‹ Discours de M. Nap. Champagne, député d'Ottawa-Est [microforme]Chapitre 4 sur 4 · LT NN ENTREE · texte numérisé non relu

LT NN ENTREE

rrpaagiaitin entiers dabdrdstdietétes,

mée, ici, pour améliorer un tant soit peu l'état des choses, Il n Y a qu'un Anglais pour quatre mille Hindous. L'Inde va fournir une ample besogre, durant plusicurs générations, à ces intransigeants patriotes qui font tant d'efforts pour nous convertir,

Il n'y a, aux Indes, que douæ millions d'enfants qui fréquentent les écoles. Il n'y a pas de meilleur endroit au monde où notre Département d'Education puisse envoycr le fameux Dr Merchant, afin qu'il puisse s'assurer de quelle façon l'anglais est ensoi gné dans les écoles de l'empire.

Le Dr Merchant connaît tout aus si bien la langue hindoue qu'il connaît la langue française,

Le système d'éducation, aux Indes, est organisé de cette ma- Lière: l’école élémentaire, l’école secondaire et les universités dont la mission consiste, par-dessus tout, à expliquer et répandre la civilisation orientale.

Dans les écoles élémentaires, l'idiome national est seul ensci.

Dans les écoles secondaires, l'idiomg natioral a la plus large part avec l'anglais, mais aux élé.

ments seulement.

À Capourthala, au collège subventionné par l'Etat, l’idiome national est «nseigné de concert avec l’anglais, et le français est inclus dans le programme des langues étrargères, La même chose se constate à Bombay, vec cette différence que le frt cais l'emporte sur toutes les autres langues étrangères et que deux des professeurs de français ont été décorés par le gouvernement de France pour les brillants succès qu'ils y ont obtenus. Les sauvages de l’Inde s’empressent d'apprendre le frarçais, et les civilisés de l'Ontario sont anxieux de le proscrire.

nr

Pendant que nous sommes aux Indes, il n'est pas hors de propos d'appuyer sur l'administration de lord Curzon qui, chacun l'admettra, fut un des plus remarquables vice-rois que ln mère.

Patrie ait nommés À ce poste élevé. Avant son départ de Lor:dres pour l'Inde, les étudiants d’Eton, où lord Curzon reçut son éducation, lui donnèrent un banquet auquel assistait le Révérend M. Weldon, qui venait d'être éle.

vé au siège épiscopal de Caleutta. Dans son discours, lord Cur.

zon adressa ces paroles à M, Weldon: ‘Vous rappelez-vous le ‘‘temps que nous avons passé à ‘* Paris pour apprendre le fran- ‘ çais au-dessus d'une officine de ‘pharmacien ? *’ Une intelligence d'élite comme lord Curzon se glorifiait d’avoir appris le français, tandis que nos intelli.

gences d'élite veulent en effacer toute trace dans l'Ontario, Lord Curzon, parlant un jour à un jeu- Me Parsi, dans une école qu'il visitait, lui dit: ‘ Parle toujours ‘’ ta langue, soit fidèle à l'idiome “‘parsi, et tant que tu seras fidè- ‘le à ta langue tu ne manqueras ‘ pas d'être un bor: patriote.” A ls fin de sa vice-royanté, en laissant l’Inde, il prononça ces nobles paroles: ‘* Maintenant, qu'il ‘soit dit que chaque Anglais qui ‘‘aime son pays puisse répé ‘en laissant l'Inde: J'ai aimé ‘la Justice et détesté l’Iniqui-

CEE

Quelle différence entre les paroles d’un véritable Lord et celles des lords minuscules qui rous persécutent ! Ici, les choses sont renvorsées: L'iniquité est honoré: et la justice détestée.

Chez les Boers

Un dernier exemple, mais r:on le moindre, Cet après-midi, l’hororble député de Sturgeon-Falls

faisait 'enarquer qu'il y avait un liOUViau-né, tout récemment entré dans la grande famille anglaise, Nous avons recu les Boers au milieu de nous. Ils ont mis le drapeau MatioLal en lambeaux, ils ont tué les Meilleurs généraux

troupes anglaiss avec des canons POms. Et, chose & les récompenser de ces glorieux faits d'armes, l’Angleterre leur à garanti l'usage Le colonel Scely, parlant Sujet à la Chambre des Commu- Les d'Angleterre, mentionna un ait auquel je veux faire allusion.

‘. 2 it i

“y avait ceux qui Prétendaient ‘ que toute solution était im- “Possible, mais solution à

‘été

Dans tous les documents officiels des Boers, le hollandais jouit des mêmes droits et Privilèges que l’ang'ais.

