‹ Discours de M. John A. McCall [microforme]Chapitre 2 sur 2 · SE ETES · texte numérisé non relu

SE ETES

fâcheux sur les compagnies canadiennes ou leur administration qui, du reste, n’ont besoin des éloges de personne. Je rappelle simplement ce fait pour constater que, les dépôts qu'on exige des compagnies américaines étant plus élevés que ceux qu’on impose aux compagnies canadiennes, nos détenteurs de polices 5e trouvent avoir un avantage très appréciable.

Le peuple canadien nous a donné sa confiance et son patronage et nous lui en avons montré notre gratitude en contribuant à l’embellissement de cette superbe ville par l'érection d'un édifice qui est notre demeure au Canada et qui pour vos habitants doit être une preuve irréfutable de notre confiance dans le développement et la prospérité de Montréal. Il nous eut été difficile de mieux démontrer que vos intérêts sont aussi les nôtres. Nous sommes fiers de notre édifice et je sais que tout Canadien qui s'intéresse à la prospérité de cette ville et de ses habitants ne craint pas de dire que notre Compagnie a plus fait pour eux que toute autre corporation indigène ou étrangère.

Après cette revue sommaire de vos affaires canadiennes, occupons-nous un peu de l’ensemble de nos

opérations. Que nous réserve l'avenir? Comment

pouvons-nous apprécier ses résultats? Par le passé? Voyons alors ce qui a été fait. Des rapports que 29

compagnies d'assurance sur la vie ont envoyé, le 31

Décembre 1891, au Département des assurances pour l'Etat de New-York il ressort ceci:

Actif, dis . $819,402,852 Excédent de l'Actif sur le Passif, 96,356,907 Recettes de l’année, . . . 201,931,425

Paiements aux détenteurs de

polices en 1891, . . 92,953,613 Total des Débours, . . 135,792,048 Polices en vigueur, . 1,400,007

$3,861,584,483 Ces chiffres dépassent presque notre compréhension.

Montant des assurances,

Mais s'il nous était permis de connaître en détail les misères qu'a empêchées et le bonheur au’a procuré la distribution aux détenteurs de police de cette somme de $92,953,613, les millions ne seraient plus pour nous qu'une chose insignifiante. Quoique ceci soit satisfaisant et rassurant, cherchons s’il n’est pas possible de perfectionner les méthodes qui ont donné ces résultats. Lorsqu'on marche vers le succès on est en état de reporter ses pensées sur les sentiers que d’autres ont foulés. Il peut se faire que nous soyons privés de l'énergie qui les a portés au sommet de la colline ou de l'intuition qui les a préservés des descentes périlleuses, mais si nous atteignons le but de notre ambition c’est

parceque nous avons eu la volonté de profiter des erreurs

des autres et de surmonter les obstacles au fur et à

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mesure qu'ils se présentaient sur notre route. Le but que l'on poursuit ne peut s'atteindre dans aucun cas lorsqu'on est livré, au début, à son seul jugement mais, tandisque nous luttons pour aplanir les difficultés qui nous narguent, laissons à ceux qui ont ouvert les sentiers rocailleux que nous évitons le soin de les réparer.

La lutte et la concurrence qui ont existé dans les affaires pendant ces cinq dernières années, tout en ayant puissamment contribué à la richesse et à la puissance des corporations, n'en présente pas moins un danger. L'aveuglement de la force fait place à la faiblesse de la crainte, La réaction est pire que l’action. Il est évident que quelques-unes ont pris conseil de leurs doutes. Le désir d'arriver premier dans la course a été supplanté par le danger de la perte d’une position déjà prise. Les bonnes intentions se sont revêtues de résolutions soudaines et la lutte, d'un commun accord entre les contestants, est devenue beaucoup moins ardente. Si l’on met en pratique ces bonnes résolutions, il n’en peut résulter que du bien, L’extravagance des procédés et le manque de réflexion quant aux résultats n'auraient peutêtre pas entraîné l’insolvabilité mais ils eussent provoqué des protestations violentes et une guerre ouverte contre les compagnies d'assurance sur la vie. Le mécontente-

