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(Dr Tupper), je prétends qu'il n’y a aucune raison d'espérer un revenu plus considérable pour 1873-74 que celui que j'ai annoncé dans mon exposé financier. Le revenu pour cette période ne peut guère dépasser $22,000,000. Le raisonnement de l’hon. député consiste à dire, non pas qu’il dépassera cette somme, mais qu'il dépassera le revenu de 1872-73. Or, ce dernier revenu n'a été que de #20,800,000. Personne ne conteste que le revenu de $18783-74 dépassera cette somme, mais cela n’a rien à faire avec la question qui nous occupe. Ma prétention est que le revenu de l’année courante, sous l'ancien tarif, n'aurait pas dépassé $22,000,000. L'hon. député de Cumberland a essayé de la combattre en soutenant que ce revenu dépasserait celui de 1872-75.
J'ai prétendu que nos importations ont comparativement décliné, pes beaucoup, sans doute, mais d'une manière appréciable. L’hon. député m'a répondu qu'elles sont plus considérables cette année que l’année dernière. Je m'accorde avec lui sur ce point. Le total de nos importations est plus considérable, mais cela ne touche pas à la question de savoir si elles déclinent relativement.
Une autre de mes assertiohs, qu'a contredite l’hon. député, c'est que l’année 1873-74 ne peut pas être considérée comme une année bien prospère. D'après tous les renseignements que j'ai pu me procurer — et j'ai eu soin de consulter des hommes dont l'opinion a du poids devant cette Chambre — je crois que j'avais raison de dire que l'année actuelle n’est pas une année prospère. L’hon. député est bien libre, sans doute, d'avoir une opinion contraire, mais alors cela milite contre ses prétentions et non contre les miennes. Car si ma prétention que nos importations ont décliné, n’est pas fondée, mon argumentation n’en a que plus de force. Mais je suis prêt à prouver qu'elles ont décliné. Les rapports pour jusqu'au ler avril montrent que pour les neuf mois alors écoulés, les recettes avaient été de #16,096,000. Lorsque ces neuf mois, les seuls mois qui peuvent servir de base à un calcul exact, n’ont donné que $16,096,000, je voudrais bien savoir ce que nous en rapporteront douze. Que l'hon. député fasse les calculs qu'il voudra, je le défie de prouver qu'une recette de #16,096,000 pour neuf mois autorise à compter sur plus de $%22,000,000 pour douze. L'état des importations parle assez par lui-même lorsqu'il nous montre
ue dans huit mois nos importations avaient positivement dimiteé d’un million de piastres. Comme notre revenu provient presqu'exclusivement des douanes et de l’accise, je ne
ns 56
vois donc aucune raison de compter, pour cette année, sur plus de $22,000,000 de recettes. Il est inutile d'analyser les importations de 1873-74; je veux, en ce moment, seulement justifier l’estimé que j'ai fait de notre revenu.
Quant à l’autre reproche que me fait l'hon. député d'avoir grossièrement exagéré les dépenses probables de 1874-75, je puis assurer cette Chambre que, loin d’avoir grossi à dessein le montant de ces dépenses, j'aurais eu droit d’ajouter à celles de ces dépenses qui sont spécialement sous notre contrôle une somme de $300,000. De plus, je n'ai pas parlé des estimés supplémentaires ; je me suis borné aux estimés soumis tout d’abord à cette Chambre. Je n’ai presque pas parlé, non plus, des dépenses que vont entraîner l’Intercolonial et le Pacifique. Je n’ai fait entrer dans mes calculs que les sommes nécessaires pour les dépenses réelles de l'année courante. Je ne crois pas que mes honorables amis qui siégent en a“rière de moi accuseront le ministre des Travaux Publics de prodigalité ; je crains qu'ils ne l’accusent plutôt de parcimonie. Le gouvernement n’a demandé que ce qui était absolument nécessaire pour faire face aux engagements contractés par ceux qui l'ont précédé.
En réalité, comme je l’ai dit dans mon exposé financier, notre revenu ne se monte qu’à six millions et trois quarts, et nous ne pouvons réduire les dépenses contrélables à moins de trois millions et demi au-delà de cette somme, Ce déficit est bien aggravé encore par les déficits du département des Postes et de celui des Travaux Publics. En somme donc, la Chambre ie voit aisément, j'avais parfaitement raison de dire, qu'outre les sommes imputables au capital, il nous fallait nous procurer deux millions et demi au moyen de taxes nouvelles.