Freemantle, un député de la Chambre des représentants de la Colonie du Cap, en Parlant de cet.

te question, à fait en ces termes allusior: au Canada : n person- “nage important, avant la con.

** cdssion du Souvernement r'es- “€ ponsable aux colonies, avait “€ prédit que le Bouvernemer.t impérial finivait Par gagner Jy fs Confiance des Boers en r'espee- “tant scrupuleusement leurs VE Coutumes, leur langue et leur : religion, de même qu'on à ré.

‘Eussi à s'emparer de l'affection “ des Canadiens.français qui, anse jourd'hui, sont devenus l’ap-

Pui le plus ferme dy Pouvoir

dE britannique en Amérique, Cela ‘* a été accompli par un seul acte

de cette force qui tolérancé ‘et de la Confiance, Encore la ré.

:‘COMpense ne S'est pas fait atne tendre, et une riche moisson a "déjà été récoltée.

‘* Ce qui est important, ‘ que la moitié de la Population } .

‘fortement ant ‘‘ me étart sa langue maternelle, ‘et d'autant plus ‘‘ que cette lang ‘* ou Méprisée,

‘‘ profonde m

aque Anglais qui a une par- “celle de chevalerie au cœur ‘* doit se révolter en entendant *‘ dénigrer ce qui paraît si cher un

‘à sor. frère hollandais.

Comprend Y Va de l'intérêt de ses ‘enfants d'apprendre l'anglais, ‘et fait tont Son possible pour le ‘* leur faire apprendre ; aussi la “plupart des Anglais admettent “qu'il est également utile pour ‘leurs tnfants d'apprendre le “hollandais,

“Avec de la bonne ‘part et d'autre, ‘* ments règleront aisément la ‘question ; Une Afrique du Sud ‘ bilingue remplacera une Afri- ‘que du Sud divisée quant au ss largage; et la pierre d’achop- T pement, qui divisait les deux

Camps opposés et les

volonté de les deux élé.

‘‘ races en ‘rendait toutes deux impuissan- ‘îtes, disparaîtra Pour toujours.

€ C'est Parce que les hommes © d'Etat ont SCrupuleusement ‘* respecté la langue frarçaise au DE Canada, qu'ils ont solidement “établi Jeur œuvre, ‘Avec cet objet en Vue, nous ne pe faire autrement ‘qu'en à trois

ce

arriver conclu-

PE RE fe

‘* sions, Premièrement, en tenant ‘compte de la profonde affec- ‘tion que la populatior: éprouve

‘pour la langue hollandaise et ‘ le rapprochement vital qui ex- ‘‘iste entre leur langue et leur 4 patriotisme, les écoles ne peu- ‘vent répondre aux aspirations ‘‘ nationales à moins qu’elles ne ‘‘ communiquent à tous les en-

farts (que leur langage soit ou ‘{ non le hollandais) une compré- ‘* hension absolue de cet idéal.

“La même chose est Vraie pour ‘ la langue anglaise, et son en- ‘* seignement doit être impérieu- ‘sement mis en pratique. ’”

Freemantle dit: « C'est parce ‘* que les hommes d'Etat ont ‘* scrupuleusement respecté la ‘“largue française au Canada ‘qu'ils ont solidement établi “leur œuvre,’

Freemantle n'avait jamais entendu parler de la circulaire 17 lors.

qu'il écrivait cela. Depuis Je nouvel état de choses, cette allusion devrait être scrupuleusement retranchée du volume, Dans l’A.

frique du Sud, la population anglaise oblige ses enfants à apprendre le hollar dais, et les Hollandais instruisent leurs enfants en anglais. Quand entendronsnous dire, dans cette province, que les Anglais font apprer.dre le français à leurs enfants ?

Le Dr Jameson, parlant du Dr Steyn, disait que sans lui l'Union L'aurait jamais été un fait ac- Compli, parce que le Dr $S avait dit que, seule, une poli généreuse et large trarsforme.

rait les Boers en fidèles sujets britanniques. L'Angleterre les a traités avec justice, et, depuis, nous Voyons Ce pays avancer À Pas de géant. C'est. uniquement à cause de leur attitude fière et déteuminée que les Hollandais ont obtenu l'usage de leur langue. Ils ne voulurent pas faire

la moirdre Concession au sujet de leur langue, et ils continueront éternellement de l'aimer, quoi qu’il puisse arriver, Je ne sais ce que l'avenir nous réserve, mais laissez-moi vous dire que nous résisterons fermement et fiè.

rement à toute tentative faite Pour nous l'enlever.