ment causé par les promesses irréalisées et irréalisables

de l'agent solliciteur, n’a pas été calmé par la lecture

des restrictions imprimées en petits caractères dans le

corps du contrat. La responsabilité et le châtiment des méfaits de l'agent sont retombés sur la tête des compagnies qui l’employaient. Tout cela est fini, j'espère, surtout quand je considére les résolutions et protestations ayant pour but de prévenir le retour de pareils méfaits. Nous sommes disposés à appuyer toute tentative loyale pour remettre les affaires sur une base légitime, Nous ne nous abriterons pas derrière les défaillances des autres. Nous ne sommes et ne serons des concurrents que dans les circonstances où des procédés honorables et imposant le respect pourront être employés. La taille est moins importante que la force dans les parties vitales. Nous ne rechercherons pas les faveurs de défenseurs à gages et nous n’essaierons pas d'éviter leurs attaques en leur distribuant des pots de vin. Une attitude de défi à l'égard de pareils gens vaut mieux que la soumission pour éviter temporairement les embarras qu'ils peuvent susciter. De plus, on a la satisfaction d’avoir conservé le respect de soi-même en restant sourd à leurs insinuations.

Nos efforts tendront donc à obtenir la confiance de ceux qui s'intéressent à l’assurance sur la vie pour des raisons autres que des raisons de spéculation. Nous nous efforcerons de gagner l'estime de nos membres en

leur accordant les meilleurs contrats aux meilleures con-

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ditions possibles. Mais cette résolution resterait sans

effet si les agents ne nous aïidaient pas à en faire une réalité. Par l'exactitude de vos renseignements vous pouvez plus faire pour élever le niveau de moralité de nos affaires que tous les présidents et administrateurs réunis. C'est surtout grâce à vos efforts qu’on obtient des assurances, mais si le désir d’un avantage temporaire vous entraîne à faire des promesses mensongères pour arriver à la conclusion de contrats, l'assuré n’est pas le seul à souffrir des déceptions que vous lui faites éprouver. Au point de vue de l'assurance en général, il est presque aussi mauvais d'offrir de partager vos commissions ou de consentir, comme on dit dans le langage du jour, à un rabais. Je regrette que les efforts qui ont été faits au Canada pour rendre ces procédés illégaux n'aient pas abouti. Il est de mauvais augure que vos associations n’aient pas été assez influentes ou actives pour assurer l'adoption d’une telle loi. On pourrait me répondre que ces lois restent souvent à l’état de lettre morte dans les pays où elles existent. Il y a du vrai dans cette objection mais les agents sont seuls à blâmer pour cet état de choses.

Dans notre Etat la loi a été votée malgré une opposi-

tion sourde et sa mise en vigueur a été accueillie avec

quelque hostilité par des personnes qui contestaient sa Cependant

légalité et la possibilité de son application.

les tribunaux, lorsque le premier cas leur a été soumis, ont maintenu la validité de cette mesure et approuvé le

La seule diff-

culté que nous ayons pour la faire entrer dans le do-

principe qui a déterminé son adoption.

maine de la pratique, se trouve dans l'indifférence des personnes les plus intéressées, les agents eux-mêmes. S'ils veulent violer la loi ils ne peuvent forcer les autres à la respecter et c’est ainsi qu'ils nuisent à la fois aux affaires et à eux-mêmes. Pour tout le reste, il existe une action concertée et réfléchie et on devrait trouver. assez d'influence dans vos diverses associations pour que vous puissiez conserver pour vous le produit de votre travail. On a dit comme excuse qu’un homme peut faire ce qui lui plaît de son argent et c’est à peu près le seul argument qu'on ait invoqué pour la défense de cet odieux système qui consiste à dépouiller une classe d'hommes de ce qu’ils ont légitimement gagné. Ceci constitue pour la direction des affaires le plus grand des dangers. Les contrats ruineux et extravagants, les gratifications, que l’on condamne maintenant avec juste raison, sont la conséquence fatale des agissements que nous venons de signaler.

