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de velours ? Et les savants répondent : c’est la
Terre !
Voilà comment les rayons du soleil transforment notre sombre séjour en un globe lumi-
neux.
Or, je dis que les peuples aussi deviennent des astres quand ils se rapprochent assez du Beau idéal pour en refléter les rayons ; et je ne ferai que rendre à la race canadienne-française un hommage mérité en ajoutant qu’elle a déjà manifesté pour les Beaux-Arts des aptitudes et des
attractions incontestables.
Voilà pourquoi je garde une confiance iné-
branlable dans notre avenir national.
Je crois très fermement qu’après avoir pro-
duit des artistes comme Albani, des musiciens
comme Gagnon, Lavallée et Desève, des peintres comme Hamel, Bourassa, et leurs disciples, des sculpteurs comme Hébert, des poëtes comme Crémazie, Fréchette et Lemay, des
orateurs comme Chapleau et Laurier, des écri-
vains comme Garneau, Chauveau, Taché, Cas-
grain et vingt autres, notre race a conquis le droit de cité sur les bords du Saint Laurent, et que les accents glorieux de notre langue ne
cesseront jamais d’v retentir !
Si les rudes et courageux colons qui, traversant les mers, vinrent fonder ici le berceau d’une France nouvelle, pouvaient sottir de leurs tombeaux et prendre part à nos grandes fêtes, dont le triple caractère est toujours religieux, intellectuel et artistique, il me semble qu’ils nous
diraient ;
« Enfants, nous sommes contents de vous.
Sur le sol que nous avons arrosé de nos sueurs et de notre sang, vous recueillez les fruits de la paix que nos guerres vous ont achetée. Vous cultivez à la fois vos terres et vos intelligences, vous entretenez un doux commerce avec les Lettres sans négliger celui des affaires, vous favorisez le double culte du progrès industriel et des Beaux Arts : c’est bien, nous sommes con-
tents de vous.
» C’est un peuple d'agriculteurs et de lettrés, de travailleurs et d'artistes, que nous avons voulu former, et, dans la couronne qui brille à votre front nous voyons déjà s’entrelacer les épis de froment et les feuilles de laurier. Nous sommes contents de vous, et, grâce à ce double travail
qui féconde à la fois le sol natal et le génie
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