‹ Discours de l'Honorable Sir Charles Tupper sur le budget [microforme]Chapitre 3 sur 7 · ANT · texte numérisé non relu

ANT

de ce tableau d'après les prix donnés pa Glote de Toronto. Ce tableau montre qu'il n'y « pas eu une année, entre 1872 et 1875, alors qu'il n'y avait pas de droit sur le charbon, où ce combustible se soit vendu à aussi bon marché qu'en 1881, alors que ce droit était en pleine vigueur ; de sorte que l'honorable Monsieur devra travailler longtemps à ce tableau avant de pouvoir détruire l'argument concluant que j'en ai tiré,-—c'està-dire que l'imposition d'un droit sur le charbon a été avantageuse au consommateur de l'Ontario, quant au prix. Le Ledger, de Philadelphie, de décembre dit :

“ Les compagnies n'ont pu faire face à toutes les demandes de Charbon. C'est vraiment une juste cause d’appréhension pour

l'avenir, si l'inconvénient du manque d’eau et autres continuent à limiter la production.'?

Cela s'appliquait à la sècheresse de la dernière saison ; cependant l'approvisionnement de charbon de Toronto était à meilleur marché que dans les années d’abondante production.

Il y a un autre tableau sur lequel je desire appeler l'attention des honorables députés ; il montre l'effet que la politique nationale a produit sur cette grande et importante industrie. C'est un état comparatif des ventes de charbon, du travail, etc, dans la Nouvelle-Eco se, pour l'année 1873, ia dernière année du gouvernement Macdonald ; 1878, la dernière année de l'administration MacKenzie ; et de 1879 à 1881, trois années sous règne de la politique nationale. Il montre la diminutio sous le gouvernement MacKenzie et l'augmentation sou l'influence de la politique nationale :

Rat PR RDS NT Ed CE PE RS ie em

TT — 8. | LE 3e EE — 1873 | 1878 | 5% 1881 PE = D | <

Vente de charbon des mines de la Nouvelle-Ecosse .....,,| 881,106 693,511] 187,595 ie 341,289

ployés............l 4362) 3135 1,227! 3,300! 465

travail., serocosssel 995,153 663,860; 331,303 817,595 Tonnes de charbon ex. |

pédiées de la Nou-

velle-Ecosse à Mont

réal et à Québec...! 187,959 83,710 103,349 268,628 Tr portatione totales de

@harbon à Québec et |

à Montréal. ce....| 415,380 328,074 87,376 529,091! 201 017 Expéditions de char.

bon du Cap Breton à

Québec et à Mont-

réal Ra rene is 89,213 28,108 52,105 146,122 118,014 Nombre total de ton-

nes Ni du port de Aydney..….| 253,396| 128,061 125,33% 268,961] 130,900 onnage des navires arrivés dans le port de Sydney...,,..., 222,999] 215,ç61

Je donne aux honorables représentants de la gauche ces faits et ces chiffres, qui établissent au-delà du doute, que la province de l'Ontario, loin d’avoir souffert de l'imposition d'un droit sur le Charbon, n’a fait qu'en bénéfcier.

M. ANGLIN.-—Par les provinces d'en haut, je présume que l'honorable ministre entend Québec et Ontario.

SIR CHARLES TUPPER.— J'entends Québec et l'Ontario. A Cobourg, où j'ai eu le plaisir de discuter cette importante question, il n'y apas longtemps, devant le peuple, sinonen présence de l'honorable chef de l’opposition, j'ai eu à réfuter un argument très remarquable qu'il donnai: en faveur de la réduction du droit sur le charbon. Et quel était cet argument ? Je dois dire à

| sur 1818.

ce sujet, que l’ex-ministre des Finances nous a présenté l'autre soir la même raison. Il disait que l'on faisait une injustice criante aux compagnies de chemins de fer. Ce n'était pas alors au nom du pauvre qu'il se plaignait, — Parce que je dois dire que ces infortunés grelottant de froid, avec lesquels l'honorable monsieur est si familier, ne nous sont pas connus. Je dois dire à l'honorable député que le temps n’est pas si loin de nous où il y avait des pauvres malheureux sans travail, privés des jouissances de la vie. Mais je suis heureux de constater que, grâce à la politique en vigueur dans ce pays, tout a changé de face. Où règnaient le froid et la misère, on trouve aujourd’hui l’aisance et le bonheur. Mais je dis que le charbon n’est pas le combustible du pauvre au Canada. Je dis que les neuf-dixièmes de la population pauvre du Canada se chauffent avec du bois, et que le prix du charbon n’affecte en rien la question.