Chez les Intellectuels

Monsieur l'Orateur, il est singulier qu'à cette époque même où l'Ortario restreint l’usage du français, dans la province de Québec la population anglaise favorise in mouvement destiné à répandre le français parmi les enfants qui fréquentent Les écoles ; il n'y à pas une université importante, aux Etats-Uris, qui n'ait un professeur de français.

Je ne vois Pas qu'il y ait d'aversion pour le français de l'autre côté. Tout de même, Monsieur l'Orateur, nous avons quelques exemples d'intelligence et de tolérance dans cette province, Aya quelques hommes à l'es- Prit large dans l'Ontario, et parmi ceux-là se trouve je principal Gordor, de l’Université Queens, qui dit que le français n'est pas suffisamment enseigné dans cette Province et qu’il est regrettable que si peu d’Anglais l’étudient.

‘* En dépit de l'ignorance quasiabsolue de la langue francaise dans l'Ontario, dit il elle fait Partie du cours des High-Schools, at sommet des études, si on peut s’exprimer ainsi, N'est-il pas tout à fait étrarge que l’on veuille abolir l'étude de crtte langue dès le début du cours ? Si cette manière d’agir ne nous rend pas absolument ridicules, je serais heureux de comprendre ce que ce mot veut dire‘?

Le protesseur Gordon est, sans contredit, une lumière dans ce genre d'études, et ses paroles

——— is si, enfin, iule de Ja IX Qui parse réunir AU, Pour.

s-NOUS pas rlent tous us parlons connu de rds corps s corps, , n’an.

ande-Bre.

t la con.

te loyau- S perdre idre aux t pas la et des rme une la lan. > champ l plaisir lonsienr ngston ram et à pleins e’’ ou

u nouété fà être Pays.

, dut Montcomp-

le quelques marchands anglais qui voulaient se rendre aux Américains. Leur loyauté ne pouvait supporter la perte de quelques tonnes de mélasse, tandis que med compatriotes faisaien face à l'encemi, Un peu plus tard, quelques agitateurs fran.

vais, venus d'Europe, causèrent quelques troubles dans la colonie, Le juge Monk fut requis de faire Un rapport sur ces désordres. Le juge s’enquit et rapporta que « hommes, venus de France, in täient le peuple à la révolte, et il ajouta que les Anglais aussi causaicnt des désordres du ième genre,

Les Héros de 1512

Eufir, nous arrivâmes à la période mouvementée de 1812, A cette époque, les Canadiens rare ais avaient plusieurs UNS d'être mécontents de la manière inhumaine dont ils étai. nt traités depuis quelques années. Et il restera éternellement acquis à la horte de l'Angleterre d’avoir en.

Voyé, pour gouverner une population loyal: et soumise, un pro- Consul romain brutal et tyranni- CU dans la personne de Craig.

Malgré ces griefs, sir ( Prévost obtint de l’Assemblée lé.

gislative les crédits qu'il demandait. Que fit alors l'Ontario, eette même p,ovince qui dépasse toutes les autres par ses cris de loyauté! Cette üôtue Chambre d'Assemblée qui m'entend en « moment, refusa les subsides de mandés par le vaillant Brock ; Willocks et Maxie, deux dé Putés, se joignirent aux Arméricains: et une bande d'an- ‘tres rançonna et Pilla les ‘* loyalists” de telle façon qu’on en Pendit quelques-uns plus tard à Ancaster. Dans la province de Québee, Dion merei!. mes compatriotes ne furent jamais coupables de pareils méfaits.

ve

Henri dureprhté

Les Caradiens-français repoussèrent les Américains à Châteauguay. et la victoire de Château- BUay sauva le pays. Cette victoire fut gagnée par les Canadiens-français seuls. Avañt Ja bataille, le Commandant de Salaberry appela ses hommes et leur dit: ‘‘ Agenouillez-vous et faites votre devoir envers Dieu, ’?

quan ils eurent fici, il leur dit:

‘Maintenant, montres aux Amé- “ricairs commint vous faites ‘otre devoir ens votre Roi.’' La bataille Cominença et ces Canadiens-francais tiraient jusqu'à ce que leurs fusils fussent deve- US trop chauds pour qu'ils pussent les tenir dans le urs mains.

