SS
Faut-il faire un bien long discours ?
Il est vrai que nous y avons été plus ou moins acoutumés dans le pussé, il est vrai aussi que le champ est très vaste, et qu'il requiert un certain développement, mais il me semble que les questions principales à résoudre se résument en celle de savoir s'il est vrai que le gouvernement a rétabli l'équilibre dans nos finances s'il y a un surplus véritable, s’il a fait des économies, diminué les dépenses et rempli ses promesses aux électeurs de cette Province. L'hon. Trésorier me fournit sur ce sujet le thème de mon discours, lorsque, dès le début de son exposé, il fait les affirmations suivantes :
La prétention du gouvernement
—Tes comptes publics ont été déposés sur la table à l'ouverture de la Chambre.lls prouvent que les opérations financières de la Province, pendant l'année dernière, ont été très heureuses, et je suis certain que vous l'avez tous reconnu depuis.
“ L'histoire nous dit maintenant que
le temps des déficits successifs qui se sont élevés à la somme énorme de $OS7,516.48 pendant l'exercice financier de 1896-97, a fait place, grâce à l'administrat'-v sage et prudente de nos finances var M. Marchand, à des sur plus divers dont le plus important fut de $22,820,00 : et les comptes publics de l'année dernière démontrent que l'on a continué le même système d'administration sage, prudente et habile de nos finances, sous la direction de M. Duffy, qui a laissé comme monument élevé À sa mémoire le beau surplus de $103,712.22.
“ Il est évident, M. l'Orateur, que n'ayant rien eu à faire avec l'administration des affaires de la Province, je suis par cela même mieux placé nour rendre hommage à mes prédécesseurs et À leurs collègues, et je dé.
elare, sans crainte d'être contredit par aucun citoyen désintéressé et au jugement droit, que l'administration de nos finances depuis 1897 a €t6 à l'abri de toute critique et de tous reproches.”
Résumons ce qu'il affirme : 1. Les opérations pendant l'année dernière ont 6t6 très heureuses ; 2. Le temps des déficits a fait place, grâce à l’administration sage et prudente de nos finances par M. Marchand, à des surplus divers dont le plus important fut de K22,82005 ; 3. L'administration des finances par M. Duffy a laissé pour l'année expirée comme monument élevé à sa mémoire, le beau surplus de “103, 712.22 ; 4. L’'ad'ninistration de nos finances depuis 1897 a 6 à l'abri de toute critique et de tout reproche.
Je regrette de ne pouvoir partager cette manière de voir, et une étude attentive de cet exposé ne pourrait conduire ‘“ aucun citoyen désintéressé et au jugement droit,’ pour me servir des expressions de l'hon. Trésorier, à la conclusion à laquelle il arrive.
Deux poids et deux mesures
Avant de toucher, en suivant autant que possible l’ordre des matières, dans cet exposé budgétaire du trésorier, aux dépenses et recettes de l'exercice 1902-1903, à l'exercice en cours et aux prévisions pour l’année prochaine, il me faut rectifier une erreur commise par le trésorier dans le passage
de son discours que j'ai cité. Il aftirme que le déficit pour l'exercice financier de 1896-97 était de SON7,316.48 puis il réclame pour l'année 1903 ce qu'il appelle ‘“ le beau surplus de $103,712.22."" Je reviendrai sur ce dernier chiffre dans un instant, mais pour le moment l'erreur que je dési signaler consiste en ce que dans cette comparaison entre ces deux années, Il ne se sert pas de la même base, incluant, comme il le fait, dans les dépenses pour 1896-97 certaines dépenses extraordinaires qui sont élaguées des paiements de l'année 1903 pour laquelle il réclame cet excédent de $103,- 712.22, L'hon. M. Marchand, au reste dans son discours du 14 décembre 1897, avait fixé le déficit de l'année 1896-97, pour les recettes et dépenses ordinaires À KS10,484.20, En ce faisant, il a‘toptait la même base que celle dont le trésorier actuel se sert pour réclamer le surplus sus-mentionné pour l'année 1903. J'ai déjà moi-même les années passées admis que le déficit pour l’année 1896-97 était de $S02,292.02 pratiquement le mê'ue que celui reconna par l'hon. M, \archand, mais j'ai dtjà eu l'occasion d'expliquer que les dépenses qui avaient déterminé ce déficit, étaient tout à fait spéciales, temporaires et ne devaient pas se reucuveler, Ju reste, nous n'aviors pu contrôler complètement cette année fiscale puisque notre administration a cessé d'exister le 22 mai 1897. Voici c2 que je disais sur ce sujet devant cette Chambre, le 21 avril 1903 :
“ L'on sait que le gouvernement Marchand a fait porter à cet exercice tous les: articles de dépenses ordinaires et extraordinaires qui se sont présentés à son esprit comme pouvant être payables par le gouverne ment, et cela sous prétexte, prétendeit-il, d’avoir un compte net, ou de pouvoir recommencer une nouvelle année fiscale, tous comptes du passé étant soldés. De plus, c'était l'année des élections générales et les dépenses de ces élections et de la révisior des listes ont été portées au débit de cette année, faisant une somme de $87,604.Ajoutons aussi que le gouvernement Marchand a perçu dans l'année 1898-99 une assez forte somme v. g. $113,723.80 du gouvernement du Canada, somme qui avait été retenue par celui-ci et dont une partie,
savoir, $20,615.72, ainsi que M. Mar chand l'a admis lui-même, devait être attribuée à cette année fiscale de
1596-07, Mauls n'insistons pas sur
l'explication des dépenses de cet exercice, car la question a déjà été épuisée plusieurs fois devant cette Chambre.’
Quant au surplus de $22,820.05, que le Trésorier appelle le plus important du gouvernement Marchand, il est Atrange que dans les états annexés aux exposés budgétaires, il n'y soit pas mentionné ; c'est un autre chiffre que l'on y trouve, Je présume que c'est ce surplus de $22,820.05 qui avait valu à l'ancien trésorier et premier ininistre, dans une assemblée publique non loin de Québec, la présentation de ce bouquet de 23 roses en l'honneur de ces $23,000.00 de surplus, Hélas !
M, l'Orateur, la gloire humaine, il faut bien le dire, n'est pas de longue durée, et les surplus, même de -23,000.90, vivent ce que vivent les roses, l’espäce d'un matin. (Four la photographie du céläbre bouquet, voir le ‘ Soleil ” du 7 septembre 1899),
Revenons à la question principale, exposée dans le budget du Trésorier, savoir, celle des recettes et des dépenses pour l'année 1902-03. Voici comment il pose la question :
‘“ Recettes et dépenses 1902-03
‘ Maintenant, M. l'Orateur, permettez-nous d'ouvrir 1:s comptes publics de la dernière année financière et d'en examiner le contenu. Ils nous démontrent entre autres choses que les recettes et les dépenses se sont élevées à :
Recettes ordinaires.
Dépenses ordinaires.
Surplus. . . .$ 169,155.99 Les dépenses extraordinaires ont été de. .$ 65,443.77
Le surplus des recettes ordinaires sur les dépenses ordinaires et extraordinaires a donc été de. Fi telUO Aie ‘“ Les recettes et les dépenses totales à part les subsides de chemins de fer, celui du Pont de Québec, la construction du chemin de fer Q. M. O. &
O. et les montants payés et reçus pour li conversion de lu dette, se sont élevés & :
Pit CC Dépenses, , ... %