‹ Discours de l'Honorable Sir Charles Tupper sur le budget [microforme]Chapitre 7 sur 7 · LÉ · texte numérisé non relu

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“ C'est pourquoi, M. l'orateur, je leur dis aujourd'hui, que le Canada est un pays dans lequel pas un homme n'est libre d'acheter ou de vendre, de manger au de boire, de voyager ou d'être en repos, sans être obligé de payer un droit à un percepteur ou . à un autre extorqueur. ”?

Est-ce qu'un discours comme celui-là tend à amener des immigrants au Canada ? C'est là le langage dont r lui et ses amis se sont servis pour faire connaître ce qu'ils pensaient du Canada. Je dis qu'il n'y a pas un homme intelligent, qui a confiance dans les honorables députés de l'opposition, ou qui croit à ce qu'il dit, qui ne se hâterait de quitter le Canada à la première occasion favorable, pour aller habiter tout autre pays | du monde. Telle est la position dans laquelle se sont mis les honorables députés, et telle est la besogne à laquelle l'ex-ministre des Finances et ses amis travaillent depuis plusieurs années. Mais, malgré tous leurs efforts, ils ont travaillé en vain. Grâce à la politique financière de mon honorable collègue (Sir Leonard Tilley, politique sanctionnée par le Parlement, tous les efforts des honorables députés de la gauche ont échoué.

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E Leurs efforts auront néanmoins pour résultat de faire connaître au peuple intelligent et surveillant ses inté-

rêts, quels sont les hommes, dans ce pays, aux discours desquels on peut ajouter foi, et quels sont ceux qui ont su bien conduire les affaires publiques.

M. l'Orateur, l'honorable député (Sir Richard Cart-

wright) nous à parlé aussi de sa nouvelle théorie sur la balance du commerce. Les honorables membres de la gauche nous ont habitués à entendre parler des Etats- Unis et des hommes politiques de ce grand pays, qui ont donné des preuves que leur habileté financière n'était pas surpassée dans aucun pays du monde, Je neconnais pas d'exemple M. l'Orateur, que la conduite financière d'un gouvernement ait été couronnée d'aussi remarquables succès qu'aux Etats-Unis, Qu'est-ce que le président Grant a dit sur cette question de la balance du commerce ? A-t-il dit que plus la balance du commerce était contre les Etats-Unis, mieux cela valait ? Non. Le président Grant dit, dans son message du 6 décembre 1876 :

“ Les taxes ont été réduites pendant les sept dernières années de près de $300,000,000, et la dette nationale a été diminuée pendant le même temps, de plus de $435,000,000, En remplaçant les bons qui portaient 6 pour cent d'intérêt, par des bons portant 5 et 4 pour cent respectivement, l'intérêt annuel a été réduit du

chiffre de $130,000,000, en 1869, à un peu plus de $1,000,000, en 1876. ‘’

Le président Grant ajoute ensuite, avec orgueil, que la balance du commerce qui était de $130,000,000, contre les Etats-Unis, en 1869, a été changée en une balance de $120,000,000 en leur faveur, en 1875. L'honorable député de Huron-Centre dit que si l'on exporte pour $60,000 ou $70,000 et que l'on importe pour $90,000, on gagne à l'échange. Mais il oublie que cette balance doit être payée en or. Je n'ai pas besoin de dire, en ce qui concerne l'Angleterre, qu'on ne peut chercher là aucun point de comparaison, parce qu'elle est le grand centre de l'argent dans le monde, et qu'elle occupe une position tout-à-fait différente des autres pays.