Si j'ai fait ces observations c'est que, j'en suis convaincu, on va se servir des états qui viennent d’être mis devant la Chambre pour essayer de prouver qu’il n’y a pas besoin de nouvelles taxes. Le but évident de l'argumentation de l’hon. député, l’autre jour, était d'attirer l'attention sur le refus du gouvernement de donner un moyen de comparer les recettes depuis le 1er avril avec celles de l’année dernière. Or, on le sait, une augmentation très-considérable de recettes a eu lieu à cette époque, $3,000,000 ayant été payées en 20 jours au gouvernement. La Chambre comprendra quelle est la cause de cette augmentation, et pourra prévoir ce qui doit en résulter pour plus tard, lorsqu'elle saura que
le 8 juillet dernier, il y avait 1,600,000 gallons de spiritueux
nnée, sur alyser les eulement
té d’avoir e 1874-75, grossi à it d’ajouous notre pas parlé x estimés esque pas r l’Interes calculs réelles de bles amis nistre des s ne l’acdemandé face aux financier, is quarts, rolables à mme. Ce départein somme ment raicapital, il au moyen
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en entrepôt dans la Puissance, et que le 11 avril 1874, il n'y en avait plus que 170,000 gallons, ce qui fait une différence de 1,430,000 gallons avec l’état normal des choses. Je n'ai pu obtenir les mêmes renseignements à l'égard des Douanes, mris les faits que je viens de mentionner suffisent pour montrer combien sont trompeuses les données qui servent de base à l'argumentation de l'honorable député.
Ce que j'aflirme solennellement, c'est que le tarif proposé par le gouvernement n’est ni libre-échangiste, ni protectionniste; c’est simplement un tarif de revenu. (Ecoutez ! écoutez!) Si l’on veut bien faire attention que nous sommes obligés de prélever de nouvelles taxes au montant de plus d’un sixième de celles qui existent, et cela sans toucher au système d'impôt établi déjà, on admettra pate faut qué ces taxes soient réparties sur un grand nombre d'’articies. Si nous agissions autrement nous surchargerions d'impôts certaines classes de la population et certaines industries.
Sans doute, il y avait bien d’autres moyens de prélever un revenu. ( Ecoutez! écoutez!) Plusieurs m'ont été soumis dans ces derniers jours. Il n’y a pas un item du nouveau tarif, qui ait été l’objet d'attaques, à l'appui duquel je ne pourrais pas citer des opinions émanant d'hommes qui occupent une position éminente dans le commerce. On m'a suggéré, par exemple, d'imposer un droit d'exportation de 10 070 sur le bois. De nombreuses députations sont venues me proposer de mettre un droit additionnel de 5 0/0 sur presque toutes les marchandises imaginables. Toutes les députaiions, cependant, s’accordaient sur un point: c'était d'admettre en franchise la matière brute et de taxer les produits manufacturés.
Après mûre délibération, le gouvernement en est venu à la conclusion qu’il fallait au moins trois millions de taxes additionnelles. Je crois cette somme nécessaire pour faire face à toutes nos obligations; mais je crois aussi que si la Chambre la vote, elle ne sera pas obligée d'imposer d’autres taxes plus tard.
Le gouvernement se propose de prélever un tiers de ce revenu additionnel sur les spiritueux et le tabac, un autre tiers sur les objets qui composent la liste de 15 pour cent et le dernier tiers sur les vins et les articles où entrent des
spiritueux. Je n'ai pu, dans le peu de temps que j'aiété en,
office, me rendre complètement maître d’un sujet aussi compliqué ; maïs j'ai pesé sérieusement les observations des différentes députations qui so sont rendues suprès du gou-
En 1
vernement, Car, dans mon opinion, il y aurait de l’étroitesse de vue, pour un gouvernement soutenu comme l'est celui-ci par le pays, à s'attacher avec ténacité aux moindres détails de ses plans. Ceux qui soutiennent le gouvernement et le pays tout entier, nous approuveront, j'en suis sûr, d'avoir pesé avec soin les conseils qui nous ont été donnés et les représentations qui nous ont été faites. (Ecoutez ! écoutez ! et applaudissements). J'aurais “oulu, dans de telles conditions, proposer an budget provisoire, mais il fallait pourvoir au déficit, et je n’étais pas libre d'agir à mon gré. Le trouble que porté dans le commerce, depuis quelques semaines, le
oute qui existait au sujet de la forme que prendrait finalement le tarif, est une preuve des inconvénients qui résulteraient de la prolongation de ce doute pendant un temps un peu considérable. C’est pour cela que je me suis hâté LE soumettre mon budget.
