M. L'ORATEUR
Il y a cinq ans, convaincu que le siècle dans lequel nous venions d'entrer porterait le nom de siècle de lumière, ayant foi dans l'étoile d’un puissant ministère, croyant qu'il était du devoir d'un nouveau député de s'enquérir d'abord des ressources à la disposition de la Province avant d'appliquer un programme quelconque, j'ai posé plusieurs questions et soumis plusieurs projets pour améliorer l'état de nos finances.
Heureux et fier d'ouvrir modestement la marche, je m'attendais à ce que les hommes d'expérience, et les hauts dignitaires de cette assemblée législative, offrissent à la Province le spectucle d'un cortège étincelant de noms connus et respectés, rivalisant de zûle pour trouver les moyens de orriger notre situation financière.
Erreur profonde, l'assemblée s'est contentte d'adopter des zésolutions plus où moins inoffensives ainsi qu'un Bill auto-isant la conversion de la dette dont personne ne s'est encore servi, et la surface de la mer parlementaire est revenue au calme plat.
Cependant un homme d'avenir, alors simple ministre dans le gouvernement dont il est aujourd'hui l'âme dirigeante, a compris que la question soulevée par le député de Chambly était la vraie, la seule à‘étudier avant d'adopter aucun Programme : et dans un pamphlet très élaboré il a invoqué lbs m°mes principes et amplifié la thèse que j'avais soutenue en Chambre,
Tous les ans, depuis cette époque, je suis revenu à la charge en abordant le sujet de différentes manières, et tous les ans, le Premier Ministre actuel s'est montré sympathique à toute tentative d'améliorer les ressources financières.
N'ai-je pas le droit, aujourd'hui que notre sort dépend presque de sa seule volonté, avec une majorité immense à sa disposition, n’ai-je pas le droit d'espérer que le Ministère, que toute l'assemblée m'écoutera une dernière fois sur la question.
Car j'ai atteint la limite extrême, ce que je veux suggérer renferme tous les éléments de succès, il n'existe aucun autre moyen plus pratique ou plus sûr; et je ne désire plus à l'avenir ennuyer mes collègues sur ce sujet, ni passer pour un homme qui veut se substituer à l’Hon. Trésorier pour veiller à l'alimentation de la Caisse provinciale,
M. l'Orateur, au début de notre carrière, car notre Province est toute jeurie, n'est-ce pas le moment d'ajuster d’une manière permanente notre système financier ?
A plusieurs points de vue, nous avons une tâche considérable à accomplir, et nous ne pouvons pas arrêter notre marche rapide vers le Frogrès, pour remanier nos finances, chaque fois qu’une imagination ardente aura entrevu un rêve quelconque,
Que deviendrait l'Angleterre avec son ambition de contrôler le commerce du monde, si son propre système financier était constamment en défaut ?
Que deviendraient la France, l'Allemagne, ou la Russie, chargées déjà de lourdes responsabilités, et faisant cependant affaire avec tous les pays, si leur marché monétaire était à la merci d'une politique d'occasion ?
Asez larges, lorsqu'il s'agit d'opinion sur les actes d'un gouvernement au point de vue de certaines lois, nos idées doivent se restreindre et devenir radicalement mesquines lorsqu'il s'agit du Trésor.
Ïl nous faut aussi laisser de côté la question de parti, pour ne venser qu'à l'intérêt de notre chère Province, et nous soumettre à l'inévitable, si les documents et les chiffres nous imposent même l'obligation de trancher dans le vif.
M. l'Orateur, cette nesemblée est composée d'hon mes au jugement sain, choisis par leurs concitoyens pour venser et agir à leur place, dans le Parlement de leur pays; mais il y en a beaucoup trop cui se contentent de penser profondément, et je ne crois pas que leur rôle puisse ôtre passif,
S'ils approuvent la politique qu'ils entrevoient, il faut qu'ils le disent ; s'ils ne l'approuvent pas, il faut encore qu'ils se prononcent ; car nous représentons tous ici un droit sacré, le droit d'une nation de -onnaître la vérité et toute la vérité.
Le congrès de éolorisotion vient d'avoir lieu, eclui de chasse et de pêche a suivi de près; demain ce sera le tour de l'agriculture, et aprèsdemain celui de l'instruction publique,
Chacun de ces congrès demande ou demandera tout ce qui reste dans la Caisse, et aucun d'eux ne sera satisfait.