L'honorable député dit que nous avons augmenté le prix de la vie, et donne pour exemple que “sur chaque verge d'étoffe grossière que porte l'ouvrier, le tarif oblige celui-ci, à payer 25, 30 cu 40 par cent et peut-être plus, qu'en l'année 1878”. Mais, est-ce qu'il n’a pas remar-

mamie à

qué ce que dit l'honorable Ministre des Finances au sujet du commerce de laine dans le pays? N'a:t-il pas remarqué que la quantité de laine importées à" augmenté, qu'on en a moins exporté, que pendant «cé ‘" temps un usage plus considérable en était fait dans

le pays, et que la consomation s'en était augmentée de près de trois millions de livres, Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie tout simplement que: la politique prévoyante de inon !cuorable collègue, le Ministre des Finances, a d'nné un 1 :l encouragement à la fabrication

de ces grosses “t{fes dont les pauvres se servent, qûe la quantité de : ::; de laine employée dans tés fabri-: ques, a excédé ue trois millions de livres le chiffre ‘ d'aucune autre année précédente, Ceci devrait faire comprendre à l'honorable député qu'il est très facile'tte régler le tarif, en ce qui concerne les industries du pays,

de manière à favoriser la fabrication de ces articles dans

le pays, et, au moyen de la concurrence, de les livrer du”: consommateur à un prix très bas, comme mon honoräble :"

collègue l'a prouvé. Cetté fabrication donne en méêmét-: BE temp beaucoup d'ouvrage au peuple, et emploie la laine : 1 produite dans le pays. 0

L'honorable député s'inquiète beaucoup, des ma- \

chands de bois. Il désire savoir pourquoi nous ne leur avons pas accordé de prime. Je laisse de côté une grande partie de son discours, parce qu'elle ne parait pas devoir nécessiter aucune remarque sérieuse de mà part. Il a pu vouloir me porter certaines attaques dans cette partie de son discours, mais il a été tellement con: fus, que je n'ai pas senti le coup. Il désire savoir pour quoi le marchand de bois ne reçoit plus de prime d'en: couragement lorsque les pêcheries en reçoivent. ‘Maïs le commerce de bois, suivant ses propres paroles, n'a jamais été dans une condition plus prospère qu'aujourd'hui, et il constatera qu'il est aussi difficile d'obtenir: des statistiques de la part des marchands de bois que‘ de la part des fermiers. Les uns, pas plus que les autfés, ne veulent donner les informations que nous voudriôns’

avoir. Il ÿ a ici, près de moi, un marchand de bois, d'une hauté fosition ct d'une grande influence, qui conmaît aussi xbien;le-commerce de bois qu'aucune autre personné’dans'ce’ pays. Que cet honorable marchand . fégarde dans ses livres, et il n'y trouvera rien, dont il puisse se plaindre, il n'y trouvera aucun signe de mauvaises affaires. Au contraire, le commerce de bois a été tellement florissant l'annéedernière, qu'il en a été exporté pour $12,000,000. de plus que l'année précédente. Quant aux agriculteurs, l'honorable député a admis que les hauts prix qu'ils obtiennent pour leurs produits, les ent rendus tellement prospères, qu'il était inutile d'en parler.

L'ex-ministre des Finances a voulu donner un aufre coup de dent à mon honorable collègue, Sir Léonard Tiley. Il paraît tenir énormément à ce qu'il n'y ait pas de népotisme en ce pays, et il prétend que les ministres de la Couronne devraient montrer la plus grande insouciance à l'égard de leurs parents, et que lorsqu'ils se font des amis ou donnent des faveurs, ce devrait être en dehors de leur famille. Lorsqu'il s'agit * d'obtenir l'appui de grandes compagnies, tout est bien, . Mais pas un ministre de la Couronne ne devrait s'oceuper de ses parents. Eh! bien, je crois, M. l'orateur, que si mon’honorable ami de la gauche regardait dans les comptes publics, il y verrait les noms de plusieurs fonctionnaires du même nom que lui et de sa parent. 1 n'est'donc: pas ‘très prudent pour lui de jeter des pierres dans cétte direction. Il se plaint aussi de la manière dont 16$ promotions ont été faites dans le service civil. Je ,demanderai alors à l'honcrable député de scruter les actes de ‘notre administration, et de nous trouver un, seulcas dans ‘lequel . les promotions et les nominations, dans le service public, aient été faites par nous, d'une manière aussi honteuse que par l’administratio:: précédente, Regardons dans le département des Postes, et nous y trouverons un étranger, n'ayant jamais appartenu à notre pays, amené en Canada et nommé à