Comme je lai déjà dit, j'ai eu l'avantage d'entendre une discussion assez complète de toutes les propositions du nouveau tarif, de pouvoir peser avec soin ce qui a été dit de part et d’autre, et après y avoir réfléchi, j'ai conseillé à mes collègues de consentir à certaines modifications. (Ecoutez ! écoutez!) La Chambre voudra bien se rappeler que j'aj d'abord proposé certains droits différentiels sur les articles de luxe. Le même principe a été adopté dans d’autres pays ; mais, je dois l'avouer, après avoirentendu les députations qui me sont venues de tous côtés à ce sujet, je me suis convaincu quil y avait, dans la mise à exécution de ce plan, plus de
ificultés que je ne l'avais cru d'abord. Je pense encore que ces difficultés pourraient être surmontées, mais il faudrait pour cela beaucoup de travail, et je serais obligé d'étendre la portée des résolutions que j'ai proposées. Le gouvernement a donc décidé de modifier le tarif sur les articles de luxe de manière à le rendre uniforme, et de 5 à 6 pour cent plus élevé qu'auparavant. Nous allons, en conséquence, retirer le droit différentiel. Nous espérons pouvoir ainsi augmenter de trois ou quatre cent mille piastres les recettes provenant de cette source.
Nous avons également décidé de réduire considérablement les droits sur le thé, sur le fer et sur les matériaux employés dans la construction des navires. Je puis aussi bien faire connaître de suite le montant de ces réductions. Dans les résolutions originairement soumises à la Chambre, le droit proposé était de 6 cents sur le thé vert et 4 cents sur le thé noir. Le gouvernement propose maintenant de
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mettre le droit à 4 cents pour le thé vert et 3 cents sur le thé noir. Quant aux matériaux employés dans les navires, nous proposons d'abolir certains droits sur les chaînes et les mâts en fer, sur une certaine espèce de fer en barres qui entre. dans leur construction, sur le cuivre de toutes les sortes. Nous proposons aussi de supprimer le droit sur le fer en gueuse, et le droit additionnel de 24 sur le fer qui payait déjà ù pour cent.
ous proposons d'’abaisser un autre droit, celui sur les vins communs, et d'élever celui que paient les vins mousseux. Nous proposons de pa en substance l’étalon américain pour ceux de la première espèce, mais en allouant une plus grande quantité d'alcool dans les vins qui ne sont pas évalués à plus de 40 cents; c’est-à-dire que les vins de 20 degrés seraient admis avec un droit de 30 cents. Je ne crois pas que ces changements diminuent la consommation de ces vins, car le droit additionnel formera à peine un penny sterling par bouteille sur ceux de qualité inférieure.
Les rapports prouvent qu'il existe une fausse impression au sujet de la qualité des vins importés en bouteilles : et les informations que j'avais obtenues me faisaient croire qu'ils étaient d’une qualité bien supérieure à celle dont ils sont généralement.
Quant aux vins de qualité moyenne, nous voulons conserver l'étalon anglais de 60 cents par gallon, et ajouter un petit droit additionnel sur ceux importés en bouteilles.
Les vins mousseux paieront #8 la douzaine comme à présent, Nous désirons aussi faire payer des droits aux imitations de vins en mettant des droits sur les matériaux employés à les faire.
Les articles en fer qui pavaient 5 pour cent autrefois, continueront de payer le même droit.
Voilà la liste des réductions.
Il y a un autre sujet qui a donné lieu à de vives discussions : je veux parler des droits sur le sucre. On a fait valoir d'excellentes raisons en faveur du changement proposé par le gouvernement. Il est certain que taxer la matière brute plus que le produii fabriqué, c’est une anomalie qui entraîne de grandes difficultés pratiques. Le gouvernement s’est aperçu que ce droit excitait beaucoup de mécontentement dans le pays. Je dois avouer, toutefois, que je suis peu satisfait. des raisons données de nart et d’antre (Cast là nna
question très-difficile, et, en le disant, je ne fais que répéter
ce qu'ont déjà dit sur ce sujet M. Gladstone et les autres autorités financières de la Grande-Bretagne.
