‹ Discours de l'honorable M. Chapleau en proposant la vente du chemin de fer quebec, Montreal, Ottawa et Occidental a l'Assemblee LegislativeChapitre 35 sur 36 · BESPONSABILITÉ QUI PÈSE SUR LE GOUVER- NEMENT · texte numérisé non relu

BESPONSABILITÉ QUI PÈSE SUR LE GOUVER- NEMENT

M. l'Orateur, je l'ai déjà dit, je veux laisser de côté les récriminations qui pourraient être faites contre les administrations précédentes, au sujet de la politique ou de l'exploitation du chemin de fer. C'est ce que nous avons voulu en disposant de ce chemin, et mes collègues et moi, nous sentons en ce moment l'immense responsabilité qui pèse sur nous. Nous avons à soumettre à votre approbation l'affaire la plus importante qui se soit présentée devant cette Honorable Chambre depuis la confédération. Le sort et l'avenir de notre Province sont attachés à cette question. Les gens qui ne pensent qu'à entasser des billets de banque dans leurs coffres, les caractères qui suintent la vénalité, ces gens qui ne songent qu'à leurs intérêts personnels, et qui n'estiment leurs semblables qu'en autant qu'ils sont .favorisés de la fortune, cette classe d'hommes.M. l'Orateur, n'est point faite pour apprécier une mesure comme celle que nous traitons dans le moment. Mais le gouvernement, lui, qui sent et apprécie toute la responsabilité qui lui incombe en ce moment et qui comprend que le devoir devant lequel il se trouve le rehausse et le grandit, — le gouvernement, dis-je, a voulu envisager cette grande mesure au point de vue de l'intérêt du pays, et se mettre au-dessus de toutes ces considérations mesquines de parti ou d'intérêts personnels. Ah! M. l'Orateur, la richesse et l'argent ; c'est beau, comme moyen, peut-être, mais, enfin, c'est bien petit pour les gens qui pensent au-delà de leurs intérêts personnels, ceux qui, comme nous, sont à la tête d'un gouvernement et ministres du pouvoir savent se mettre audessus d'aussi mesquines considérations.

Heureusement pour l'intérêt de notre peuple, heureusement pour ce beau système constitutionnel qui nous régit, heureusement, dis-je, que dans le fonctionnement de ce système, presque toujours ceux qui ont été chargés de l'appliquer s'en sont tirés sans y laisser des lambeaux de leur honneur et de leur réputation.

On m'a accusé d'être ambitieux : j'ai une ambition, M. l'Orateur, j'ai l'ambition de travailler pour mon pays, afin qu'on puisse

dire de moi dans l'avenir : " Il a fait quelque chose pour son pays. Il est mort pauvre, mais il a travaillé. 11 s'est fait un nom et il a grandi la province qu'il a dirigée quelque temps." Oui, je veux arriver à cela, et ce n'est pas une mauvaise ambition, que je sache. J'ai travaillé pendant vingt-trois ans pour mon pays, et si j'ai oublié de travailler pour moi, je remercie la Providence de m'avoir mis en état de l'oublier. Tout ce que j'ai pu donner de ma force, de mon énergie et même de ma santé, à mon pays, je le lui ai donné de grand cœur, sans arrière pensée, et n'attendant ma récompense que dans le sentiment d'avoir fait du bien

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