une position plus élevée que celle de plusieurs officiers publics, hommes d'honneur, très estimés, très intelligents, et pouvant apprendre à cet employé la manière de remplir ses devoirs. Et néanmoins, on a donné injustement à cet étranger un traitement que n'ont pu obtenir des employés dans ce département après vingt années de services. Allons maintenant dans le département des Douanes, et nous trouverons que l'on a commis la même injustice en faveur d'un partisan d'un des honorables collègues de l’ex-ministre des Finances. En agissant ainsi, on’ jette le découragement parmi les employés : publics, qui s'aperçoivent facilement que, lors même qu'ils rempliraient toujours bien leurs devoirs, ils resteront néanmoins, toujours dans des positions inférieures, tant qu'un ministre aura un ami’ ou un protégé à. faire passer devant eux. Dans le département des Travaux Publics, nous avons l'exemple d'un cas encore plus grave et d’une preuve évidente de favoritisme politique. On a fait parcourir à la vapeur les différentes étapes du service civil à un homme qui y était tout-à-fait étranger, jusqu'à ce que, au bout de trois ou quatre années, on l'ait nommé à la position de député du ministre, pendant l’année même où mes honorables amis ont abandonné : le pouvoir, Lorsque l'honorable député de Huron-Centre Pourra trouver dans notre administration trois cas'semblables à ceux que je viens de rapporter, il pourra alors critiquer dans -cette Chambre la manière dont nous. faisons les promotions.

L'honorable député a voulu accuser mon honorable collègue d'avoir réglé le tarif de manière à faire torts à la construction des navires. Où l'honorable dépüté : prend-t-il ses preuves? Ne sait-il pas qu'il y a eu une lutte très vive entre les navires en fer et les navires ‘ en bois, et que, dans cette lutte, les navires en fer: l'ont emporté? Ne sait-il pas que tout ce qu'il étañt possible de faire pour détruire cette industrie de la construction des navires, c'est lui qui l'a fait; et, bien : que nous ayons réussi un peu à empêcher le’ mal

qu'il voulait faire, ce n'a été qu'à notre arrivée au pouvoir que cette industrie a eu plus de facilité et de protection, parce que nous lui avons accordé une remise des droits imposés sur les matériaux qui entrent dans la construction des navires, Je demande maintenant la permission de lire l'extrait suivant du Mail, de Windsor, comté de Hants, province de la Nouvelle-Ecosse :

“ Pendant l’année qui vient de se terminer, on a construit, dans le comté de Tants, vingt-six navires, représentant un total de 19,044 tonneaux. Il n'y a qu'une année, dont on se souvienne dans l’histoire du comté, pendant laquelle la oonstruction des navires ait été. plus considérable que l'année dernière, Le chiffre total des vaisseaux sur notre liste est de 252, et représentent 163,144 tonneaux. Plus de la moitie sont des barques et des bâti-

. rhents. dônt la presque totalité fait le commerce étranger. Le

montant du capitai placé dans la construction des navires, s'élève à :rès de $640,000! et la valeur totale des navires du comté dépasse de beaucoup la somme de:$4,000,000. La construction des navires, pendant l’année dernière, a presque atteint le chiffre d’un tonneau par habitant du pays, et le total des navires sur la liste représente une proportion de sept tonneaux pour chaque homme, femme et enfant du comté.’

Et l'honorable député prétendra encore que la construction des navires est dans un état de souffrance. L'honorable député de Huron-Centre désire savoir si nous nous proposons de donner une prime aux pêcheurs, Cette idée Ie taquine toujours et lui cause beaucoup de soucis. Mais je puis lui dire que nous règlerons facilement cette question, à l'avantage des pauvres et malheureux pêcheurs; ils n'auront aucun sujet de plainte dans la distribution de ces secours, comme l'honorable député semble le craindre. Celui-ci dit que le Ministre des Finances se propose de donner des secours aux pêcheurs de sa province et des Provinces Maïitimes. Mais comment mon honorable collègue va-t il agir avec les nombreuses classes du peuple, comme le clergé, les instituteurs, les commis et autres dont le revenu est fixe, jusquà un certain point ? Si vous allez trouver un membre du clergé, vous aurez autant de difficuité à - «obtenir les informations que vous demandez que vous en avez à fe$ obtenir des’cultivateurs. Néanmoins, M.

