Discours de l'honorable R.J. Cartwright [microforme]
La Chambre s'étant formée en Comité sur les voies et moyens, M. SCATOHERD au fauteuil,
M. CARTWRIGHT se lève et dit:
M. le Président, — Avant de procéder à la discussion des détails du ch ta je désire dire un mot ou deux de la position dans laquelle le gouvernement se trouve placé.
Nous avons, M. le Président, non-seulement un nouveau gouvernement rencontrant une nouvelle Chambre, mais aussi, ce qui est bien connu, une grande partie de cegousernement est composée d'hommes qui, comme moi, n’ont eu aucune expérience officielle particulière ; et nous avons, dès le début de notre carrière, à lutter avec des difficultés qui ne sont pas de peu d'importance, et je me permettrai de dire que les dificultés financières ne sont point les moins embarrassantes d'entre elles. (Ecoutez! écoutez!) :
Voici, M. le Président, ce qu'il ÿ a de particulier dans la position du gouvernement. Comme chacun le sait, la politique de nos prédécesseurs, particulièrement sur les questions financières, a été une politique à laquelle chaque membre de ce gouvernement, sans exception, aussi loin que ma mémoire peut me servir, a été opposé d’une manière résolue ét déterminée. (Ecoutez !). En un mot, voici quelle est; pour-parler d'une manière générale, la position que nous occupons. Nous avons à notre disposition des ressources amplement suffisantes jure faire face aux besoins ordinaires et légitimes auxquels elles sont: destinées à pourvoir; mais, d’un autre côté, il se trouve que nous ayons été engagés dans une:
grande série de projets qui, peu ir porte qu'ils aient été biem ou mal conçus, sont, dans tons les cas, de nature à absorber une grande partie des ressources de ce pays. (Ecoutez! écoutez !)
Le gonvernement est prêt à assumer la responsabilité la plus étendue quant à ses propres actes ; mais il n'est pas disposé à assumer la responsabilité de ceux de ses prédécesseurs, ge plus que ceux qui le soutiennent ne voudraient le faire. Îls ont énergiquement protesté dès le commencement contre ces actes aux conséquences desquels il faut aujourd'hui pourvoir. Quant aux mesures que nous pourrons présenter dans le but de réparer ces fautes antérieures (si faute il y a eu), nous en sommes sans doute responsables. Mais je’ le répète, quant aux actes qui sont cause de ces mesures elles-mêmes et quant aux résultats de ces actes dont la Chambre est pour la première fois appelée à prendre une entière connaissance, nous dégageons nôtre responsabilité. (Ecoutez ! écoutez !).
Toutefois, je ne désire pas faire entendre par là que le gouvernement, tout en dégageant sa responsabilité morale quant aux résultats de ces actes, prétende n’être pas tenu de remplir les engagements contractés par ses prédécesseurs. Non, M. le Président, nous désirons respecter les garanties qu’ils ont données, mais sauf une réserve toujours : c'est que nous n’entendons pas faire des promesses qu’il nous sera impossible d'accomplir. Nous ferons tout ce qu'il nous sera possible de faire, tout en ayant soin de ne pas mettre en danger l'avenir de la Puissance entière. Nous nous contenterons sur ce point d'aller aussi loin que nos finances nous le permettront, mais pas au-delà. (Ecoutez ! écoutez !)
Un mot encore. Cette Chambre sait que seulement quatre ou cinq mois se sont écoulés depuis l'entrée en office de ce gouvernement. Je puis ajouter que de ces quatre ou cinq mois, deux seulement ont été employés à préparer les mesures dont nous nous trouvions chargés. Cela est dû aux deux élections que la plupart d’entre nous ont dû subir. Aussi il ne me sera guère possible d'entrer dans tous les détails comme j'aurais pu le faire, j'en suis sûr, si j'avais eu quelques semaines de plus à ma isposition. Qu'on veuille bien remarquer que les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons, m’obligent aujourd’hui à faire sur la situation de ce pays un examen rétrospectif plus minutieux que nous n’avons l'habitude de le faire. -I1 nous faut bien nous rendre compte, et c'est aussi le devoir du public de le faire, non-
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seulement de la présente position financière de ce pays, mais aussi de nos ressources actuelles, des engagements que nous avons contractés, et examiner .comment nous pouvons le mieux et le plus facilement y faire honneur. J'avoue que nous rencontrerons sur notre chemin des difficultés considérables. Nul doute que les statistiques du Canada, qu'importe quelle en soit la cause, ne sont pas aussi complètes qu'on pourrait le désirer. Il y a beaucoup de choses que nous devrions connaître et sur lesquelles ces statistiques sont silencieuses. Aussi, dans les calculs que je hasarde maintenant et à l'appui desquels je n’ai pas de st:tistiques officielles, je désire qu'on considère comme approximatifs seulement les chiffres que je donne, bien que je puisse dire que je les pense à peu près exacts dans l’ensemble.
Je ne puis pas, sans doute, prétendre entrer dans les détails les plus minutieux; mais il y a certains faits bien connus et bien établis qui suffironi pour arriver à des conclusions passablement exactes, quant à nos ressources générales et à la nature, sinon à toute l'étendue des divers engagements auxquels nous aurons à faire face.
Maintenant, M. le Président, je vais d'abord passer en revue l’état financier du pays durant l’année expirée le 30 juin dernier. Pour la commodité du comité, j'ai fait préparer un état des recettes et dépenses annuelles, depuis ’ifauguration de la Confédération. Je dois dire que jes recettes et dépenses de l'Ile du Prince-Edouard ne sont pas comprises dans cet état, à l'exception de la somme de $100,000 qui aété mise dans les estimés supplémentaires, afin de défrayer ce qu'on appelle le coût de l’organisation. Je n'entends pas retarder le comité bien longtemps au sujet üe l’année 1872 - 73. Il y a dans le moment peu de commentaires à faire sur celleci, si ce n’est ceci : — je craius que d’ici à quelque temps on ne considère 1872-73 comme la dernièr année d’abondance... j'allais dire d’abondance impré; :ante. En effet, si le comité regarde à l’état comparatif des recettes et des dépenses, il y verra ceci : que les recettes pour 1872-73 étaient de $20,813,469, les dépenses pour la même année se montaient à $19,174,647, laissant un surplus net de quelque chose comme au-delà de $1,600,000. Il faut admettre que c'est là un résultat très satisfaisant pour les opérations de cette année. De plus, bien que l'augmentation apparente des recettes de 1872-78 n'excède pas beaucoup celle de 1871-72, il est de notre devoir de constater que, vu la réduction des droits sur ie thé, l'augmentation réelle était plus élevée que
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l'augmentation apparente et que le pay: progressait encore gubstantiellement à cette époque. Le fait, il y avait deux choses qui, raisonnablement, auraient dû attirer l'attention lus qu'on ne l'a fait. Si les honorables membres veulent jeter les yeux au bas de la colonne des dépenses, ils verront qu'il y a eu un accroissement énorme dans les dépenses pour la perception des revenus provenant des travaux pu lics, tandis que les recettes, comme ils le verront par l'autre colonne, n'ont pas été, à beaucoup près, si grandes relativement. Ils verront aussi que les travaux publics que l’on doit imputer au revenu, ont presque doublé, si nous les comparons avec 1871-72. Il y a ? us, l'augmentation proportionnée de nos dépenses a été plus grande que celle du revenu, même en tenant compte de la perte des droits sur le thé à laquelle j'ai fait allusion. Néanmoins, jusqu'au 80 juin 1878, nous avons toujours continué à avoir un surplus, meis après cette date la politique financière de l'ex-gouveraement commenca à entrer en opération.
Si le comité veut jeter un eoup-d'œil sur les estimés pour 1873-74 qui, on se le rappellera, furent préparés sans tenir compte de l'Ile du Prince Edouard, il verra que l'excédant de l’année précédente s'est changé en un déficit d’au-delà de $846,000. Et, en remontant plus haut, a 1869-70, on remarquera que pendant ces quatre années, bien qu'une énorme augmentation des revenus ait eu lieu — augmentation beaucoup plus considérable en réalité qu’elle n'apparaît être dans l'exposé de mon prédécesseur, comme je + ferai voir — on verra, dis-je, que les dépenses ont continué d'augmenter non-seulement dans une proportion égale, mais que d'après les estimés même de mon prédécesseur, il fallait faire face à un déficit considérable, En d'autres termes, le résultat de la politique financière que l'ex-gonvernement a inaugurée en 1869-70 et qu'il a continuée depuis, a été, d'après ses propres chiffres — car ce ne sont pas les miens ; ils ont été faits par mon prédécesseur — de changer, dans l'éspace de quatre années, un surplus de quatre millions de piastres en un déficit de près. d'un million. Ceci, je vais le démontrer, est un exposé beaucoup plus favorable pour eux que ces messieurs n'avaient droit de l'espérer, sans compter que tout cela se passait en face d'un revenu qui augmentait constamment. (Écoutez ! écoutez !). Je ne sache, pas. avoir jamais vu dans le cours de mes études — qui ne sont peutêtre pas bien vastes, il est vrai, — je ne connais, dis-je, aucun
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de prospérité, ait réussi, en quatre années, à convertir um surplus de quatre millions en un déficit d'un million; et cela en face d'un revenu progressant, (Ecoutez ! écoutez !) Je dois ajouter, en outre, que cette augmentation comportait beaucoup plus, à vrai dire, que le comité ne peut le supposer d'après les chiffres seuls.