Is S'exposaient à découvert, audessus des fascines, tirant inces- “ment sur l'ennemi, pendant que Salaberry leur criait, de sa voix tonnante : Celui d’entre vous qui ° Marque un ennemi, je l'abats ‘‘ de mon sabre,” IK n'étaient que trois cents, et la déesse de la Guvrre resta fidèle aux trois cents héros ! Et, de même que les Spartiates d’un autre âre ont été immortalisés par le poète, quelque barde canadien redira un jour la légende de Châte:

BUAY avec presque les mêmes mots :

Go ve, Stranger, and hear Canadians u

thful to our country here 1e

That f feu!

Une seconde fois ce Pays avait été sauvé par la valeur ot Ja loyauté des Canadiens-francais.

Sans Châteauguay, la victoire de Queenston Heights n'aurait servi à rien, Sans Châteauguay, gagnée par mes compatriotes, chaque Union Jack qui flotte aujourd’hui, de l’Atlaitique au Pacifique, serait remplacé par la bannière étoilée. Et après tout cela, après avoir deux fois offert notre poitrire aux balles améri-

caines, après tout cela, on nous dit que nous n’avons pas plus de droits dans ce pays que les Doukobors, les Polonais et les Chinois. Quelques hommes politiques, Monsieur l’Orateur, et quelques journalistes de cette province sont menacés de gorflement du cœur. Assurément, devant Dieu et devant les hommes, après avoir gagné ces deux victoires, nous avons payé de notre sang le droit de parler notre langue. Dé.

ployez le drapeau britannique ici même et je vous montrerai l’endroit où mes compatriotes l'ont teint de leur sang pour maintenir les armes et les traditions britanniques dans l'Amérique du Nord. Je veux vous dire que le langage qui a gagné Château- Suaÿ n’est pas ‘iférieur au langage qui a coiquis Queenston Heights dans ce pays.

Les Evènements de 37

Arrivons à 1837. Il est vrai que les Canadiens-français se soLt révoltés; mais ces rebelles ont conquis le gouvernement responsable dont tous les Canadiens sont fiers aujourd'hui. Nous nous sommes révoltés, oui, mais il ya beaucoup de Personnes qui prétendaïent alors et qui prétendert encore que nous en avions le droit. Ces rebelles, Monsieur l’Orêteur, sont les mêmes hommes au sujet desquels le gouverneur Murray exprimait le sentiment suivant :

‘“‘“Je me glorife d avoir été ‘* accusé de sympathie et de fer- ‘‘ meté en protégeant les sujets ‘* canadiens du Roi et en faisart “l'impossible Pour donner à ‘ mon royal maître l'affection de ‘‘ ce peuple brave, hardi, dont 86 l’émigration, si jamais elle sur- ‘‘ vient, serait une perte irrépa- ‘rable pour cet empire, et pour si l'empêcher, je déclare à votre ‘* Seigneurie que je me soumet-

‘{trai de bon ‘‘ nies et aux i ‘‘ grandes,

cœur aux calon ndignités les plu s'il pouvait m'en sur ‘ verir de plus graves que celle ‘que j'ai déjà Supportées, ’” (Tracey — Histoir naire du Canada.)

William Hume Blake l'indemnité

e du Tricent

, lorsqu pour la rébellion fu votée, répondit par les paroles suivantes à quelques-uns des fou.

gueux royalistes qui s’y oppo:saient: ‘Cette loyauté, qui est ‘* déjà prête à étendre et à forti- ‘fier la Prérogative de la Cou- ‘‘ ronne en bornart et en limi- ‘tant les libertés du peuple, ‘n’est pas de la loyauté mais de

l'esclavage. Elle ne peut con- ‘* tribuer à renforcer les relations ‘de ce Pays avec l'Angleterre, ‘‘ mais elle doit tendre à dimi- ‘* nuer l’allégeance des habitants ‘’ de cette Province en les pri- ‘‘ vant de leurs droits comme su- ‘€ jets britanniques... Je ne suis ‘pas venu ici Pour apprendre ‘‘ des leçons de loyauté des hono- ‘‘ rables gentlemen qui sont de ‘ l’autre côté. La loyauté à ma ‘* Reine est le sentiment le plus ‘fort et le plus cher de mon ‘cœur, et j'espère que mon bras ‘ne fera jamais défaut lors- ‘qu’on aura besoin de son ai.

‘de... Mais je confesse que ‘‘ je n’ai aucune sympathie avec ‘* la soi-disant loyauté des hono- ‘‘rables gentlemen de l’autre cô.

‘té qui affectent quelquefois un ‘“ zèle particulier pour la préro- :’ gative de la Couronne et sont ‘* toujours prêts à sacrifier la li.