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l'Orateur, les membres du clergé vous diront que, sous l'opération du tarif actuel, leurs ouailles qui étaient incapables auparavant, de soutenir leur église comme elles l’auraient voulu, ont maintenant une aisance suffisante pour donner à leurs ministres, le confort qui estnécessaire à eux-mêmes et à leur famille. Sil'honorable député veut aller s'adresser à un instituteur, celui-ci lui répondra : “Mais, monsieur, vous vous trompez sur mon compte, si vous me. croyez. dans la misère. Le.norabre des enfants venant à l'école aujourd'hui, que les parents autrefois ne’. pouvaient pas habiller pour les y envoyer, est assez grand pour me donner un très bon salaire.” La demande d’instituteurs, de même que le besoin: de l'instruction, a augmenté, comme le luxe, en proportios du revenu et des industries du pays. L'augmentation de tout ce qui est dans l'intérêt du Canada s’est fait du jour où l'exministre des Finances a été vu dans l'impuissance de

‘nuire aux industries de ce pays.

Lorsque mes honorables amis de la gauche étaient au pouvoir, un tiers au moins des personnes que l'on rencontrait, demandait Ja faveur d'obtenir un petit emploi de $200 à $300 par année. Je suis, disait Je postulant, bon teneur de livres, je possède une bonne écriture, je connais bien les règles de la grammaire-—-une qualité que l'honorable député de Huron-Centre prise bien haut —-Mais je ne puis obtenir d'emploi. Si, aujourd'hui, vous avez besoin d'un jeune homme possédant toute ces qualités vous le trouvez difficilement, parce que la création de nombreuses industries en a augmenté beaucoup la demande, et a donné de l'emploi à tous ceux qui n'en avaient pas,

L’honorable député, M. l'Orateur, a prononcé, l’autre jour, une parole digne de remarque, quand il a dit: ‘Fe me sens beaucoup plus disposé à rougir, de d'état de dégradation dans lequel je vois le Canada et je crains pour l'avenir du pays” Je ne m'étonne pas, M. l'Orateur, que l'honorable monsieur tremble, mais je serais l’homme le plus surpris du monde de le voir rougir.

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Il a beaucoup plus de front que de pudeur. Que craintt-il donc pour l'avenir ? Sont ce les prochaines élec- … tions? On m'a dit tout récemment que non-seulement , il y avait révolte parmi ses partisans dans la Chambre-— . . LA ,e . ‘ « {.€t,Je ne suis aucunement surpris qu'ils veuillent le destitue“ de ‘a position de porte-voix financier de son parti — Mais ‘aussi que ses électeurs désirent le voir se retirer afin de se faire mieux représenter. Il n'y a là rien qui dôive"nous-étonner, car même dans son ancienne divisign électorale où. il est le mieux connu, et d'où ila été chassé par le verdict du peuple à la dernière élection, .qn-ne veut ni de lui, ni de sa grande richesse, et * «dl craint. beaucoup maintenant de ne pouvoir revenir en «14+Cêtte.chambre. L'honorable député de Huron-Centre “auya peut-être occasion de constater que les électeurs : A4, Pays partagent l'opinion dont il a fait part à la Champre, l’autre jour, quand il a dit au’un ministre et, pour la .: Mme raison, celui qui veut devenir ministre, doit être .camme la femme de César, à l'abri de tout soupçon. | honorable député nous a appris qu'il :riait quelquefois. Je lui recommanderai donc, lorsqu” priera, de réciter cette prière dictée par Dieu lui-mér.e, et dans . laquelle on trouve ce passage “ Ne nous induisez pas . €n--tentation. ” Et nous souhaitons qu'il ne devienne .*+.Jjamais ministre des Finances, et qu'il n'ait jamais l'occa- .Sipn de répéter ses opérations sur les marchés monétaires étrangers. Les électeurs intelligents du pays se Joindront dévotieusement à l'honorable député pour faire avec lui cette prière. Voici maintenant, M. l'Orateur, comment il a terminé ce discours vague et échevelé : “ Ils peuvent se vanter aujourd'hui de leur grunde majorité, ils per vent se vanter de leur trésor rempli, ils peuvent se vanter de leurs partisans dévoués ; mais je puis rappeler qu’il y à quelque dix ans, alors que ces messieurs étaient tout aussi ir: .i tout ‘aussi exigeants qu'ils le sont aujourd’hui ; lorsquu., int autour d’eux une mojorité aussi nombreuse, un ‘rés ussi rempli, au moment où ils étaient préparés à se moi er tout aussi peu scrupuleux qu'aujourd'hui, pour conserver leurs places : je les ai vus, douze mois après, dispersés et p:sngés dans une ignominie méritée. Le sort qui ne leur à pas éte favorable en 1873, peut les accabler en 1883 ; il y a des signes défavorables à

