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Sir RICHARD J. CARTWRIGHT.-—C'était le cas.
Sir CHARLES TUPPER.--Que nous aurions eu, dis-je un déficit considérable, à moins que de nouvelles taxes ne fussent imposées sur le peuple.
Sir RICHARD CARTWRIGHT. -C'était le cas.
Sir CHARLES TUPPER. -- Supposons qu'après avoir osé faire cette déclaration, il l'eût maintenue en essayant d'établir une balance fictive dans les comptes publics, au montant d'un demi million de piastres ; supposons que mon honorable ani demeure convaincu devant ce Parlement—cet je me sers à dessein de cette expression—('avoir imputé sur le compte du revenu, $545,000 que le Parlement avait votées pour le compte du capital et qui avaient été dépensées pour ce dernier compte, mais que l'ex-ministre des Finances avait ainsi transférées pour établir une balance du côté opposé du compte ; supposons qu'après tout ce qui a été fait, mon honorable ami n'eût pu atteindre san but, et qu'il fût clair comme le jour qu'après ce transfert d'un demi-million, il s'est encore trouvé avec un demi-million de surplus bien établi, au moment où il déclarait qu'il y avait un déhcit ; supposons que telle fût la position de mon honorable ami.
Sir RICHARD I. CARTWRI :HT.—-Je nie toutes ces assertions.
Sir CHARLES TUPPER.—-Nie-t-il avoir déclaré que les dépenses ordinaires du pays exigeaient une augmentation considérable des taxes ?— J'ai sous la main ici, le propre témoignage de l'honorable député, et il ne contient pas un mot de vérité. L'honorable député qui ! déclarait qu'il y aurait eu, le rer juillet 1874, un déficit le $1,500,000, qui annonça de plus, un autre déficit de
$2,000,000, provenant des dépenses ordinaires de 1975, 1 est le même qui crut devoir faire cette autre déclaration
q us lire, laissant à la Chambre le soin de juger
Es
de la valeur des assertions que cet honorable député peut faire contre celles des autres.
Je cite donc une ordonnance en Conseil, et qu'y voisje? Que $3,000,000 de taxes ont été imposées pour couvrir un déficit,
Sir LEONARD TILLEY. — Vous devriez dire :
“ furent imposées."
Sir CHARLES TUPPER.—Je suis très obligé à mon honorable ami, parce que j'aurais pu être accusé de pécher contre ja grammaire.
Nous dit-il que ces $3,000,000 furent imposées dans le but de couvrir un déficit prévu, causé par les dépenses ordinaires ? Non, monsieur l'Orateur ; mais l'honorable député, comme tous ses collègues dans le gouvernement, a prétendu que chaque piastre de ces $3,000,000 était imposée pour un autre objet, et que cet objet était de faire face aux dépenses qu'occasionnerait la construction.
du chemin cr du Pacifique. Je citerai un autre arrêté en Conseil, dont chacun des ex-ministres est responsable. est daté du 8 juillet 1874, justement après l'expiration de ce même exercice Financier pour lequel
l'honorable député a déclaré qu'il avait été nécessaire d'imposer de nouveaux et lourds impôts afin d'équilibrer le revenu et les dépenses. Cette minute du Conseil fut signée le 8 juillet et envoyée au même gouverneur général, à qui l'on avait fait déclarer devant le Parlement qu'une forte taxation additionnelle était requise pour faire face aux dépenses ordinaires du pays. Voici le texte même:
‘“Afin'de mettre le Bouvernement en état d'exécuter les propositions que l'on espérait voir accepter par la Colombie Britanique, le taux moyen de A taxation fut élevé lors de la dernière session d'environ 15 pour cent, les droits de douane étant élevés de 15 à 174 pour cent, les droits d’accise sur les spiritueux et le tabac Étant élevés à un taux corres ondant, ces deux augmentation taxes donnant $3,000,000 de plus dans les opérations de
’année, ’’
Or, l'honorable député affirmait que cette taxation
additionnelle était requise pour faire face au déficit prévu, et cependant il déclare que plus de $3,000,000, —Cette somme étant tout ce qu'il dvait demandé à la Chambre, —furent votées par ce parlement expressément pour construire le chemin du Pacifique.
