CETTE DIVISION CONFORME A L'OPINION DE MES ANCIENS COLLÈGUES
Mais, M. l'Orateur, il y a plus que cela Je surprendrai peut-être celte Chambre en lui rappelant que j'ai eu le malheur de perdre un de mes collègues pour une politique qu'il soutenait en 1878.
Les clauses générales préparées par le gouvernement . de Boucherville pour le Jouatre du chemin disaient :
•* Les deux sections, ayant leur division à Montréal, seront louées ou affermées, soit séparément ou en une seule ligne continue. "
" Avenant le cas où le chemin de fer serait loué en deux sections, à deux personnes différentes, il est bien compris que la partie du chemin qui s'étend entre la cite da Montréal et le point de jonction avec la ligne directe entre Québec et Aylnier devra être mise en opération et exploitée en commun.
" Ceux qui feront des propositions pour celle dernière section seulement (entre Québec et Montréal) sont requis, etc. "
Hln 1878, le chef du cabinet c'était le l'Hon. M. DeBoucherville et le président du conseil c'était lHon. M. J J. Koss. 11 n'y avait alors aucun inconvénient à séparer le chemin en deux tronçons. Et il y avait pourtant cette grande, cette énorme différence contre Québec, c'est qu'en louant la section d'Ottawa à Montréal à une autre personne ou à une autre compagnie, l'on séparait virtuellement la section Est du Canada Central et du Pacifique. Cette section n'avait plus aucune assurance de trafic ; elle restait sans arrangements.isolée, séparée du Pacifique, par des compagnies indépendantes et elle était dénuée de tout moyen d'action pour agir sur elles. La section Ouest aurait conduit ses affaires à sa
guise, aurait pu diriger tout son trafic sur les lignes au Sud de Montréal, et Québec n'aurait pu rien y faire.
Cette année, M. l'Orateur, parceque le gouvernement rapproche le Pacifique de Québec, paroequ'il l'amène directement à St -Martin, parceque, par un marche bien fait, il force la Pacifique à ouvrir toute sa ligne à la section Est, parceque celle-ci est protégée de toute manière, parcequ'en la mettant sous la protection d'un Syndicat local, nous la mettons à l'abri d'un coup de main et que nous plaçons le Pacifique dans l'impossibilité de nultraiter ou de fermer cette ligne, cette année, dis-je, on trouve cela mal et contraire aux intérêts du district de Québec. Je ne vois pa> de différence entre vendre ou louer un chemin, pour les résultats du trafic. Nous perdons aussi bien le contrôle du chemin par le louage que par la vente. En fait de chemins de fer, louer équivaut, de fait, à vendre, et Ton voit souvent des chemins de fér louer une ligne d'embranchement au lieu de l'acheter et le Grand Tronc ne possède qu'à titre de bail 1 Atlantic et St. Lawrence, le Bvffalo & Lake Huron, le Chicago, Détroit A Canada Grand Junclion; et cependant il en est tout aussi le maître que s'il avait acheté ces lignes et il contrôle une ligne non interrompue de Boston et Portland à Chicago.
Je ne demanderai donc que le témoignage des mes anciens collègues pour établir l'excellence de ma politique d'aujourd'hui.
Et les honorables messieurs qui ont cru devoir se séparer du gouvernement sur celte question, viennent nous dire que la raison qui les a poussés à le faire est que le gouvernement ne doit pas vendre son chemin en deux parties.
Croit-on vraiment que le Pacifique, s'il eut fait l'acquisition de toute la ligne, n'eut pas pu en vendre uue partie à une autre compagnie ? Qui aurait pu l'en l'empêcher? 11 aurait pu aussi diriger le trafic du chemin vers le Sud, et fermer notre ligne de l'Est comme il a fermé la ligne d'Ottawa à Prescot, dont il a fait l'acquisition. Il aurait pu réserver notre ligne pour le transport exclusif du gros fret ; et est-on prêt à dire que ce n'était pas là une grande difficulté à résoudre ? Car il n'y à pas à se faire illusion, le Pacifique, devenu propriétaire de toute notre ligne, aurait pu la fermer et la contrôler comme bon lui aurait semblé. En avocassant ainsi la vente de la ligne entière au syndicat du Pacifique, on voulait donc créer un monopole. Et il est évident que nous aurons moins à craindre le monopole avec une autre compagnie qu'avec la compagnie du Pacifique, contrôlant toute la ligne.
Au contraire, par les arrangements actuels, nous offrons à Québec une garantie complète. Nous lui donnons tout le bénélice du trafic du Pacifique sans les dangers d'une vente au Pacitique. La garantie pour Québec ce sont les clauses même de notre traité avec le Pacitique, qui se lisent comme suit :
" 8. Que le fret et les voyageurs à longue destination seront transportés sur l'un ou l'autre des dits chemins de fer ou sur aucune partie d'iceux, y compris les branches déjà bâties ou qui seront bâties, ou appartenant ou Lvant être acquises, par les propriétaires respectifs des deux chemins, y compris les ponts et tunnels, aux taux pour fret et voyageurs qui seront établis par la Compagnie du chemin de fer du Pacifique pour tout trafic venant d'au-delà ou allant au-delà d'Ottawa, et pour tout trafic en deçà d'Ottawa, dans aucune direction, à des taux à être fixées de temps à autre entre le Gouvernement ou ses réprésentants et la Compagnie. Et si les dites parties ne peuvent s'accorder, tels taux seront fixés par le ministre des chemins de fer de la Puissance, à la demande d'aucune des parties, après en avoir donné avis à l'autre. Et tels taux seront divisés entre le Gouvernement ou ses représentants et la Compagnie, en proportion du nombre de milles que tel trafic aura parcouru sur chacun des chemins, sans rien charger pour les ponts et tunnels ; le même taux par mille devant être chargé sur tels ponts et tunnels que sur les autres parties du chemin.
" 9. Que si aucune des parties fait des arrangements spéciaux avec une autre Compagnie de chemin de fer pour le fret ou les vo\ageurs devant passer par aucune voie appartenant à cette autre compagnie, l'autre partie ou ses représentants aura le droit de bénéficier de tels taux spéciaux pour son propre trafic, en autant que ces arrangements peuvent s'appliquer à tel trafic" .