M. l’Orateur, n’aurions-nous pas dû commencer par le congrès de la finance ?
Or, pour mettre la Province à l'unisson des pays d'Europe et du reste de l'Amérique, je prétends qu'il faut utiliser toutes nos ressources, en dehors de ce que nous exigeons des électeurs sous forme de taxe, licence, honoraire, ou autre redevance,
En première ligne de compte, je mets le crédit,
Notre crédit se borne-t-il au revenu de près de 85,000,000 que nous réalisons aujourd'hui ? Non.
Notre crédit est basé sur la valeur de notre actif, lequel, à part des
édifices publics et des chemins de fer s'élève au chiffre d'environ 300 millions, si l’on tient compte des terres, des mines, des pouvoirs d'eau et
des pêcheries.
Mais il y a plus, je prétends que nous avons une part considérable dans le crédit de la Puissance, dans le capital immense que représente la somme de 70 millions, versés annuellement au Trésor fédéral par le peuple du Canada, soit 823,333,233,000 (23 milliards ).
Il y a longtemps que la Puissance existe, déjà 39 ans, et durant cette période notre constitution a piloté, et innové les plus sages combinaisons politiques dans le comr-erce et les affaires en général.
Cette confédération, malgré sa jeunesse, a déjà vu grandir un pays immense, elle l'a vu s'étendre et avancer dans la voie du progrès et de la prospérité ; elle a vu l'éducation devenir la question principale dans les différentes provinces ; elle a vu augmenter l'intelligence des citoyens ; elle a vu s'établir un courant de raisonnement basé sur la vérité et le bon sens, par lequel le peuple s'est rendu compte du véritable aspect des choses.
Or, ce que ‘ pouvoir Fédéral vient d'accomplir est certainement un travail grandiose, mais n'a pas plus de prix à mes veux, et ne demande pas plus de dévoñment ni de vigilance que les détails d'administration interne dont notre législature doit s'oceuper,
Hn'y a pas plus de mérite à discuter le tarif, les moyens de transport et l'augmentation des richesses de la Puissance avec un budget de 76 millions, qu'à développer les questions d'éducation, d'agriculture et de colonisation de la Province, avec un budyet de 5 millions,
Au sujet du fédéral, je crois le moment opportun d'attirer l'attention de cette assemblée sur une déclaration publique faite le TE décembre dernier, à Montréal, par le Très Henorable Premier de la Puissance en réponse à l'areumentation serrée de l'Honorable Premier de la Province ; et par cette déclaration, ilest évident que nous ne pouvons pas compter sur une augmentation immédiate des subsides fédéraux.
Eh bien, si le gouvernement fédéral n'est pas en état de faire droit aux justes réclamations des provinces, pour le remaniement des subsides, je demande qu'au moins il < aide de son crédit.
On me dira, M. l'Orateur, que la constitution ne prévoit aucune obligation de ce genre duns les rapports entre le fédéral et les provinces.
On ajoutera peut-êtie que le Fédéral a déjà assumé bien des dettes et des responsabilités, et que sa dernière œuvre du Transcontinental est de nature à rendre des services précieux à toutes les provinces,
C'est vrai, n° je réponds que nous avons cree de toutes pièces cet être à part, qui s'appelle la Puissance du Canada ; et la vie qui l'anime pre ent de la volonté et du cœur d: chaque province,
Sans faire de menaces, rappelons-nous qu'avec un système constitu-
tionnel comme le nôtre, composé de diverses sections très dispars :, la
séparation signifie la mort.
Aucun sacrifice n'est done trep grand pour éviter la dissolution de notre sys: me politique.
D'illeurs, qu'entend-on par système constitutionnel ?
Est-ce la combinaison des officie:s de l'exécutif à qui l'on donne des pouvoirs extraordinaires, auprès desquels les prérogatives monarchiques semblent insignifiantes ? Non, M. l’Orateur.
Est-ce la combinaison et l'administration de la justice avec pouvoir de vie et de mort sur les citoyens ?
Non.
Est-ce la combinaison des législatures et des lois qu'elles proclament ? Non,
Le système constitutionnel consiste dans les éternels principes de justice, appliqués aux rapports des hommes entre eux, ce qui forme la s0ciété, mais avec les conditions suivantes : qu'aucun être humain ne peut être privé de son existence, de sa liberté, où de ses biens sans des procédés légaux ; que tout citoyen à un droit égal dans la conduite des affaires de la nation ; qu'aucune propriété privée ne peut être employée à des fins publiques, sans compensation.