Én référant aux dépenses pour l’année 1869 - 70, on remarquera que, déduction faite de ce qui est reconnu comme obligations permanentes — savoir, l'intérêt sur la dette avec les charges qui en découlent, les subsides et les dépenses formant partie de ia perception du revenu —elles étaient un peu au-dessous de quatre millions de piastres. Par conséquent, l'augmentation du revenu qui eut lieu en 1869-70 et 1870-71 représentait plus que le double des dépenses totales d'alors pour les besoins ordinaires, et près-du double du revenu net actuel. Bref, grâce à l'éxpansion ‘merveilleuse qui survint dans le commerce, l'ex-gouvernemeñi eut l'avantage d’un bonus de cinq millions par annég; sans parler d’autres augmentations ultérieures bien eonsidérables encore, Je désire ajouter à ceci, M. le Président, qu'il à contracté des engagements qui, poussés üileur limite légale et légitime, nous entraîneraient, à tout prendre, dans une dette: de deux cent millions de piastres. En un mot, cesmessieurs, outre qu'ils doublaient nos dépenses ordinaires=- sans parler des charges permanentes — étaient en voiede tripler la dette nationale du Canada. (Ecoutez ! écoutez!) ‘Mais je dois dire que ce er fait nos honorables prédéesssentrs, ils l'ont fait avec précipitation. (Ecoutez! écoutez! et:rires) Je me permettrai d'ajouter qu'ils n’ont pas eu d’autres rivaux qu’'euxmêmes, car jamais dans l'histoire du Canada — excepté lorsqu'ils furent au pouvoir — jamais, dis-je; un résultat aussi magnifique n’a été obtenu en si peu de temps, si ce n’est il y a vingt ans, lorsqne quelques-uns de ces honorables messieurs firent des opérations semblables. (Applaudissements)
Maintenant, M. le Président, il y a une consolation, et ,
autant que je nuis le voir, c’est la seule — c'est que l'excès de la folie est :: fois sa meilleure guérison. Il est plusaÿan: tageux d’avoir à réparer ces erreurs énormes que celles-d'un caractère moins grave, car je suis convaincu que tout homme raisonnable comprendra-que, dans tous les cas, il nous est moralement et physiquement impossible de remplir un bon nombre de ces engagements aux conditions auxquelles ils ont été stipulés. (Écoutez! écoutez !) Qu'on n’aille pas croire que je condamne toutes les dépenses on tous les projets dans
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lesquels l'ex-gouvernement a engagé le pays. Non, loin de là ; mais je dis que dans plusieurs ras les dépenses ont été excessives et exagérées sans nécessité. À la dernière session, on a ajouté au-delà d'un demi-million de piastres aux charges permanentes de ce pays, et cela, lorsque nous étions engagés dans l’une des entreprises les plus gigantesques qu'aucun pays ait jamais entreprise en proportion de ses ressources, Je dis qu'on était blämable d'assumr r des charges
ui, pratiquement, entrainaient la répudiation des obligations sacrées d'un traité. Mais, d'un autre côté, j'admets qu'une grande partie de ces dépenses était inévitable, et que même une grande partie d’entre elles était utile. Nos prédécesseurs sont blämables non pas tant à cause de la nature de la dépense elle-même que parce qu'ils l'ont entreprise en même temps qu'ils imposaient au pays des obligations que nous ne voyons pas le moyen d'acquitter. (Ecoutez! écoutez!) Rappelons-rous qu'on augmentait ainsi presque toutes nos charges | seras 9 à une époque où il était connu que le projet de construire le chemin de fer du Pacitique par une compagnie avait échoué, et que partant, d'après les termes mêmes du contrat, nous étions tenus de compléter les travaux nous-mêmes. (Ecoutez ! écoutez !).
Qu'on me permette maintenant de dire brièvement quels sont nos engagements. Nous avons encore sur les bras ie chemin de fr Intercolonial pour lequel je vois que mon honorable ami, le Ministre des Travaux Publics, estime qu'il faudra en tout trois millions et demi de piastres. C’est, comme on le sait, notre première obligation et elle doit passer avant
toute autre. En outre de celle-ci, nous avons entrepris la
tâche d'opérer de nombreuses améliorations dans nos canaux et de faire d’autres travaux qui exigeront probablement une somme de près de vingi-cinq millions de piastres en addition aux estimés de 1874-75. Cette estimation correspond assez exactement à celle de M. Tilley, qui disait qu’il faudrait trente millions,de piastres pour solder ces obligations. Voilà des dettes sérieuses par À a or mais tandisque j'y suis, je désire ajouter qu'une partie de ces canaux, quelqu’en soit le prix, peut fort bien être considérée comme une première charge. En effet, autant que je puis me le rappeler, il était parfaitement entendu lors de l'avènement de la Confédération, qu’une partie des dépenses à encourir pour ces canaux le serait pour l'avantage de la Péninsule-Ouest. C'est du moins, je crois, la manière dont on l’entendait, comme l'ont déclaré l’hon. député de Kingston et M. Brown; et,
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à moins que je ne sois dans l'erreur, elles étaient comprises dans les résolutions de la Conférence de Québec. Mais, quelque grandes que soient cos entreprises, elles deviennent insignifiantes, comparées au projet de construire un chemin de fer de trois mille milles de longueur à travers un pays — dont une grande partie n'est qu'un désert —et dont nous ne pouvons pas nous flatter d'avoir exploré effectivement plus de la dixième partie. Cependant , l'obligation légale est que nous devons, dans sept ans, à partir de cette date, terminer cette entreprise gigantesque.
Or, comme je l'ai dit, nul doute que la position da gouvernement sur ce point est d'une haute gravité. D'après la loi stricte, nous sommes tenus de construire un chemin de fer de près de trois mille milles de longueur à travers un pays presqu’entièrement inconnu et inexploré, et cela, dans l’espace de sept années ! S'il était possible ou s’il ÿ avait la moindre apparence de possibilité de remplir cette grande obligation dans ce laps de temps, je le déclare franchement, nous devrions le faire coûte que coûte. Mais il est aussi de mon devoir de dire que dans les circonstances où nous nous trouvons, il est radicalement impossible de terminer cette entreprise dans le temps et de la manière spécifiés. J'ai toutefois l'espoir que nous pourrons exécuter un projet qui sera en grande partie la réalisation de ce que l’on désire. J'admets de plus, qu'il n’y a que des nécessités invincibles qui puissent justifier le gouvernement de prendre une pareille position. Mais, j'ajoute que si la Chambre considère la nature du fardeau, il ne s’élèvera pas une seule voix discordante pour prétendre qu'il est physiquement et moralement possible pour la Puissance du Canada de construire ce chemin dans le temps spécifié, si on l’exigenit de nous. Pour se faire une idée juste de l'étendue et de la nature réelle du fardeau que nous nous imposerions, qu'on se rappelle qu'on estime au plus bas la construction du chemin de fer du Pacifique à quelque chose comme au-delà de cent millions de piastres ; et ce, à la condition d'accorder plus de temps pour le construire. Je n'ai pas l'ombre d’un doute que si nous étions en état de faire le chemin dans le temps spécifié (si cela était possible) les dépenses augmenteraïient énormément et se monteraient, d'après une estimation modérée, à cent cinquante ou deux cents millions de piastres. Quiconque des hons. députés possède de l'expérience aws ces matières, sait que le coût de construction d'un ouvrage de ce genre augmente beancoun, si l’on est forcé de le terminer dans un
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temps limité. On sait aussi qu'il est très difficile de faire un areil ouvrage dans un pays, — deux sections en particuier, — dont une grande partie est un désert à peine cultivable. Si nous mettions sur nos épaules un tel fardeau, je vous dirai simplement qu’en sept ans notre dette nationale, en proportion de notre population, serait juste un tiers plus grande que celle des États-Unis, à la suite de leur grande guerre civile ; et, si nous considérons le taux de l'intérêt que nous aurons à payer, elle serait un tiers plus élevée que l'énorme dette nationale de l'Angleterre.
En d’autres termes, si nous prenons sur nous de réaliser ce projet suivant la stricte lettre de la loi, le fardeau dont nous vous demat rions de vous charger, correspondrait probablement à u. - nouvelle dette de sept cents ou sept cent cinquante millions sterling, imposée sur les habitants de l'Angleterre, eu égard à la population et au taux de l'intérêt que nous aurions respectivement à payer, ce ui est un point important à noter. (Ecoutez! écoutez!) Dans le cas où il plairait à la Chambre de décider que le chemin de fer du Pacifique doit être terminé à l'époque spécifiée, il faudrait aussi se préparer à tenir compte des sommes qu'il nous faudra emprunter pour d’autres travaux publics et pour racheter certaines parties de la dette publique. Or, d’après une estimation modérée, il faudrait au-delà de $200,000,000 pour réaliser tous ces projets. Il nous faudrait, en d’autres termes, avoir recours au marché de Londres — le seul marché qui nous soit ouvert en pratique — pour emprunter chaque année $30,000,000 pendant sept ans consécutifs. Il
a peut-être dans cette Chambre des hommes qui croient : chose possible ; si tel est le cas, j'envie la confiance qu'ils ont dans l'avenir de la Puissance. (Ecoutez! écoutez! et rires)
Eh bien! M.le Président, je prétends qu'un projet qui nous impose de pareilles obligations, est ridicule et absurde. Je ne dis rien du coût de l’entretien du chemin une fois construit, mais avant que j'aie fini, ies hons. députés verront par eux-mêmes à combien s’élèverait cet {em en tirant des conclusions de l'expérience acquise dans l'opération de chemins de fer moins considérables dont nous sommes maintenant les heureux possesseurs.