Sir RICHARD J. CARTWRIGHT.-—-Non, ce n'est pas cela,
Sir CHARLES TUPPER.—Maintenant, supposons que mon honorable ami, le ministre des Finances actuel, après s'être placé dans cette position, eût fait un pas de plus ; supposons qu'on lui eût confié les débentures du pays pour contracter un emprunt sur le marché anglais ; supposons qu'au lieu de placer ls débentures du Canada le plus avantageusement possible, en deman
dant des soumissions publiques, il eût obtenu le plus haut prix que pussent atteindre ces débentures et eût emporté dans ce pays $500,000 de plus que l'honorable ex-ministre des finances n’a reçu pour le même montant de débentures ; supposons, dis-je, qu'au lieu d'opérer de cette manière, il fût allé en Angleterre, et eût fixé là, tout bonnement, de lui-même, un prix pour les débentures, comme une date pour les échéances, et vendu les débentures à des amis, qui, comme j'ai eu occasion de le dire dans deux occasions, se sont trouvés ainsi plus riches de $4,745,000 qu'ils n'auraient été s'ils n'avaient fait la connaissance de l'honorable député.
Sir RICHARD J. CARTWRIGHT. Ecoutez, écoutez !
Sir CHARLES TUPPER.—-Or, je dis que si mon honorable ami, le Ministre des Finances actuel, au lieu d'occuper la position qu’il a dans cette Chambre et le pays, avait terni sa réputation au moyen de transactions de cette nature,....
Sir RICHARD J. CARTWRIGHT. -— Ecoutez, écoutez !
est
Sir CHARLES TUPPER.—-Je dis qu'alors il pouvait y avoir une excuse au ton arrogant et insolent que l'ex-ministre’ des Finances a cru devoir prendre à son égard.
Maintenant, nous le voyons considérer le président du Sénat comme une très haute autorité financière et il l’a
citée, l'autre jour, comme si nous devions accepter cette
autorité comme infaillible. Il lui fait décider par le Jlansard, sw :5n ipse dixit, la question que je soulève, Or, M. l'Ora.-1r, je citerai l'autorité pour laquelle il a tant de déférence, et je ferai voir cc que l'honorable président du Sénat, bien connu des membres de cette Chambre et dans tout le Pays, pour un homme de la plus parfaite intégrité et de la plus haute position, et des plus versés dans toutes ces questions de banques, ces transactions mercantiles et financières, a dit de l'exministre des Finances, et nous verrons si l'honorable député est prêt à accepter l'autorité de l'honorable président du Sénat telle qu'elle était quand il la citait contre moi l'autre soir.
Voici ce que l'honorable sénateur disait :
“ Dans l'augmentation de la dette men tionnée plus haut, soit, $42,811,203.32, est comprise, bien entendu, ja somme de $1,529,333, étant réellement la partie de l'emprunt de 1876
($12,166,666) que Sir Richard Cartwright accorda comme escompte aux prêteurs et paya pour le courtage, etc.’
Je puis dire que mon honorable ami, le président du Sénat, en se servant d’un tel langage, n'a fait que mentionner le plus petit emprunt, celui de £2,500,000 sterling, omettant de parler du plus fort emprunt, celui de $4,000,000, qui était encore plus blâämable que le premier.
L'honoroble Orateur du Sénat continue ainsi :
“ Bien que le pays n'ait pas reçu un sou de cette somme de $1,520,833, cependant, l'intérêt, le fonds d'amortissement, etc., se montant à $70,000 par année, jusqu'à l'échéance en 1006, doivent être payés. (L'intérêt seul à 4 pour cent excède $60,000 par année.) Avoir à payer $70,000 par année pendant 30 ans, sur un montant que le pays n'a pas reçu, semble être une cruelle
oppression, mais Sir Richard prétend que son emprunt est un modèle du genre.’’
UNE VOIX.--Un emprunt embrouillé
Sir CHARLES TUPPER.--Peut-être, en effet, estce une faute d'impression.
L'honorable président du Sénat continue comme suit :
“ Mais, dans l'opinion d'hommes, qui n'appartiennent pas à
cette école financière, l'emprunt en question fut une opération inconsidérée et mystérieuse, ‘
Peut-être l'honorable président du Séat va nous explique ce qu'on doit entendre par emprunt mystérieux. Il ajoute :
“ Je dis ‘“ mystérieux ”, parce/qu'il fut placé sans demande de soumissions, à des conditions qui réduisaient à 873 centins par piastre, ce qu'en reçut le Canada, et, de re parce que l’adminis-
tration de M. MacKenzie a refusé de publier les noms de ceux - avec qui l'emprunt avait été négocié, ou des bénéficiaires. ‘’
Et maintenant nous trouvons que ces bénéficaires ont réalisé des profits au montant d'un peu moins d'un million de iouis sterling, sur les deux emprunts qu'ils ont négociés avec l'honorable ex-ministre des Finances du Canada.
