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que cette dernière, comme les honorables députés le savent, J'affirme aussi que les députés de la gauche n'ont jamais pu expliquer, en Chambre ou devant le Pays, pourquoi une taxe ne devrait pas être imposée sur le charbon comme sur les autres articles de consommation générale,
J'ajouterai, comme nouvelle preuve de notre désir de favoriser et de protéger les industries du pays, que, entre 1867 et 1873, lorsque nous constatâmes que notre revenu était plus que suffisant pour subvenir aux besoins du pays, nous avons enlevé jes droits sur le thé et sur le café, et nous avons agi ainsi uniquement dans les intérêts des industries dn pays, parceque nous réduisions d'autant le coût de la vie, et facilitions beaucoup le fonctionnement et l'avancement des industries. Malheureusement pour le pays, M. l'Orateur, les honorables députés de la gauche arrivérent au pouvoir, non pas en vertu du consentement exprimé par le pays et par les électeurs mêmes, lorsque les questions politiques leur furent soumises, non ; parce que lors des élections générales en 1872, la politique qui, jusqu'alors avait fait la prospérité du pays, avait été entièrement approuvée par le peuple appelé à voter. Le dernier gouvernement n'exposa pas sa politique à l'approbation ©: à la désapprobation du peuple ; non, il adopta un mode d'action très en faveur chez ces messieurs—l'intrigue il préféra jouer de ruse pour obtenir le pouvoir. Je dis, M. l’Orateur, que ce fut une heure malheureuse pour le Canada, et je n’ai pas besoin de rappeler à cette Chambre que du jour où la dernière administration s'empara des banquettes ministérielles jusqu’au jour où elle fut chassée de la position qu'elle s'était montrée incapable de remplir, les intérêts du Canada ont été mal sauvegardés. Ce gouvernement en arrivant au pouvoir trouva un revenu surabondant: le commerce, les affaires et les productions du pays n'avaient jamais été aussi considérables, et il est inutile de dire À cette chambre, M. l'Orateur, quel a
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été le triste résultat des cinq années, pendant lesquelles nos adversaires échangèrent la politique protectionniste, qui avait été la politique du Canada, jusqu'à ce jour, contre une politique appelés libre-échangiste, au moins aussi libre-échangiste qu'ils purent la faire. Nos adversaires politiques, M. l'Orateur, ont dit en plus d'une occasion—je ne crois pas néanmoins que la question soit bien importante—que mon honorable ami, le ministre des finances ct moi-même ainsi que d'autres députés de la droite aujourd'hui, étions autrefois des libre-échangistes, Ils ont aussi, M. l'Orateur, affirmé en plusieurs occasions devant les “'ecteurs, et quelquefois dans cette chambre, qu'autrefois, mon honorable ami et moi différions d'opinion au sujet de la politique fiscale du pays. Je prétends, M. l'Orateur, que l'histoire du passé prouve le contraire. Je n'hésite pas à dire que, lorsque je faisais partie du gouvernement de la Nouvelle- Ecosse, et lorsque j'avais l'honneur d'occuper une place dans la législature de cette province, j'étais un libreéchangiste. Et pourquoi ? Parcequ'il était absolument impossible à uñe population de 400,000 âmes, située comme elle l'était, sans aucuns moyens d'obtenir de marché en dehors des limites de notre province, même dans le Canada, de ne pas adopter une politique libreéchangiste,
Mais, M. l'Orateur, ces honorables députés ne connaissent pas beaucoup les discussions du passé, s'ils ne savent pas que mon collègue et moi avons affirmé énergiquement et clairement, lui dans la législature du Nouveau-Brunswick, moi dans celle de la Nouvelle-Écosse, l'avantage d'unir nos provinces à la confédération, et qu'une des principales raisons que nous donnions en faveur de ce changement, c'est que nous pourrions établir une politique qui favoriserait les industries de notre pays, ce qui autrement, était impossible.