Je viens de parler de notre stricte obligation légale ; je désire maintenant dire quelques mots des circonstances dans lesquelles ces obligations ont été contractées, car je crois qu'elles suffiront par elles-mêmes à justifier la conduite du
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ouvernement. Je dois rappeler aux anciens membres de la Chambre les débats et les discussions qui eurent lieu lorsque Ja Chambre prit sous considération l'annexion de la Colombie Anglaise. Ils se souviendront qu'il y avait dans la Chambre un sentiment très-prononcé contre certains détails du traite avéc la Colombie, et que certaines dispositions n'ont passé qu'avec une majorité minime, le plus souvent moindre que le nombre des ministres qui occupaient des siéges en Chambre. Ce sentiment était tellement fort, qu'il fut plus tard résolu qu’on entrerait dans les journaux de la Chambre — ce qui fut fait effectivement — une résolution par laquelle on déclarerait que, bien que nous souscrivions À cette demande, c'était à la condition expresse que le chemin serait construit d'une certaine façon et qu'il n'imposerait pas un fardeau trop lourd sur les ressources du pays. De plus, on m'a informé que les délégués de la Colombie Anglaise avaient consenti à cette résolution ; mais je ne le sais pas personnellement. Tout ce que je sais, c’est que j'ai moi-même attiré l'attention de Sir Georges E. Cartier, alors ministre de la mi' ?, sur cette disposition extraordinaire et lui ai demandé s’.. avait communiquée à la Lé islature de la Colombie Anglaise. Il y avait alors un des délégués assis près du fauteuil — je ne sais pas exactement qui c'était, mais je crois que c'était le gouverneur Trutch. Sir Georges E. Cartier répondit que la chose n’était pas nécessaire, vu que les délégués étaient au fait de cette disposition et qu'ils y souscrivaient. Aussi, sans dire que nous voulons ou que nous pouvons reculer devant les conséquences de nos obligations légales, je prétends que, dans tous les cas, les habitant: de la Colombie Anglaise ont été franchement avertis des intentions comme des prétentions de la Chambre lorsque ces obligations ont été contractées. (Ecoutez ! écoutez !) arrive maintenant, M. le Président, à notre position financière pour les années 1873-74. Comme je l'ai démontré au comité, l’estimé des recettes pour l'année dernière est de $21,740,000, et celui des dépenses de $22,586,727, ce qui laisse un déficit de $846,727. Il y a un point qui se rattache à ceci, sur lequel j'attire tout spécialement l'attention du comité, arce qu'on ne trouvera rien à ce sujet dans les estimés on es exposés soumis à la Chambre. Je vois que les dépenses M A probables pour l’année 1873-74, si tous les items demandés par M. Tilley sont dépensés et si les obligations que & assnmées sont mises en forcé, seront (comme l’estimé es dépenses aurait dû être), de quèlque chose comme nn
peu plus de $24,000,000. Aux estimés de #22,586,000 faits par M. Tilley, il faut ajouter #490,000 pour les dépenses de l'Ile du Prince-Edouard, dépenses contre lesquelles il ya des recettes pour lesquelles nous devons lui donner crédit et dont je parlerai en temps et lieu. Outre cette somme, la Chambre voudra bien se rappeler que le très-honorable député qui siége vis-à-vis de moi, a‘présenté un acte dans le but de rendre plus efficace le maintien de la paix dans le Nord-Ouest, et je dois dire que les dépenses nécessaires pour arriver à ce but se monteront à pas moins de #200,000 auxquelles on n’a pas pourvu dans les estimés de l'année dernière.
Il y a plus. Comme plusieurs d’entre nous en ont la triste expérience, il y a eu une élection dans le cours de l’année courante, qui a nécessité une dépense imprévue d'au moins $200,000. (Ecoutez ! écoutez! des banquettes de l'opposition) Les honorables députés disent : ‘“ Ecoutez! écoutez!” mais quelle que soit leur opinion sur ce sujet, je suis disposé à croire et, je pense, avec la grande majorité de cette Chambre, que cet argent a été bien dépensé (Applaudissements). C’est, toutefois, un sujet sur lequel on peut différer d'opinion, et je ne désire pas insister là-dessus. Comme je l'ai déjà dit, cela va ajouter $200,000 à nos dépenses. En addition à cette somme, je crains que, malgré l'énormité de la somme de $2,070,000 à laquelle on estime les dépenses pour la perception des revenus des travaux publics, et en dépit des efforts €nergiques de mon honorable ami qui siége à côté de moi, pour maintenir cette dépense dans ses limites, il faudra dépasser considérablement cet estimé. D'après les apparences actuelles, je crains beaucoup que les dépenses effectives sur cette branche des travaux publics, n'atteignent une somme de pas moins de #2,400,000. Je voudrais pouvoir me flatter gas mon honorable ami et moi nous sommes trompés. Cela
onnerait environ $400,000 de plus que la somme demandée l’année dernière, bien que, je le répète, je ne sois pas dans une position qui me permette de parler sur ce sujet avec exactitude. Il y a eu en outre une grande dépense addition- , nelle nécessitée par l'exploration des terres de la Puissance,
se montant à $100,000, dépense à laquelle on n'avait pas pourvu l’année dernière. Le ministère des Postes roquèrera un montant additionnel de $75,000, quoiqu'il soit probable que. ses recettes, en revanche, dépasseront considérablement le revenu que nous en attendons. Ajoutons à cela plusieurs petites dépenses qui se monteront à $156,000. La Chambre
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aurait «uù être de $24,100,000.
Quant aux recettes, j'ai préparé et soumis à la Chambre un état montrant nos recettes pour l’année courante jusqu’à son expiration. Je désire déclarer, M. le Président, relativement à l’estimé de $21,740,000, qu'en somme il était exact. Plusieurs des items étaient un peu exagérés, et l’un d’eux,
ui est très important, a été beaucoup au-dessous de l’estimé do l'an dernier fait par M. Tilley. On avait omis de calculer dans ces estimés Îles recettes de l'Ile Prince - Edouard. Cependant, cela ne change pas matériellement la position de nos affaires, car quelque soit l'avantage qu'on ait pu retirer de l'annexion de cette province, cet avantage a été contrebalancé par les déficits sur d’autres points. M. Tilley estimait à $12,500,000 les revenus des Douanes pour 1873-74. Or, le montant total pour 1873 - 74 atteindra probablement le chiffre de $13,000,000, et il y a dans l’état ci-dessus un excédant de $200,000 sur l'époque correspondante de l’année dernière. Mais, bien que l'on comprenne dans cet excédant les recettes de l'Ile Prince FR à elles n'étaient pas comptées dans l'estimé de M. Tilley. Je crains aussi de ne pas recevoir proportionnellement tout-à-fait autant d'argent pendant la partie de l’année qui reste à courir. En revanche, je n’ai aucun doute, comme je l'ai dit, que le montant espéré, provenant des Douanes, sera atteint et même dépassé, et que celui provenant de l’accise dépassera aussi considérablement l'estime. Je suis heureux de pouvoir dire que le ministère des Postes, bien que dépensant plus que ses recettes, retirera, dans cette occasion, plus que les recettes espérées. Sur l’item des travaux publics, y compris les chemins de fer, les recettes se monteront, il est probable, à près de $650,000 de moins que celles qu'on espérait. Sur le total des recettes et dépenses pour les travaux publics, il y a en tout une différence de pas moins d’un million de piastres entre ce qui a été estimé et ce qui sera vraisemblablement dépensé; c’est-à-dire, que nos recettes sont de $600,000 moindres qu'on les avait pré-. vues, et nos dépenses plus élevées de #400,000. Nul doute que les autres items se trouveront, à peu de chose près, si exacts, qu'ils n’exigeront pas d'autres remarques pour le moment.
Ainsi, comme je l'ai dit, M. le Président, l’estimé des dépenses pour 1873-74 aurait dû être, suivant moi, de #24,100,000, ou en tous cas, pas moins de #28,900,000, siion
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retranche les dépenses nécessitées par les élections. Je désire attirer l’attention de la Chambre sur ce point, car autrement, on pourrait supposer que les estimés actuels ont des proportions inusitées et extraordinaires. Vingt-et-un millions et trois-quarts est un revenu très-considérable pour une population comme la nôtre, qui compte à peu près 3,500,000 âmes ; aussi, je suis sûr qu'un grand nombre de mes honorables amis seront surpris que l’on demande au pays de dépenser autant d'argent. Ils seront sans doute portés à croire qu’on ne devrait pas lui demander d'en dépenser plus. Malheureusement, quelque grand que soit le revenu, il est contrebalancé par des dépenses permanentes qui sont énormes. En pratique, le revenu net qui reste après avoir opéré la réduction à laquelle j'ai fait allusion, est d’un peu plus de $6,500,000, ou dans le plus $6,800,000, comme je vais à l'instant même le démontrer à la Chambre. Si le comité veut jeter un coup-d'œil sur l’estimé des dépenses pour 1873-74, il verra que M. Tilley a demandé une somme d'environ %6,300,000 pour rencontrer les intérêts de nos dettes et les autres obligations contingentes. Outre cette somme qui ne comprenait pas l'Ile du Prince Edouard qu'il nous faut comprendre, on demandait environ quatre millions pour le paiement de nos subsides, avec les nouveaux arran-
ements. Ensuite, sous le chef ‘“ Charges sur le Revenu,” 11 paraîtrait y avoir eu besoin de plus de quatre millions et demi. En d’autres termes, on devait déduire pas moins de quinze millions sur vingt-un millions et trois-quarts pour avoir le revenu net actuel de la Puissance. :
Sans doute, M. le Président, le.pays est parfaitement justifiable de demander au gouvernement s’il est nécessaire pour nous de dépenser même ces six millions et trois-quarts. Mais la réponse à cette question est bien différente, suivant qu'on tient compte du revenu réel et non pas du revenu apparent. Je me suis efforcé de faire un état aussi détaillé et.aussi exact que possible de ce que devraient être nos dépenses, s’il était encore en notre pouvoir de recommencer à neuf et de remettre les choses sur le pied que nous voudrions.