Les efforts ridicules qu’on fait en vue de la suprématie, outre qu'ils indiquent un manque d'intelligence et d’intégrité, trouvent dans le mensonge et le rabais sur les

commissions leurs alliés les plus puissants. En établis-

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sant une ligne de conduite, n'oublions pas que le principe fondamental doit être d'éviter ces maux. En agissant ainsi et alors même que nous ne ferions que la moitié des affaires que nous pourrions obtenir autrement, la Compagnie, son administration et ses agents jouiraient, croyez-m'en, d'une plus haute considération que si par des rebais sur les commissions et par des manœuvres déloyales ils avaient dépassé les prévisions les plus optimistes du directeur le plus ambitieux.

J'espére que j'ai exposé clairement quelques uns des motifs qui guideront mon adminstration. Nous ne voulons pas de ceux qu'il faut supplier. Celui qui n'est pas avec nous ne sera pas des nôtres et sur ce point nous sommes décidés à ne faire aucune concession. Nous avons beaucoup de choses pour lutter. Nos $125,000,- 000 d’actif et $15,000,000 d'excédent sont des munitions suffisantes pour les jours de paix et des armes formidables dans d’autres conditions. Les autorités du grand Etat dont nous dépendons ont examiné en détail chacun de nos placements et fixé elles mêmes le montant de notre passif; et le surintendant du Département des assurances, dans son rapport à la Législature, a affirmé de nouveau, dans un langage non équivoque que la solvabilité de la Compagnie n’est en rien menacée, et que le

montant de sa réserve, le passif déduit, se traduit par un

gros excédent. Pas une des compagnies nos rivales ne

peut à présent se prévaloir d’une approbation si autorisée. Nous sommes une exception à cet égard, et forts de cette sanction officielle nous ne manquons de rien pour commander et mériter le succès.

Je préférerais qu’on dise de la Compagnie qu’elle est prudente et honorable que de la voir citer comme une merveille de développement et d'initiative. Notre corps d'agents a été éprouvé en guerre et il a montré que son lévouement était inébranlable. Ses membres n'ont pas déserté lorsque le drapeau traînait à terre et je crois qu’en exposant la conduite que nous tiendrons à l'avenir nous ne provoquerons pas le mécontentement qui désorganise les rangs; mais s’il en était ainsi, leur intention de rester en arrière ne saurait être trop tôt proclamée. Nous ne voulons pas d'hommes que le doute et l’apathie paralysent. Qu'ils cherchent un abri sous d’autres tentes que les nôtres, personne ne se plaindra ni ne regrettera leur absence.

Mettons nous donc à l’œuvre qui nous est assignée avec la ferme résolution d’y employer toute notre ardeur et tout notre dévouement. Au nom des Directeurs et du Conseil d'administration, je vous donne l'assurance que la Compagnie soutiendra vos efforts en vous fournissant toutes les occasions possibles pour que vous fassiez des affaires par des procédés honorables

et conservateurs. Les jours des commissions extrava-

gantes, des gratifications et des garanties sont passés, du moins en ce qui concerne la New-York Lire. Les transactions servant à sauver les apparences ne seront plus tolérées et nous ne paierons plus pour le nom d’un homme s’il ne peut donner en travail l'équivalent de ce qu'il reçoit, Dans les contrats d’assurance et pour tout ce qui y touche les détenteurs de polices auront la préférence. Notre Compagnie est une compagnie mutuelle et dans ses opérations les avantages appartiennent à ses membres. Le verbiage habile et technique qui confisque les réserves et prononce la déchéance de polices ‘non susceptibles de déchéance” disparaîtra des contrats futurs et, rendus forts par la droiture de nos actes, la fin de l’année nous trouvera sans ennemis pour

nous attaquer puisque nous serons inattaquables.

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