M. l'Orateur, lorsque le traité de réciprocité fut aboli par les Etats-Unis, je demandai à la législature de
la Nouvell:-Fcosse, comme chef du Gouvernement alors
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de rétablir tous les droits qui existaient avant l'opération du traité, droits que nous avions cessé d'imposer pendant l'existence de ee traité, Et, M. l'Orateur, comme je l'ai dit, j'ai fait voir à mes compatriotes en plusieurs circonstances, que bien que la nature eût donné à la Nouvelle-Ecosse de grandes ressources naturelles, ressources qui avaient fait surgir dans d'autres pays de grandes et prospères industries manufacturières, nous ne pouvions espérer obtenir un résultat semblable, à moins que nous ne fissions partie de la grande confédération qui donnerait aux différentes provinces un marché considérable pour leurs produits et favoriserait ainsi les industrics. On me dit, M. l'Orateur, que les remarques que j'ai faites à l'occasion de l'introduction du tarif par le ministre des finances précédent, prouvent que j'étais un libre-échangiste à tous crins. Eh bien, M. l'Orateur, tout ce que je puis dire en réponse, c'est que si les honorables députés de la gauche examinent les colonnes du Gode, ils trouveront que j'ai attaqué ce tarif parce qu'il abolissait la protection, cette protection efficace donnée par le tarif précédent aux industries canadiennes.
Ces honorables messieurs constateront que, dans cette occasion, j'engageai la lutte contre l'ex-ministre des finances sur la question du projet d'une imposition de droits sur les articles entrant dans la construction des navires ; je me suis exprimé ainsi : “ Voici une grande industrie canadienne. Elle se trouve daïs une positton qui ne lui permet pas de supporter aucun remaniement de tarif, et cependant je vois qu'un de vos premiers actes est de faire disparaître ia protection dont elle a joui, grâce à l'admission en franchise des articles qui entrent dans la construction des navires, qui sont importés en ce pays.” Et je me trouvai en mesure d'engager la lutte avec tant d’acharnement, dans cette occasion, avec l’aide de mes amis de la droite de la chambre, que l'honorable député fut forcé de retirer son tarif, de le remanier et de le rendre moins nuisible
qu'il était auparavant. J'ai dit dans ce débat à l’honorable inonsieur——comme on peut s'en rendre compte par le rapport que j'ai cité—qu'il attaquait les indus: tries du Canada en imposant un droit sur les machines importées dans ce Pays, et cela tandis qu’il ne donnait Pas une protection correspondante aux fabricants qui les faisaient venir au Canada, de sorte que, du commencement à la fin, j'ai soutenu que l'honorable député portait, par son tarif, un coup fatal à nos industries, et j'ai défendu la politique qui favorisait les industriesdu Canada autant qu’il était en mon pouvoir de le faire en cette occasion. Mais l'honorable monsieur a réussi, et quel a été son premier mouvement? Le chef de l'opposition a dit à Cobourg que ce qu'ils se Proposaient de faire était d'encourager les industries en enlevant les droits sur les articles entrant dans la consommation des manufactures, et en augmentant la liste des articles en franchise. Mais qu'a fait le gouvernement dont l'honorable monsieur et l'exministre des Finances étaient membres, lorsqu'il était au pouvoir ? A-t-il encouragé les industries du Canada en enlevant les droits sur les objets que j'ai mentionnés ou en augmentant la liste des articles en franchise ? I] n'en a pas été ainsi. Loin de là, il a porté un coup fatal aux industries du Canada en imposant des droits sur un grand nombre d'articles entrant dans la consommation des manufactures de ce pays, en les rayant de la liste de franchise et en les soumettant à des droits. Il m'est inutile de rappeler qu'un autre acte des honorables Mes. sieurs, accompli dans le même sens, a été l'imposition, à nouveau, de droits sur le thé et le café. Ces honorables Messieurs professaient, et ils y sont portés lorsqu'il n'est pas en leur pouvoir de régler la question, —un profond intérêt pour le Pauvre ; mais qui de nous ne se rappelle que lorsqu'ils ont soumis une loi pour imposer des droits sur le thé et le café, ils se sont réunis en un groupe compact et ont repoussé la résolution de mon honorable ami qui représentait et représente encore: Montréal, et cela dans le but de remanier les droits de manière à faire retomber la taxe sur le pauvre.