Je regrette d’avoir à dire que, malgré mes calculs, je ne puis guêre arriver à beaucoup moins de $7,000,000 comme minimum de l’estimé, sans compter certains engagements que nous avons contractés et qui nous mettront dans l’impossibilité pour le présent, de réduire nos dépenses à cette somme. Ces dépenses comprennent les items suivants : Le prémier — je me sers pour plus de facilité d'un chiffre rond —
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est de $600,000 pour les fins législatives. Près des deux tiers de cette somme servent à payer l'indemnité et le mileage des membres de cette honorable Chambre et du Sénat. Je ne sais pas s'il me serait possible de suggérer une réduction à ee sujet. (Ecoutez! écoutez!) La solution de la question appartient plutôt à la Chambre au’à moi; et, dans les circonstances, si l'on tient compte des grandes dépenses nécessaires pour les impressions et autres besoins, on 8e convalncra, Je crois, qu'il n’est pas beaucoup facile de porter cet estimé à une somme moindre. Je crains aussi de ne pouvoir pas mettre moins de #900,000 sous le chef “ Gouvernement civil” ce qui comprend le salaire de Son Excellence et les salaires des Lieutenant-Gouverneurs. Au-delà de $200,000 sont employées à payer le salaire du Gouverneur-Grénéral et autres dépenses de la même espèce ; la balance est ap liquée aux diverses exigences du service civil. Il est possible que nous puissions faire quelqu'épargne sur ce point, mails je n'ose pas promettre à mes honorables amis d'opérer une grande réduction. J'ai mis la somme qui, avec notre 8ysfème actuel, est probablement le minimum que nous pouyons dépenser sous ce cheï. La Puissance prend un développement énorme qui entraîne une augmentation de nos dépenses entièrement disproportionnée avec l'augmentation de nos revenus. On pourrait peut-être se demander si, lors de la Confédération, nous n’aurions pas pu inaugurer notre ouvernement sur rin pied moins dispendieux que celui sur equel il est actuellement. Mais nous sommes obligés de prendre le système tel que nous le trouvons, et avec un pays aussi vaste, qui s’étend de l'Atlantique au Pacifique, je doute ue l’on puisse faire de grandes réductions sur ce chapitre. 'ependant, il est peut-être possible de faire quelque chose ui puisse nous permettre d'économiser de l'argent; et, il est d notre devoir d'examiner soigneusement cette question, afin de voir s'il y a moyen de faire quelqu'économie. Quant à l’item de la Justice, y compris les Pénitenciers et la Police de la Puissance, il est probable qu'il faudra une pareille somme de $900,000. La plus grande partie de ce mentant est fixée par un statut. Bien qu’il soit possible que les pénitenciers soient administrés de telie sorte qu ils puissent nous rapporter une plus grande somme qu’ils ne l'ont fait jusqu'aujourd’hui, ei nous considérons que nous devons eniretenir des pénitenciers à la Colombie Anglaise et à Manitoba, et qu'il nous a fallu en établir un nouveau dans la Province de Québec, il est à craindre que les. économues
soiert peu considérables. Je crains que les économies que neus vourrions réaliser ne soient absorbées par la construction À nouveaux pénitenciers à laquelle nous sommes tenus par un: convention. Les estimés de 1873-74 et les nôtres
pêcheries, y compris les subsides océaniques et ainsi de suite. La plus grande partie de ceci est absolument nécessaire. Il peut se faire qu’une partie de ces subsides puisse être réduite plus tard, mais nne grande partie étant pour faire face à des engagements contractés par des traités, je regrette d’avoir à dire qu'il n’y a pas beaucoup de réduction à faire sur ce point. Ces déboursés sont généralement divisés en deux classes : — les subsides de toutes sortes qui se montent à $300,000 ou $400,000, et la somme généralement demandée pour les dépenses des phares qui est quelque chose comme $500,0C0, dont la plus grande partie est employée pour l'entretien des phares déjà établis par toute la Puissance, L'itern ui vient ensuite et sur lequel je désire attirer l'attention de la Chambre, c’est la somme qu'il faut dépenser pour les besoins de la milice et de la défense, somme que j'estime au minimum à $1,050,000. Il est évident que la Punaaits doit avoir une espèce de force militaire à sa disposition, surtout lorsque l’on considère l'immense territoire du Nord-Ouest u'elle renferme. Il peut se faire qu’il soit possible de réduire l'autre partie de l’organisation militaire, mais pour ma part je ne voudrais pas y consentir, bien que j'admette qu'il y ait possibilité d'opérer de grandes améliorations dans l’administration de ce département. 11 faudrait, toutefois, une grande pression pour me faire consentir à conseiller l’aholition complète du système actuel de défense nationale. Il se résume pour beaucoup dans une question d'honneur national : et voilà pourquoi nous sommes tenus envers le gouvernement impérial de dépenser annuellement une grande partie de cette somme pour cet objet.
L'item suivant est d’une très-grande importance : je veux parler des divers travaux publics imputables au revenu. Cette somme a grossi d'année en année à un montant
|” énorme.
M. Tilley a demandé $2,450,000 pout l’année courante ; mais que mon honorable ami le ministre des Travaux Publics ait été obligé de dépenser toute cette somme pour remplir les engagements de son prédécesseur, on qu'il ne l'ait pas fait, c'est ce que je ne puis dire.
Je suppose que, comme d'habitude, quelques-uns des esti-
Led te exigent au moins $900,000 pour la marine et les
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més seront au-dessous de la dépense réelle, et d’autres probablement au-dessus.
J'ai porté à $1,500.000 la somme qui sera probablement nécessaire chaque année d'ici à ce que'nos engagements présents soient terminés, et c’est un point sur lequel je désire attirer spécialement l'attention de la Chambre.
J'estime qu'une somme d’à peu près un demi-million sera nécessaire pour l'émigration et divers autres petiis services ordinairement chargés à ce département. En partie à cause d'un arrangement fait par le dernier gouvernement, nous avons mis de côté une somme de pas moins de $500,000 à cet effet. Si, M. le Président, cette somme est bien employée, il est probable que ce sera un placement aussi avantageux que possible, mais nous sommes tenus de voir à ce que le pays retire quelqu'avantage du placement d’une somme aussi considérable.
Nous aurons besoin pour les subsides des sauvages et pour dépenses continger: tes dans le Nord-Ouest (je mets les choses au plus bas), d’une somme d’au moins $500,000. C’est une somme considérable ; mais si l'on considère la nécessité de maintenir la paix dans ce pays, et si l’on se rappelle que j'y inclus aussi des dépenses pour la police à cheval, je ne vois pas comment elle pourrait être réduite.
I] ne nous reste presque plus rien du total des $7,000,000 pour les divers autres services (D.
Je suis entré dans ces détails surtout afin d'attirer l'attension de la Chambre sur l’énormité de la dépense sous le titre de “charges permanentes ” sur notre reveuu — revenu qui, bien que nominalement considérable, er‘ peu de chose, si l’on considère l'étendue de la Puissance et l'importance des services publics auxquels nous avons à porrvoir.
Ce gros revenu apparent a toutefois ce désayantage, que les honorables députés, y compris nous-mêmes, sachant que
(1) Le minimum de l’estimé, quand les engagements actuels seront terminés, sera donc de sept millions, comme suit :
Législation. ...,, 4.60, 400 sonore covevo vosose $ 600,000 Gouvernement Civil..,.,,..,.,, seu sos oose 900,000 Justice 4 ceu000 oo vo soosceseosocees oeo 900,000 Marine 0 00 00 00 00 0.0 900,000 Milice.,.,.. none ee meteo eesere 1,050,000 Travaux Pablics..,., 4.444, soso sos cesse 1,050,000 Emigration, etc. etc... non eee 500,000 Sauvages, Nord-Ouest ....…. none ones soso 500,000 Divers (estimé tout-}-fait insuffisant), ,....,,,.,,. 150,000
Total ss... 87,000,000
nous avons un revenu nominal (1) de près de vingt-deux millions, se sont imaginés que nous pourrions aire de grandes économies.
Considérons ce point en détail. Sur des items tels que les subsides et les intérêts sur la dette publique, il est Impossible de faire aucune économie. Il est possible que sur les
‘charges l'its la perception du revenu, nous puissions faire plus tard quelqu'économie considérable ; mais pour le moment, nous nous trouvons en face des suites de la politique inaugurée par nos prédécesseurs, politique que nous sommes obligés de suivre; du moins pendant quelque temps, en nous efforçant de remplir les engagements qu'ils ont contractés.
Il est possible aussi que les honorables messieurs en voyant le développement énorme et constant de notre commerce, de nos importations et de nos revenus, depuis la Confédération jusqu'aujourd'hui, puissent croire qu'après tout nous n'avons qu'à attendre quelque temps, et que ‘étendue naturelle de nos ressources nous fournira les moyens de remédier à ces difficultés, en nous mettant dans la même position où nous étions il y a quelques années. En vérité, je serais fort heureux si la chose arrivait ainsi, mais je doute beaucoup, en considérant la position générale du pays, que l'on puisse compter avec certitude, d'ici à un certain temps, sur un grand progrès en ce sens. Rappelons-nous que, pour le moment, l'agriculture dans ce pays, sans être sérieusement embarrassée, n'est pas dans un état aussi florissant qu'elle l'était il y a quelques années.
Quant au commerce de bois, une de nos industries les plus importantes, et dont l'exportation excédait même celle de l'agriculture, il est connu de tous qu'il est en ce moment, en grande partie, dans un état très-précaire. De plus, nos principaux acheteurs pour cet article en particulier — je veux parler du peuple américain — traversent en ce moment une crise financière très-sérieuse. Je suis informé par des sommes engagés dans l'industrie, que leurs compétiteurs américains sont dans un tel état de gêne, qu'ils sont forcés de vendre ici une grande partie de leurs produits au-dessous du prix coûtant.
but de comparaison, il valait mieux suivre le pratique établie chez nous.
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Je crains, pour toutes ces raisons, que l’année courante ne soit pas bien prospère, comparée aux années passées. Néanmoins, je dois avouer que le résultat de mes observations est loin d’être décourageant. Nous n'avons pasavancé, mais nous n'avons pas rétrogradé non plus, et si l'on examine l’état de notre commerce, Je crois qu'il parle éloquemment en faveur de la position du pays. Après tout, il peut se faire que la gêne de 1873 ait exercé sur l’ensemble une heureuse influence. Les habitants du Canada, et en particulier les banques de ce pays, ont montré beaucoup de prudence et de discrétion dans des circonstances bien difficiles ; et, sans espérer un grand progrès pour l’année à venir, je ne crois pas que nous sens craindre une grande diminution d'affaires, non plus.
Je désire établir que les rapports officiels pour les huit mois expirés le premier mars 1874, indiquent une importation totale de #$83,402,329, contre $84,364,291 importées pendant la même période de l’année 1873 ; cela, toutefois, comprend un montant considérable dû à l'Ile du Prince Edouard.
On verra donc qu'il y a eu une diminution dans la valeur de nos importations, comparativement à 1873; mais d’un aûtre côté, je suis heureux de dire que nos exportations ont pris un développement considérable pendant la même périôde (Ecoutez ! écoutez !).