‘* berté du sujet, Ce rest pas de ‘‘ la loyauté britannique ; c’est ‘* de la basse loyauté qui, dans ‘‘ toutes les périodes de l’histoire ‘‘ du monde, a lancé l'humanité ‘* dans la rébellion.’

(Charles Dent—The Last Forty Years.)

aux calomités les plus it m'en sures que celles ortées.”’?

du Tricente-

ake, lorsque ‘ébellion fut les paroles uns des fous’y oppoité, qui est e et à fortide la Cout en limilu peuple, uté mais de e peut cones relations Angleterre, re à dimis habitants n les pricomme su- Je ne suis apprendre des honoi sont de auté à ma nt le plus de mon mon bras aut Jlors- > Son aifesse que thie avee des honoautre côuefois un la préro-

> et sont fier la list pas de >; c’est ii, dans l’histoire iumanité

st Forty

Parlant de cette période importante de notre histoire, M. Ewart dit dans ses Kingston papers:

‘* Devons-nous être reconnaissants ‘ des provccations gouvernemen- ‘‘ tales qui ont excité les rébellions ‘ de 1837-38? Devons-nous remer- ‘* cier les Gosford, les Francis ‘* Head, les Metcalfe et les auni 6

Et enfin, ce qui n'est pas le moins important, le colonel Geo.

T. Denison a ceci à dire: ‘Mau-

aise administration et manque ‘‘de connaissance des affaires ‘‘ canadiennes de la part du bu- : l'eau colonial amenèrent un mé- ‘‘ contentement qui aboutit à la ‘soi-disant rébellion de 1837 Ft

Cette dernière situation comporte une réprobation d'autant plus cinglante que ce colonel est le descendant de l’un des membres du ‘Family Compact”?

néfaste qui fut l’une des causes immédiates de la rébellion.

Vous avez eu une rébellion dans la province d’Ontario. vous aussi ; les troubles de la Taverne de Montgomery ont été la contre-partie de Saint-Denis et de Sairt-Charles. Cependant, on appelle cela une affaire très regrettable, tandis que, pour la province de Québec, on appelle la révolte le soulèvement d’une Province de traîtres. William Lyon MacKenzie est un pauvre individu fourvoyé, et Papineau est un coquin qui, s’il avait possédé dix vies, aurait dû être pendu dix fois. Pourquoi deux poids et deux mesures, lorsqu'il s’agit de Québec et lorsqu'il s’agit de l'Ontario ?

Dans la province d'Ortario.

Considérant la population, la rébellion était plus grave que celle de la province de Québec, Sur 42 comtés, quatre ont pris part à la rébellion, dans la Province de Québec, et, sur un demi-million d'habitants environ, deux mille

étaient soulevés, Un autre examer du système des deux poids et des deux ires fait voir qu’au mom u le projet de loi d’indemnité ;ut soumis au Parlement afin de voter $140,006 pour les rebelles du Haut-Canada, les députés français votèrent sans une voix dissidente. Lorsque fut présenté le projet de loi destiné à donner une somme de #100,000 Pour les pertes subies dans Québec, les édifices du Parlement furert incendiés, on lança des oeufs Pourris au Souverneur-général et l’émeute battit son plein pendant deux jours. Naturellement, tout cela fut fait par les ultra-loyalistes qui sont si respectueux Pour leur Roi et ses représentants. A l’époque de l’Union, ces Français rétrogrades de la province de Québec avaient cinq millions dars leurs coffres, et ces Millions furent dcnnés à la province d’Ontario, Ces Français rétrogrades et Pauvres durent Payer les travaux publies de l'Ontario qui était sur le bord de la banqueroute.

Mouvement d’Annexion

Maintenant, Monsieur l’Orateur, nous arrivons à ur: autre événement très grave. Vous savez qu’en 1848 il y eut un mouvement vers l’annexion aux Etats-Unis, Mille citoyens si gnèrent une pétition demandant l’annexion à la république voisine, et sur ces mille noms, 850 étaient des noms anglais et les autres étaient des noms canadiens-français, Ces 150 Canadiens-français étaient ceux que nous avons appelés ‘le parti rouge,” les amis d'alors et aussi les amis d'aujourd'hui du chef de l’Opposition. Cela ne fait rien d'être un traître dans ce pays si l'on est Anglais, puisqu'un de ceux oui ont signé le manifeste de l’annexion fut plus tard un

premier-ministre de ce pays, sir John Abbott, et que quelques autres ont fait partie de divers cabinets.

Il est encore quelque chose que je veux vous dire à propos de cette grande province d’Ontario.

