‹ Discours de l'honorable M. Chapleau en proposant la vente du chemin de fer quebec, Montreal, Ottawa et Occidental a l'Assemblee LegislativeChapitre 23 sur 36 · LA VENTE ACTUELLE EST FAVORABLE A QUÉBEC · texte numérisé non relu

LA VENTE ACTUELLE EST FAVORABLE A QUÉBEC

Et dire, M. l'Orateur, que l'on fait tant de bruit et de bassesses pour in luire le peuple en erreur, pour l'empêcher de comprendre que l'action du gouvernement favorise les intérêts des populations le long du chemin, et surtout les intérêts de Québec.

Malgré tout ce qui a été dit pour donner le change à l'opinion publique, j'espère qu'avant peu la population da Saint-Roch comprendra les avantages qui résulteront pour elle de la vente du chemin.

Je suis sur que cette population intelligente, laborieuse, comprendra vite que le projet soumis par le gouvernement à cette honorable Chambre aura pour effet d'att rer, d'ici à un an, du travail pour au-delà de %t, 000,000, et assurera à jamais à Québec les aie iers de construction et derépaiation, les bureaux des ingénieurs et du surintendant-mécaniciens, c'est-à-dire tous les travaux nécessaires pour la partie Est du chemin. La compagnie ayant son bure m principal à Québec, donne par là même une

garantis à la population de cette ville, que ses intérêts seront toujours sauvegardés.

Et,je n'en ai aucun doute,cette population est trop intelligente pour ne pas comprendre q l'on a voulu la tromper en disant qu'on l'isolait des communications de l'Ouest,quand c'est précisément le contraire qui va arriver.

Et depuis quand a-t-on commencé à soulever cette question d'isolement de la partie Est du chemin ? Est-ce que ça n'a pas toujours été l'intention de Québec de construire une ligne indépendante ?

M. Cauchon ne disait-il pas à Montréal que Québec voulait avoir une ligne de Québec à Montréal, complètement séparée de l'autre ?

Avant six mois, la population de cette ville comprendra ce que le gouvernement veut faire pour elle. Avant longtemps elle verra des élévateurs se construire dans ses immenses docks.

On verra les gens entreprenants de Québdc se mettre à la tête de nouvelles compagnies industrielles, et une ère de prospérité qu'on espérait même pas. Certes, un homme intelligent, un grand manufacturier de Québec, n'a pas hésité à saisir la portée de ce projet quant il s'est joint au syndicat; et la population ouvrière de Québec, si elle veut être éclairée sur la question, n'a qu'à examiner la manière d'agir de ce monsieur qui a toujours été son meilleur ami et qui, lui, ne fait pas de politique au coin d^s rues, mais travaille à la prospérité de Québec. M. Bresse n'est pas de notre parti, mais il est de sa ville, de son pays, et il a compris ce que nous voulions.

l'attitude prise par le bureau de commerce.

J'aurais dû tout d'abord parler des resolutions passées par le Bureau de commerce de Québec, car, certes, elles en valent la peine. A une réunion spéciale de cet auguste corps, on a résolu de commander au gouvernement de ne pas vendre le chemin avant que le gouvernement ne fournit les i [formations singulières que l'on va voir. Voici quelles sont ces informations que le Bureau exigeait et qui devaient être publiées par des personnes " en dehors du gouvernement. " On demandait d'abord la quantité de milles de chemin construit depuis Aylmer jusqu'à Québec. (!)

Nécessairement il fallait que le Board of Trade intervint pour que cette information extraordinaire arrivât à la connaissance du public. Il y a déjà deux ans que le chemin est en opération, et le Board of Trade ne sait pas encore à quoi s'en tenir sur ce chapitre. Il va sans dire qu'il n'a jamais songé

à se renseigner en consultant las tableaux de distance de la compagnie, tableaux que l'on trouve partout et qui donnent exactement la longueur du chemin livré à la circulation, mais il lui faut ce renseignement, et que ce renseiguement lui arrive " de personnes en dehors du gouvernement."

Le Bureau de commerce de Québec défend même de vendre le chemin avant qu'on lui dise ce qu'est le matériel roulant.

Il aurait bien pu se procurer tous ces renseignements en consultant les cédules annexes au contrat du Pacifique qui donnent un état détaillé et complet du matériel roulant, mais ce n'est pas cela, il faut que ce soit " des personnes en dehors du gouvernement " qui lui donnent cet état.

La quatrième in'ormation que demande le bureau de commerce est l'énumération détaillée de toutes les gares de la compagnie. Réellement, monsieur l'Orateur, le gouvernement ne sera pas assez cruel pour refuser cette information au député de Québec-est qui la demande au nom du Board of Trade de Québec ! Vite, qu'on lui envoie un Time- Table par une " personne en dehors du gouvernement. " Ceci est le comble de la curiosité. Comment! il v a des lime-table dans tous lesnoteis, et il faut encore au Board of trade des informations additionnelles.

Cinquièmement, l'inventaire de tous les magasins sur le parcours de la ligne, y compris la quantité de charbon qu'il pourrait y avoir dans tous les entrepôts Oui, le Board of Trade exige une information exacte là-dessus. Il a besoin de savoir la quantité exacte de charbon qu'il y a dans les cours du chemin de fer pour décider sur l'opportunité de vendre ce chemin, tant est grande, pense-t-il, l'influence du charbon sur la politique.

M. l'Orateur, mon honorable ami le député de Québec-Est (M. Shehyn) est un homme malheureux. Jl a assisté aux assemblées qui se sont tenues à Québec.

En y allant il n'a fait qu'exercer un droit qu'il avait; il espérait sans doute y faire sa marque, faire parler de lui dans le pays, mais il est malheureux ; il arrive toujours trop tard ou il part trop vite. Il a d'ardentes aspirations quand l'objet de ses désirs n'est pas réalisable, et au moment où l'occasion se présente, il se dérobe tout à coup. Et ce n'est qu'à lui qu'il doit s'en prendre ; au lieu de marcher devant lui, au lieu de marcher dans la voie droite, que son bon sens lui indique, il va toujours à côté ; il est mal conseille, il est mal avisé ; enfin, il ne peut pas aller droit, il faut qu'il aille à côté On dit que du sublime au ridicule il n'y a qu'un pas; le député de Québec-est veut arriver à la grandeur, à la renommée, mais

«comme il est- (i*ès pressé, M fait le pas long., 4rop long, et il va chez le voisin.

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