement américain compensation pour ces graves injustices.
Notre position comme colonie nécessitait l'intervention de l'Angleterre.
Nous n'avions uiles moyens, ni le pouvoir d'agir direcement ; en conséquence, nous souigimes instamment nos plaintes à l'Angleterre et elle consentit à ouvrir des négociations à ce sujet avec les Etats-Unis. Dans les «instractionsr, il est dit que le Canada avait été invité à euvoyer à l'Angleterre un état de ces réclamations et qu’il ne s'était pas rendu à cette invitation ; mais on dira plus, — on l’a mème dit dans ceitains Journaux,—que le Canada avait fait preuve de négligence à cet égard. Or, de la part du Canada, il n’y a point eu négligence. mais prudence bien calculée ! (Ecoutez! Ecoutez! |) Le (Cana-
da a le droit d'exiger le paiement de
ces réclamations, quel qu’en soit le
chiffre, car tout l’argent dépensé pour
repousser l'invasion a dû être pris
dans le trésor public du Canada et
réalhsé par voie de taxation. Non-seu-
lement le pays avait le droit d'exiger
cette indemnité, mais chaque particu-
lier canadien dout la personne ou les
propriétés ont souffert par suite de
cette invasion avait droit d’être indemnisé ! Toutefois, 1l n’appartenait point au Canada de délimiter les réclamations et de fixer le montant qui aurait pu les satisfaire. Jamais, lorsque des commissions ont été nommées pour le règlement de pareilles réclamations, elles n’ont été soumises en détail avant que la commission se réunit.
Le Canada demandait l’admission
nion que je partage, était que le gou [du principe que ces réclamations
vernement améritain n'était ni assez
devaieut être faites aux Etats-Unis
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- pat l'Angleterre, que: cette: démande de Sherbrooke,et je déclarai alors que
devait être accordée et que.la question de l'indemnité devait être soumise à un tribunal analogue à celui qui siége -en ce moment à Washington pour faire enquête sur les réclamations
ayant trait à la guerre civile dans le
Sud, qu’on devait fixer une ‘période dansles limites de laquelle Le gouverment du Canada, comme gouvernement, et chaque particulier canadien qui avait souffert de ces incursions, seraient mis à même d'enregistrer leurs réclamations, de présenter leurs comptes et de fournir les preuves établissant qu'ils ont droit à une indemnité. Le gouvernement canadien a eu bien soin de ne pas limiter les réclamations en se gardant d'exprimer ses vues à ce sujet avant qu’une commission du genre de celle dont j'ai parlé eûtétudié le sujet ; et je crois que la chambre et le pays admettront que nous avons agi avec une sage discrétion en cette circonstance. (Ecoutez !
Ecoutez !) Maintenant, l’un des protocoles montre quelle à été la demande pour indemnité. Les commissaires anglais ont demandé que cette question fûtexaminée et discutée par la coinmission, mais les commissaires des Etats-Unis ont objecté, se basant sur le fait que examen de ces réclamations n’était pas mentionné dans la correspondance ni ses incluses ; en agissant ainsi ils ont fait exactement comme mon honora ble ami le représentant de Sherbrooke, toujours prêt à tirer partie de toutes Les finesses du language, lorsque la question fut discutée dans cette chambre avant mon départ pour Washington. Il disait alors qu’il doutait beaucoup que, d’après la, correspondance qui avait amené la création de la Haute ÜUommission, les réclamations féniennes pussent être considérées ; et bien que l'honorable ministre de la milice fût d'avis que ces réclamations semblaient naturellement comprises dans le programme, je ne pus m'empêcher d’apprécier la force de l’argument mis en avant par. l'honorable représentant
pee
son objection avait, selon moi, un grand poids. En effet, les commissaires américains ont soulevé cette objection, en maintenant que ce point n’était pas mentionné dans la correspondance indiquant les sujets de délibération, et lorsque la proposition leur fut faite par les commissaires anglais, les commissaires américains refusèrent de demander de nouvelles instructions à leur gouvernement à l’effet d'agrandir le champ de nos délibérarations. Mais nous ne pouvions rien y faire. La correspondance était là, et il y avait grand doute que les réclamations dont il s'agit y fussent comprises.