M. MACKENZIE.— L'honorable ministre veut-il parler de Toronto, où il se fait une grande consommation de charbon ?

Sir CHARLES TUPPER.—Je parle du Canada en général. Il existe d’autres localités que Toronto dans le pays, bien que l'honorable monsieur y ait fixé sa résidence.

M. MACKENZIE.—L'honorable ministre sait que dans les districts ruraux, le peuple n'est pas dans la nécessité de se procurer du charbon et n’a pas le moyen de le faire; mais dans les endroits où le charbon se censomme, il est employé par le riche comme par le pauvre.

Sir CHARLES TUPPER.-—Je pensais avoir fait comprendre clairement à l'honorable monsieur que c'était une question qui n'avait aucune espèce d'importance pour eux, parce que j'ai démontré qu'à Toronto le pauvre avait son charbon, grâce à la politique natio-

D ABUS an doit as

ET Se 5

PR PTT DA PSE ST PAL a

nale à meilleur marché qu'auparavant, Mais je dis qu'au Canada en général, le bois est le combustible du pauvre, Par conséquent les honorables députés ont tort de compter le prix du charbon au nombre de ses misères.

J'ai démontré qu'il n'y avait pas de Privations, mais au contraire un bénéfice pour le pauvre. Les honorables députés se sont vivement alarmés pour deux classes, et quelles sont-elles ? I] y a les chemins de fer et les industriels. Je pensais que ces manufacturiers étaient des aristocrates bouffis d'orgueil et que nous ne pouvions trop leur arracher. Mais il semble qu'à mesure qu'approche le jour où ils seront placés dans la balance, ces honorables députés deviennent très tendres à l'égard des manufacturiers, et ils veulent que le charbon soit placé sur la liste des articles en franchise, afin d'augmenter leurs énormes profits. Supposons que le fabricant ait à Payer 50 centins de plus par tonne de charbor, il est capable de le faire, Parce Que nous lui assurons une augmentation de production. Nous avons encouragé et protégé son industrie contre les assauts du pays voisin qui l’affaiblissaient autrefois ; il peut donc payer une taxe additionnelle de 50 centins sans s’en apercevoir. . Mais parlons maintenant des chemins de fer. Les chemins de fer ont-ils quelque raison de se plaindre ? Comment se fait-il que l'honorable ex-ministre des Finances ait pu trouver un argument au sujet des chemins de fer ? En citant le discours de Sir Henry Tyler? Non ; mais

Je le défie sur.ce point. Je dis plus. Je dis que l'honorable monsieur qui entretient une si faible estime de la nature humaine, comme son discours de l'autre soir nous a portés à le croire, devrait éviter de placer dans la bouche d'un homme des paroles qu'il n'a jamais dites, car il s'expose à l'accusation d’avoir com- Mis une erreur volontaire. Je dis donc que s’il ne savait pas cela, il aurait dû le Saveir, et v£ ci pourquoi. Cette

qu'au uvre, : de ères.

mais ibles 's, et dusdes ions l'apces des lacé nter Le est une et sin ane Oir.

he- M-

question a donné lieu à une discussion publique. Le journal le Globe avait falsifié le compte-rendu du discours de Sir Henry Tyler. Le correspondant du G/obe à Londres, ou des personnes attachées au bureau de ce journal à Toronto avaient falsifié le discours de Sir Henry Tyler et lui avaient prêté des paroles qu'il n'avait jamais dites. Cela donna lieu à une discussion et le Globe fut mis au défi de produire le discours de Sir Henry Tyler, ce qui prouve la déclaration que j'ai faite, c’est-à-dire que le correspondant de Londres ou des personnes attachées au bureau de Toronto étaient si vivement poussées au pied du mur, pour maintenir leur position insoutenable, qu'ils ont dû faire ce que l'honorable ex-ministre des finances n'aurait pas dû faire, lui, alors que cette question a fait le sujet d’une discussion publique—- c'est-à-dire prêter à Sir Henry Tyler des paroles qu'il n'avait jamais prononcées.