IL y a 30 ou ans, un Canadien-français vint ici, à Toronto, un jour de fête, et il r’y voyait aucun Union Jack ; mais les drapeaux américains étaient déployés Partout. Mon ami de la province de Québec dit: ‘ Qu'estce que cela signifiie ? ”” Et le çolonel T. Denison, à qui il parlait, répondit: ‘Je suis désolé de voir cela.’ Peu de temps après, l'on entreprit dans la presse et au moyen de brochures ure cam- Pagne pour remettre à sa place le drapeau britannique. L'on devrait donc se souvenir que c’est grâce aux Canadiens-français que le drapeau britannique flotte aujourd’hui dans l'Ontario. Nous n'avons jamais vu pareille chose dans la provirce de Québec, ni nulle part où l’on rencontre une population française, parce que, de l'Atlantique au Pacifique, il n’y a pas de groupe français en

Canada qui respecte ou qui arbore un autre drapeau que l'Union-Jack.

Avec l’Opposition

À présent, Monsieur l’Orateur, je désire avoir un entretien Cœur à cœur avee mon honorable ami le chef de l’Opposition.

Dans la stratégie politique. si un Parti ne nous donne pas ce que nous voulons, nous devons nous tourner du côté de l’autre parti, Je ne suis Pas satisfait du traitement que rous recevons de ce £ouvernement, J'ai dit publiquement, il y a quelque temps, que si le chef de l’Opposition consent à nous donner davantage, je suis disposé et prêt à le suivre ; mais je désire savoir, au-

An mn “

Paravant, ce que nous obtie drons. La Population françai est d'opinion que le parti libér 8 toujours été l'ami des Can diens-français, et cette idée s’e encore étendue-depuis 1896, alo:

que, dans Chicoutimi et Saga nay, sir Wilfrid Laurier dit ‘* Grâce à Dieu, nous n’avons pa d'orangistes dans notre parti.

Lorsqu'il revint, on lui reproch cela et il nia avoir pronorcé ce paroles. Mais, les orateurs de 1 province de Québec affirmen tous qu’il a dit ces mots. C'est tro] bien pour que e* ne soit pas vrai Sur dix orateurs libéraux, di:

vous diront que sir Wilfrid à di cela, et neuf d’entre eux diront qu’ils étaient présents et qu'ils l’ont entendu.

Voyons dore, Monsieur l’Orateur, ce que le parti libéral a fait Pour mes compatriotes. Durant plus d’un quart de siècle, alors que George Brown était directeur du Globe, il a vomi sur tout ce qui est français et catholique. Les invectives publiées dans l’Orange Sentinel n ’ont jamais approché des tirades venimeuses du Globe contre l’église de Rome et la domination francaise.

Qu’avons-nous done gagné du parti libéral ? En 1896, nous avons perdu tout ce que nous avions dans le Manitoba, alors que les libéraux criaient dans Ontario: “Laissez Manitoba”, et hurlaient dans Québec que Tup- Per ne pouvait pas dorner autant que Laurier-le-Français.

Sous le gonvernement libéral, nous avons perdu ce que nous avions dans le Nord-Ouest. La naissance de ces nouvelles pro.

virees a été marquée par la destruction de tout vestige de l’influence française et catholique.

Cependant, je suis heureux de rappeler que sir Redmond Roblin a déclaré que tant qu’il sera premier-ministre, le francais sera en-

Mimet es inerte,

a nous obtienion française parti libéral i des Canatte idée s’est is 1896, alors ni et Saguc- Laurier dit:

n'avons pas otre parti’?

lui reprocha prono ces ateurs de la © affirment Is. C’est trop oit pas vrai,

éraux, dix

Vilfrid a dit

eux diront

s et qu'ils

sieur l’Orabéral a fait ss. Durant iècle, alors tait direc- | vomi sur çais et caes publiées | n’ont jarades venil’église de francaise.

gagné du 896, nous que nous oba, alors dent dans itoba””, et que Tup- Lner au- Français.

t libéral, que nous Duest. La elles pro.

ar la dese de l’inatholique.

ureux de 14 Roblin sera presera en-

seigné dans le Manitoba. A Ja convention libérale qui eut lieu il n'y a pas très longtemps dans cette province, le chef de l’Opposition, M. Norris, appuya les écoles natiorales, et M. MacKenzie, un des partisans, se leva et dit:

‘Nous soutiendrons fermement ce programme”; et le Free Press de Winnipeg tonnait à pleines colonnes contre le gou- Yernement Roblin parce que quelques concessions fort modé.