L’ambassadeur anglais représenta qu’il avait toujours cru que ces réclamations étaient comprises dans la correspondance ; il demeura surpris, —ce n’est pas le mot dont il se servit, mais il était certainement sous l’impression que les deux parties regardaient ces réclamations :omme cornprises dans la correspondance. Toutefois. à la lecture de ces ïietires, on demeure dans le doute. Comme ce doute existait, et qu’on soulevait une objection en conséquence, les commissaires anglais n'avaient aucun moyen de forcer les commissaires américains à décider la question douteuse en leur faveur, et à examiner leurs réclamations. Le résultat fut que la commission ne s’en occupa point. A qui la faute ? Ce n'était certes pas la nôtre. C'était la faute du gouvernement de Sa Majesté de n'’avoir point demandé dans un langage clair, en termes qui ne pouvaient être mal interprétés, une enquête par la commission sur cette demande en dommages. (Ecoutez ! Ecoutez!) Mes collègues canadiens furent très-désap pointés, d'apprendre qu’il y avait une objection, et qu’on ne pouvait songer à faire valoir ces réclamations féniennes devant la commission de Washing-
ton, à cause des termes défectueux
de la correspondance et de la grave lacune qui existait dans la liste des questions soumises à la commission.
L’Angieterre était responsable de cette erreur.Elle avait promis de faire cette demande,elle ne l'avait pas faite.
Et ce n’est pas tout : mais le gouvernement de Sa Majesté prit sur lui de retirer tout-à-fait les réclamations, et M.
Gladstone prit toute la responsabilité de cette mesure, exonérant entièrement l'administration canadienne, Jorsqu’il déclara ouvertement à la Chambre des Communes, en Angle terre, qu’il avait cru devoir retirer les réclamations, bien qu’à grand regret, en constatant la manière injuste dont le Canada avait été traité.
Le Canada avait donc parfaitement le droit d'attendre de l'Angleterre une satisfaction qui lui était refusée par suite de lacunes dans la correspondance qui aurait dù comprendre la
question. L’Angleterre, en prenant la
responsabilité d’insister sur les réclamations, s'était mise dans la position des Etats-Unis, et nous avions raisonnablement le droit d’espérer qu’elle prendrait la responsabilité de les régler. Elle n'a pas rejeté cette responsabilité, et la conséquence a été que bien que n'ayant aucun moyen d’obtenir réparation des Etats-Uuis pour les dommages causés parles féniens, nous avons obtenu de l’Angleterreune compensation que nous n’aurions Certainement pas eue si legouvernement du Canada ne l'avait pas demandée.
(Ecoutez ! écoutez !) Mais on nous dit, Monsieur l'orateur, que c’est une grande humiliation pour le Canada d'accepter cet argent ou du moins cet équivalent en argent. Pourquoi ?— C’est notre dû! Nous y avons droit, 1l faut que quelqu'un nous indemnise.
L’Angleterre a refusé d’en faire la demande aux Etats-Unis et elle a accepté la responsabilité de son: refus.
Elle a agi sagement en acceptant cette responsabilité ; elle doit en subir les conséquences, et elle est prête à les subir. Mais, d'autre part, le gouvernement canadien ne voulait pas accepter un paiement direct pour la compensation dont l'Angleterre reconnaissait la justesse. Nous ne
voulions pas d’uneindemnité pécuniaire fixe, et cela pour plusieurs excellentes raisons. D’abord, pareille proposition aurait suscité, en Angleterre,
une discussion fort désagréable par rapportau chiffre du montant à payer.