Pour le même laps de temps, elles s'élèvent à $62,742,006, cette année, contre $59,455,000 l’année précédente (Ecoutez ! écoutez !). Ceci, comme je l'ai déjà dit, confirme et démontre clairement que si nous n'avons fait aucun progrès, nous n'avons cependant pas rétrogradé. Les exportations de l'Ile du Prince-Edouard sont comprises dans les calculs pour cette année, mais leur montant n'est pas très-élevé. La proportion dans laquelle le commerceaaugmenté pendant ces quatre dernières années, bien que sur ce point plusieurs peuvent différer d'opinion avec moi, est à mon sens un argument qui prouve que nons devons cesser pour le moment d'augmenter nos dépenses. Toutefois, il est fort probable que nous pourrions continuer à augmenter modérément, bien qu'il n'y ait pas lieu de s'attendre à ce que le commerce prenne un développement considérable d'ici à deux ou trois ans ; je sais parfaitement bien combien graade est la part du hasard dans ces sortes de choses.
Personne ne peut dire, par exemple, quelle sera la récolte cette année; personne ne sait quels accidents peuvent affecter le commerce ; mais ce que nous savons, c’est que les ap-
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parences laissent présager un développement beaucoup moins considérable pour l'avenir que pour le passé. Il ya eu outre un autre sujet sur lequel j'ai déjà eu occasion d'attirer l'attention de cette Chambre, et dont je veux encore vous entretenir un instant: c'est l'état comparativement stationnaire de la population des plus vieilles provinces du Canada, qui doivent supporter la plus grande partie du fardeati imposé par des taxes nouvelles.
On me permettra de répéter à cette Chambre l'exposé que je lui ai déjà fait il y a douze mois : qu'il est évident d’après le recensement qui nous a été soumis l'an dernier, que le progrès de ce pays sur ce seul point a été comparativement très-faible pendant les dix dernières années.
Je trouve, M. le Président, en examinant les rapports pour la Province d Ontario, la plus grande et la plus populeuse province de la Puissance, que sur les 88 districts électoraux qui la composent, il ny en a que trente-cinq dans lesquels l'augmentation a été de dix par cent pendant les dix dernières années. Le même fait a été constaté dans les mêmes circonstances dans le grand Etat de New-York et dans d'autres Etats de l'Union qui sont dans des conditions trèsprospères. Aussi, je me crois justifié d'avertir cette Chambre que, quant aux plus vieilles provinces de la Puissance, nous ne devons pas nous attendre à un accroissement bien considérable de la population. Quoique nous puissions espérer avec raison que‘l’aisance du peuple augmentera rapidement, nous ne pouvons pas nous attendre à un semblable accroissement dans la FA ti Si quelqu'un des honorahles députés désire étudier la question d'une manière plus minutieuse et vérifier l'exactitude de mes avancés, il verra dans nos rapports et dans ceux des Etats-Unis, qu’ils ne sont que trop bien fondés.
L'état stationnaire de notre population est d’un grand poids dans la solution de la question de savoir si nous pouvons espérer une grande augmentation dans lerevenu brut du pays.
ai eu quelques difficultés à vérifier les faits sur ce point, et d'après les statistiques que je nossède et que je crois trèsimparfaites, je calcule approximativement que le revenu net
ue nous retirons de notre peuyle, est en moyenne de $400 à 8500 par famille. C’est un montant très-respectable sans doute ; mais dans un ou deux autres pays, cette moyenne est de $620 à #725. Toutefois, je crois être passablement exact en estimant le revenu net de notre population; comme
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je l’ai dit plus haut, de #400 à $500 par famille. Il est beaucoup plus considérable aux Etats-Unis où il atteint quelque chose comme $800 par famille ; mais il est un fait en notre faveur, c'est que la puissance d'achat de l'argent est beaucoup plus grande ici que chez eux.
Il y a une bien meilleure distribution de revenus à d’autres points de vue, et il est probable que la valeur actuelle du revenu moyen en Canada, est presque aussi grande qu'aux Etats-Unis, malgré la différence nominale.
Un revenu comme le nôtre permet de supporter sans inconvénient un montant considérable de taxes, si elles sont bien appliquées.
Ce point est d’une À on: importance, parce qu'il y a seu | de raisons de croire que la taxation aux Etats- Unis a diminué le bien-être d’une grande partie de la population, et que, grâce à leur système de perception du revenu, la masse du peuple y est plus pauvre qu’elle ne devrait l'être.
On ne doit user qu'avec le plus grand ménagement de la faculté de supporter la taxation que possède notre revenu. En outre, en imposant de nouvelles taxes sur le peuple, rappelons-nous qu’un grand nombre, surtout dans Ontario, ont déjà à supporter de lourdes taxes lorales. Celles de la Province d'Ontario ne s’élèvent pas à moins de $6,000,000 par année.
En examinant les statistiques municipales des cités et des
rincipales villes de la Puissance, je vois que le total de eurs dettes publiques est de #22. 000,000. Je crois qu'il est. de mon devoir de mentionner ces faits, parce qu'il est nécessaire que la Chambre se rappelle que ces taxes prélevées sur le peuple de la Puissance, et pour ses besoins, ne sont pas les seules qu’il aura à supporter.
Puisque je suis sur ce sujet, on me pardonnera, je l’espère, de dire qu'avant peu d'années on reconnaîtra la nécessité d'examiner sérieusement la position dans laquelle le pouvoir de taxer se trouve maintenant.
de nos propres municipalités, je suis d'opinion qu'il serait hautement expédient de :éviser le système afin d'essayer à
nous occupe, que de nous montrer la nécessité d'être prudents en imposant des taxes nouvelles. La principale raison qui doit attiree notre attention sur ce point, est que toutes les fois que la question des taxes directes ou indirectes s'élève, il est bon de se rappeler que six millions sont déjà prélevés par la taxe directe, pour Les besoins locaux, dans la province élont j'ai parlé.
Tandisque je traite la question de nos ressources, il est un autre point sur lequel je vais dire un mot. Plusieurs honorables députés espèrent qu'à mesure que nos nouveaux territoires s’établiront, nous en recevrons une aide pécuniaire considérable. Ce serait le cas s'ils se trouvaient à proximité d2 nous, comme cela est arrivé pour plusieurs nouveaux territoires des Etats-Unis.
Il pourrait, dans ce cas, y avoir de bonnes raisons de l’esner mais, telles que sont les choses, d'ici à un bon nombre
‘années, nous ne pouvons compter sur un grand montant de revenus provengnt de nos nouveaux territoires, principalement parce qu’ils sont séparés de nous par un immense espace inhabité, et que, grâce à leur nature et à leur position, ils resteront longtemps dans 1 même condition.
Maintenant, M. le Président, il est de mon devoir d’appeler l'attention de la Chambre sur un item d’un intérêt tout spécial — je veux parler du total des estimés de 1874 -76.
Nul doute que mes honorables amis qui siégent en arrière de moi, ont été étonnés et stupéfaits, comme je l'ai été moimême, je l'avoue, quand ils ont vu la somme énorme des estimés que j'apporte à la Chambre. Pas moins de $41,906,- 000, seront nécessaires pour le service public de 1874-75. Nous pouvons, toutefois, déduire de cette somme $6,752,000 qui sont simplement le rachat de dettes existantes.
Ceci rédnira considérablement le montant total, et si les houorables députés veulent examiner un instant la colonne désignée sous le nom de ‘“ Travaux Publics imputables au capital, ” ils trouveront que la somme qu'il faut encore déduire sous ce chef est de #11,%06,625. Néanmoins la somme qui reste encore s'élève à #%:°:910. Cet stimé, je l'admets, est excessivement él, «' : mande «es explications complètes que j'espère donner.
Donc, M. le Président, la somme totale réclamée pour les besoins de l’année est,.comme je l'ai établi, $24,549,000. Sur cette semme, pour suivre l'argument auquel j'ai déjà eu re-
Le
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Comr vernem manière de ce q ajouter Je va mentati que j'ai més po La & être dé mentat:
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cours, environ $6,531,000 (1) doive: ire déduites pour rexcontrer l'intérêt et les autres charges sur notre dette, item que nous n'avons absolument aucun moyen de contrôler, si ce n’est que nous pouvons empêcher l'augmentation de éette dette. On trouvera une autre somme de pas moins de cinq millions et demi de piastres sous le chapitre : “ Perception du Revenu,” et un autre montant de $3,757,000 sous le chapitre : “ Subsides. ”
Comme je vais le démontrer de suite, je panse que le gouvernement actuel ne saurait être responsable, en aucune manière, de ces diverses sommes, à l'exception seulement de ce que les nouvelles dépenses que nous ferons pourront ajouter aux intérêts de la dette publique.
Je vais à présent signaler au comité les causes de ces augmentations dans les estimés de cette année. On se Les que j'ai assez longuement ex liqué que les véritables estimés pour 1878 - 74, auraient dû s'élever à $24,100,000.
La somme qui, d'après les estimés de M. Tilley, devait ètre dépensée, y compris, bien entendu, les diverses augmentations faites en conséquence de l’Acte de R£-ajustement des dettes des provinces, passé à la dernière session et si bien connu, comprenait un montant de $856,000 pour le gouvernement civil. J’estime qu'il faudra $921,000 Il y a une erreur de $25,000 dans les estimés imprimés, qui porte à $946,000 le montant requis. vs
Quant à cette augmentation, en premier lieu, une somme de $7,000 est appropriée pour le gouverneur de l'Ile du Prince Eduuard — obligation aussi nécessaire qu'inévitable. En second lieu, $25,000 de plus ont été ajoutées aux estimés faits pour les contingents pour l’année 1879-78.
L’appropriation demandée par le dernier gouvernement a été dépassée d'environ $30,000; et les dépenses sous le même chapitre, pour 1878-74, seront aussi élevées. Le montant exact qui doit être voté est de $714,815.
Quand nous sommes entrés en office, nous avons cru qu'il était guère possible, malgré notre bon vouloir, de réduire les estimés au-dessous de ce chiffre.
Ces dépenses qui renfermaient les dépenses contmngentes des départements, ont été énormément augmentées par l'annexion de ces nouvelles provinces ; et malgré tous nos efforts pour les réduire, il n’est guère à espérer que nous
(1) Ceci comprend le fonds d'amcrtissement, mais on met dans les recettes. une forte somme comme intérêt sur les placements, et cette recette provient; en. partie de ce même fonds.