Les deux points qui ont été le plus discutés et qui m'ont le plus particulièrement frappé sont ceux-ci : c'est que, d’une part, il s'agit là d'un droit qui donne peu de revenu, et que, d'autre part, ce droit Dani Votre bien du mal au gouvernement, sinon au consommateur. Dans de telles circonstances, surtout lorsque les faits ne sont pas aussi bien établis qu'ils l'avaient paru d’abord, le gouvernement a décidé de ne rien faire sur ce sujet pour le moment. Nous ne voulons pas dire par là que nous sommes contents de ce qui existe, mais il y a, pour y mettre ordre, des difficultés très-grandes. Je veux qu’il soit bien compris que, pendant la vacance du Parlement, nous donnerons à ce sujet toute l'attention qu'il mérite, et que nous espérons en venir à une conclusion définitive avant Ja prochaine session.
Je crois devoir faire observer que nous ne pouvons guère aller plus loin dans la voie des taxes indirectes. En examinant notre liste de 15 pour cent, on trouve qu'il n’est guère possible de taxer davantage les articles qui la composent. Quant à l’accise, nous sommes rendus aussi loin que nous pouvons aller.
En remaniant le tarif dans les conditions où nous sommes, il est impossible de ne faire du mal à personne, mais je crois que nous avons entendu tous les intérêts qui peuvent être affectés, et, après avoir examiné leurs plaintes, je crois que, par les modilications qu'il fait, le gouvernement vaôter toute raison d'être à celles qui sont fondées.
. On m'a accusé, depuis que j'ai fait mon exposé financier, d'avoir envisagé notre position financière sous un jour trop sombre. Je crois sincèrement que je n'ai fait que mon devoir, et que j'ai mis cette position devant le pays d’une manière franche et honnête. On m'a traité d’alarmiste, de prophète de malheur. Si ces reproches étaient mérités, ils ne m'en justitieraient que mieux d'avoir dit que sile nouveau tarif proposé par le gouvernement était adopté, nous serions longtemps sans avoir besoin d’un nouveau changement semblable.
M. Cartwright termine en proposant que les résolutions soient renvoyées au comité pour y faire les modifications qu’il vient d'indiquer. — (Applaudissements.)
M. Tüppen. — La Chambre se rappelle q ministre des finances exposa son budget, je m
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critiquer le ton de son discours. Le premier ministre me répondit dans un langage sévère, et me déclara que rien dans le discours du ministre des finances ne justifiait mes remarques. Le discours que vient de prononcer le minis: des Finances, est la justification des observations que je fis alors.
L'état des recettes, pour les neuf derniers mois, qui vient d'être mis devant la Chambre, prouve qu'il n'y aura pas à la fin de l’année de déficit comme celui annoncé par le ministre des finances.
On a compris à tort, dans l'estimé des dé penses, une somlie de #766,200 qui est votée pour l seconde fois pour les ‘ravau: publics, et uns «ugmentation de $409,000 pour les chemins de fer, augn'oniabi on qui n'a aucune raison d’être, puisque la dépense ie l'annéts dernière a été plus forte que de coutume à cau e ‘a tro ble occasionné dans l'exploitation de ces chemins ;:; la Ç: antité extraordinaire de neige qui est tombée. Le ri: 11 qui nous a été mis en mains constate, pour les neuf premiers mois de la présente année, un excédant de $526,542 du revenu sur les dépenses. Les trois mois qui restent vont augmenter cet excédant, car tout le monde le sait, ce sont les meilleurs de toute l’année pour le revenu. Les recettes de 1873-74 sont en ce moment de $3,000,000 plus élevées que celles de l’année 1872-73 à la même date, L'hon. ministre a causé un grand tort au commerce, en faiséat annoncer dans le discours du Trône qu'il allait y avoir un déficit. Ca'n’est pas en avertissant tous les marchands de se hâter de passer leurs marchandises en douane, et de les sortir des entrepôts, que l'honorable ministre pouvait espérer d'obtenir ne augmentation de revenu. Il y aura moins d'argent dans le trésor à la fin de l'année qu'il n’y en aurait eu, si cet avis n’eût pas été sd opa à
Pendant les neuf mois et vingt jours de l'année courante compris dans le rapport, il y a eu une augmentation de $232,897 dans le Département des Postes, et une de $170,086 sur les chemins de fer. En ajoutant tous les items, il y aura sur l'exercice de cette année seulement, un excédant de $2,165,364. Avec le tarif actuel, il y aura un excédant annuel d'un million pendant bien des années.