récs sont faites à la population française et aux catholiques dans les questions d'école, Revenons une époque plus récente, Dans l’élection de Middlesex, l'été dernier, les libéraux ont fait cireuler des brochures disant que les électeurs devraient voter contre le gonvernemert Borden parce que le gouvernement Borden avait permis à M. Pelletier, mi.

nistre des Postes, d'imprimer des mots français sur les cartes postales officielles,

Je voudrais done que le chef de l’Opposition me dise si, lorsqu'il a été choisi chef de l'Opposition en remplacement de M. McKay, quelqu'un qui ait à la convention ne s’est pas levé et n’a Pas proposé une résolution pour abolir la lan- £gue francaise dans l'Ontario? Je désire dire au chef de !’Oppositior: que cela m'a été dit par une Personne qui était là ; et si le chef de l'Upposition veut dire la vérité, je puis Jui aider, Je désire une réponse directe à cette question, Parce que le chef de l’Opposition, de temps en temps. prend une atti.

tude très dramatique et dit qu'il est assez hardi pour être honnête et assez honnête pour être hardi. Dans cette question, comme il n’a été ni très honnête, ni très hardi, je

er son attitude, Depuis plus de deux ans, nous entendons le chef de l'Opposition prononcer toutes sortes de discours altruistes et

“'scetaires, "Oui, Dieu

campagne,

rent son message comme s’il disait:

haut €:

re aux hommes de bonne volonté

rh AIRES TEE TT EE ere ve

fraternels ; mais il L'y a cependant rien de définitif. Lorsqu'il est venu à Ottawa, il a dit: ‘Je ‘* dis que l’enfant d’Ontario qui ‘‘ n'acquiert pas une connaissan- "ce suffisante de l'anglais est ‘*embarrassé, et avant de se lancer :* dans le monde il doit avoir une ‘bonne Connaissance de la lan- £ue anglaise, mais nous n’'a- ‘ vons pas le droit de dire qu’il ‘ doit êtie tenu dans l'ignorance

‘de sa langue maternelle, Je ne veux pas faire appel aux ‘préjugés et aux doctrines des

bénisse Les élee- » durant la ses partisans saluè-

la langue maternelle !

tions eurent lieu et

‘* Gloire à Dieu au plus ‘S cieux, et paix sur la ter-

Je l’ai entendu parler une

fois seulement à propos de cet.

te langue

maternelle; je n'ai aS Compris alors ce qu'il vou-

ait dire, et je ne sais pas encore ce qu'il veut dire,

Je répète qu'il n’a parlé de

la langue maternelle qu'une seule fois dans tous ses Mais à quoi tendait cette curieuse précaution ?

justice où est-il effravé de dre justice ? Que doit-on penser de ces paroles: “* Je ne veux pas faire appel aux préjugés ni aux doctrines des tard, le chef de l’Opposition à apparemment transformé son affection maternelle en ments de belle-mère, puisque, lorsqu’il a parlé à Bolton, au mois d'octobre dernier.

né la langue maternelle.

alors: “Nos concitoyens canadiensdésirerais savoir s’il veut chan- ‘*

Veut-il rendre

ren-

sectaires.”” Plus des senti.

, il a abandon-

I dit

français pensent ccmme nous

‘* qu’un enfant né dans cette pro- ‘‘vinee ot

qui n'acquiert pas à

‘l'école une Connaissance pra- “tique de l’anglais est embarras-

‘* sé dazs le combat de la vie et ‘a moins de chances d'avance.

‘‘ ment que s'il avait été instruit ‘‘ autrement, En conséquence, “l'Etat doit voir à ce que, dans ‘chaque école de cette province, ‘‘ les enfants reçoivent une édu- ‘* cation anglaise.”

Pour l'amour de Dieu, Monsieur le chef de l’'Oppositior,, e votre lan.

gue maternelle : Le chef de l'Opposition a-t-il oublié son discours d'Ottawa? Il est temps de parler clairement, nous voulons quelque chose de défini. Si le chef de l'Opposition continue à oublier aussi complètement, nous ne le regarderons pas comme le Moïse qu'on nous avait fait voir eu lui lorsqu'il visita la Capitale.

Le temps est passé du jargon fade et mielleux qui ne veut rien dire. Je veux être de bon compte avec lui sur cette question.

