‹ Discours de L'Honorable J.A. Chapleau [microforme]Chapitre 6 sur 9 · PARA ARR DA · texte numérisé non relu

PARA ARR DA

tombées pour la liberté, quel spectacle pour toutes ces grandes âmes que celui présenté par cette fête! Au premier plan du tableau, ils ont vu tout un peuple agenouillé près de l’autel du Dieu trois fois grand, offrant à ce Dieu des nations les premiers élans de son patriotisme, abaissant devant sa toutepuissance des fronts et des regards que la foi et la liberté portent vers les cieux; puis cette marche solennelle, déroulant dans les rues de la grande cité les anneaux sans fin de cette chaîne vivante et forte; ces chants de gloire, ces hymnes de triomphe, ces âpres senteurs de liberté sortant partout du sol et embaumant l'atmosphère; cette joie, cette allégresse s’étalant, brillant de toutes les couleurs, prenant toutes les formes et tous les caractères ; et au milieu de tout cela, comme un lien doux eb puissant, comme une étreinte magnétique, ce sentiment d'amour national, de solidarité sympathique, ce sentiment d'union, si puissant dans sa foi, si fécond dans sa puissance !

Voilà ce que j'ai ressenti, voilà ce que vous avez dû éprouver dans ce grand jour que nous célébrons.

Le jour que nous célébrons c’est le baiser, l’accolade affectueuse à nos frères des Etats-Unis. Ce que la France est à nous, nous le sommes à nos frères d'Amérique. Je ne suis pas de ceux qui regardent l'émigration comme un crime ou comme un écart de patriotisme. L’'émigrant Canadienfrançais aux Etats-Unis, comme le colon canadien

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