Grâce à leur tarif, le riche qui peut boire du thé à 90 centins ou $1 la livre, n'avait pas à contribuer davantage au revenu que le pauvre qui ne peut faire usage que de thé à 25 centins la livre. Alors ces Messieurs étaient sourds aux réclamations du pauvre et fermaient les yeux sur sa misère, et ils ont refusé de voter en faveur de la résolution qui aurait modifié l'injustice du tarif, dont le but était de faire peser un droit élevé sur le thé et le café. Ils ont donc imposé des taxes sur les articles qui se trouvaient sur la liste de franchise et ont soumis les industries du pays à des exactions. Et au moment même où tout ch. veait, où tout était changé, les députés de la gauche on établi dés droits sur l'industrie de la construction des navires et ont fait peser des impôts sur la majeure partie de nctre population industrielle, en mettant des droits sur le thé et le café ; et ils ont supprimé la protection dont jouissait le commerce de thé du Canada, en faisant disparaître le droit différentiel qui avait permis jusque là de faire ce commerce au Canada. Tout ce que ces honorables messieur: ont pu s'ingénier pour faire de Boston et de New-York les capitales commerciales du Canada, ils l'ont fait, et quel en a été le résuitat? Le résultat que j'ai déjà mentionné, c'est-à-dire que pendant les cinq années que ces honorables messieurs sont restés au pouvoir, ils ont adopté cette politique qui retranchait la protéction aux instrustries canadiennes ; ils ont rendu le pauvre plus pauvre encore et mis le pays dans une situation que tout Canadien, à quelque parti qu'il appartienne, a déploré sincèrement, et que tout canadien possédant le sentiment du patriotisme ne peut désirer voir reparaître dans le pays.
J'ai pris la défense du droit sur le charbon, lorsque nous étions au pouvoir en dernier lieu. Nous avons maintenu ce principe aussi longtemps qu'il nous a été possible de ie faire, et iorsque nous sommes revenus au pouvoir, nous avons repris la politique que nous avions adoptée dès le principe ;—celle qui consiste à protéger
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les manufactures. Nous y Sommes revenus, nous avons hautement proclamé, 4C0mme nous l'avions fait: les années précédentes, que nous suivions un principe juste lorsque nous démontrions à la chambre l'importance vitale qui existait dans l'intérêt du pays, de changer cette politique. Nous avons fait tout ce que des hommes se trouvant en minorité pouvaient raisonnablement faire pour les engager à adopter une politique qui, nous avions lieu de le croire, devait réussir à modifier la situation financière du pays. J'avais cité, à maintes reprises, l'exemple de la grande république voisine, qui a adopté une politique tendant à protéger ct encourager les manufactures du Pays, et qui a eu Pnur résultat de l'arracher aux conséquences désastreuses de sa grande guerre civile. Malheureusement, je parlais à des sourds. Ayant reçu du peuple la mission de traiter la grande question de la poiitique financière du pays, —ayant déclaré ouvertement quelle était la politique qui nous guidait et qui continuerait à nous inspirer si le pouvoir nous était confié de nouveau,——le résultat de notre appel au peuple fut la sanction du programme que nous avions adopté ici et que nous nous étions engagés à mettre en pratique si nous arrivions de nouveau au pouvoir. Nous avons de nouveau imposé un droit sur le charbon, —ce droit odieux que les honorables membres de la gauche avaient réussi à faire disparaître, mais qui peut être défendu comme question de revenu, avec autant de succès que toute autre question, ainsi que je l'ai démontré ici, Mon honorable ami, le ministre des Finances, a traité cette question et a dit que la roitié du droit sur le charbon était payée par les Etats. Unis ; c'est là peut-être la seule partie de son discours sur laquelle je me sentirais porté à différer d'opinion avec lui. D'un autre côté, l'ex-ministre des Finances a cité dernièrement un discours de mon collègue le Président du Sénat, sur la question de l'imposition du droit sur le charbon, et je sais parfaitement qu'il y a queiques années l'honorable monsieur et un certain nombre
