‹ Discours de l'honorable M. Chapleau en proposant la vente du chemin de fer quebec, Montreal, Ottawa et Occidental a l'Assemblee LegislativeChapitre 31 sur 36 · IL N'Y A PAS DE MONOPOLE A CRAINDRE · texte numérisé non relu

IL N'Y A PAS DE MONOPOLE A CRAINDRE

Pour nos ennemis l'objection plus forte que toutes les autres, à la politique du gouvernement sur cette question a été le nom de M. Sénécal figurant dans la liste des membres du syndicat. Et l'on s'est mis à effrayer les cultivateurs avec des mots comme ceux-là : " Avec Sénécal dans le " syndicat, et à la tête de la compagnie du " Richelieu, vous pouvez vous attendre à " payer 40 et 50 Oiq de plus que le tarif " actuel." Oui, M. l'Orateur, il s'est rencontré des malveillants pour dire de pareilles inepties et sans doute de braves gens pour les croire.

Gomme s'il n'était pas de l'intérêt d*une compagnie qui tient à faire des affaires, de réduire ses taux au plus bas chiffre possible ! Et d'ailleurs pourquoi tant s'effrayer de voir M. Sénécal dans ces deux compagnies. . Sir Hugh Allan, qui est plusieurs fois millionnaire, était président de cette compagnie quand il formait ses syndicats, et personne ne songeait à lui reprocher ce titre.

Qui vous dit que M. Sénécal sera encore l'an prochain à la tête de la compagnie du Richelieu ? Du reste, je trouve la meilleure réponse à cette objection dans l'organe même de mon honorable ami qui a laissé le gouvernement.

Le "Journal des Trois- Rivières" écrit :

" Le syndicat du Pacifique n'a fait au- " cun arrangement avec Trois-Rivières et " Québec pour le commerce, et au fond, 4< comment voudrait-on qu'il en fit de sé- " rieux ? Ce sont les expéditeurs de grains " et de farinas de l'ouest qui feront le " commerce, et non le syndicat ! et ces " messieurs comme tous les autres négo- " ciants du monde, choisiront les lignes les " moins dispendieuses sans s'occuper s'ils " passeront par Trois-Rivières ou Québec."

C'est précisément pour cela, en effet, que le syndicat sera obligé de tenir ses taux aussi abaissés que possible.

L'auteur de cet article est tombé sur une grande vérité mais il en a tiré une conclusion lausse. C'est de fait une vérité éco». nomique qu'on ne saurait discuter : le commerce suit toujours son niveau. Ayez dans Que Dec une poignée d'hommes énergiques, de commerçants intelligents: mettez-les à travailler 'dans nos intérêts, et ils ne manqueront pas d'attirer la prospérité commerciale dans la capitale et le district.

Le Pacifique ne saurait sans se faire tort a lui-même, nous imposer un tarif dilférentiel. car autrement les intéressés, les expéditeurs rechercheront d'autres lignes pour expédier leurs produits. Et son intérêt propre le forcera toujours à nous traiter ausrii bien que nous pourrions l'exiger.

Le Pacifique est forcément obligé de se rendre à Montréal, et les hommes d'affaires de Québec, les marchands de bois et de grain de la capitale, peu vent.s'ils le veulent, attirer le commerce ici, car nos expéditeurs de crains pourront toujours choisir la voie la plus avantageuse à leurs expéditions. Ils ne sauraient être à la merci de ce syndicat.

L'on a voulu effrayer les gens avec une prétendue élévation du tarif poar le bois de corde. Savez-vous quels sont les faits, monsieur l'Orateur? Il s'était glissé de tels abus dans le transport du bois de cor Je, que l'en mettait jusqu'à 17 tonnes sur un char qui devait en porter 10. L'on a pesé soixante chars chargés et Ton a trouvé qu'ils portaient une moyenne de 1GJ tonnes. Ordre a été donné en conséquence de réduire le poids du chargement, quoique l'on permette encore aux expéditeurs de eharger 14 tonnes et de ne payer que pnur 10. On a crié à l'exaction, parce que l'on empêchait ces messieurs de briser nos chars en faisarit passer 17 cordes de bois pour le prix de 10 cordes. Voilà ce que c'est pour un gouvernement d'exploiter une ligne de chemin de fer.

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