Le ministre des finances a accusé l'ancien gouvernement d'avoir changé eñ déficit un excédant de #4,000,000. Comment cela s'est-il fait ? C’est parce qu'il a fait entrer dans la Confédération lle du Prince-Edouard, et qu'il à assumé les dettes de Québec et d'Ontario, tout en réduisant
Éro
les taxes. En assumant la dette de ces deux provinces, on a pris le moyen de faire aflluer des millions dans la caisse de la Puissance. On en a la preuve dans ce qui s’est passé au Nouveau-Brunswick, dans les améliorations qui ont été effectuées dans cette province depuis que sa dette a été réglée de nouveau.
J’admets que l’ancien gouvernement a été non-seulement généreux mais prodigue dans ses dépenses pour Travaux
ublics. Mais sa position financière justifiait une telle conduite. Au lieu d'imposer trois millions de taxes additionnelles sur le peuple, et de déranger tout le commerce du pays, je conseillerais au ministre des finances de laisser le tarif comme il est, et d’imputer au compte du capital les travaux publics à exécuter. Le peuple n'aurait ainsi à payer que l'intérêt de l’argent employé.
La conduite de l’hon. ministre des finances a contribué
beaucoup à faire baisser la valeur des bons du Canada. Quant à la taxe sur le tabac, je crois que la femme et la famille de plus d’un pauvre auront à souffrir du manque de ain et de beurre à cause de l'augmentation du prix .du täbac. (Rires) Les efforts de l’hon. ministre pour se procurer un revenu n'importe comment, me rappellent le refrain d'une caanson que j'ai entendu chanter autrefois.
Je crois que l'élévation des droits sur les liqueurs enivrantes aura pour effet d'en augmenter la contrebande, et d'’encourager leur fabrication avec des substances délétères.
Je condamne aussi la taxe sur les machineries, et celle sur les matériaux employés dans les vaisseaux. On voit dans cette dernière le talon de ler d’un ministre des finances qui veut écraser l’industrie des Provinces Maritimes. — (Applaudissements ironiques.) :
M. CARTWRIGHT.—Je ne puis m'expliquer les conclusions incroyables auxquèlles est arrivé l'honorable préopinant que par cette «rassa ignorantia qui, suivant les casuistes, excuse de tout, sauf du péché mortel. (Ecoutez! écoutez !) Son d'scours prouve qu'on peut être un ministre de talent, avoir des connaissances étendues sur différents sujets, et sortir de sa position officielle sans connaître le premier mot des questions de finances. Je ne sais vraiment pas à laquelle des remarques de l'honorable député je dois répondre. Dois-je réfuter l’idée ingénieuse qu'il a émise, que le meilleur moyen d'augmenter les ressources de cette année, c’est de prendre $1,600.000 sur les revenns de l’année dernière ? Ou bien dois-je parler de ce bel exemple de science gouver-
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nementale qu’il nous a donné, lorsqu'il s’est plaint de la mention du déficit dans le discours du Trône ? L'honorable député devrait savoir que si cette mention n'eût pas été faite, tous les gros marchands auraient retiré leurs marchandises des entrepôts, pendant que quelques petits commerçants y auraient laissé les leurs. Longtemps avant que le discours du Trône ait ét6 prononcé, des personnes qui n'avaient aucun accès aux sources d'informations officielles avaient prédit un déficit. M. Tilley, mon prédécesseur, l'avait annoncé du siége que j’occupe en ce moment. (Ecoutez ! écoutez!) Et l'honorable député pense qu'après tout cela, les marchands auraient laissé leurs marchandises en entrepôt pour attendre mes bonnes grâces !
M. TuPpEr. — Si tous les homme: HNNOERS pouvaient, avant le discours du Trône” prévoir une élévation du tarif, comment se fait-il que ce discours ait été suivi d’une si
grande augmentation du revenu.
