‹ Discours de la bataille de Garennes (Ivry) en mars 1590Chapitre 20 sur 25 · I . De.Thou, p · texte numérisé non relu

I . De.Thou, p

lerye de Fennemy, et vist paroistre à leur cul troys autres gros de cavallerye et la teste de leur infanterye. Lors il commença à faire retirer lesdits chevaux légers, à la faveur d’un village, pour aller prendre leur place de bataille, et manda à Monseigneur par Monsieur de Boisdauphin qu’il ne debvoit plus doubter de la bataille et que les ennemys marchoyent droit à luy, ny ayant ny boys ny rivière entre deux. Les bataillons se dressent de part et d’autre ; les ennemys pensoyent arriver assez à temps pour tourner l’armée de Monseigneur à demi passée, mais la trouvant en bataille, se rengèrent entre deux villages, où il y avoit justement lieu pour placer leur armée, et leurs arquebusiers dans lesdicts villages, qui leur apportait un extresme advantage. L’ordre de l’armée de Monseigneur estoit de deux grands batail-

Ions de Suisses flanqués d’arquebuziers Françoys et de Lansquenetz^ tous marchant d’un fronts et toute la cavallerye entre lesdictz bataillons, les testes des chevaux n’alloyent pas plus avant que les enseignes des gens de pied ; l’artillerye marchoyt hors des bataillons sur la main gauche des Suisses ^ L’ordre du roy de Navarre estoit quasy de mesme ; toutesfois à cause qu’il estoit couvert de villages, on ne le peust bien juger. Nous feusmes depuys les deux heures après midy jusques à la nuict fermée, à la veue les ungs des aultres, sans cependant tirer ung coup d’artillerye^ et avec un fort légère escarmouche 2. La nuict venue, chascun se logea^ nous en troys villages^ et eux en aultant ;

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