Voilà le sens du régime constitutionnel : et je prétends que nous, la Province de Québec, nous les citoyens formant une partie essentielle de ce système, nous allons être privés de notre existence financière, si le Fédéral ne nous prête son appui.
Notre crédit particulier, comme Province, à ét employé à des fins publiques, comme Puissance, sans compensation suffisante: et il est juste que nous partagions aujourd'hui sous une forme quelconque dans les bénéfices du Canada, comme nous avons participé à l'origine dans la mise de fonds ‘de la Confédération.
M. l'Orateur, cette assemblée a droit de me demander comment j'entends procéder oour relier le crédit de la Province à celui de la Puissance du Canada, et je m'empresse d'aller au-devant des désirs de mes collègues,
La Puissance du Canada, malgré sa dette nette de 8260,867,718, possède encore une faculté active d'emprunt de 8526,467,971, créée par l'excédant de 815,056,984 des recettes sur les dépenses, sans tenir compte des fonds d'amortissement qui s'élèvent à la jolie somme annuelle de 82,315- 066, ni de la valeur énorme que représentent ses terres, ses comptes de banque, ses comptes de chemin de fer, ses travaux et ses édifices publics, au capital de $453,450,28S, dans l'annuaire de 1204,
Je calcule cette faculté sur une base d'intérêt à 2.86 p.c., car malgré le taux du dernier emprunt de 1897 à 2 1-2 p.c. il fart tenir compte de la vente des débentures émises un peu au-dessois du pair, soit environ
Or, sans s'occuper d'Ontario dont l'actif dépasse le passif, le total net des dettes provinciales pour l'île du Prince-Edouard, la Colombie Britannique, Manitoba, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecoss et Québec s'élève seulement à 839,112,101 : et le gouvernement fédéral pourrait donc en assumer la responsabilité sans fatiguer ses robustes épaules, suivant les nombreux précédents établis depuis la confédération, car il a déjà à sa charge 8109,430,090 de dettes provinciales.
Nos recettes restant les mêmes, et en payant au Fédéral l'intérêt sur notre dette à 2 1-2 p.c. au lieu de 3, 4, 4 1-2 et 5 p.c. que nous débour-
sons aujourd’hui entre les mains äes Européens, nous aur ns à notre
crédit, soit un nouveau capital de 827,601,963, soit un revenu udditionnel de 8690,049, libre. de toute entrave, et à la disposition do ceux qui veulent améliorer la colonisation, l'agriculture et l'instruction publique.
On me répondra, M, l'Oratour, qu'il n'y à pas beaucoup de différence entre 2.86 p.c, et 3 p.e. que nous croyons payer sur nos derniers er prunts, mais la vérité qui n'apparaît pas (lans les comptes publics, c'es, que ce 3 p,c. représente environ 3 1-3 p.c., car les émissions de débentures n'ont réalisé que 90 p..., et ce d'après 60 Vict, chap, 2.
J'ai donc droit de placer le 2 1-2 p.c. en regard du 3 p.c.
Voilà par une seule opération le budget soulagé de deux tiers de million annuellement, sans se traîner aux genoux du Fédéral, ou sans le surcharger en aucune manière, car nous lui paierons les intérêts au lieu de traiter avec des étrangers.
Que les honorables ministres, que tous les membres de cette Chambre s'uniss :! pour convertir leurs amis du Fédéral à ce pacte financier qui est parraitement honorable, facile d'exécution, et de nature à maintenir d'excellentes relations entre les deux gouvernements ; et toute la Province applaudira au succès de leurs démarches.
Cependant l'avantage du caleul précédent, que n'importe quel comptable peut faire, en ét liant et comparant les comptes publics fédéraux et provinciaux, est } : de chose en proportion de la faculté que possède la Province de Québ.: de se créer des revenus énormes en se basant sur ses propres ressources, et sur son propre crédit,
Je veux parler maintenant de l'exploitation des services publics, tels que traction électrique, éclairage él ::-ique, éclairage au gaz, chauffage au gaz, aquedues, télégraphes, télép}..nes, pulpe, amiante, vente des liqueurs alcooliques, ete, ete.