Nous aurions eu le spectacle d’un juge nommé pour examiner ces réclamations en détail, du Canada insistant sur la réclamation, et de l'Angleterre résistant probablement sur certains points, et prenant une attitude hoshule qu’on ne doit jamais provoquer entre ia métropole et une colonie. Il était donc inopportun au plus haut degré de mettre ainsi en péril les relations toujours si faciles et si amicales entre le Canada et la mère-patrie. C’est alors que nous fimes une recommandation qui, sans obliger l'Angleterre à dépenser un demi-chellin où à imposer la moindre charge nouvelle à la popula
tion. devait, si elle était acceptée, nous être beaucoup plus avantageuse que toute indemnité pécuniaire que :
nous étions en droit d'attendre, c'était, comme règlement de la question, un moyen on ne peut plus satisfaisant pour les deux pays et qui ne compromet aucunement notre dignité et le respect que nous nous devons.
( Ecoutez ! Ecoutez !)
Le crédit du Canada est, grâce à Dieu, établi solidement ; sa bonne foi a été reconnue partout où il a été appelé à passer des transactions financières. Le gouvernement de Sa Majesté peut toujours demander à la Chambre des Communes de garantir un emprunt canadien avec la solide assurance que les contribuables anglais n'auront jamais à mettre la main à la poche pour payer un seul denier de pareil emprunt. [Applaudissements.] D'autre part, le gouvernement impérial, en nous donnant cette garantie, nous accorde un avantage qui nous permettra d'exécuter de grands travaux d'amélioration publique ; c’est ce qui a été expliqué l’autre jour, mieux que je ne peurrais le faire, par mon hon. ami le ministre des finan-
ces. Outre le double avantage d’obtenir l’endossement de l'Angleterre sans aucun préjudice possible à ses contribuables, il faut considérer l’avantage énorme qui devra résulter pour le Canada du fait que l'Angleterre avoue par là le vif intérêt qu’elle prend au succès de nos grandes entreprises publiques. | Applaudissements. | Personne ne pourra dire aujourd’hui, au moment où elle envoie ici un de ses hommes d'Etat les plus distingués pour remplacer le noble lord quireprésente si dignement parmi nous Sa Majesté ; personne ne pourra dire, au moment où l’Angleterre endosse un émorunt don’ lies termes devront s'étendre sur un si grand nombre d'années et qui ne sera pas éteint alors que plusieurs d’entre nous auront mêlé leurs cendres à celles de leurs pères ; personne ne pourra dire que l'Angleterre songe à se séparer des colonies. | Applaudissements. | L’avantage précieux d'obtenir les fonds à de meilleures conditions qüe si nous avions lancé l'emprunt sous notre propre responsabilité, n’est pas le seul bienfait que cette garantienous assure, car ce fait met un terme absolu aux espérances de tous les utopistes et spéculateurs qui désirent l’abandon des colonies par la métropole. Ce bienfait est plus incalculable que l’avantage de la garantie de l'Angleterre pour notre crédit, si considérable que soit cet avantage. { Applaudissements prolongés.)
Mais on vient dire qu'un marché de cette nature est une humiliation !
Comment donc, monsieur l’orateur, était ce une humiliation d’obtenir, en 1841, la garantie impériale pour construire nos canaux ! On n’a point parlé d’humiliation Jorsque fut acceptée, en 1865, la garantie de £1, 400,000 pour construire les fortifications ; on n’a point parlé d'humiliation lorsque £4.- 000,000 nous étaient garantis, de la même manière, pour construire le chemin de fer Intercolonial. Pourquoi donc y aurait-11l humiliation dans ce cas à accepter la garantie de Y'Angle.
terre lorsqu'elle nous l'offre volontiers pourvu que nous retirions nos réclamations féniennes ? C’est sur notre initiative que cette responsabilité a été assumée, car M. Gladstone avait, de lui-même, déciaré qu’il acceptait cette responsabilité et qu'elle devrait bientôt prendre une forme tangible.