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d’autres membres du parti conservateur ne professaient pas sur cette question une opinion aussi avancée qu'aujourd’hui. Je suis heureux toutefois que l'honorable monsieur ait fait cette citation à l'appui de l'argument qu'il croyait sans réplique et qu'il a avancée au sujet de cette question. Dans un instant, tontefois, je l'inviterai à accepter avec la même déférence, les opinions, du Président du Sénat sur un autre point que je développerai. ,
Me trouvant à Pictou, j'ai fait un discours auquel l’hon. monsieur a bien voulu faire allusion. Suivant lui, j'ai déclaré que nous avions imposé sur le charbon un droit qui pèse principalement sur les 1,500,000 habitants de l'Ontario, Mon adversaire nia le droit d'imposer une taxe pesant plus sur une partie du pays que sur l'autre, mais j'ai cité un précédent de l'ex-ministre des Finances qui avait défendu et maintenu une taxe de ce genre. J'ai fait remarquer que l'honorable monsieur avait imposé sur le pétrole, —article qui n’était fourni que par l'Ontario, —un droit de 150 pour cent, que les autres provinces payaient en grande partie. De plus, des droits furent imposés sur les navires des Province Maritimes dont la capacité est de 100,000 tonneaux, qui auraient produit une somme de $100,000 en vertu du tarif de ce monsieur.
Tandis que la population de 600,000 habitants des provinces maritimes aurait eu à verser $r100,000 au revenu, d’après le tarif de l'honorable monsieur, on ne demandait en vertu fe ce remaniement de droits, à celle de l'Ontario qui est de 1,500,000 habitants, qu’une contribution d'un peu plus de $7,000. Mais cela n'a pas empêché l'honorable monsieur de s'engager plus avant dans la même voie. Ilne voyait aucune objection à l'adoption d'une taxe n'affectant qu'une partie du pays, pourvu qu'elle tombât à la charge des provinces maritimes, disant, de fait, que si de tels droits n'étaient pas payés dans l'Ontario, l'arrangement était parfait. Mais, en vertu de notre poli-
À tique, nous avons pourvu à la protection légitime de toutes les industries des différentes provinces, et tandis que les honorables députés de la gauche demandent l'imposition de taxes sur des matières dans lesquelles l'Ontario se trouve plus spécialement intéressé, il existe un autre cas dans lequel, de leur propre aveu, la taxe n'est pas payée par eux, mais par les provinces maritimes ;—elle n'est certainement pas versée par la population de l'Ontario. Maintenant nous maintenons un principe, —je l'ai défendu du jour où j'ai occupé un siège dans ce parlement et je n'ai jamais cessé de le soutenir. Je défie toute personne qui a suivi dans le journal le ai! la discussion de cette question qui a employé les trois ou quatre derniers mois,—toute personne, dis-je, qui a pesé sans parti pris et sans passion les arguments publiés dans ce journal, qui a apporté à l'étude de cette question un grand esprit de justice et de droiture—de tirer d'autre conclusion que celle que la taxe du charbon, tout en étant payée ‘ dans l'Ontario, n’est pas versée par la population de cette province. J'irai jusqu'à dire que j'ai des raisons suffisantes pour déclarer que l'imposition d'un droit sur le charbon n'a pas coûté un centin à la population soit de l'Ontario, soit des autres provinces du Canada. C'est là ce que je maintiens, et je saurai démontrer à la chambre, que loin d'augmenter le prix du charbon, dans la province de l'Ontario, le droit n'a fait que le diminuer. Du moment où ce droit a été établi, jusqu’aujourd’hui, j'ai soutenu que les Canadiens avaient à payer sur cet article une imposition plus faible qu'auparavant. Sur ce point je diffère quelque peu d'opinion avec mon honorable ami le ministre des Finances, qui semble supposer que ce droit peut êtr: payé moitié par les Etats-Unis, moitié par l'Ontario. Je suis convaincu que mon bororable ami n'a pas accordé à cette partie de la question une attention aussi sérieuse et aussi soutenue que celle que j'ai cru de mon devoir d'y apporter, car il aurait partagé l'opinion que je n'hésite pas main-
tenant à émettre : c'est que l'imposition du droit n'a rien coûté à la population du pays, mais que c’est le contraire qui s’est produit.
