‹ Discours de M. Henri Bourassa, M.P. sur la guerre du Sud-Africain [microforme]Chapitre 3 sur 9 · ILS ONT BIEN FAIT DE REVENIR AU FOYER · texte numérisé non relu

ILS ONT BIEN FAIT DE REVENIR AU FOYER

Le devoir du colonel Otter n'était pas précisément d'accepter au nom du Royal Canadien la cordiale invitation de lord Roberts lui demandant

fût techniquement finie. Les instincts d'un soldat de métier tel que voulouel Otter ne sont pas en harmonie avec dispositions de tous les volontaires placés s0:+ son commandement.

Ceux-ci ont leurs droits et ils ont eu raison de faire valoir ces droits et de ne pas se laisser intimider jusqu'au point d'être retenus en Afrique lorsqu'ils voulaient revenir au pays. Ils ont rendu un bon service à l'empire à l'heure du danmer ; ils pouvaient légitimement laisser aux soldats de carrière le soin de compléter les dernières opérations de la campagne

Ce joyau de sens commun à dû étouner tou” ceux qui ont entendu ici son auteur responsable, l'ancien député de Toronto-est, M. John Ross-Robertson, lorsqu'il admonestuit le gouvernement pour L" r< voter les deniers nécessaires au ce le notre expédition en Afrique, j que l'Augleterre refusait nos au,

Tout homme de bonne mettra que nous sommes loin des appels frénétiques d'octobre 1899 réclamant des troupes et des chevaux, des fusils et des cartouches,

La conclusion que je tire de tout ceci c'est que la tidélité à l'empire est un sentiment aussi élastique que la conscience d'un politicien. Au début de cette guerre, lorsque personne au Canada ne croyait qu'elle pat durer plus de quelques semaines ; lorsque le gouvernement britannique ne voulait que 500 hommes du Cauada—pas pour combattre, mais pour exprimer notre adhésion à la politique de M. Chamberlain—on m'a mis au pilori comme un traître parce que je demandais au gouvernement de différer quelques semaines et de permettre aux représentants du peuple de discuter les conséquences de cett- nouvelle politique militaire. Un an plu ‘ard, lorsque la situation ctait plus

soi que jamais, lorsque l'armée anglaise con. ‘ait à grand'peine ses positions et ne

pou ait empêcher l'ennemi d'envahir le terriioire britannique,—ceux-là mêmes qui m'avaient mis au ban de l'opinion anglaise disautent brutalement à leur bien-aimée mère pairie : *Tirez-vous de Ià comme bon vous semble : pour nous, nous en ävons assez.

Revenez au pays, soldats! Dieu sauve la Reine!”

A la fin de décembre, 9n annonça que les Canadiens auraient de nouveau la bonne fortune d'aller en Afrique, et cette fois, pour une période prolongée, avec une bonne solde et toutes les occasions possibles de voler des bestiaux. de brûler des maisons et des fermes, de voler des pendules, des glaces, des joyaux et de l'argent, de briser des pianos en guise de distraction, de jeter des femmes et des enfants sans ressources sur le veldt, à la merci d'irdigènes barbares et Sans pudeur. J'ai pris toutes ces expressions dans les lettres de volontaires ‘anadiens. AU risque de m'entendre traiter de ‘little Englander,” je crois pouvoir dire que les méthodes humaines de lord Wellington continueront à jeter plus de gloire sur :r nom de l'Angleterre que le régime amélioré de lord Kitohener. Et, peut-être aussi, la gloire aili-

de rester en Afrique jusqu’à ce que la guerre | taire du tacticien prudent des Torres Vedras

et de Waterloo ne sera-t-elle pas totalement éclipsée par les passages et repassages de sir Redvers Buller,

Lorsqu'il fut décidé d'enrôler des recrues canadiennes pour la police sud-africaine, l'explosion d'enthousiasme ne fut pas as sourdissant, Le 51 décembre deruier, le Star, de Toronto, publiait un article intitulé : ‘“ Nous avous besoin d'hommes ici J'y lis les lignes suivantes :

Le pays ne peut accepter comme une faveur qu'un millier de nus jeunes gens aillene faire des opérations de police en Afrique, en Asie, dans l'Amérique du Sud, en Angleterre ou n'imports où. Nous en avons besoin ici. Le pays n'a aucune raison, non plis, de considérer comme un acte de bonté l'offre de commissions à nos jeunes dans l'armée impériale, Ce sont là des récompenses qui les détournent des devoirs auxquels notre pays les prépare, Nous avons besoin de plus de jeunes gens que notre pays n'en produit et nous en produisons de meilleurs que ceux que nous pouvons importer.

Il est bon que le pays se jette dans l'action au moment du danger et frappe quelques coups pour le bien commun de la famille ; mais ce que nous ne devons pas oublier c'est que pour faire du Canada ce qu'il doit être, un seul indigène vaut un plein wagon d'immigrants.

Au risque de fatiguer la Chambre, je citerai encore deux articles de la Gazette Militaire Canadienne (Canadian Military Gazetter On ne prétendra pas, je présume, que ce journal est un organe anti-militariste ni une publication francaise séditieuse. Le premier article fut publié le 13 janvier dernicr :

Page 1