‹ Discours de l'honorable M. Chapleau en proposant la vente du chemin de fer quebec, Montreal, Ottawa et Occidental a l'Assemblee LegislativeChapitre 12 sur 36 · ON VOULAIT LE PACIFIQUE ET UN PONT POUR MONTRÉAL · texte numérisé non relu

ON VOULAIT LE PACIFIQUE ET UN PONT POUR MONTRÉAL

Dans ce temps, mon ami l'honorable député d'Hochelaga me permettra de dire que l'une de ses grandes frayeurs était que le chemin du Pacifique ne vint pas déverser son commerce sur nous, et il demandait alors deux choses : la première, qae le chemin fût poussé jasqu'à la Baie Géorgienne et jusqu'au Saut Sainte-Marie, et cela pour venir où ? Pour venir jusqu'à Montréal et là construire sur le Saint-Laurent un pont pour faire concurrence au

Granii-Tronc dont le pont ne suffit plus au commerce.

il y a loin de ces projets tout sectionnas à la tendresse nouvelle de l'hon. député pour la ville de Québec et pour la section-Est du chemin !

•' Pour se débarrasser, disait mon hono- " rable ami, de ce monopole incommode et " ruineux, on a été jusqu'à proposer sé- " rieusement et à plusieurs reprises la " construction d'un second pont vis-à-vis ♦' de Montréal. "

Et l'on sait que deux ans plus tard il demandait la construction d'un pont que l'on appelait le pont Albert, qui devait traverser le Saint-Laurent vis-à-vis l'Ile Saint- Hélène à Montréal. L'honorable député disait encore :

" Le Canada Central a son débouché " vers l'Est assuré par les lignes du Co- " teau, de Hrescott et de Brockville. Nous " pourrions lui offrir un quatrième debou- *• ché pour notre ligne. "

A l'heure qu'il est nous ne lui offrons pas un quatrième débouché, mais nous lui offrons notre ligne comme son débouché vers l'Est. C'est-à-dire comme la route nationale et commerciale qui fera sa fortune et notre prospérité.

" Il me semble, ajoutait-il, que notre pros- " pente future consiste en grande partie à " nous faire les transporteurs du grand com- " merce de l'Ouest. Que l'on prenne le grand " point de production, l'Ouest ; le point de " consommation. l'Europe ; une ligne pas- " sant par New-York offre le plus long par- " cours : une autre qui suivra le St. Laurent " offre un parcours moins long; mais une 11 passant par la rivière Ottawa et conti- " nuant par le fleuve St. Laurent se trou- •* vera, pour ainsi dire, continuellement " sur la ligne droite, et sera de 300 milles " plus courte que celle du fleuve. Si nous {< voulons verser à pleins b )rds la prospé- " rite sur notre province, établissons cette " route ; à cela tous nos efforts doivent " tendre : d'abord un chemin de fer, celui " que nous sommes à construire et qui " devra nous relier à la Baie Géorgienne ; " puis aussitôt que nos ressources nous le " permettront, la canalisation de l'Ottawa."

Mon honorable ami parlait là d'un projet qui, je l'espère, se réalisera. Nous aurons plus tard la grande canalisation de l'Ottawa, c'esl-à-dire le grand commerce de Chicago, pour lequel la rivalité est si grande qu'autourd'hui nous lisons dans les dépêches télégraphiques que la législature de New- York vient de voter une loi pour rendre complètement libre la navigation des canaux dans tout l'Etat. Si nous consultons les statistiques à ce sujet, nous verrons que ce n'est pas un petit sacrifice

que fait là l'Etat de New-York, mais un sacrifice qui se chiffre par une somme de $55,- 000,000, coût des canaux de l'Etat. Cette mesure a rencontré une forte opposition dans la législature Je l'Etat, mais il y a été établi victorieusement que même si l'administration y perdait un revenu considérante, Ja liberté des canaux donnerait au commerce un développement amplement suffisant pour compenser cette perte.

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