Or, si mon honorable ami, le Ministre des Finances actuel, se trouvait dans la position que je viens d'exposer, il y aurait quelques raisons Pour qu'un membre de cette Chambre pût se croire en droit de n'être pas très particulier dans le choix des expressions à son adresse,
Mais je dis, M. l'Orateur, et je le dis délibéremment, qu'il n'y a pas un homme au Canada qui ait, comme l'ex-ministre des Finances, la réputation d’avoir abaissé le ton de nos débats dans la Chambre et en dehors, sans la plus légère excuse. Je le dis délibérément, il n'ya pas un homme au Canada qui se soit mis dans une position aussi peu enviable que l'honorable député par le langage grossier, insultant et indigne d'un gentilhomme, dont il s'est servi dans cette Chambre ou en dehors, et je vais prouver mon assertion. L'hono-
rable député, M. l'Orateur, n'est pas particulier dans le choix des occasions. Qu'aurait-il pensé de mon honorable ami, le Ministre des Finances, si celui-ci fût allé à Londres et si, sous sa propre signature, il eût déclaré solennellement que toutes les dépenses que le gouvernement de ce pays avait encourues étaient sages et légitimes, étaient des dépenses faites dans l'intérêt public ; qu'elles avaienttoutes été admirablement calculées de façon à servir les intérêts du pays, et s'il fût revenu au Canada après cette déclaration toute fraîche, et se fût présenté devant le public en dénonçant les hommes qui avaient fait ces mêmes dépenses, solennellement déclarées par lui sages, judicieuses, faites dans l'intérêt du pays ?
Sir RICHARD J. CARTWRIGHT.-—Pas le moins du monde.
Sir CHARLES TUPPER.---Pas le moins du monde ? Alors je citerai les paroles mêmes de l'honorable député : ‘ Cette dette entière, disait-il, a été encourue pour des objets légitimes et d'intérêt public. ?’ Sir RICHARD J. CARTWRIGHT.-—Mais pas sagement, ni judicieusement.
Sir CHARLES TUPPER.—-Je n'en ai pas fini avec l'honorable député.
Il disait eùcore :
“ L'avantage indirect résultant de ces travaux publics se trouve dans la rapidité remarquable avec laquelle le commerce et la prospérité matérielle du Canada se sont développés. Le revenu à augmenté chaque année depuis l'établissement de la Confédération,
Or, que dirait-on d'un honorable député, ayant signé de sa propre main, en sa qualité de Ministre des Finances du Canada, une telle déclaration, assurant au peuple Anglais, qu'il pouvait la considérer comme une EXposition honnête et exacte des affaires de ce pays ; que
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devrions-nous dire de lui si, de retour au Canada, il se servait en public d'un langage injurieux, s'il accusait d'.ne ignorance grossière les hommes qui ont fait ces dépenses, s'il disait que leur conduite avait été celle du matelot ivre cherchant à couler le vaisseau avant de l'abandonner.
Or, quelle fut l'excuse de l'ex-ministre des I'inances quand on l'accusa d'une telle conduite ? Comme je l'ai fait voir, son excuse fut que les exigences de la position d'un homme public étaient très grandes.
Sir RICITARD J. CARTWRIGHT..- -Je n'ai rien dit de tel.
Sir CHARLES TUPPER.---I1 déclara que quelquefois nous étions tenus de ne laisser voir que le côté brillant des choses et d'autre fois que le côté obscur.
Je pense que ia plupart des honorables membres de cette Chambre qui ont entendu l'ex-ministre des Finances, en sont arrivés à la conclusion que c'est sur le côté obscur des choses qu'il s'est le plus employé, car aux yeux de tout homme honorable, et pour me servir d'expression dont se sert si souvent l'ex-ministre des Finances, un acte qui imprime à ce point sur le front de celui qui le commet le sceau d’une cternelle ignominie, n'avait encore jamais été fait avant lui, dans le pays.
Et qu'est-ce que l'honorable député a osé dire dans le discours qu'il a prononcé l'autre soir ?
Ia déclaré que l'on. ne pouvait aucunement se fier aux déclarations de mon honorable ami, le ministre de l'Agriculture, les tableaux officiels qu'il a présentés étant absolument indignes de confiance.