M. l'Orateur, on a beaucoup discuté la municipalisation de ces services, et l'affermage des monopoles ; tout cela disparaît devant un système bien plus rationnel et surtout plus équitable, c'esi de remonter à la source de ces pouvoirs : c’est de faire profiter non pas une ville, non pas une section de la population, mais toute la province des immenses avantages que la nature nous a si généreusement octroyés, en remerciant la Providence de nous avoir fait naître sur un sol aussi fécond en ressources de toute sorte.
M. l'Orateur, le vrai, le seul moyen de remettre notre système finan-
cier sur un pied d'égalité avec ceux du reste de l'univers, c'est la nationalisation d'une grande partie de ces services publics, en y ajoutant la nationalisation du crédit; et le tout sans sortir du cadre que nous a tracé le pacte de la confédération.
Etudions quelques instants la situation actuelle, avec l’antidote « côté du poison, pour chaque désordre dans l'organisme financier et moral de notre chère malade, la Province de Québec.
Que la Chambre ne s'inquiète pas outre mesure de la quantité et de l’aridité des chiffres inévitab!es dans une pareille étude, car je ne fournirai aujourd’hui que le sommaire dans chaque cas, tout en tenant à la disposition de mes collègues plusicurs séries de tableaux comparatifs que j'ai préparés pour une discussion plus approfondie, ou pour la ré plique aux adversaires. s’ilyena.
Quelle est d’abord la définition du monopole privé et pourquoi cette lutte que j’entreprends contre ses empiètements continuels sur le droit commun ?
Le monopole privé signifie privilège, droits inéraux, aristocratie, accumulation du pouvoir entre quelques mains, et source d’antagonisme entre la compagnie et le public.
Cette guerre aux monopoles constitue la défense du principe pour lequel
représentation est une tyrannie.
Si la Province eut contrôlé les grandes corporations qui dépendent d'elle, comme elle contrôle les terres de la Couronne;
Si la valeur représentée Par les chemins de fer ordinaires ou électriques, au lieu d’être la propriété exclusive de quelque privilégiés, eut ét{ mise à la portée de tous les capitalistes, grands et petits;
Si une partie de cette Propriété des chemins de fer eut été possédée par les ingénieurs, les chau‘feurs, les conducteurs, les garde-moteurs, les aiguilleurs, enfin toute la liste d’employés dont la Coopération intelligente est le premier élément de succès dans l’entreprise;
Si les grandes usines . Utilisant la force hydraulique eussent intéressé les hommes qui retirent [a matière Première du sol, ainsi que ceux qui préparent ce matériel,ou qui alimentent les machines ;
Si les grandes compagnies minières eussent intéressé les hommes qui risquent pour elles leur santé et leur vie;
Si les grands entrepreneurs industriels eussent intéressé l’ouvrier qui manie la truelle et le rabot;
Si tous ceux qui sont astreints au travail manuel cussent eu l’avantage d'améliorer leur sort, comme l’agriculteur et le colon qui reçoivent des octrois ou des terres du gouvernement :
Si l’ouvrier de tout genre, au lieu de Compter seulement sur un salaire,au lieu d'être considéré comme du simple combustible dans la grande fournaise industrielle, eut obtenu une faible parcelle de dividende dans les revenus immenses dont il est le créateur;
Si l'état de choses actuel eut été tout autre, les grandes compagnies à monopole ne seraient pas considérées aujourd’hui
pes comme une menace constante pour notre existence nationale, mais le canal naturel par lequel notre Province eut obtenu l’expansion et la durée de cette même existence.
Et notre Province elle-même est la première coupable, M. l’Orateur, puisque pour un honoraire minime, elle a sanctionné d’avance les actes de n'importe quelle entreprise industrielle avec une indifférence qui, en toute autre circonstance, eut choqué le sens moral de tout homme d’affaires. &
Car il est parfaitement possible, aujourd'hui même, que cinq hommes se réunissent autour d'une table, déposent un dollar au centre, signent des documents d’incorporation, souscrivent le stock pour la forme, remettent le dollar dans leur poche, adressent les papiers par la malle au Secrétaire de la Province, et reçoivent par le courrier suivant un certificat de la Couronne, établissant que leur compagnie est en état de transiger des affaires pour un million.
Et la même chose se répète sur une plus grande échelle aux Comités des Bills privés et des chemi:s de fer, et en pleine assemblée législative, pourvu que ces Messieurs fassent le dépôt traditionnel pour l'impression de leur Bill.