Sir RICHARD CARTWRIGHT. Produisez le

Sir CHARLES TUPPER. Je l'ai ici, ct l'honorable député pourra se convaincre que non seulement il ne dit pas ce qui est rapporté, mais encore qu'il établit tout le contraire. Sir Henry Tyler, bien entendu, comme tous les hommes de sa position, était anxieux de montrer pour quelle raison il n'y avait pas une balance nette plus élevée en faveur du chemin de fer, et il n'aurait été que trop heureux s’il avait pu démontrer que l'imposition du droit de 50 centins par tonne de charbon l'avait forcé de prendre ces 50 centins sur les bénéfices du chemin de fer, afin d'établir ainsi la balance : mais il ne s’est pas hasardé à dire cela, il ne pouvait pas le faire, parce que je sais que le Grand-Tronc a acheté son charbon à meilleur marché que la compagnie ne le faisait auparavant, et par conséquent Sir: Henry Taylor ne pouvait faire une semblable déclaration. Il a dit :—

‘(Il nous donne toutes les raisons pour le'sureroît des dépenses \

PE SE QE Spa

pour le semestre Courant, que vous trouverez Page 12.—Augmentatiou de la consommation du combustible causée par le froid beaucoap plus intense de l'hiver dernier ; 20. élévation du prix du combustible, des salaires et des matériaux ; 30, dépense pour le trafic supplémentaire qui nécessite une consommation plus considérable de combustib 6, et ainsi de suite, Quant au combustible, j'aimerais à vous dire ce que nous faisons à cet é . Nous

économisons graduellement en employant plus de et moins de bois,

On à fait dire à Sir Henry Tyler que sa compagnie souffrait, que le Grand Tronc et toutes les compagnies de chemins de fer se plaignaient de l'imposition du droit sur le charbon. Il dit aux actionnaires que, bien qu'il n'ait pas à produire une balance aussi forte qu'il le désirait, il l'augmentait, Parce que la compagnie brûlait plus de charbon et moins de Lois. I] dit :

bon, nous espérons réaliser ainsi plus d'économie dans les dépenses de notre trafic, ”

L'honorable ex-ministre des Finances prête à Sir Henry Tayler des paroles qu’il n’a jamais prononcées.

M. MACKENZIE. Est-ce tout ?

Sir CHARLES TUPPER.- N'est-ce pas assez pour démontrer que Sir Henry Tyler n'a jamais prononcé les paroles qu'on jui prête? N'est-ce pas assez pour démontrer que les déclarations de l'ex-ministre des Finances, reproduites par le Æansard, sont mal fondées, de même que les paroles qu'il prête à Sir Henry Tyler ? N'est-ce pas assez que Sir Henry Tyler, au lieu de dire que sa Compagnie souffrait de l'augmentation que le charbon avait subie, dans une Proportion égale à celle du montant du droit imposé, comme le prétendait l'honorable ex-ministre des Finances, ait déclaré qu’elle réalisait une économie en employant plus de charbon

d. Nous bon et

pagnie agnies à droit a qu'il > désiit plus

et en abandonnant l'usage du bois? Si l'honorable député de Lambton pense que ce n'est pas assez, je crains qu'il ne soit difficile de le convaincre.

M. MACKENZIE.-—L'honorable monsieur sait aussi bien que moi que cela ne suffit pas.

Sir CHARLES TUPPER.—Je crois qu'il n'est pas nécessaire d'attirer plus longtemps l'attention de la chambre sur la question du charbon. Je crois avoir détruit, une fois pour toutes, la prétention que le consommateur, dans aucune partie du Canada, doit payer un prix plus élevé pour son charbon par suite de l’imposition du droit, J'ai démontré que la pauvreté et la souffrance qui existaient auparavant, ont disparu pour faire place à j'aisance et à la prospérité. J'ai démontré aux honorables députés que la grande industrie du charbon, qui était languissante et mcurante, et qui menaçait de succomber,s’est relevée. Sous l’ancienne politique, l'Ontaric se serait trouvé privé de protection ; il n'y aurait pas eu de mines de charbon canadiennes mises en requisition, mais tout a changé, et maintenant nous voyons non-seulement les industries naître de tous les côtés, mais en même temps nous pouvons établir clairement que ce résultat a été obtenu sans que les manufacturiers, les chemins de fer ou les particuliers aient eu à payer un seul centin de plus. Mais Supposons que cette taxe ait coûté quelque chose aux chemins de fer. Qu’'avons-nous fait pour les chemins de fer, grâce à notre politique ? L'honorable député sait-il combien ces chemins de fer ont progressé sous la politique nationale qui lui cause tant d'inquiétude, ainsi qu'à l'honorable chef de l'opposition ;——ces grandes corporations ne peuvent être repré. sentées comme étant aussi pauvres ? L'honorable député n’a qu'à consulter les rapports et il verra que, de même que toutes les statistiques se rapportant à la politique nätionale, ils ont un caractère frappant d'intérêt, Ces statistiques établissent au delà de tout doute, les progrès intéressants, la prospérité et l'avancement de ce

Page 1