Elle a pris une forme, en effet, celle d’une garantie immédiate de £2,500.- 000 qui sera ultérieurement de £t.- 000,000. (Applaudissement.) Mais on objecte que le Canada n'aurait dû faire aucun marché à cet égard. Il aurait dû abandonner les réclamations féniennes et s'occuper séparément du traité pour l’accepter ou le rejeter, sur. ses propres . mérites: M.
l'orateur. le Canada n’a point fait de marché de cette nature ; nous avons dit franchement et ouvertement aux ministres de Sa Majesté : « Voici un traité qui a été négocié sous votre influence et qui affecte des intérêts commerciaux importants dans ce pays.
Il est impopulaire en Canada au point de vue commercial,mais on nous presse de l’accepter par considération pour la paix de l’empire ; or, il nous sernble que les intérêts pécuniaires du Canada devraient être pris en considération, et les droits incontestables du Canada pour les outrages des féniens ont été complètement ignorés. Nous pouvons donc bien vous demander d’affermir notre position en montrant que vous ne songez pas à sacrifier le Canada pour les intérêts impériaux. »— Voilà, M. lorateur, ce que nous avons demandé pour le Canada, et la réponse a été prompta et satisfaisante; toutefois, l'Angleterre n’a pas accepté notre demande de la garantie d’un emprunt de £4,000,000. Mais je suis aussi sûr que de mon existence, et Je parle en connaissance de cause, que sans le malencontreux nuage qui s’est élevé entre les Etats-Unis et l'Angleterre et qui a menacé de briser sans espoir le règlement amiable des différends entre les deux nations, nuage qui s’évanouit néanmoins, je suis heureux
de le dire,—la difficulté aurait disparu, et l’on nous aurait permis d’ajouter aux Æ£2,500,000 les Æ£1,400,000 qui nous furent garantis, il y a quelques années, pour les fortifications et autres préparatifs de défense. Get argent n’a pas été dépensé et 1l n'aurait plus existé de motif de lappliquer à des constructions qui seraient une menace permanente pour les Etats Unis L'entreprise de ces constructions aurait même été déplacée, immédiatement après la signature d’un traité de de paix et d'amitié ; et je crois, —et je répète que je parle à bon escient,—— je crois que pareille proposition aurait été acceptable au gouvernement de Sa Majesté.
Mais au moment où il s'élevait un nuage, au moment où le traité pouvait être regardé comme non-avenu ei où les relations entre les deux pays pou vaient prendre la déplorable tournure qu'elles avaient eue auparavant.-il ne pouvait être question, pour l’Angleterre, de nous demander, ni pour elle de nous proposer, de renoucer aux moyens de fortifier notre frontière et de défendre notre territoire. Le gouvernema2nt canadien ne pouvait alors hésiter à dépenser les deniers pour les fortifications et se montrer peu disposé à maintenir le Canada dans la dé.
pendance de l’Angleterre. (Applaudissement.) Je dis donc que si nous avous actuellement la garantie de £2,500.- 000 et si l'harmonie se rétablit dans les relations entre l'Angleterre et les Æ£tats-Unis, si le nuage qui s’est élevé s’'évanouit pour ne plus jamais reparaître, nous pouvons raisonnablement calculer que nous aurons bientôt une garantie de £4,000,000 pour exécuter les grandes améliorations que nous avons commencées. Le ministre des finances vous a démontré les avantages qui résultaient de cetarrangement, et ce serait présomption de ma part que de vouloir ajouter un mot à ses explications, qui ont dû pleinement satisfaire et la chambre et le pays.
Je propose donc la première lecture de ce bill, et je résumerai mes obser.
vations sur le traité en disant que tous ses détails sont satisfaisants pour le pays, sauf, toutefois, les objections que l’on peut faire aux articles concernant les pêcheries. Relativement à ces articles, je prie la chambre de considérer pleinement et avec calme les circonstances où nous sommes, et je crois qu'après cet examen elle reconnaîtra que ces articles doivent être ratifiés.