M. CARTWRIGHT. — Nous avons la preuve que dès avant le discours du Trône, les marchands avaient commencé à retirer leurs marchandises des entrepôts. Aucun d'eux, naturellement, ne voulait débourser le montant des droits une minute plus tôt que cela n’était nécessaire, et c’est pour cela
ue le plus grand nombre ont attendu l’annonce ordinaire LR le discours du Trône avant de sortir leurs marchandises des entrepôts. J’admets que nous avons des vues bien différentes de celles de l'honorable député sur la conduite que doit tenir un gouvernement. Car, suivant lui, c'est causer du dommage au pays que d’oser dire la vérité. Or je crois, moi, que les capitalistes anglais auront bien plus de confiance dans les ressources du pays, lorsqu'ils verront que le gouvernement s'est mis hardiment à l'œuvre pour faire face aux difficultés. (Appl.)
L'énormité des obligations que l'ancien gouvernement a mises sur le pays est telle, qu'il taut pourvoir, non-seulement aux besoins de l’année courante, mais à ceux qui résulteront des dépenses de capital qui se chiffrent par millions. Le gouvernement a examiné la question avec soin, et sera, je crois, en état de remplir toutes les obligations qui ont été contractées (Ecoutez ! Lt
L'honerable député a dépensé beaucoup de commisération — je ne dirai pas de commisération hypocrite — pour le consommateur de vins qui est pauvre comparé avec celui qui est riche. Mais il doit savoir qu’en Angleterre il n'y a
SU
ue deux classes de droits sur les vins, un droit d’un chelim ‘et un de deux chelins et demie par gallon. L'on n'y fait aucune différence entre le riche et le pauvre. Ici, on le sait, les pauvres ne boivent pas de vin généralement. Il peut y avoir un district dans la Province de Québec où il en est autrement ; mais, en général, c’est la même classe de personnes qui consomme les deux espèces de vin.
Quant au droit de 5 cents par livre sur le tabac, droit qui suivant l’hon. député toujours, doit peser lourdement sur le pauvre, je suis informé que 10 livres de tabac environ durent un an à chaque individu, ce qui forme seulement un montant additionnel de 50 cents par année.
Le droit sur le thé est en Angleterre de 12 cents par livre,
plus de trois fois celui que le gouvernement propose pour :
ici. Cela contrebalance bien, je cfois, le droit sur le sucre.
L’hon. député m'a reproché d'avoir manqué de franchise, lorsque j'ai dit que la plus grande partie de ce qui est demandé pour les travaux publics imputables au revenu provient de ce qu'a fait le gouvernement qui nous a précédés. Or la vérité est que, sur $2,700,000 demandées de ce chef, plus des neufdixièmes sont pour remplir des engagements contractés par les collègues de l’hon. député.
Quant au million et demi que, d’après l’hon. député, nous pouvions espérer réaliser sur les importations avec l’ancien tarif, j'avoue que lorsque les documents que nous avons en mains montrent non-seulement que les importations sont stationnaires, mais qu’elles déclinent réellement, :: m'est impossible de comprendre comment on peut arriver à une telle conclusion. Si l’on déduit le montant qui résulte de l'annexion de l'Ile du Prince-Edouard, il n’y a aucun augmentation dans la quantité des articles qui sont entrés pour la consommation.
L'augmentation dans le département des Postes, dont a arlé l'honorable député, est due à un changement fait par ‘ancien gouvernement dans la manitre de tenir les livres.
Ce changement consiste en ce que l'ouvrage de quelques bureaux d'importance secondaire a été transféré au dépar-
ment.
Quant à l’item de la perception du revenu des travaux publics, le revenu pour les neuf mois expirés au ler avril se monte à $1,011,000. Mon prédécesseur l'avait estimé à deux millions et quart pour l’annéc courante.
M. Turprge. — Cet estimé a été préparé sous l'impression que le gouvernement allait prendre la partie du chemin de
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fer qui part de la Rivière-du-Loup, et que cette section de l’Intercolonial allait être ouverte.
M. CARTWRIGHT—Je me réjouis de ce que cette espérance ne s’est pas réalisée; car il nous en aurait probablement coûté 8 ou $400,000 de plus.
En tenant compte de l'annexion de l'Ile du Prince-Edouard, les Douanes, pendant les neuf mois écoulés, ont donné à peu près la même somme que l’année dernière dans le même temps. Je n’ai pas prétendu que le pays avait rétrogradé, mais j'ai dit qu'après une année de prospérité commerciale sans exemple, nous avions eu un temps d'arrêt. Il est absurde de prétendre que les iraportations vont probablement augmenter, lorsqu'elles ont été complètement stationnaires jusqu’au ler avril. Les recettes et les dépenses se balancaient presque le ler avril 1873. Il y avait un excédant de $1,600,000 contre $#100,000 pour cette année. En 1872, l’excédant a été de $3,000,000, et en 1871, de $3,100,000. De ce que les recettes et les dépenses sont si près de se balancer, il n'y a aucune raison de compter sur un excédant, car la plupart des dépenses ne sent entrées dans les livres que quelque temps arrès qu'elles sont faites. J'espère pouvoir très-prochainement mettre devant la Chambre les estimés supplémentaires pour 1878-74.
