‹ Discours de l'Honorable M. Taillon [microforme]Chapitre 14 sur 21 · PERS DEN NAS · texte numérisé non relu

PERS DEN NAS

amené à répudier tout ce qu'il avait dit en 1885. Toujours est-il que ces deux hommes, qui avaient exprimé des opinions diamétralement opposées sur cette question, convinrent de déclarer aux chambres qu'après tout, elle n'était pas si claire et qu'il fallait rien moins qu'une commission pour l’étudier. La commission fut don: instituée. M. Trudel fut chargé du soin de la composer, du moins il nous l’a dit. Un certain nombre de médecins pas spécialistes mais médecins comme les autres, en compagnie d'avocats comme les autres, ont voyagé aux frais duila province dans notre pays et dans le pays vois n. Après toutes leurs pérégrinations, ils ont entrepris de faire un rapport; mais ils n'ont pu s'entendre. Le rapport de la majorité est imprimé et distribué ; on attend encore celui de la minorité. On le dit adiré. Pourvu que le gouvernement ne nomme pas une autre commission pour le chercher! Seize mille piastres pour permettre à MM. Mercier et Trudel de ne faire que chacun la moitié du chemin pour se rencontrer !

Une-autre chose qui ressemble quelque peu à ces commissions, c’est la Conférence inlerprovinciale. M. Mercier avait formellement déclaré à l'assemblée législative qu’«ll: ne coûterait rien à la province. Mais après la session close,

au mépris de la parole donnée et de Ia consti-

tution, il a pris sans cérémonie $#10,000.00 dans la caisse publique pour payer les frais occasionnés par cette conférence.

M. Mercier, quand il.était dans l'opposition, disait qu'il y aurait assez. de cinq ministres

dans cette provincc. En 1882, ils étaient sept : M. Chapleau a réduit le nombre à six. En 1887, M Mercier forme une administration. Nonseulement il ne se contente pas de cinq min'stres, six ne lui suffisent même pas. Il s'associe MM Ross et Turcotte. Il est vrai qu'il nous les a présentés comme ministres sans porte: feuil'e, c'est-à-dire ne coùûtant rien à la province ; mais qu’il nous permette de lui dire que si la chose n’est pas invraisemblable quant à M. Ross qui est riche et qui demeure dans la capitale, elle l'est beaucoup quant à M Turcotte qui demeure à Tiois-Rivières et qui, avant son entrée dans l’administration, avait comine moi et bien d’autres le maïheur de n'être pasen grande intimité avec la fortune. Que dans ces circonstances, M. Turcotte ait passé tout son temps au siège du gouvernement, à s'occuper des affaires pubiiques, depuis le 29 janvier 1887, jusqu’au printemps 1588 (alors qu’il a régularisé sa position en acceptant un portefeuille et en se faisant réélire), sans être ijndemnisé même de ses dépenses, C'est ce que nous ne pouvons croire. Iln'a pas été payé directement ; c'eut été une violation ouverte de la loi ; mais il a dû 1 être indirectement. La “résomaqtion tient ici lieu de preuve positive. Et comme M. Mercier ne parlait de diminuer le nombre des ministres que pour diminïer les dépenses, je dis qu'en prenant M. Turcotte dans son gouvernement en sus des six ministres avec portefeuille, il a agi contrairement à ses déclarations d'autrefois.

Au reste, M. Mercier y a mis moins de façon cette année, car à la dernière session, il a fait

[UE passer une loi pour nommer un septième ÿ ministre, et avec porlefeuille celui-là. Son salaire est de $4,000.00 par an, et les dépenses contingentes de son département sont, pour co nmencer de $3,700.00. (Voirstatuts de la dernière session, # ch. 8, et Budget supplémentaire pour l’année finissant le 30 juin 1889, art. 8.) Les conservateurs ont tous voté contre cette loi (Procèsverbaux, page 247) Encore une dépense de $7,700.00 et plus ; encore une contradiction ! Je parlerai bientôt des dépenses que fait le gouvernement pour la codification.

Mais il faüt que je mette un terme à cette énumération des dépenses du gouvernem:nt Merciér. Si elle est déjà trop longue, j'espère | à que vous me pardonnerez. Je voulais vous faire 15 comprendre comment il se fait que les dépenses 1 de ce gouvernement excèdent de $300,000.00. celles du gouvernement Ross. Et dire que ceux qui sont responsable ds cette augmentation sont | È ceux-là mêmes qui, il n’y a pas encore deux ans, 'È ne pouvaient dire un mot ni écrire une ligne sans nous accuser de gaspillage !..… Lors même + | qu'ils ne dépenseraient pas plus que nous, nous

if} aurions le droit de les accuser d’avoir trompé 1 les électeurs. Quels reproches ne méritent-1ls pas par leurs extravagances ! IN

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