Quant à la manière de procéder employée par ces compagnies, mes
collègues m'endosseront dans les: conclusions des tableaux comparatifs que je désire mettre sous leurs yeux, et qui indiquent les exigences d’un monopole outrageant :
Prenons, par exemple, les tramways électriques,
Les compagnies veulent : Le peuple veut :
Le plus haut prix possible; Que le prix soit bas;
Le moins de dépense possible; Un bon service;
Les passagers suspendus aux cour- Des sièges pour tous; roies dans les allées et entassés sur les plate-formes;
Le moins de dépense possi- Des filets protecteurs perfectionnés. ble pour les filets protecteurs et plutôt des causes en dommages ;
Le moins de dépense possible pour Des chars bien chauffés en hiver; le chauffage du public;
Le moins de dépense possible pour Des vestibules bien chauffés pour les vestibules des garde-moteurs, les les garde-moteurs; hommes étant considérés comme plus faciles à renouveler que le bois, le verre et le combustible;
Les rails à meilleur marché, Des rafls n’affectant pas la circusans s'occuper’ de la circula- Jation des rues; tion des voitures ordinaires ;
Un système dangereux, disgracieux Pour l’apparence des rues, appelé “trolley”? ;
De forts dividendes sur un capital fictif:
Des comptes surchargés:
Une évaluation réduite et même, si possible, l’exemption de taxes ;
Des heures longues et des salaires écourtés pour les employés, mais de forts salaires et des heures courtes Pour les gérants :
Eviter les unions entre les employés;
La volonté des directeurs comme seul arbitre;
Enfin, les Compagnies ne visent qu’à leur propre fortune, et à une sorte d’aristocratie industrielle,
Un système de fils sous terre:
Des profits raisonnables sur la mise de fonds;
Une comptabilité sans réplique;
Une évaluation ct des taxes équitables;
Des salaires et des heures raisonnables pour tous les emplo s;
La literté d'organisation pour les employés; :
L'arbitrage sur les différends ;
En résumé, le peuplé veut la justice et l'équité Pour tous;
Est-ce raisonnable?
Maintenant, Pour le coût du transport des passagers 3
Je puis démontrer,
par les tableaux à Ja disposition de Ja Chambre,
que nous payons plus cher entre les mains des Compagnies que par les systèmes municipalisés ou nationalisés, c'est-à-dire au lieu de 4 cents en
moyenne, nous ne devrions population.
Payer que 2 1-2 cents en Proportion de notre
Les tramways procèdent en petit comme Jes chemins de fer le font en
grand, et l’on calcule aux Etats-Unis
qu’une économie s
(j'ai le détail dans la main }) tant de 549 millions Par année, : e chiffre représente seule-
somme versée annuellement Par le peuple américain Pour voyager dans ses propres limites, la Commission & éciale du Commerce, de 1904.
Le Street Railway Journal, (une autorité reconnue aux Etats-Unis )
établit le 15 oct. 1897, que les tramways électriques américains
encais-
sent 150 millions de recettes brutes, dont 50 millions de profits nets,
Je puis de même démontrer que le profit des tramways, de l'est à l’ouest et du sud au nord du territoire canadien, s'élève de 10 p.c. à 20
P.c. sur la valeur originale du Capital payé, et ne descend bas que 10 p.c., excepté dans le cas de quelques nouvelles
jamais plus institutions
comme lé tramway de Québec et celui de Lévis.
Mais aus Pourquoi se contenter
services de gérants
de 6 p.c. et n'avoir Pas retenu les
qui savent faire Payer de semblables systèmes ?
ut la
ique; es équi-
raison-
D'ailleurs, comme pour un être humain, il y a des degrés de force suivant. l’âge du tramway, et aussitôt qu’il a fait sa séconde dentition, c’est à dire émis son stock préférentiel, on s’aperçoit déjà que peu de chose résiste à la force de ses mâchoires.
Corime preuve de l’énormité des profits que doivent faire ces compagnies de tramways, rendues à une certaine époque, comme preuve de la crainte qu’elles ont de toute municipalisation ou nationalisation, je ne citerai que Chicago, où la compagnie de Tramway vient d’offrir à la ville, en échange d’une franchise nouvelle pour 20 ans, une compensation de 27 millions, argent comptant, à part des taxes ordinaires, ce qui représenterait pendant la durée de cette franchise environ 19 p.c. des revenus, mais dont la capitalisation signifierait couvrir deux fois le montant original.