Et que dit-il encore sur le compte d'un homme qui, il le sait lui-même, est reconnu dans cette Chambre, pour un homme d'aussi haute réputation qu'aucune autre personne dans cette grande Confédération. En qualifiant la conduite de mon honorable collègue, M. le ministre des Finances de l'administration précédente a parlé
en
d'intentions frauduleuses et préméditées. Que doit-on penser d'un homme qui se sert d'un tel langage à l'égard d'un honorable membre de cette Chambre, principalement quand cet homme a un passé comme celui de l'honorable député de Huron-Centre? Que dire d'un homme se servant des épithètes “ insolent et malhonnête” à l'adresse d'un ministre de la Couronne (Sir John MacDonald), L'honorable député prétend aussi que je très honorable chef du ministère avait “ mérité l'ignominie ”. Cette expression a été employée lorsqu'il a dit que Sir John avait été chassé du pouvoir avec une ignominie méritée. :
Sir RICHARD CARTWRIGHT.--Oui.
Sir CHARLES TUPPER.—II n'y a pas un homme dans la Chambre qui devrait plus rougir d'avoir employé ces expressions que l'honorable député de Huron-Centre lui-même. Qu'a-t-il fait? Il a, pendant cinq longues années qu'il a été ministre de la Couronne, passé son temps à attaquer notre très honorable chef dans les termes les plus indignes et les plus bas. Il a parcouru toutes les tribunes électorales du pays, où il a encore renchéri sur le langage dont il s'est servi en Chambre ; et quel a été le résultat de sa campagne ? Le résultat a été que, lorsque le grand corps des électeurs intelligents et indépendants du Canada a été appelé à choisir entre le chef de l'opposition et M. le ministre des Finances d'alors, les électeurs ont donné au premier la plus grande preuve de confiance ct la position la plus enviable qu'un premier ministre du Canada, ait jamais occupée, tandis qu'ils ont infligé au second la flétrissure qu’il méritait.
Si l'honorable député de Huron-Centre pouvait apprendre quelque chose—-mais je regrette de constater que son intelligence obtuse ne le lui permettrait pas— il sc scrait aperçu que ses accusations n'ont pas été crues par le peuple canadien. Il aurait appris M. l'Orateur, que le peuple lui a renvoyé ses accusations, et que
toutes les injures lancées à mon honorable chef retombent sur la tête de leur auteur : il a été rejeté par les électeurs, tandis que mon honorable ami a été élevé à la haute position qu'il occupe. Si ce n'était la vanité de l'honorable député de Huron-Centre, on pourrait croire que cet enseignement lui aurait fait voir la folie de porter de semblables accusations. Il a dit-—et c'est une preuve bien évidente de sa tournure d’esprit—que le Ministre des Finances faisait très bien de mettre des Millionnaires parmi ses obligés, parce que leur argent Pourrait être utile en temps d'élections générales,
Cela nous fait connaître la manière de voir de l'ex- Ministre des Finances dans ces questions. Supposons Four un instant, M. l'Orateur, que mon honorable collègue, le Ministre des Finances, ait partagé les opinions de l'honorable député de Huron-Centre sur ce point, et ait abusé, contrairement à Îa loi, de sa position de ministre, pour enlever—je me sers de ce mot à dessein, pendant l'absence de M.le Ministre des douanes à la veille d'une élection générale, $59,000 au trésor public. Est-il étonnant, M. l'orateur, que des ministres de la Couronne oublient la haute position qu'ils occupent, au point, non seulement de partager une somme de $5,000,000 avec des amis à l'étranger, mais de faire accepter, malgré la loi, à une grande corporation de ce Pays une somme de $59,000 de l'argent public.