Maintenant, M. l'Orateur, je maintiens en premier lieu que le prix du charbon des Etats-Unis est fixé et gouverné par la concurrence qu'il a à rencontrer. Il n'est pas un membre de cette Chambre qui ne sache, par l'expérience pratique de tous les jours, que le tarif de transport d'un chemin de fer change avec les différentes saisons de l'année, et qu'il est réglé et gouverné par le degré de concurrence qu'il a à rencontrer. Si vous dirigez du fret sur un point où il y a concurrence, si vous le transporiez à un port ouvert où vous avez à lutter avec la navigation, vous abaissez le tarif dans le but de vous assurer des affaires que vous perdriez autrement. Si le chemin de fer transporte du fret dans une partie de l’intérieur du pays où cette concurrence n'existe pas, vous pouvez imposer le tarif auquel vous croyez avoir justement droit. Je maintiens donc qu'une étude attentive de cette question, si on l'envisage à la lumière de l'expérience, qui est, comme je l’ai dit auparavant, l'épreuve à laquelle je veux la soumettre, amènera la chambre—je le C3 volontiers, pour la droite de cette assemblée, parce que notre conviction est clairement et parfaitement établie, et, à contre-cœur, en parlant des honorables députés qui siégent à la gauche, —à adopter la conclusion à laquelle je suis arrivé. Du moment où le droit fut imposé sur le charbon éntrant dans l'Ontario, naquit la concurrence, parce que les Américains se trouvaient menacés de voir leur charbon remplacé par celui de la Nouvelle-Ecosse. L'honcrable député de Lambton semblait supposer, l’autre soir, que toute la question consistait à établir si nous avions réussi à déplacer le commerce du charbon. Il n'est aucunement nécessaire au succès de notre politique de déplacer ce commerce.
M. MACKENZIE.—Rien n'est nécessaire.
SIR CHARLES TUPPER.--Si l'honorable mon-
sieur voulait examiner la question un peu plus attentivement, il se convaincrait que, pourvu qu'on stimule la production, pourvu que l’on réussisse à donner du travail aux mineurs et de l'emploi aux douze ou quinze millions de capitaux placés dans les opérations minières de ce pays, il est peu important de savoir où se’ consomme le charbon, pourvu que la consommation augmente. Je dois dire, à ce sujet, qu'après un examen attentif de la question, il a été prouvé qu'il n'y avait pas de charbon supérieur à celui de la Nouvelle-Ecosse, Lorsque mon honorable ami, le représentant de London, était ministre des travaux publics de la province de l'Ontario, son déoartement a ordonné un analyse sérieuse et approfondie pour établir la valeur comparative des différentes espèces de charbon bitumineux. Le résultat de l'analyse fut que le charbon le moins dispendieux que l'on pouvait employer pour le chauffage des édifices publics, dans la ville de Toronto, était sans contredit celui de la Nouvelle-Ecosse. Ii est un fait bien connu, quoique je ne le considère pas comme essentiel à mon argumentation, c'est que, sous l'influence de ce tarif, environ 284,000 tonnes de plus ont été expédiées dans les provinces supérieures. Avant cela, il s'expédiait une quantité considérable de charbon, mais ce résultat, comme je l'ai déjà dit, pouvait s’obtenir sans l'expédier aucunement dans l'Ontario.