On me dira qu’il faut payer cher pour acheter les parts ou actions des tramways au prix d'aujourd'hui et que plus le stock est élevé, plus la proportion du dividende diminue; c'est vrai, M. l'Orateur, mais ce raisonnement ne s'applique qu’à quelques parts sur le marché, tandis que la grande majorité est dans les coffres de certains capitalistes qui ont acheté au-dessous du pair; d’ailleurs, je reviendrai sur ce sujet.
Dans le cas qui nous intéresse, la nationalisation des tramways entre les mains de la Province représenterait un profit de 8608,995, et pourrait atteindre au hesoin $1,246,344, sans compter les réductions que nous pourrions accorder sur le prix de passage.
Pour ces chiffres, comme pour ceux qui vont suivre, veuillez #imarquer, M. l’Orateur, que l'opération de comptabilité donne toujours un résultat net, toute déduction faite des frais de toute sorte et même du 3 p.c. probable pour rencontrer l'intérêt sur l'emprunt que nécessite la transaction.
Passons à l'éclairage électrique: c
Sous la férule des compagnies, nous payons $65 par lampe à arc, soi-disant de 2,000 bougies, tant à Montréal qu’à Québec, Trois-Rivières et Sherbrooke, qui en réalité ne représente que 1,450 bougies.
Or, aux Etats-Unis, comme en Angleterre, le minimum des : êmes services par les compagnies est réduit à 850, et par la municipalisation jusqu’à $41.25 sans aqueduc et 827.50 avec aqueduc.
- Nous payons aussi aux compagnies 3-4 de cent par heure pour les lampes incandescentes de 16 bougies, la municipalisation nous garantit 1:3 de cent, la nationalisation nous obtiendrait encore mieux.
M. l’Orateur, je découvre même, dans certains cas, que le profit sur la vente de la lumière aux citoyens suffirait pour rencontrer les dépenses de l'éclairage des rues.
Et ces compagnies réalisent actuellement des profits nets qui varient de 10 p.c. à 18 p,c. ( les détails sont à la disposition de la Chamhre).
l'éclairage électrique entre les un profit de 81,013,428, sans comp-
à la ville de Mont dans les plus
sur l’enà aucune autre
Voyons maintenant, M. l’Orateur, si nous Pourrions nous accorder sur l'item “aquedues” qui se rattache au pouvoir hydraulique.
Par les opinions de MM. Lesage, Malsburg, Legge et Baker Edwards,
» en date du 22 août 1872, il appert que l’eau du
8 le rapport de l’hy-
n découlent, et que
se transporter facilement, en
> petites villes et de villages jus-
De plus, le 15 décembre 1905, un rapport signé des Drs. Ruttan, Hersey, Bernier ut Laberge établissait les mêmes faits et présentaient leur opinion à la cité dé Montréal, en condamnant l’aqueduc civig .e ainsi que celui de la Compagnie Water & Power.
Or, cette blême,
à l’état de proencore à se demander
Plusicurs autres villes importantes sont dans être pire que Montréal, puisqu'elles sont situées St-Laurent, et je suis co
Pourquoi la Province de Québec ne viendrait-elle pas à l’aide de ses meilleurs clients, en leur conduisant directement l’eau de ses nombreux lacs, ou en leur fournissant l'énergie électrique pour pomper celle des rivières dans leurs réservoirs, mais après l’avoir filtrée convenablement.
Avec ce point de départ comme revenu assuré, pourquoi ne pas adopter un système d’ensemble par lequel les Laurentides du côté nord, et les Alléghanys du côté sud, alimenteraient les aqueducs de toute la Province, et nous créeraient un revenu énorme provenant des fontaines inépuisables que la Providence nous tient en réserve depuis des siècles.
Ces montagnes ont l'élévation voulue, notre Province a le crédit; les citoyens sont prûts à payer le taux régulier à quiconque leur fournira l’eau hygiénique, et il ne manque plus que la bonne volonté de la Législature,
Sur cet item, je n’ennuierai pas mes collègues par le détail des chiffres, mai. je tiens à leur disposition des tableaux de toute sorte pour les renseigner en temps et lieu.
