‹ Discours de M. L.G. Desjardins... sur la résolution relative à la vente de la partie ouest du chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa et occidental fait à l'Assemblée législative de la province de Québec à la séance de lundi, le 3 avril 1882 [microforme]Chapitre 8 sur 49 · LES PRÉCÉDENTS DU CHEMIN DU PACIFIQUE EN 1871 ET · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENTS DU CHEMIN DU PACIFIQUE EN 1871 ET

Ne sait-on pas que pendant les vacances du parlement fédéral, après la session de 1870, le gouvernement du Canada négociait avec celui de la Colombie Anglaise l'entrée de cette province dans la Confédération, et acceptait, sans avoir préalablement consulté les Chambres, la condition de la construction du chemin de fer du Pacifique? Il s'agissait pourtant d'une immense entreprise de cent vint-cinq à cent cinquante millions de

piastres. Cependant le gouvernement fédéral n’hésita pas, —comme c'était son droit et son devoir,—de conclure un pacte qu’il s’engageuit à faire adopter par le parlement, sachant bien qu'il aurait à abandonner le

uvoir s’il ne réussissait pas à faire triompher l’importante mesuré dont il avait eu le grand courage de prendre la responsabilité.

Nous avons un précédent plus récent que tous ceux que je viens de mentionner. Après la session du parlement fédéral de 1880, les Chambres se séparaient, les sénateurs et les députés retournaient dans leurs foyers, ayant en 1879, autorisé le ministère à consacrer cent millions d’acres de terre du Nord-Ouest aux travaux du chemin de fer du Pacifique, qui devait être construit et exploité par l'Etat.

Peu de temps après, le très honorable Sir John À. Macdonald, l'illustre chef du gouvernement fédéral, déclarait, sans le moindre avis préalable, que la politique de son cabinet était changée, et qu’au lieu de construire le chemin du Pacifique comme entreprise publique, il s’en alluit, lui, le premier ministre, en Angleterre, pour négocier l'organisation d’un syndicat qui se chargerait d’exécutér les travaux comme entreprise privée, moyennant une subvention en argent et une concession de terres, Les négociations furent conduites avec vigueur et avec tout le soin et le dévouement qu’exigeaient les grands intérêts en jeu. Les conditions du contrat ne furent, avec beaucoup de raison, communiquées aux Chambres et au

ublic qu'après l'ouverture de la session qui commença duns les premiers Jours de décembre 1880. La Chambre des communes et le Sénat ne firent pas au gouvernement l’injuste reproche de ne pas les avoir consultés avant de changer ainsi sa politique du tout au tout. Ils savaient qu'il

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