Je cite maintenant les rapports du commerce, relatifs à la consommation domestique, qui montrent quelles ont été les importations d'anthracite des Etats-Unis dans les différentes provinces, et son prix moyen par tonne. Qu'établissent ces tableaux? Ils établissent que dans l'Ontario, en 1877, il y a eu une importation de 261.895 tonnes, coûtant $1,163,944, soit $3.45 par tonne. C'était avant l'imposition d'aucun droit. En 1878, l'importation a été de 266,434 tonnes, coûtant $1,102,816, ou $3.80 par tonne. En 1880, l'importation a été de 335,704 tonnes, coûtant $1,022,055, soit $3,04 parftonne. En 188 1, l'importation a été de
i7 357,524 tonnes, coûtant $1,522,375, ou $4.25 par
en- tonne. De sorte que jusqu’à ce jour, le coût de l’authra- h ule cite par tonne, dans la ville de Toronto, n'a jamais à du atteint le prix auquel se vendait cet article, avant l’im- : 17e position d’un sou de droit. Dans Québec, en 1877, 1 res on a importé 117,124 tonnes de charbon coûtant $468,- 4 n- 759 ou $4 par tonne. Il faut remarquer que, bien que (3 1g- Québec se trouve plus éloigné du lieu de la production, il À en y existait une forte concurrence dont le résultat s'est fait ait sentir ; ainsi, au lieu de payer le charbon à Québec se. : $4.45 la tonne, comme à Toronto, on ne le payait que on, $4; en 1878, $3,15 ; en 1880 $2.65, lorsque le droit n- de cinquante centins fut imposé ; et, en 1881, $3.77. se Dans la Nouvelle-Ecosse,la concurrence était encore plus es forte, et la distance plus grande aussi. Les mines de at charbon anthracite de la Pensylvanie sont comme on IX le sait, beaucoup plus éloignées de cette province es que des autres, ce qui n’empéchait pas qu’à la Nouit velle-Ecosse, le prix du charbon anthracite fût beauu, coup plus bas que dans les provinces de l'Ontario 4 on et de Québec, qui sont toutes les deux beaucoup plus ‘| f, rapprochées du centre de production. En 1877, l'im- À 1S portation a éte de 11,887 tonnes, coûtant $44,560 ou . it $3.74 par tonne ; en 1878, le coût moyen a été de t, $2.93 par tonne ; en 1880, de $2.58; en 1881, de Tr $3.70. Dans le Nouveau-Brunswick le coût en était de
$4.00 par tonne, comme à Québec, en 1877 ; de $3.46 fs en 1878 ; de $2.81 en 1880, lorsque le droit fut imposé, S et de $3.70 en 1881. Il ressort de cela un fait claire- [S ment établi, c’est que du moment que ce tarif fut établi, ir les commerçants qui expédiaient leur charbon à Toronto t ou à Québec, ont placé ces villes dans une catégorie n différente de celle qu’elles occupaient auparavant, en r ont fait des centres de concurrence, et ont réduit le prix n du charbon d’un montant plus fort que celui du droit t imposé. Il est impossible pour tout esprit impartial de
ne pas convenir que l'imposition d’un droit de 50 centins,
non-seulement n'a pas augmenté le prix du charbon,
mais encore en a abaissé le coût pour le consommateur de l'Ontario. Voici le tableau où j'ai puisé mes cita-
tions :
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Province onn oût tota par tonne,
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Nouveau-Brunswick 23,223 92,823 21,240 73,555
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Il est donc évident que le coût du charbon, en 1880, a été moindre qu'en 1878; la preinière année mentionnée est celle qui a suivi l'imposition du droit, et la seconde est celle qui l’a immédiatement précédée. Ainsi donc, voilà un fait établi ; en d'autres termes, il y a eu une baisse Sur le prix du charbon facturé aux commerçants canadiens, immédiatement après l'adoption de la politique nationale, de même que le Grand-Tronc élève son tarif quand la navigation du St-Laurent est fermée‘ et l'abaisse quand elle est ouverte, uniquement parce que dans un cas il a à lutter avec la concurrence, et que dans l’autre elle n'existe pas. Le charbon bitumineux a subi la même règle, et les Etats-Unis ont cessé presque complètement d'en envoyer au Canada, l'Ontario excepté, où les prix de facture, d'après les rapports des douanes, accusent une moyenne de $3.83 par tonne pour 1881
