‹ Discours de l'Honorable M. Taillon [microforme]Chapitre 13 sur 21 · COMMISSIONS · texte numérisé non relu

COMMISSIONS

Nous avons eu la Commissiou Agricole qui a coûté $8,000. Le ministre de l’agriculture aurait pu, avec son député, faire le même ouvrage,'et cela eùt coûté moins cher.

Nous avons la commission dite des asiles d'aliénés, qui a coùté $16,000

Pourquoi cette commission ? Elle n'a été qu’un expédient pour faciliter l’alliance de M.

ercier avec M. Trudel. En effet, lorsque la loi concernant lcs asiles d'aliénés fut discutée dans la législature de Québec en 1885, ces messieurs étaient loin de s’accorder sur la question. M. Trudel était à la tête de ceux qui voyaient dans cette loi une violation des contrats, et, en ce qui concerne l'asile de la Longue Pointe, une violation des immunités ecclésiastiques. Dans certains quartiers, on disait que cette législation n’avait pas sa raison d’être, et qu'à tont événement, le gouvernement aurait dû attendre un peu, vu que la visite et les écrits du Dr Tuke étaient encore trop récents. |

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M. Mercier et son parti. s'appuyant au contraire sur les observations du Dr. T'uke, disaient ue nos asiles d’aljénés étaient mal tenus, qu’il allait sans délai amender la loi, que le projet de loi soumis par le gouvernement n'allait pas assez loin dans la voie des réformes, qu'il ne voulait pas les contrats, ete. Quant aux immunités ecclésiastiques, M. Mercier trouvait ridicules les prétentions de M. Trudel, et il fit à ce propos une sortie vigoureuse contre l’école ultramontaine. Entre ces deux extrèmes, l’administration Ross prit un juste milieu. Convaincue que sa loi n’était pas injuste et qu'elle répondait à un besoin pressant, elle la fit adopter. Ce fut l’occasion d’une déclaration de guerre de la part de ceux qui avaient combattu cette législation. C'était une loi impie, arbitraire, injuste, infâme ; il fallait l’abroger on l’amender dans ses parties essentielles, que n'’u-t-on pas dit ? Le gouvernement Ross, croyait qu’il n'avait fait que son devoir, ne céda pas aux menaces. Les élections eurent lieu. Les libéraux n’obtinrent pas la majorité, encore moins les conservateurs nationaux : mais il fallait à tout prix défaire le cabinet Ross. et pour atteindre ce but une

* alliance entre M. Mercier et M. Trudel était

nécessaire. Bien naïf celui qui croirait que la question des asiles d’aliénés pouvait être un obstacle, M. Trudel, qui l'avait toujours traitée comme si le doute n'eut pas été permis, accorda du délai à M. Mercier pour réfléchir. Celui-ci, après une étude bien consciencieuse, consentit à douter. Si M. Trudel eût mieux connu son

homme, il eût insisté d'avantage et il l’eût

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