‹ Discours de la bataille de Garennes (Ivry) en mars 1590Chapitre 21 sur 25 · Voyez de Thou, p · texte numérisé non relu

Voyez de Thou, p

2. Voyez de Thou, p, 1 1 9 , et du Plessis, p. 174 : La journée se finit sans journée non sans merveille. »

les deux corps des armées à une lieue l’un de l’aultre , une grande pleyne entre deux.

Le mercredy quatorzième mars^ une heure devant le jour, le sieur de Contenant et le lieutenant du S^’ de Bay vindrent faire rapport que l’ennemy estoit tousjours à son logis. Il fut mis en délibération sçavoir sy on l’iroit attaquer dedans son logis, s’ilz gardoyent le mesme avantage que le jour préceddent. Furent alléguez plusieurs raisons de part et d’aultre ; enfin fut conclud sur l’incommodité des vivres, pour avoir à nostre cul un pays ruyné^ l’ennemy au contraire tout son païs de conqueste, Verneuil, Nonancourt, Evreux. Oultre ce, de toute part, l’ennemy se renforçoit ; que de déplacer en présence et passer une rivière^ cela mallaisément se pouvoit faire sans désordre ; que les forces estoyent esgalles, que si on attendoit que les Restres et les

trouppes de Champaigne se joignissent à eulx, ils nous contraindroyent, ou à nous retirer à Paris et là ruyner nostre armée et nos amyz, ou à un combat désavantageux et inégal. Comme l’on mettoit les trouppes en bataille, l’on vit leur armée paroistre, qui, ayant quitté l’avantage des villages, marchoyt par la playnedroict à nous. Lors on congneuL sans avantage d’un ny d’aultre, que l’on pourroit combattre, et que pas une des dictes partyes ne s’en pourroit plus desdire. Monseigneur commanda aux seigneurs de Rosne et de Tavannes de dresser l’ordre du combat, suyvant la résolution qui en avoit esté prise, quy fut tel, pendant qu’il alloit partout admonester les trouppes à la bataille : le régiment des Suisses de Berlin a la main gauche, celluy de Phyffer à la main droicte ; entre les dictz deux bataillons la cornette

blanche quy pouvoit estre accompagné de deux cens ^ chevaux françoys ; y estans Messeigneurs de Nemours, le chevallier d’Aumalle, le conte d’Aiguemont, entre lesdicts bataillons de Suisses, sur la main droicte de Monseigneur, avec quatre cens lances Wallonnes, et troys cens sur la main gauche ; toute la teste de la dicte cavallerye ne passant pas les enseignes des Suisses, excepté cinquante chevaux conduicts par les sieurs Tremon et Terrail, qui pouvoyent estre cinquante pas devant la dicte cornette blanche Le bataillon de Berlin estoit flanqué d’arquebuziers du régiment de Ponsenat^ excepté quelque petite trouppe d’enflans perduz, qui estoient jettez devant et de celluy du Pes-

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