Maintenant, M. l’Orateur, je suis heureux d’avoir vengé mon honorable ami, le Ministre des Finances, de ces attaques, et d’avoir prouvé que l'insuite grossière, impardonnable, qu'on lui avait lancée dans cette Chambre, était aussi injuste que non méritée. Je vais discuter Maintenant quelques unes des observations faites par l'honorable député de Huron-Centre à propos des observations de M. le Ministré des Finances. En entendant l'honorable député faire un si grand étalage de phrases alambiquées et en le voyant prendre des poses si variées, son premier discours sur Je budget m'est revenu à la mémoire. J'avoue que, depuis, il a amé-
lioré un peu son style. On fit alors, dans les coulcirs
de la Chambre, quelques commentaires sur ce discours : comme la chambre s’en souviendra, M. le Ministre des Finances d'alors, avait, non seulement essayé de planer sur les hautes sphères, mais avait aussi voulu se montrer très pratique ; or un honorable membre de cette Chambre disait à un confrère dans les couloirs : “ Il me semblait le voir apparaître, tantôt sous une couleur et tantôt sous une autre, comme les phares tournants de Mitchell.” “C'est vrai, répondit son interlocureur, “ mais moins les lumières.” Quand je vois l'honorable député se tourner vers chacun de ses partisans, cet incident me revient en mémoire ; et lorsque j'ai tenté de le suivre dans ses évolutions, je me suis aperçu qu'il n'avait aucun argument sérieux à offrir à la Chambre, et qu'il ressemblait parfaitement au phare tournant, sans lumières. Maintenant, M. l'orateur, l'honorable député de Huron-Centre a beaucoup critiqué le discours de mon collègue, le Ministre des Finances, et il a prétendu que son budget n'était pas dressé avec toute l'économie possible. Comment ! pas assez d'économies dans le budget ! Qu'est-ce que prétend l'honorable député ? Oubliet-il que le budget de sa première année d'administration, comme Ministre des Finances, est consigné dans les documents publics, et qu'il demandait alors à la Chambre de voter la somme de $26,600,000 ? Et ïl veut savoir aujourd’hui pourquoi sa méthode économique n’a pas été suivie, cette année, quand il demandait pour les dépenses publiques des crédits dont le chiffre s'élevait à la somme de $4,300,000 de plus que ceux d'aucune année précédente. Je sais qu'il est dit, dans les comptes publics, que les dépenses de 1873-74, ont été de $23,316,316, mais ces comptes ne donnent pas le chiffre véritable. C’est bien là l’état soumis par l’ex-ministre des Finances, état dont il a falsifié la balance. Dans cet état apparaît un demi-million de dollars transportés alors, par cet honorabie ministre, alors, du compte du capital à celui du revenu, et ce,
EN Re A PEU
contrairement à la teneur du crédit voté par le Parlement; son but était de trouver une excuse au déficit qu'il nous prédisait pour le premier de juillet suivant. Et cette transposition, M. l'Orateur, est constatée dans les livres d'un des officiers du département des finances, le comptable. Et qu'y a-t-il encore? Ji y à une somme de $59,000 provenant du revenu des douanes de l’année précédente, et si les comptes eussent été tenus comme ils devaient l'être, cette somme n'aurait pas dû paraître parmi les dépenses de cette année-là, ce que l’honorable député sait fort bien. C'était réellement une soustraction faite au trésor public, en violation de la loi, à la veille d'une élection, et mon honorable ami paraît Comprendre toute l'importance et tout le poids d'une transaction semblable.
La seconde faute, M. l'Orateur, que l'honorable député reproche au Ministre des Finances, est celle: ci : étant donné un excédant de deux à trois millions de dollars dans les revenus, ne doit on pas voir dans ce fait un manque d'habilité Etil prétend que mon honorable collègue à fait un saut d'aveugle. Eh ! bien ; si cela était vrai, il est du moins retombé sur ses pieds, l'honorable ex-ministre des Finances, a lui-même sauté en aveugle, mais il est tombé dans le fossé-—c'est là la différence. L'honorable député sait fort : bien qu'il était impossible—non dans le cas d'un changement Ordinaire, mais dans une révolution complète du tarif comme celle qui vient d'être faite-—de prévoir le chiffre
. éXact du revenu. Mais la différence a été du bon côté,
Car un surplus a été le résultat de ce changement. L'’honorable ex-ministre des Finances a voulu, lui aussi, se lancer dans l'inconnu, mais il est revenu au bout de quelques années, avec un déficit de $7,509,000. Voilà la différence. Que l'honorable député qui parle d'opérations aventureuses, considère ce qui lui est arrivé. Ayant devant lui le tarif, les rapports du commerce ct l'expérience du passé, comment ses prévisions budgétaires se sont-t-elles réalisées ? L'ex-ministre des
rle- ‘ Finances avait estimé les dépenses à $26,000,000, et ficit elles ont dépassé ce chiffre de $,987,000. ‘Il espérait ant. retirer de l'opération de ce tarif de sa propre concepans : tion, une somme de $25,250,000, et il n'en a retiré que ces, $22,507,000, ou $2,642,000 de moins. Et cependant me { il veut, avec son audace accoutumée, trouver des erreurs née dans le budget de l'honorable Ministre des Finances me (Sir Leonard Tilley), et il l’accuse d’avoir dans ses opératre tions expérimentales du tarif, retiré plus d'argent qu'il no- n’espérait. !