l'horizon, et s'ils ne prennent garde, s'ils ne s'amendent pas, assurément ils seront de nouveau renversés. Ce sera un beau jour pour le pays, que celui où nous pourrons mettre un frein à cette législation vexatoire, avec laquelle ils l'ont fatigué et écrasé.”

Est-ce que l'honorable député, M. l'Orateur, ne voit pas que plus il veut convaincre le pays que nous avons été flétris en quittant le pouvoir, plus le pays croira que c'est lui qui a été flétri? Est-ce qu'il ne s'aperçoit pas qu'il est très humiliant pour un parti, .qui avait une forte majorité et le pouvoir comme il l'avait en 1878, de subir, devant le puple, une écrasante défaite dans sa: lutte contre une petite poignée de députés de l'opposition.

Maintenant, M. l'Orateur, que dire de l’homme que le peuple, après avoir eu occasion de le juger, a cru prudent de rejeter en disant : “ Pour l'amou: de Dieu ! que l'on nous donne tout autre autre fléau, plutôt que de permettre à ces gens de reprendre le pouvoir! ” Si nous étions coupables des fautes dont on nous . .use, qui est-ce donc qui aurait pu engager le peuple à répondre, à une grande majorité, les paroles suivantes : “ Allez vous en, et laissez des hommes plus capables, prendre vos places.” Si nous sommes coupables, combien plus devez vous l'être, vous, qui par le verdict éclairé des électeurs du pays, rendu le 17 septembre 1878, avez été placés dans la position humiliante où vous êtes maintenant, tandis que vos adversaires ont été mis à votre place en récompense des services rendus à leur pays. Je conseillerais denc à l'honorable député de ne plus s'aventurer à parler sur ce sujet.

Je désirerais que l'honorable député de Huron-Centre nous fit connaître ces signes précurseurs dont il parie. Je crains que ce ne soient des visions, et je crois qu'il devait dormir lorsqu'il les a eues. Je ne vois pas comment un homme éveillé peut voir de pareils signes : comme je l'ai déja dit, l'histoire est une philosophie qui nous préche d'expérience ; et qu'est-ce que l’histoire de ces faits nous enseigne, M. l'Orateur, lorsqu'un changement de gouvernement est imminent? Lorsque l'opinion publique est sur le qui-vive, lorsqu'un ministre a perdu