Rejetez le traité, et vous n’aurez pas la réciprocité ; rejetez le traité et vous laissez les pêcheurs des provinces maritimes à la merci des Américains ; rejetez le traité, et il vous faudra entretenir une volice maritime qui coùtera environ $84,000 par année. Rejetez le traité, et vous serez obligé de demander à l’Angleterre de vous envoyer Sa flotte pour vous donner son appui moral et physique, bien que vous refusiez d'adopter sa politique.
Rejetez le traité et vous verrez que j'animosité qui existe aux Etats-Unis contre l'Angleterre sera dirigée contre le Cenada,et qu’alors les Etats- Unis viendront nous dire et avec raison : «Deux grandes nations, l’Angle terre et les Etats-Unis, ont réglé pour jamais leurs différends et leurs querelles ; mais les heureux résultats qui devaient suivre cet arrangement sont annulés par le Canada quine veut pas, pour une période de dix ans, renoncer à la valeur de ses pêcheries.
Dans son discours à l'association dite «Youngmen s Christian Association. »mon honorable ami qui siége à ma gauche a dit que l’Angleterre avait sacrifié les intérêts du Canada. Mais si elle a fait ce sacrifice, combien d’autres na-t-elle pas consentis pour la cause de la paix ? N'a-telle pas, pour maintenir la paix entre les deux grandes nations, consenti à payer des millions sur la caisse publique ?
N’a-t-elle pas fait ce sacrifice, bien apprécié seulement en Angleterre, pour la cause de la paix ? Et pour qui l’at-elle fait si ce n’est pour le Canada ?
(Applaudissements redoublés). Que le
Canada se sépare de l'Angleterre, — que l'Angleterre ne soit plus respon-
sable de nous — quels dommages les Etats-Unis peuvent-ils prétendre porter à l'Angleterre ? Que l'Angleterre reste chez elle, et que peuvent les Etats Unis ! L'Angleterre a la supré:
matie des mers ; elle n’est attaquable que sur un point, et ce point est le Canada ; et si l'Angleterre nous demande un sacrifice pécuniaire, c’est qu’elle croit que nous, la première colonie de l’empire, rous devons être prêt à des sacrifices si nous voulons ne pas être indignes de la belle position
dont nous sommes fiers. (Applaudisse ments).
J'espère vivre assez longtemps pour voir le jour—et j'espère que mon fils verra Ce beau jour—où le Canada sera le bras droit de l'Angleterre, où il sera son auxiliaire puissant et non pas, comme aujourd'hui, une source d'inquiétude et de danger. Et Je crois que si nous sommes dignes de devenir le bras droit de l'Angleterre, nous ne devrions pas reculer devant un sacri fice qui nous assure des avant?ges si considérables et si permanents. On dit que les nations ne peuvent pas toujours être armées. Mais je prétends que ce traité, entouré de combinaisons si difficiles et si dangereuses, fait presque disparaître, s’il est ratifié, toute possibilité de guerre. S'il y a jamais eu un casus belli bien prononcé, c'était celui qui surgissait de la croisière de ces navires, et quand les Etats-Unis mettent de côté leur irritation, ou:
blient leurs griefs et soumettent le cas des arbitres, je dis qu’ils établissent un principe dont le monde entier devra tenir compte et pour toujours.
Jamais aucune question ne pourra susciter tant d'irritation que les crotsières de l’ Alabama, et si pareïlle question peut être réglée à l'amiable, quelle est celle qui pourrait à l'avenir susciter des conflits ? Je croisque ce traité marque une époque dans l’histoire de la civilisation, que ce sera un exemple à suivre dans le monde entier; et avec le développement de la grande famille anglo-
la grande nation qui habite au sud du Canada,je crois que ce principe d'arbitrage sera le seul admis pour régler les différends entre les peuples de race anglaise et que le principe aura son influence sur le monde entier. Et bien qu’il soit opposé aux antécédents d’autres natiors, je crois que le principe admis par la grande famille anglo-saxonne se répandia dans tout le monde civilisé. (Applaudissements.)