ine - À: L'honorable député de Huron-Centre attaque enloi, uite le gouvernement au sujet de l'augmentation des ait dépenses, qu'il dit avoir été élevées de la somme de ne { treize à vingt six millions de dollars. Eh ! bien, qu'estce que l'honorable député trouve à redire à cela? La ble dépense s'était élevée de la somme de $13,500,000 à 1: ; celle de $23,600000 lorsqu'il est arrivé au pouvoir, de suivant les chiffres qu'il nous a. donnés vendredi dernier. ce Néanmoins, quelle a été sa première action ? S'est-t-il on | contenté de cela? Non. Bien que la dépense eût été 1 augmentée, elle ne l'était pas encore assez pour lui et ls, il na rien eu de plus pressé que de demander à la té | Chambre $3,000,000 de plus que l'année précédente, la pour administrer les affaires du pays. Dans les ciril | constances, l'honorable député ferait bien de nous exnt pliquer ce fait. Il a déclaré, en Angleterre, que l'augrif mentation des dépenses avait eu pour effet d'augre menter beaucoup la prospérité de la Confédération, et é, - il vient dire aujourd'hui que cette augmentation n'était o- pas nécessaire. Où est la vérité? Si l'augmentation se était requise pour des travaux publics, alors le ministre Le des Finances devait, pour se justifier, rendre compte à à la Chambre ; si, d'un autre côté, ces dépenses ont été i- h plus élevées qu'elles n'auraient dû l'être, l'honorable Fe à ministre des Finances n'aurait pas dû venir demander,
e en 1874, au Parlement de voter $6,000,000. Le pre- S mier budget dressé par l'honorable député n'a été que S de $4,000,000 plus bas que celui qui est déposé main-
tenant sur 4e bureau de la Chambre : e: cependant il nous taxe d'extravagance,
Je désire maintenant attirer l'attention de la Chambre, sur une assertion importante faite, vendredi soir, par l'honorable député. Il a dit :
‘ Immédiatement après l'inauguration de cette politique, il y eut, comme tous ceux qui ont des relations avec l'ouest du Canada le savent, une émigration nombreuse et regrettable de plusieurs bons fermiers des régions de l'ouest, non pas, il me fait peine de le dire, vers notre Nord-Ouest ( ‘anadien, mais vers le Dukota, le Minnesota et autres parties des Etats-Unis.’
Qui doit-on blâmer pour cela ? L'honorable député penche la tête : il est donc coupable. Je suis heureux de constater qu'il se reconnait coupable.
Sir RICHARD J. CARTWRIGHT.—Vous êtes le coupable.
Sir CHARLES TUPPER ——Je vais prouver de suite qu'il est le vrai coupable. Et pendant que je suis sur ce sujet, j'attirerai l'attention de la Chambre sur la
phrase suivante, prononcée par l'honorable député de Huron-Centre
“Si jamais une assertion audacieuse a été faite dans cette Chambre, s’il y a jamais eu un cas d’effronterie dans le monde, c’est certainement lorsque l'honorable député a dit que l'opposition
était responsable de l’émigration d'un si grand nombre de Cana-
dien vers le Minnesota et le Dakota, au lieu du Nord-Ouest Cana. dien.'’
Je demanderai aux honorablés membres de cette Chambre si l'opposition n'a pas, dans ses discours depuis plusieurs années, déprécié et amoindri tout ce qui est
Canadien ?
Sir RICHARD J. CARTWRIGHT. -Non.
Sir CHARLES TUPPER:.-—Je m'en rapporterai au verdict de la Chambre, de la gauche et de la droite, et je demanderai si les honorables députés de la gauche n'ont pas, et dans le parlement et devant le peuple, fait
il tout leur possible pour engager les immigrants à fuir le Canada et à se fixer aux Etats-Unis. Je vais lire
à: un extrait d'un discours prononcé par l'ex-ministre des je. Finances, et j'aimerais que l'honorable député me mon-
trât, si la chose lui est possible, qu'une annonce publiée aux Etats-Unis, pût favoriser davantage l'émigration
+1 du Canada aux Etats-Unis, où pourtant mon honorable a ‘ ’ # , . ! dt rs ami nest pas connu, si ce n'est pour avoir été Ministre L des Finances, Qu'est-ce que l'honorable député a dit ici - +. vendredi soir ? Il s'est permis le langage suivant à l'égard de son pays :