un peu de la confiance publique, il y a alors des siones précurseurs. Ce sont des indices auxquels on ne peut pas se tromper. Les voyez-vous ces indices maintenant ? Que les honorables députés de la gauche me permettent d'attirer leur attention sur certains présages de mauvais augure, qui indiquent avec une précision infaillible, dans des pays libres comme le nôtre, la direction que pr:nd l'opinon publique. Quelle était la position de; honorables députés de la gauche après trois années et quatre mois de pouvoir? Ils eurent, il est vrai, une grande majoritt devant le peuple : mais nous leur prédimes que cett: majorité leur échapperait bientôt, et j'ai alors dit pourquoi, Il y avait des signes clairs et évidents qui n'ont jamais j'alli dans des questions comme celles-ci, et sous les régimes parlementaires. Je disais alors : “ Regardez le pays, regardez la grande majorité «que vous aviez, et dites-moi ce qu'elle est devenue aujourd’hui, J'ai fait voir que sur soixante-et-un sièges devenus vacants parmi les partisans du gouvernement, le ministère n'avait pu gagner que quarante-sept élections, en comprenant les douze ou treize élections de ministres.” J'ai fait voir aussi que sur vingt-six siéges devenus vacants dans les rangs de l'opposition, nous avons réussi à faire élire,en comptant lessiégesque nous avons enlevés, pres de quarante de nos amis politiques. De sorte que, à la fin dequatre années, nous avions dans les votes en Chambre, vingt-huit voix de plus que lorsque le gouvernement s'était formé. Nous avions là réellement des signes des temps, des indices sûrs, et, M. l’Orateur, lorsque le gouvernément se présenta devant le pays, ces indices précurseurs furent complètement réalisés. Le peuple confirma, par une écrasante majorité, le verdict déjà rendu dans les élections précédentes, comme cela arrive presque

toujours. Mais, quelle est aujourd’hui la po: de nos honorables amis de la gauche ? Trente-quar:e sicgres Occupés par de: amis du gouvernemen: +:.-| sont devenus vacants puis les dernières élec. ms, et, sur

ces trente-quatre sièges, combien en avons-nc:: gagné ?

Trente-deux, M. l'Orateur, et l'opposition, sur trentequatre sièges, et pendant l’espace de trois ans et quatre mois, nous a enlevé seulement deux sièges. Que voit-on de plus ? —Douze siéges de l'opposition sont devenus vacants pendant la même période. On ne pouvait pas s'attendre à ce qu'il yen eût davantage, l'opposition étant si peu nombreuse. Mais dans tous les cas, douze siéges sont devenus vacants et de ces douze siéges, nous en avons gagné six. De sorte que nous avons aujourd'hui, en donnant à l'opposition le bénéfice de deux sièges, qu'elle nous à enlevés sur les trente-quatre devenus vacants parmi nos amis de la droite, huit voix de plus dans les votes en Chambre,—-conséquence des élections partielles —que nous n'avions le lendemain des élections fédérales. Dans ces circonstances, je demanderai à l'honorable député, de nous dire son opinion sur ces signes précurseurs ? Mais je lui répète ce que j'ai déjà dit ailleurs : que tant que le pays s'apercevra qu'on veut imposer l'ex-ministre des Finances pour administrer les finances du pays, nous n'avons rien à craindre, Je lui dirai, de plus, que sa retraite dans la vie privée, serait pour nous du plus triste augure, parce qu'elle donnerait à son parti un avantage qu’il ne possède pas actuellement.

J'ose croire qu'il n’agira pas d'une manière si contraire à nos intérêts. Mais, comme je l'ai fait remarquer, nous avons, après une période de trois années ct quatre mois, une majorité de quatre-vingt-dix voix dans cette Chambre, Cette majorité a pour base la volonté libre et indépendante du peuple souverain, en ce pays, qui nous donne un appui aussi désintéressé qu'aucun gouverne-

nent puisse compter avoir, car il y a toujours un

certain nombre de mécontents qui, demandant beaucoup à un gouvernement, éprouvent souvent des refus, ce qui est quelquefois la cause de défections partielles. Nous, au contraire, non seulement nous avons l'assurance de l'approbation de notre politique par les électeurs de tout le pays, mais nous savons encore que le peuple reconnaît, que par notre sage et judicieuse administration des

affaires, nous avons effacé la tache que les honorables députés de la gauche avaient imprimée au pays, pendant leur administration des affaires publiques. Les électeurs savent que chaque classe de la population est intéressée à appuyer le programme politique de notre gouvernement

dont les résultats ont été si favorables au Canada.

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