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puissions réussir à y faire des économies considérables. Dans tous les cas, je pense qu’il est mieux et plus honnête de mettre cette somme de suite dans les estimés, que de venir toujours avec des estimés supplémentaires, ainsi se mes honorables amis qui siégent de l’autre côté de la Chambre, auraient été obligés de faire pour 1872-78, et aussi pour 1873-74. Ces sommes et une auire de près de #10,000 destinée aux terres de la Puissance dans Manitoba, forment la plus grande partie des dépenses additionnelles.
Il est vrai que dans le ministère des Travaux Publics une augmentation considérable était nécessaire, et je crois que toute personne qui réfléchit au nombre énorme d’entre-
rises publiques dans lesquelles le pays se trouve actuelement engagé, ne blâmera aucunement mon honorable ami d'avoir essayé de procurer au service public les meilleurs talents possibles, et, sous ce rapport, je crois que l'argent demandé dans ce but à la OR AL sera peut-être celui dont elle regrettera le moins la dépense.
Il y à aussi une augmentation considérable dans le ministère des Postes, dans lequel, ainsi que je l'ai déjà expliqué, les dépenses de même que les recetttes augmentent continuellement.
Les dépenses qui restent étaient toutes, je crois (bien que je n'ose l’affirmer positivement), autorisées par nos prédécesseurs, avant de laisser leurs fonctions ; dans tous les cas, elles l’étaient toutes, exceptées les dépenses encourues sous les dispositions ordinaires de l’Acte du Service Civil.
Toutefois, je réserve les détails relatifs à ce chapitre, jusqu'à ce que j'aie parcouru les présents estimés.
Mon but, pour le moment, est de démontrer que l’augmentation apparente de $58,000, est en grande partie purement nominale, et ce qui ne l’est pas est le fait de nos prédécesseurs eux-mêmes.
Sur l’item suivant: “ L'Administration de la Justice, ” le
comité s’apercevra que les dépenses sont presque les mêmes qu'auparavant. Elles se sont peut-être accrues un peu à cause du paiement des salaires des juges de l'Ile du Prince
Edouard, et d'une certaine augmentation dans la police.
Le comité observera que toule annexion de territoire entraîne une augmentation de dépenses.
. L'item suivant ne demande aucune explication, vu qu’il y a une‘réduction dans le coût des Pénitenciers. J'espère qu'un peu plus tard nous pourrons où bien opérer une pius grande réduction, ou bien faire en sorte que ces établissements se
soutiel mais — en fon:
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L'estimé des dépenses de la législation préparé par M. Tilley et le mien, diffèrent de quelques $24,000 dont une bonne partie est dûe à l'annexion de l'Île du Prince-Edouard à la Puissance, ce qui nécessite de nouvelles indemnités aux députés et d'autres dépenses nouvelles.
L'estimation des dépenses pour 1873-74 sera de beaucoup dépassée cette année, à cause de la dépense des élections qui est portée à ce chapitre.
Sous le chapitre de : ‘“ Arts, Agriculture et Statistiques,” il VA une réduction de $50,000, économie que nous espérens réaliser.
J'ai présenté un estimé de #94,000, mais j'espère ne pas tout dépenser.
Quant à l'Immigration et la Quarantaine. nous avons mis une somme plus considérable que celle de nos prédécesseurs.
Les hons. députés verront dans les estimés, qu'une somme d'environ $107,000 est nécessaire afin de remplir le contrat pour amener un certain nombre de familles Mennonites dans le territoire du Nord-Ouest ; c'est ce qui nous a forcés de demander un montant plus considérable que nous nous attendions. La différence est nécessairement dûe au contrat, bon ou mauvais, fait par nos prédécesseurs.
Les items “ Pensions et Retraites” sont les mêmes en somme, bien qu'il y ait une légère augmentation dûe à l'opération de l’acte du service civil.
Nous avons fait une réduction pour la milice, sur le montant estimé l’an dernier, et cette année nous estimons la dépense à $#953,000, contre $1,000,000 qui est l'estimation de nos prédécesseurs pour l’année derniire.
Les items pour les magasins militaires, que nous ayons vus cette année, n’apparaîtront pas une autre année, le versement de cette année étant le troisième et dernier sur cette dépense.
Les dépenses du Nord-Ouest, pour le maintien des 343 hommes au Fort Garry et dans les environs, sont évaluées à à $175,000 au lieu de #$140,000 comme l’année dernière. OÉRE RTE somme s'est tronvée complètemont insuff. sante.
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Dans les circonstances actuelles, nous nous trouvons donc doublement obligés, peut-être, à maintenir cette force.
La position du Nord-Ouest et l'influence générale de l’'émigration dans €e pays, décideront si nous pourrons nous en passer plus tard. J'espère que le Nord-Ouest, avant longtemps, sera capable de pourvoir à sa propre protection.
Quant à l’item suivant, ‘ la police à cheval ”, $200,000 seront demandées dans les estimés supplémentaires pour cette année, et cette force nous coûtera annuellement pas moins de $185,000.
Tant ds le pays prendra sur lui la tâche de maintenir la paix et l’ordre dans tout le Nord-Ouest, il est tout-à-fait impossible d'éviter cette dépense. Nous avons été forcés d'assumer l'obligation déjà encourue et de demander à la Chambre une appropriation à cet effet.
Mon hon. ami, le ministre des Travaux Publics, estime à pas moins de $%2,630,000 les dépenses pour les travaux publics imputables au revenu. Cet estimé est plus considérable que celui de M. Tilley qui le portait à $2,450,000; mais j'attire l'attention du comité sur ces items des estimés, parce qu'on remarquera que dans les dépenses imputables au revenu, mon hon. ami a à peine un item à sou propre compte à l'exception du port de St. Jean, toute cette somme étant destinée à continuer des travaux entrepris par ses prédécesseurs. Je sais que plusieurs de mes hons. amis sont d’opinion que nous ne devrions pas continuer ces énormes dépenses ; mais je désire dire que ces travaux publics en voie de construction doivent être terminés sous un court espace de temps. Je ne vois pas en quoi il peut être utile d’arranger nos estimés et de réduire en apparence le montant iipatstle à cette année, afin de le faire avaler l’année prochaine.
Mon honorable ami a préféré, et je crois qu’il a eu raison d'agir de la sorte, faire ses estimés afin de faire voir les obligations qui lui avaient été imposées par la politique de l’exgouvernement. J’attire tout spécialement l'attention du comité sur ces items, parce qu'il verra en parcourant les estimés des chemins, ponts et bâtisses dans Ontario, Québec, le Nouveau-Brunwick, la Nouvelle-Ecosse et la Colombie Anglaise, que les votes ont été pris, l'argent dépensé et que les travaux dans lesquels nous sômmes engagés, ont été commencés pendant le règne des prédécesseurs de mon hon. ami. Je soutiens qu’en justice, mon honorable ami ne peut pas être tenu responsable d’avoir continué les travaux qui étaient déjà commencés, travaux à moitié terminés en piu-
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sieurs endroits par l’ancien gouvernement. Aussi, si ces items sont excessifs, la responsabilité ne pèse pas sur mon hon. ami, mais sur celui qui les a rendus nécessaires et qui l’a mis dans la nécessité de demander cette somme à la Chambre. (Eèoutez ! écoutez !|
Nous sommes en ce moment obligés de compléter de vastes travaux publics de ce genre en particulier ; etil y en a peut être qui pourraient en justice être imputés au compte du capital. Toutefois, cela ne s’est jamais fait jusqu'ici, et tout bien considéré il ne serait pas opportun d’inaugurer un pareil système ; mais en tous cas j'espère que des économies considérables pourront être effectuées.
Je dois répéter de nouveau qu'il serait de la dernière injustice de tenir mon hon. ami, le ministre des Travaux Publics, responsable de cet état de choses, de lui demander d'arrêter les travaux déjà commencés et de réduire la somme des estimés. Mais, quand les travaux actuellement en opération seront terminés, ce qui, je l’espère, aura lieu dans dixhuit mois, il y aura une diminution considérable dans les dépenses annuelles, bien que cela doive exiger un temps considérable. (Ecoutez ! Ecoutez !)
Sous le titre de “ Service Maritime” (Océan et Rivières) dans lequel j'ai inclus quelques items qui apparaissaient autrefois dans les dépenses diverses, la Chambre observera que nous proposons une réduction. Cette réduction aura probablement lieu. Toutefois, je ne voudrais pas me hasarder à dire à combien s'élève ce montant de la diminution de la dépense.
Relativement au service des Phares, nous sommes obligés de demander une petite appropriation additionnelle, surtout je crois en conséquence de l’excessive libéralité qu'ont montrée nos prédécesseurs à construire des Phares dans l'Île du Prince-Edouard à une époque critique de la dernière session. (Rires )
Dans l'appropriation pour les ‘“ Péêcheries ”, il faudra opérer une légère augmentation. Je regrette que mon hon. ami, le ministre de la marine et des pêcheries, soit absent ; je ne puis pas dire précisément ce qui l’a nécessitée. Nous espérons opérer une réduction sur l'Exploration Géologique, bien que nous nous proposions de poursuivre cette exploration avec toute la diligence possible. Une petite somme additionnelle sera requise pour les Hôpitaux de la Marine destinés à recevoir les malades et les matelots incapables de faire le service.
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Quant à l'inspection des bateaux à vapeur, c'est là un item qui couvre ses dépenses.
Une économie appert dans les ‘“Subsides,” mais en réalité, elle n’existera point. L'année dernière, il y avait: sous ce chapitre $83,984,000 contre $3,757,464 pour l’année courante. C'est là, je regrette de le dire, une économie simplement apparente, puisqu'il faut ajouter la somme de $199,000 au montant porté pour les intérêts.
Sous le titre des “ Sauvages ” nous aurons à dépenser $149,- 000, au lieu de $88,000 ; cette dépense extraordinaire est nécessitée par les traités qui ont été conclus avant notre entrée en office. Je ne désapprouve pas ces traités ; j'attire simplement l'attention sur le fait qui a fait encourir cette dépense additionnelle.
Comme le comité le sait, l'Exploration des Frontières n'est pas sous notre contrôle. L'argent qui est dépensé pour cette fin, est sous la direction du Gouvernement Impérial qui, — si je comprends bien la question, — en paie la moitié. Nous n'avons rien à voir dans cette dépense ; ce sont là, je crois les termes de l’arrangement.
