‹ Discours de la bataille de Garennes (Ivry) en mars 1590Chapitre 23 sur 25 · Le mot bataille a signifié : le centre de l’armée^ un · texte numérisé non relu

Le mot bataille a signifié : le centre de l’armée^ un

ennemys, voyant nostre ordre^ se résolurent, au lieu de venir à nous, de prendre à leur main gauche, pour gaigner un village % pour là, avec cet avantage, nous ^ attendre, comme ils avoient faict le jour préceddent. Et sur ceste résolution, commencèrent à marcher, en nous monstrant le flanc, estant toutesfois encore à demy quart de lieue de nous. Monseigneur juge que marchant droit à eux, ou il leur feroit quitter le desseing du village, en leur faisant tourner la teste, ou bien il prendroit leur bataille par flanc ; quy fut cause que commanda au Sieur Viconte de Tavannes de faire marcher la main droite où es-

corps d’armée, un assemblage de plusieurs corps, l’escadron où commandait le roi. Voyez Revue des Deux-Mondes, article de Mérimée, i®’' février 1848, p. 457.

I . L’intention du roi n’était pas de prendre le village, mais de se mettre le vent et le soleil à dos. Voyez de Thou, p. I 2 I .

toyent les Lansquenetz^ les Restres et les Espagnolz, et au Sieur de Rosne, la main gauche où estoyent les Suisses, la cornette^ les Bourguignons et son artillerye ; demeurant cependant luy à la teste de toute son armée, pour juger des actions des ennemys, quy incontinant changeant de desseing d’aller au village, tournèrent, comme Monseigneur avoit jugé, la teste droit à nous ; et encore que leur artillerye commença à tirer premier que la nostre^ sy est ce que voyant que on attendroit à eux et qu’ils s’estoyent trop avancés , une partie de leur avant garde se renverse, et se mist en fuite, celluy qui commandoit aux Lansquenets craignant qu’ilz continuassent

I , L’artillerie du roi fut si bien servie et si à propos qu’on vit partir neuf volées de canon de suite avant qu’on eut seulement mis le feu à celui du duc de Mayenne. De Thou, p, 124.

leur desseing de gaigner le village quy estoit fort sur sa main droicte de l’infanterye, qui fut cause que l’artillerye donnant aux Restres et une escopetterie qui leur fut faicte de quelques trouppes d’arquebuziers, ils partirent de leur ordre sans attendre les autres troupes et ils marchèrent pour aller à la charge. Estans à cent pas des ennemys, s’arrestèrent tout court ; le viconte de Tavannes partit lors avec les cent chevaux françoys de Fontayne Martel et des aultres, et chargea; Bassompierre et les collonels y allèrent de mesme, pensans estre suivis des leurs. Mais, au contraire, excepté peu de chevaux quy les suivirent, le reste, sans tirer un seul coup de pistollet, se renverse en foulle sur la cavallerye de la bataille, droit à la cornette blanche. Monseigneur voyant que le Roy de Navarre s’advançoit avec ce désordre.

fut contrainct de faire rompre les lances contre ses Restres propres ^ et de charger luy mesme, avec la trouppe du conte d’Aiguemont. Sa cornette fist de mesme, excepté une partie des Wallons qui furent rompus par les Reistres fuyards, estant certain que l’ost du Roy de Navarre estoit de sept à huit cens chevaux ; quy fut chargé sy vivement de ce qui restoit de sa cornette blanche, qu’on veit les deux cornettes jointes, n’aller avant ny arrière, sans qu’on peust, pour un temps, juger du succez de la victoire laquelle enfin leur demeura, ce petit nombre combattant avec Monseigneur forcé par un gros escadron, soustenu avec ordre des aultres quy n’avoyent encore combattu ; de sorte que Monseigneur se trouvant avancé parmy

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