contre $3.67 pour 1877. Cela démontre que les propriétaires de mines de charbon des Etats-Unis redoutaient moins la concurrence de la Nouvelle-Ecosse, ayant canstaté qu'elle ne faisait pas des envois aussi considérables qu'ils le croyaient, et ils ont en conséquence élevé leurs prix. Je crois avoir démontré que le
prix du charbon varie aux Etats-Unis selon le degré de
concurrence qu'ils ont à rencontrer de la part de la Nouvelle-Ecosse et de l'Angleterre: s'il n'en était pas ainsi, on n’enverrait pas le charbon à Québec à un prix moins élevé, vu que cette ville se trouve à une plus grande distance que Toronto des houillières de la Pensylvanie. À Boston, port de mer des Etats-Unis, le prix du charbon est de $6.50. A Chicago, qui se
trouve dans l'intérieur, de $8.50. Comment les hono=
rables députés de la gauche expliquent-ils ce fait ? Le prix du transport, peur Boston et Chicago, est le même. J'ai entre les mains une revue périodique publiée à New-York, le Coa/, et si les honorables députés veulent vérifier le fait que j'avance, ils verront que le tarif de transport à Boston et à Chicago est le même,—$2 dans chaque cas,—cependant le charbon coûte $6.50 dans la première ville et $8.50 dans la seconde, ce qui prouve que les marchands de charbon fixent leurs prix suivant le degré de concurrence qu'ils ont à rencontrer. A Chicago, la concurrence du charbon anglais et de celui de la Nouvelle-Ecosse n'existe pas, par conséquent le prix est aussi élevé que les marchands peuvent le fixer : ce qui prouve, comme je l'ai dit, que la question de concurrence ou d'absence de concurrence affecte le prix du charbon. Les renseignements que j'ai donnés relativement au tarif du fret pour Boston me sont fournis par la revue commerciale du Æerald de Boston, et par une publication périodique de New-Vork, le Coa, portant la date du 25 janvier. L'exportation à Boston du charbon de la Nouvelle-Ecosse et de l'Angleterre a été, en 1880, de 54,781 tonnes. En 1881, elle a été un peu plus forte, et durant cette année, la plus grande partie du
Charbon importé venait de la Nouvelle-Ecosse, car les propriétaires des mines du Cap Breton l'avaient introduit sur le marché à $3,50 la tonne. Chicago n'a reçu de charbon que des houillères de la Pensylvanie. Cela établi, je pense que la Chambre en arrivera facilement à la conclusion que les différents ports du Canada, et de l'Ontario en particulier, ont été, par la raisondu droit imposé, rayés par les propriétaires des mines de la Pensylvanie, de la liste des endroits où il n'existait pas de concurrence, pour être placés au nombre des villes où il y avait à lutter contre la compétition. La preuve de cela repose dans le fait qu'à Boston, en 1881, le prix du gros pour les Commerçants de charbon était de $4.20 la tonne, et que dans la même année, à Toronto, le ‘même charbon coûtait également $4.20. J'ai puisé mes renseignements à ce sujet dans l’article commercial du Herald de Boston, sur le prix du charbon à Boston et à Toronto, les rapports des douanes, et le tableau suivant qui donne le montant total des importations de charbon dans l'Ontario et le prix de l'anthracite, comparé à celui de Philadelphie, ville où la Concurrence n'existe pas :
. © Le] | E |, HO $ [=| — Prix d S AE) £a |£e : rix du = an, Année. . marché, | 4 + 4, S 98 T Ve FFTAFEE- | A |. ÿ= es F ÊÔ | | & là LE — D © ne nl — A none) Tons. $ $ ota. $ cta.| $ cts.) $ cts.
CR A 420,010 | 1,793,4071 4 27 | 2 59 |... 1 68 LL ee «1 406,971 | 1,476,622| 3 62 | 3 20 |. [4 1875 jusqu’au 15 | MAT ceeresees] 322,528 | 1,2652,703| 3 88 | 2 89 IEEE ps 1e 1879 après le 15 MATE so... 93,895 | 245,256! 2 71 | 2 374 AS UP ee 516,729 | 1,509,960| 2 92 | 4 ELLES et Re sus | 1,499,143| 4 34 | 4 90 | 55. |...