Sous le titre ‘“ Diverses ”, nous proposons de dépenser absolument le même montaut que l’année dernière ; il y aura un excédant seulement de un ou deux mille piastres.
Sous le titre de ‘ Perception des Douanes ”, nous apportons un estimé de $685,100 contre $602,000 pour l’année dernière ; cela est dû, en grande partie, à l'annexion de l'Ile du Prince-Edouard. Le reste est dû, d'après les informations que je possède et que je crois exactes, à la libéralité de nos prédécesseurs, libéralité que nous avons cru devoir étendre à ce service si méritoire. Nous avons trouvé. nécessaire d'ajouter des appropriations additionnelles en conséquence des demandes qui ont été faites et ratifiées par un Ordre en Conseil.
Les mêmes remarques s'appliquent également au Ministère du Revenu de l'Intérieur.
L’'item de “l'Inspection du Bois” n’exige aucune explication, vu que les revenus excèdent toujours les dépenses.
L'item relatif aux ‘Travaux Publics”, c’est-à-dire l’item de la perception des revenus de ces travaux, demande la plus sérieuse attention de cette Chambre. La Chambre voudra bien observer que nous avons été forcés de demander pour la perception des revenus des Travaux Publics, une somme pas moindre que $2,867,000 contre 42,070,000 dermsndées par nos prédécesseurs.
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Je désire faire remarquer à ce sujet, que la somme de $2,070,000 est tuut-à-fait insuffisante pour les besoins de ce service. D'abord, nous calculons qu'il f«udra une somme d'au moins %202,000 pour l'entretien du chemin de fer de l'Ile du Prince-Edouard font nous sommes les heureux possesseurs. Quant au reste, mon hon. ami a cru nécessaire de demander $496,000 de plus que l’année dernière, pour couvrir les dépenses de l’Intercolon'al et des autres chemins de fer du gouvernement dans la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau- Brunswick. Je ne saurais attirer trop fortement l'attention du comité sur cet item. J'ai à peine besoin de dire que c’est là une question qui occupe sérieusement mon hon. ami, le ministre des Travaux Publics ; mais je Le répète, on ne peut l'accuser s’il expose cette affaire à la Chambre comme il la trouve. Il est évident que si le gouvernement exploite ces chemins de fer comme ils l'ont été jusqu'ici, il y aura un énorme déficit. Je laisse à mon hon.ami de traiter cette question plus en détail à une époque plus aranvée de la session. Tout ce que j° dois faire pour le moment, c'est d'expliquer comment il se fait qu'avec la plus grande répugnance, nous sommes forcés de proposer une augmentation ; c'est la suite de l’état de choses que nous avons trouvé en opération. Nous avons constaté que le coût de l'exploitation de ces chemins de fer était si énorme, que les estimés de nos prédécesseurs étaient insuffisants pour le payer; nous avons trouvé aussi que leurs revenus restaient constamment en deça de la dépense, et la Chambre verra que cette tendance s'était déjà manifestée même avant 1872-78. Si la Chambre veut bien regarder aux recettes des Travaux Publics, elle trouvera qu’en 1871-72 ces recettes se sont montées à $1,211,000, et qu'en 1872-73 elles se sont élevées à $1,316,000, ce qui fait seulement une augmentation d’un peu plus de $100,000, pendant que la dépense, durant l’année correspondante, s’est augmentée de près d’un demi-million. Mon hon. ami, le ministre des Travaux Publics, va se mettre avec la plus grande énergie à réformer ce service, et il me laisse espérer que, d’une manière ou d’une autre, soit par la réduction des dépenses, soit par l'augmentation des recettes, nous arriverons bientôt à un état de choses plus satisfaisant.
Une dépense de $1,505,000 pour le service postal est proposée pour cette année, contre une de $1,816,000 pour i’année dernière. Je désire faire remarquer à ce sujet qu'une somme de $49,000 est requise pour ce service dans l'ile du Prinoe- Edouard. Mais, si les besoins du département des postes
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sont grands, les recettes de mon hon. ami se trouvent dans de bonnes proportions. Ce département aura une augmentation considérable de recettes cette année et, à part des $50,000 dont je viens de parler pour l’Ile du Prince-Edouard, l'augmentation des dépenses sera, j'en suis convaincu, balancée par l’augmentation des recettes.
A cette partie de son discours, 6 hs, moins un quart étant arrivées, M. Cartwright dit qu'il lui serait impossible de terminer ses remarques avant 6 hs. et comme il devait entrer immédiatement, disait-il, dans un champ plus large,il exprima l'espoir que la Chambre voudrait bien faire comme s’il était 6hs. (Bruyants applaudissements.)
La Chambre suspendit alors sa séance.
A la reprise de la séance, M. CARTWRIGHT continua son
discours en ces termes :
M. e Président, au moment où la séance a été suspendue j'en étais à expliquer ce qui a causé l'excédant des estimés de cette année sur ceux de l’année dernière. Si la Chambre veux bien me le permettre, je ferai remarquer de nouveau que pour comparer les deux années, les estimés de 1873-74
evraient avoir été calculés pour les divers besoins. du service un peu plus de $24,000,000. Or, M. le Président, on voudra bien observer que nous demandons en ce moment des appropriations au montant de $24,549,000, c’est-à-dire plus élevées d'environ un demi-million que la somme qui va probablement être requise pour l’année dernière. Cette excédant est dû à l'intérêt sur les capitaux employés aux nouveaux travaux publics, intérêts qui se monteront à près de $400,000 et à une somme de $200,000 qui va être nécessaire pour l'exploitation des chemins de fer de l'Ile du Prince-Edouard.
Ces deux items égalent la différence qu'il y a entre le montant de nos estimés et le montant de ce qu'’auraient dû être les estimés de l’année dernière. Nous avons fait des réductions considérables sur presque tous les items, excepté sur les dépenses pour la perception des revenus et s..… les travaux publics imputables aux revenus annuels.
Avant d'aller plus loin, je désire corriger une erreur dans laquelle je suis tombé, relativement à la résolution du mois d'avril 1871, qui a été passée après l'adoption du traité avec la Colombie Étitanniqué. J'étais sous l'impression que cetis.
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résolution avait déclaré que le Chemin de Fer du Pacifique devait être construit sans trop augmenter les taxes du Oanada. Le véritable texte de la résol'ition est plus fort encore. Sir Greorges Cartier proposa et M. Tilley seconda une résolution déclarant, que le chemin de fer mentionné dans l'acte concernant l’union de la Colombie Britannique avec le Canada, adoptée le samedi 1er avril, serait construit par une compagnie privée et non pas par le gouvernement de la Puissance ; que la compagnie qui le construirait serait aidée par des octrois libéraux en terres et en argent, pourvu toujours qu'il ne résultât de là aucune augmentation des taxes alors existantes. Voilà, M. le Président, la résolution qui a été mise dans nos journaux, sur la motion présentée par Sir Georges E. Cartier, secondée par M. Tilley. Elle était très importante pour la raison que j'ai déjà mentionnée, qu'on nous déclara au moment'où elle fut passée, que les délérués de la Colombie Britannique y consentaient
Avant la suspension de la séance, j'ai parlé assez longuement, M. le Président, du déficit extraordinaire provenant de l'exploitation de l’Intercolonial et des autres chemins de fer de la Puissance, principalement dans les Provinces Maritimes. Le déficit provenant de ces sources est considéré comme devant se monter à la somme extraordinaire d’environ un million et quart de piastres.
Je désire attirer particulièrement l'attention de la Chambre sur un fait qui doit être évident pour tous ceux qui m'entendent. Ces chemins de fer passent la plupart du temps à travers un pays établi depuis cinquante ou soixante ans. Je ue puis donc parler de l'énorme dépense qu'ils entraînent sans qu'il soit évident pour toute la Chambre, que le coût de l'entretien d’un chemin de fer long de près de 3,000 milles et traversant un pays presqu'entièrement inhabité, doit de toute nécessité être beaucoup plus élevé. Pendant longtemps, même après que la construction de ce-chemin de fer sera terminée, ce pays aura à supporter un lourd fardeau pour le tenir en opération et le réparer. Il faut avoir constamment ce fait en vue pour se former une idée exacte de ce projet.
J'arrive maintenant aux dépenses relatives des petites provinces. Ce n’est pas du tout une plainte que je formule en attirant l'attention de la Chambre sur ces dépenses en particulier, mais seulement un fait que je constate pour prouver l'exactitude de l'exposé dont j'ai fait précéder mes remarques, exposé qui allait à dire que le Canada était ca-
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pable de faire face à ses dépenses ordinaires, et que le déficit considérable qui existe maintenant, résulte surtout du service de ces provinces éloignées. Eh bien! M. le Président, je trouve que la dépense que l’on calculait pour l’année courante, et que nous pouvons compter comme exacte à
eu de chose près, pour la province de Manitoba, est de $152,000. Ceci comprend simplement le subside, les dépenses d'Administration de la Justice, du Gouvernement Civil et autres. Les dépenses ordinaires se montent à $152,- 000, et les recettes ordinaires à une somme d'environ 449,000. Encore une fois, je le répète, ce n’est pas un reproche que j'entends faire ; non, je désire attirer l'attention de la Chambre sur ce point, u iquement dans le but de prouver que nous ne traitons pas cette L‘ovince avec mésquinerie.
La dépense totale qui a trait aux Territoires du Nord- Ouest et à Manitoba se monte à une somme totale de pas moins de #1,036,000. Cela couvre les dépenses encourues pour les travaux publics, les terres fédérales et toutes les diverses dépenses de ce genre. Le pays a contracté des engagements bien graves et biea sérieux qu'il doit tenir, et
wil est désireux de tenir; mais il est très important
‘en bien comprendre l'étendue avant d'en contracter de nouveaux. Je désire faire remarquer à cette Chambre l'énorme montant de dépenses que nuus avons à supporter pour faire honneur à nos obligations à l'égard de ces parties éloignées du pays.