L'hon. député s'est apitoyé sur l’humiliation pénible que, suivant lui, je dois avoir éprouvée, en annonçant une modification du tarif. Mais, comme lui, je suis un peu pachyderme, et pourvu que la Chambre me vote l’argent que je demande, je suis satisfait. Je n’ai fait que des changements de détail. Je ne désirais pas faire payer au peuple trois millions et quart de taxes additionnelles, et j'ai abandonné le quart de million que j'avais de trop de la manière qui m'a paru la plus avantageuse au pays.
11 eût été mal de ma part d’exagérer ou de travestir les faits, mais c'était de mon devoir de les exposer comme ils sont, et de faire connaître au pays l'étendue des engagements qu'il a contractés et les moyens qu’il a d'y faire face. (Ecoutez, Ecoutez). Il nous faut pourvoir à des charges qui vont aller constamment en augmentant. Sans cela il n'y aurait pas besoin de tant de taxes.
L'hon. député a, sans doute, oublié le spectacle qui se vit pendant qu'il était au ministère, {Applaudissements). Le gouvernement actuel a pris 14 ou 16 jours pour examiner les représertations qui lui ont été faites. Il a modifié sa politique quant aux détails, mais en a maintenu les principes
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essentiels. Le gouvernement qui nous à précédés a créé et détruit sa fameuse politique nationale en trois heures, et je crois que l’hon. député de Cumberland a joué un rèle important dans celte opération. Sir Alex. Galt lui même a fait des changements aussi importants que ceux que noûë avens faits, en introduisant son premier budget en 1866. Sir John Rose a fait des changements au sien, et tous mes prédécesseurs, à l'exception de M. Tilley, en ont fait plus d’un. Je crois qu'il ne faut jamais être empêché par une fausse honte, decorriger une erreur — si erreur il y a — surtout lorsqu'elle touche seulement à des puints de détail. (Appl.)
M. Hor.ron. — J'ai eu l’occasion d'entendre bien des discours audacieux, bien des discours malhonnêtes, quelques discours déshonorants, mais, dans toute ma carrière parlementaires, je ne me Ag Le pas d'avoir entendu encore un discours possédant à la fois tous ces caractères au même
degré que le discours que vient de prononcer l’hon. député de Cumberland. (Appl.) l/hon. député aurait-il oublié, par hasard, les circonstances dans lesquelles il est sorti d'office, il y a moins de six mois ? Aurait-il oublié le verdict écrasant qui a été prononcé par le pays à la suite de son expulsion ? S'il se rappelle ce verdict, surtout celui prononcé par sa propre province, qui l’a laissé seul du côté de la Chambre
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où il siége, comment a-t-il l'audace de condamner la conduite de l'hon. ministre des Finances, qui est obligé de faire des estimés basés sur les méfaits du ouvernement qui a été chassé du pouvoir ? Le pays a décidé que le ci-devant gouvernement était pa) e d’administrer plus longtemps les affaires du pays. qu'il l'avait conduit sur le bord de la ruine, qu'il l'avait déshonoré. Convient-il, alors, à un homme qui a formé partie de cette administration, d'attaquer le ministre des Finances qui est obligé de pourvoir aux conséquences de la conduite de cette même administration ? La nouvelle donnée par l'hon. ministre des Finances sera, j'en suis sûr, reçue avec une entière 8a isfaction par cette Chambre et per le pays tout entier. pur écoutez !) Il mérite les plus
ands éloges pour l'exposé qu'il rient de faire (Appl.), et j'espère que les hon. députés qui soutienent le gouvernement, n’essaieront pas plas longtemps de le retarder ou de l'embarrasser en proposant de nouvelles modifications à son tarif. Quant à moi, je m'engage à donner, et ar que la Chambre donnera, à l'hon. ministre, l'appui le plus cordial dans toutes les phases par lesquelles doit passer cette mesure.