Qu'il me suffise de déclarer que eette seule source de revenu peut s’élever à la somme de 8320,000, en supposant même qu’une moitié de la
population refuserait de profiter de cette aubaine.
Ne serait-ce pas là un double emploi de cette force hydraulique, de cette ‘“‘houule blanche’ comme l’appelle M. Gabriel Hanotaux, l’ancien Ministre des affaires étrangères, dansson ouvrage intitulé ‘l'énergie fran- Çaise.””
Permettez-moi, M. l’Orateur, d’en citer quelques passages :
“L’inférivrité de la houille blanche, dit-il, c’est qu’elle ne se déplace pas. On a pu agrandir son rayon d’action par le transport électrique, mais on ne l’a pas libérée.
Fille de la montagne, elle ne peut vivre loin d'elle; elle tire sur sa chaîne, mais la chaîne est encore rivée. La brisera-elle ? voilà enfin la grande question. Si cette question doit avoir une solution, elle ne la retrouvera évidemment que dans un dernier progrès, l'invention, ou plutôt le perfectionnement des accumulateurs transportables.”
Or, M. l’Orateur, vous savez qu’il existe ce perfectionnement, , que les Etats-Unis s'en servent déjà pour plusieurs genres de locomotion.
Voyons maintenant, la prophétie de M. Hanotaux, sur le même sujet :
“Le jour, dit-il, où ce progrès suprême sera accompli, le jour où l’on aura rendu pratique l’accumulateur portatif, le jour où l’on aura mis la force en bouteille, alors vive la houille blanche et vivent les glaciers, rien ne leur résistera, ils seront les maîtres du monde.
Et alors, les pays à plateaux surélevés, les pays alpestres se substitueront à ceux qui, pendant un siècle, ont si largement profité des richesses houillères que la nature leur avait prodiguées,
nne nos usines à lle qui peut fou t la vie même à toute en l’abre
h Ygiénique,
népuisable de richesses Pourrons toujours r.
ecourir, dette, soit pour
‘oOmpegnies ?
soit pour racheter notre produire l'énergie électrique à Meilleur marché que les
*ertes prouve qu’elles éduits dans les villes Système de Protection est
par la s ont
En Canada, le Montreal et le Dominion Telegraph se paient tranquillement ass revenus qui varient de 10 p.c. à 20 p.c., pendant que le Bell Telephone se paie du 8 1-2 p,c., et met en réserve un autre 10 p.c. pour ne pas trop donner occasion au public de se révolter contre ce monopole.
D'ailleurs cette compagnie admet elle-même que ses revenus nets couvrent plus de 8 fois le montant requis pour l'intérêt sur les débentures émises.
Le compte-rendu de l'enquête tenue par le Parlement Fédéral sur cette question épineuse, tel qu'il appert dans les rapports du comité spécial, en mars et avril 1905, est là pour prouver ce que j'affirme; et je crois que la retraite d'un Honorable Ministre peut être en partie attribuée au fait que les conclusions de cette enquête n'ont pas été mises à exécution par le gouvernement.
Mais ce détail ne nous intéresse qu’en autant qu’il prouve l’'importance de la question que je soulève.
On me répondra probablement, à première vue, que la Législature de Quétec n’a pas le droit d'intervenir dans cette affaire des télégraphes et des téléphones, mais des recherches sérieuses me permettent d'affirmer que, par les articles 4914 et 4915 des Statuts refondus, amendés par 3 Ed. VIT, chap. 42, nous pourrions parfaitement prendre possession des deux systèmes, si la Province le jugeait à propos ; et la lecture de ces articles vous démontrera, M. l’Orateur, combien le texte est sévère.
Les profits à la Province en nationalisant le tout s’élèveraient à une somme annuelle de $400,000 et les profits aux abonnés sous forme de réduction de lover pourraient représenter une proportion annuelle de 50 p.c., sans compter qu’il serait plus facile pour le public d'obtenir justice dans les cas de mauvais service, de charge exagérée pour les communications à longue distance, et de trop fréquents ‘‘line busy’” qr'‘on reçoit des opératrices mal disposées.
Mais je n’insiste pas sur ces deux items, parce que je veux ester dans le cadre de mon programme, et ces services ne découlent pas des forces naturelles de la Province.
Voyons maintenant l’industrie de la pulpe, qui relève certainement du domaine de la Législature, puisque le bois qui la fournit provient des terres de la Couronne, et que le pouvoir qui fait fonctionner ses moulins provient de nos forces hydrauliques.