Quant à la Colombie Anglaise, j'ai entendu dire que quelques-uns de mes honorables amis de cette l’rovince étaient sous l'impression que nous en retirons un revenu plus considérable que les dépenses que nous faisons. Eh bien, je dois déclarer que les recettes totales pour l’année 1872-73 se montent à $417,000, tandis que nos dépenses se sont élevées à $627,000, ce qui indique une dépense totale contre la Puissance de #200,000 de plus que le Revenu. On estime que les dépenses de cette Province pour les années 1873-74 se monteront à #772,000 comprenant les fonds d’amortissement, disons #700,000 en chiffres ronds, pendant que les recettes devront se monter seulement à $400,000,.
Je le répète, ce n’est pas pour me plaindre de ces dépenses que je fais allusion à ces faits, mais bien pour montrer la cause du déficit qui existe.
Ce que j'ai dit de la Province de Manitoba et de ses dépenses, s'applique également à la Colombie Anglaise. Les dépenses qui sont comprises dans ces #700,000 ont seule-
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evra avoir lieu l’année prochaine ; seulement, il y aura un gros montant de dépensé pour les travaux publics, lequel état de choses ne devra pas se continuer plus que deux ou trois ans.
Quant à mes honorables amis de l'Ile du Piince-Edouard, je suis parfaitement sûr que les recettes provenant des diverses sources de revenus de leur province, seront beaucoup moindres cette année que nous espérons qu’elles seront l’année prochaine, Cependant nous avons calculé que les dépenses ordinaires de l'Ile du Prince Edouard ne peuvent guère se monter à moins de $#500,000, et les recettes probables de #150,000 à #200,000 moins que cette somme. Je n'ai aucun reproche à faire à mes honorables amis de cette province au sujet de l'excellent marché qu’ils ont fait avec la Puissance. Mes honorables amis savent parfaitement dans quelle position ils se trouvaient lorsqu'ils vinrent à Ottawa, l’an dernier, et il serait injuste de les accuser d’avoir obtenu des conditions si avantageuses pour eux, surtout lorsque l’on considère le lourd contingent de charges qui pesait sur la Puissance, Les dépenses d'exploitation de leurs chemins de fer doivent être ajoutées à l’excédant annuel de dépenses que donnera cette province pendant quelque temps encore. Il est fort probable que le total des dépenses de cette province se montera à $700,000. D'un autre côté, je doute fort que le revenu annuel provenant de toutes les sources de cette province s'élève à plus de $400,000. En ajoutant toutes nos dépenses pour ces objets, il est évident, qu'indépendamment du chemin de fer du Pacifique, nous serons obligés de puiser beaucou dans la caisse de la Puissance d'ici à un certain temps. dn vérité, je serais bien fàché si mes amis allaient croire que je désire adopter une politique injuste et ts à leur égard. Si je mentionne ces faits, comme je l'ai déià dit, c'est uniquement dans le but de montrer la cause des déficits considérables dont j'ai déjà parlé, et d'attirer l'attention de la Chambre sur ce point.
Dutiis je l’ai dit, M. le Président, il nous faudra, autant que je puis le voir dans le moment, pour le service de l’année courante, pas moins de $24 600,009 en chiffres ronds.
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En regard de ces dépenses, nous comptons sur les recettes suivantes, grâce à notre présent tarif: des Douanes, y compris l'Ile du Prince Edouard, nous nous attendons à retirer environ %13,000,000, c'est-à-dire, quelque chose comme $500,000 de plus que les estimés de M. Tilley pour l’année actuelle : de l’Accise, nous comptons percevoir un peu audelà de #5,000,000, ce qui dépasse encore les estimés de M. Tilley pour cette année. Nous retirerons probablement du ministère des Postes #1,100,000. Il peut arriver que ce soit un peu plus; mais en tous cas, je ne prévois pas que ce puisse être beaucoup plus. Cela constitue encore un - excédant sur l’année dernière, Quant aux Travaux Publics, je ne voudrais pas prendre sur moi de dire gu* nous recevrons une somme plus élevée que #1,600,009 au lieu des $2,250,000 qui sont portées dans les estimés de 1873-74. J'ose espérer bien sincèrement que mon honorable ami (M. Mackenzie) ei moi avons fait erreur en évaluant à un si petit montant le revenu provenant de cette source; mais je crois qu'il est de mon devoir de faire mes calculs et de baser mon estimation sur les faits qui sont devant moi. Aussi, en tenant compte de toutes les circonstances, je ne crois pos que nous puissions nous hasarder de compter arriver à la somme que j'ai mentionnée.
Les Timbres pour ‘billets rapporteront probablement $200,000 en chiffres ronds, ce qui est un excédant sur l'année dernière.
Nous retirerons probablement $500,000 de l'intérêt sur les placements ; c'est à peu près $100,000 de moins que l’année dernière. Mais on se rappellera, au sujet de cette source de revenus comparée avec l'année dernière, qu'il existait alors des circonstances qui ne sembleut pas devoir se pr£ senter de nouveau. Cependant, il peut arriver que, sur les diverses sources de revenus, nous percevions un peu plus, et j'estime cela à $600,000.
En somme, je ne crois pas que nous retirions des sources actuelles du revenu plus de $22,000,000 ; et, partant, il est clair qu'il faudra un fort montant de taxes additionnelles pour permettre au gouvernement de faire face aux engagements du pays. Il ne sera peut-être pas sans intérêt de faire observer rs M. Tilley lui-même, bien qu'il ait envisagé la situation d’une manière plus optimiste que moi, déclara en public qu'il faudrait bientôt proposer de nouvelles taxes, mais que cependant il ne croyait pas cela nécessaire pour l'année dernière. Voici ses propres paroles : —‘ Grâce aux
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circonstances dans lesquelles nous nous sommes trouvés placés, nous avions la certitude d'une augmentation, et l'année prochaine il faudra opérer un changement. Le gouvernement ne croit pas la chose nécessaire à présent, parce qu'il se croit en état de faire face aux exigences du pays, sans imposer de nouvelles taxes.” Malheu*eusement il y aura, comme je l'ai déclaré, une grande différence. entre les recettes et les dépenses de la présente année, bien que M. Tilley ne l'ait pas prévue dans le temps. Une certaine partie de cette différence résulte, je l’admets, de circonstances qu'il ne pouvait pas prévoir alors et qui échappaient à son contrôle.
Mon hon. ami qui siége à côté de moi me fait rappeler un fait dont la Chambre ne peut manquer d'être frappée de suite. Dans ces derniers jours, un très grand montant de droits a été versé dans le trésor de l'Etat en prévision d'une élévation du tarif. Mais ce que nous avons gagné ainsi, nous allons probablement le perdre d'ici à quelques mois. Plus nous avons retiré d'avance en prévision d'une augmentation dans le tarif, moins nous retirerons à l'avenir.
La Chambre sait parfaitement qu'uutre les dépenses que j'ai énumérées, dont quelques-unes peuvent être réduites, bien que je ne puisse pas espérer faire une grande réductiom sur l’ensemble, nous sommes engagés dans des dépenses considérables sur le compte du capital durant les six annéas qui vont suivre. En conséquence, M. le Président, il est nécessaire et désirable, qu'en imposant des taxes maintenant, nous nous préparions, dans la mesure de nos forces, à supporter le fardeau que nous savons devoir plus tard peser sur L pays, à raison des intérêts que nous aurons à payer sur les sommes énormes que nous devons dépenser. J'espere, en autant qu'il est possible de faire un calcul, que si l'on impose un montant de taxes suffisant pour faire face aux grosses dépenses annuelles du moment, et cela, en vue du progrès graduel du pays — quoique je ne pense pas qu'il prenne autant d'étendue qu'il l’a fait jusqu'ici — j'espère, dis-je, que nous pourrons non-seulement satisfaire aux exigences de l’année courante et qu'il nous restera un petit excédant, mais encore que nous pourrons nous dispenser de la nécessité d'imposer de nouvelles taxes d'ici à un certain temps et peut-être pour toujours.
Mais, nos besoins, je dois le déclarer énergiquement à la Chambre, sont d’un caractère très sérieux. Nous devons, je
L sam ess
trois, imposer une taxe additionnelle de trois millions de P
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piastres. Aujourd'hui, notre revenu effectif, à part des comptes
ui se compensent (cross accounts), et des items provenant de la perception du revenu, ne s'élève à guère plus de dixhuit millions de piastres, tout compris. J’admets que le fait de proposer d'augmenter les taxes d'un sixième est trèsgrave. Je me contenterai de dire à ce sujet, que si l’on avait suivi notre avis, cela n'aurait pas été nécessaire, (Ecoutez, Ecoutez), et que nous sommes maintenant appelés à réparer des fautes pour lesquelles nous n'étions pas responsables originairement.
n imposant cette taxe, nous avons le désir de la répartir autant que nous pourrons de telle sorte qu'elle pèse aussi également que possible sur tout le monde. Je ne prétends pas qu'une taxe de ce genre puisse être imposée sans aucun inconvénient, mais nous nous eflorcerons de voir à ce qu'aucune classe ne soit chargée injustement. C'est le plus ardent désir du Gouvernement d'arranger les choses avec toute l'équité possible.
Il serait peut-être plus convenable, avant que je passe outre, de soumettre au comité les résolutions relatives au tarif, En conséquence, je vais reprendre mon siége pendant
uelques instants, pendant qu'on va distribuer ces résolutions et les remettre entre les mains des membres de cette Chambre.
(On distribua alors les résolutions.)
M. CARTWRIGHT continuant :
Le premier article sur lequel le gouvernement désire élever les droits, ce sont les vins. Aujourd’hui, cet article est en grande partie, quoique non entièrement, un article de luxe. Bien que l'importation totale, l’année dernière, ait été de 847,000 gallons, le revenu total s'est seulement monté à $237,000, c’est-à-dire environ 25 cents par gallon. Je pense qu’il y en a peu qui contesteront qu'il est juste que cet article supporte une taxe dans tous les cas où il faut une taxe addÿtionneile. J2 propose donc de doubler en substance, ce droit, en imposant un droit de 40 cents par gallon sur les vins d’un certain degré de force, de 60 cents sur les autres vins, excepté les vins mousseux sur lesquels je propose un droit de 80 cents. En agissant ainsi, M. le Président, je désire déclarer—et la même remarque s’appliquera à la conduite que nous voulons tenir quant à d’autres droits — que nous préférons établir des droits spécifiques au lieu de mettre des
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