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Ce tableau établit premièrement : qu'avant le 15 mars 1879, le marchand de Philadelphie achetait son charbon à meilleur marché que l'acheteur de l'Ontario ; deuxième-
* ment, qu'après l'imposition du droit, le prix moyen des
Commerçants de charbon de l'Ontario était moins élevé que celui des commerçants de Philadelphie en 1880, de $1.61eten1881de SOcentins. Sinouscomparons Toronto à Philadelphie, nous constatons que les commerçants de charbon de Toronto ont eu leur approvisionnement dans le cours de l'année 1881, à $4.20 partonne, et ceux de Philadelphie à $4.90, soit 70 centins de moins qu'à Philadelphie. Une autre preuve repose dans le fait que le charbon s'est vendu à Ogdensburg, dans l'hiver de 1880-81, à $5.90, tandis qu'à Prescott le prix de détail était de $6 par tonne ; le prix du fret jusqu'à Prescott, les droits de quaiage et le déchargement s'élèvent à 68 centins. Si le droit était ajouté au prix du charbon, il aurait dû se vendre $5.90, plus 68 centins, plus 50 eentins, soit en tout $7.08. A Oswégo, le charbon s’est vendu dans le cours de cette année à $5.75 ; fret de Oswégo à Belleville, 40 centins ; droits de quaiage et déchargement, 28 centins ; si le droit était ajouté au prix, 50 centins, lecharbon devraitsevendre $6.93, tandis qu'à Belleville le prix est de $6.50, ce qui montre que l'effet de la taxe a été de diminuer et non d'augmenter le prix du charbon, A Buffalo, le charbon se vend, cet hiver, $5.70 ; le fret pour Toronto est de $1, le voiturage de 30 centins, soit $7. Dans ce cas, le fret est donné d’après le tarif des compagnies des chemins de fer, qui est de $1 du Pont à Toronto, pour toutes les quantités ne dépassant pas 10.000 tonnes. En été le tarif est plus bas. M. Nairn, commerçant de charbon de Toronto, établit le tarif du fret en été à 70 centins. Le prix du charbon était alors à Toronto de $6.50.
Dans le cours du présent mois, le prix du charbon à Torento a été annoncé à $6.50 par M. F. Burns, eommerçant influent de cette ville. A ce prix, avec le tarif du fret d'hiver, le consommateur paie le
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charbon à 50 centins meilleur marché qu'à Buffalo, A Chicago, le charbon se détaille À $8.00 ou $8,50, soit \ne moyenne de $8:25. Le fret sur le chemin de fer, à partir de Buffalo, est de $2.00 ; la différence du fret en faveur de Toronto est de 79 centins. Si Toronte Payait autant que Chicago, il aurait à donner $8.2c moins 70 centins, ou $7.55 ; si le droit est ajouté au prix que le consommateur a à payer, Toronto, pour avoir som charbon au même prix proportionnel que Chicago, aurait à payer $7.55,et 50 centins de droits, soit $8.05. Cette ville paie actuellement de $6.50 à $7. A Détroit le charbon se vend $6.25 au détail ; le fret à partir de Buffaloest de 50 centins. Le prix à Toronto est de $6.50 avec le fret, $1 ; il devrait être de $6.70 pourêtre proportionnellement aussi élevé qu'à Détroit, Comme preuve plus ample que le droit n'est Pas payé par la population de l'Ontario, on peut consulter le tableau suivant: qui donne les prix du détail à Toronto, aux différentes dates
mentionnées :
Charbon dur. Charben mou.
Oct 26, Ex Mn he $8.00 29, JW78,.,,, es A creuses 00 DEN ET ARE ES LE LORS 7.00 4 00, 1018... Hit Ven 5.75 autos. : 600::,,,:. bésdis rt) 5,50
En 1881 avec le droit de 50 centins, le prix du charbon dur à Toronto était de $6.50, et du charbon mou de $5.50 : c'est le prix le plus bas, d'après ce tale, auquel il s’est vendu depuis 1872.
M. MACKENZIE.— Quel était le prix en 1880 ?
Sir CHARLES TUPPER.--Ce tableau ne le donne
MACKENZIE. Alors ce n'est pas un tableau
Sir CHARLES TUPPER.— J'ai compilé les chiffres
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