Il existait en 1901 dans la Province 14 usines de pâte de bois pour la fabrication du papier ayant rapporté environ 82,421,068, de revenus bruts, et toutes fonctionnant au moyen de la force hydrauliqu’.
Le profit de la nationalisation de cette industrie s’élèverai: à environ 8682,224. et si l’on questionne l’à-propos d'intervenir dan: la fabrication, on admettra au moins l’opportunité de fournir le pouvoir hydraulique, et dans ce dernier cas, le profit pour la Province serait de $1,748.-
500 par année.
la pulpe qu'on bois que la Proi nous Jes laissons rie, dont ils achè-
législateurs en fasse une
les Statistiques fédérales nous ince de Québec à elle seule fournit ce du Canada, mais ces statistiseule S0 p.c. du maté-
ve à 81,186,795 ot les profits sont ad-
on 13p.c, soit 8627,737 sur $81,°28,750.
ait-elle une Source aussi considérable de les mains d'américains, car mon excellent ami et Mégantic, admettra due la plus grande Partie du
l'a itre côté de la ligne 45.
On peut prétendre que si ma théorie de nationalisation s'applique aux privilèges exclusifs, celui de l'amiante n'en est Pas un, puisque la compétition est considérable et qu'il existe environ 14 mines de ce genre.
Je réponds que, lorsqu'il plusieurs industries du même genre, c'est encore t laissé sons l'impression que c ñ > d'industriels doi baisser les Prix, tandis
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absolument des pouvoirs de la Province, puisque c'est elle qui accorde toute espèce de licences, mais tous les systèmes de contrôle préconisés jusqu'aujourd'hui ont échoué, parcequ'ils laissaient toujours la question de profit comme une porte ouverte aux abus,
Il n’y a aucun doute, qu’en mettant la vente des liqueurs entre les mains du gouvernement par la nationalisation, en détruisant le profit, nous détruirions toute tentation, nous aurions immédiatement le contrôle sur les heures, sur la vente aux mineurs, et aux personnes déjà alcoolisées ou malades,
Ce contrôle ferait aussi disparaître l'immense intérêt pécuniaire qui tend à corrompre la politique, démoraliser le peuple, empêcher toute législation de tempérance ou se moquer de sa mise en force.
Mais cette réforme philanthropique ne fait pas, pour le moment, par tie de mon programme, et malgré que l'on prétende que l'eau entre pour une large part dans le liquide dangereux présenté au client du comptoir, je ne considère pas que la force nécessaire pour le bon fonctionnement de cette industrie équivoque provient des sources d'énergie appartenant à la Province,
Convaincu de plus que l’Hon, Trésorier tient à cette source de revenus, mais ne voudrait pas devenir le contrôleur général d'une armée de débitants de liqueurs en détail, au service de la Province, je laisse à d’autres le soin de démontrer l'efficacité du système de nationalisation sur cet item, tout en admettant qu’il représenterait un profit énorme pour la Province de Québec.
Ce profit s’élèverait à la somme de 81,895,000 dans le cas où les débits de liqueurs en détail appartiendraient à la Province, suivant le principe de la régie du tabac, en Europe.
Nous voilà, M. l’Orateur, avec un programme qui comporte l’élimination de certains items dans les se rvices publics pour conserver ceux qui découlent naturellement des forces dont nous disposons.
Cependant, je prétends qu'il faut donner la dernière retouche à ce tableau, en y ajoutant la nationalisation du crédit de la Province, car en nationalisant les principaux services publics, il faut aussi que l'Etat mette à la portée de tous le bénéfice de l'intérêt sur un capital qui appartient déjà à la grande famille du peuple.
En réglant sa dette par un nouvel emprunt basé sur les anciennes et nouvelles valeurs, le gouvernement devra émettre des débentures ou des garanties pour entreprendre le plan gigantesque d'apparence, mais simple d'exécution, que j'ai l'honneur de soumettre.
Il sera alors naturel que non seulement les actionnaires dépossédés des diverses compagnies, mais aussi les grandes institutions financières cherchent à s'emparer de nos valeurs nationales ; et cependant je veux
que le peuple profite des nouveaux revenus provenant des nouveaux ser-
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l'intérêt de la chose publique, et que ces débenture i i
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