C'est un grand pas, j'ose le dire, dans lhistoire du genre humain, et je serais fâché qu’on püût dire que son application a été retardée pour des considérations particulières au (Canada. Si le gouvernement du Canada avait entrepris, comme la chose lui était facile, de recommander le rejet de ces articles, il deviendrait assez cu.
rieux d'examiner quelle serait ma position.
Je recommande ici la ratification du traité. et, malgré tous les sarcasmes des honorables membres de la gauche, je dirai que j'ai été choisi comme commissaire, certainement parce que je suis canadien et proba-:
blement parce que suis membre de l'administration canadienne, mais que ma commission m'a été donnée à titre de sujet anglais, comme dans le cas ile Sir Stafford Northcote et des autres membres de la commission. Je me suis rendu à Washington comme plénipotentiaire, comme sujet de Sa Majesté ; j'étais lié per les instructions de Sa Majesté et j'aurais manqué à mon devoir en ne me conformant pas à ses instructions. Et, monsieur l’orateur, lorsque J'ai souscrit à tous les termes de ce traité, sauf les articles concernant les pêcheries, et lorsque j'ai réussi à réserver, pour le gouvernementet la population du Canada, le droit d'accepter ou de rejeter cette partie du traité, je n’ai rencontré aucun obstacle. (Applaudissements.)
Je n'ai pas hésité à déclarer que si cette clause n’était pas insérée, je me verrais obligé de remettre ma com:
saxonne, avec le développement de | mission. Je savais parfaitement qu’en
signant le traité, je m’exposais à des reproches. lJ'’écrivis à mes amis du Canada que je prévoyais la tempête de paroles que j'aurais à subir, et, à mon retour,avant même d’avoir passé la frontière, j'étais décoré des noms de Judas [scariote, Benedict Arnold, etc. On a épuisé contre moi tout le vocabulaire des halles, mais, grâce à Dieu, me voici parfaitement convaincu que j'ai agi dans les intérêts du Canada : et après tous les bienfaits que j'ai reçus de mes compatriotes, après tant d'années de confiance reposée en mol, je serais indigne de ma position si j'hésitais à faire bravement face à tous ces reproches. (Appla” dissements.) J'ai entendu les reproches et j'ai gardé le silence. Je savais qu’une discussion prématurée ne ferait qu'irriter davantage ceux qui s'étaient ligués contre moi et qui préfèrent leur parti à leur pays. (Applaudissements.) Je ne désigne pas ici en particulier les honorables représentants de la gauche, maïs je dis que la politique de l'opposition est dictée par un pouvoir qui n’agit qu’en arrière du trône, (Applaudissements.)
Or, de cette région il n’est jamais sorti rien de patriotique, si ce n’est Je jour où }jinvitai moi-même ces mes-
#, PNR 4 f} "
sieurs à oublier les luttes de partis pour le bien commun de notre patrie.
(Applaudissements]. Je n’ai pas dit un mot depuis un an, j'ai gardé le silence, croyant qu’il élait mieux de discuter la question sur ses propres mérites. Avec quelle ténacité on m’a obsédé !
Si le gouvernement se déclarait en faveur du traité, alors le Canada était trahi ! Si le gouvernement s’y opposait, c'était le premier ministre qui avait trahi les intérêts de l'empire !
De toute manière, pleine chance d’attaque ! Mais je silence est d’or, monsieur l’orateur, et j'ai gardé le silence.
Je peñse que les réflexions calmes du pays correspondront à la décision du gouvernement qui demande au pays, par l'intermédiaire de ses représentants, d’acepter le traité avec toutes ses imperfections, de Paccepter pour l'amour de la paix, et par égard pour le grand ernpire dont nous formons parlie, et maintenant j'ai l'honneur de présenter le bill et de déclarer que j'y suis autorisé par Son Excellence.
L’honorable monsieur reprend son siège à9 h. 45 m.. après avoir parlé pendant 4 heures et un quart, au m1lieu des applaudissements les plus vifs et les plus prolongés de tous les points de la chambre.
1? LU He ELA F4 AN