Voici à quoi je veux en venir:

Aujourd'hui le gouvernement nous accorde deux ans de francais avec ensuite une heure de frarçais par jour. Durant cette heure de français, quatre sujets doivent être enseignés, ce qui fait quinze minutes par sujet. En supposant huit classes par école, une moyenne probablement au-dessous de la réalité, il nous restera à peu près deux minutes par classe, c’est-à-dire cent vingt secondes. En supposant vingt élèves par classe, le maître ne pourra donner que six secondes à chaque élève. Nous avons done, enfin, un exemple du traitement peureux que le gouvernement inflige à ma race.

Je suis sûr que l’hororable député de Monk, qui a dit un jour, dans cette Chambre, qu’il se refu.

sait à dépenser l’argent du public pour enseigner une langue étrangère, en faisant allusion à la langue française, et qui est appelé à devenir ministre de l'Education si les libéraux arri-

qu'est donc devenu

vent miraculeusement au I voir, je suis persuadé qu'il } curera à nos enfants un peu E de deux secondes et demie français par jour. Mais, natu lement, lorsque les députés parti libéral parviendront au p voir, l'honorable député a: probablement quitté ectte te mortelle depuis quelque tem I sera peut-être dars des gions où les charmes qui l'en ronneront ne peuvent être ec parés à ceux de ce monde perv ti; ou il pourrait encore bien trouver dans une autre région la chaleur le tourmentera plus core que la question des école, Mais je tiens à parler encore chef de l’Opposition. Je ve lui rapporter que le Dr Merchan dit que nous devrions avoir quai années de français pour cor mencer. Je consens à quatre a nées de français Pour commenc et à accepter deux heures p jour ensuite, Si le chef de l’O position dit oui, non seuleme je l’aiderai, mais je dema derai à mes commettants d“ agir de même, Et laissez-m vous dire, Monsieur l'Orateu que mes électeurs ne sort p:

ingrats et qu'ils n’'oublient j mais celui ou ceux dont ils r çoivent des égards généreu:

Mais nous en avons assez enter du de ces discours au Petit Ch.

peron Rouge, et nous en avon assez des pilules sucrées du che dc l’Opposition. Ceux parn nous qui ort de l’expérience pet vent le voir derrière son déguisc ment. Et bien qu’il se soit re couvert d’un châle à franges e d’un bonnet de bonne femme nous apercevons le gros loup gr avec ses gros yeux, ses grosse dents et sa grande bouche qu engioutirait le Petit Chaperor Rouge francais, si le Petit Chape ror Rouge français écoutai trop complaisamment son douce

ent au pouiadé qu’il prots un peu plus et demie de Mais, naturel.

es députés du ndront au pou-

député aura té cette terre lelque temps.

dars des rées qui l’envirent être commonde perverencore bien se utre région où ntera plus enn des écoles.

rler encore au n. Je veux Dr Merchant a 8 avoir quatre | pour com- ; à quatre anur commencer heures par chef de l’Opon seulement je demanettants d’en t laissez-moi ir l'Orateur, le sort pas oublient jadont ils res généreux. assez entenu Petit Chaus en avons rées du chef eux parmi périence peuson déguise-

1 se soit reà franges et nne femme, ros loup grit ses grosses bouche qui t Chaperon Petit Chapeis. écoutait

; son douce-

#4 déni

“eux boniment, Dans l'antiquité Laocoon disait: ‘Timeo Danaos et dona ferentes'', ‘Je

crains les Grecs même quand ils font des présents.” Aujourd'hui le conseil a changé: ‘‘Craignez les Grits, même quard ils vous disent qu'ils vous aiment.” Je connais le Grit, tellement bien que je ne voudrais pas m'approcher de lui, alors même qu'il me tendrait les bras et qu’en sou riant il m’appellerait ‘ son petit chéri.” L'occasion est cependant belle au chef de l’'Opposition. 1] peut être libéral, véritablement libéral, libéral en esprit et en corps. Il peut être libéral du type de Baldwin, de Blake on de David Mills. Ou il peut être lbéral du genre renfrogné, du type bigot, tel que George Browu, Greenway, où la Vieille Mère Hubbard, Sam Blake. (C'est au chef de l'Opposition de choisir son modèle, et, Monsieur l'Orateur, s’il choisit le premier, lai

sez-moi vous dire que la fin du monde surviendra prochainement,

La nécessité fait d’'étranges compagnons de lit, et je suppose que c’est pour cette raison que récemmert nous avons été témoins d’une inconvenante fraternité, sur cette question des écoles, entre un grand prêtre de l'Ordre Orangiste et un de nos évêques. Ce sera toujours un mystère pour moi que ce mariage de Gretna-Green entre le frère Hocken et l’évêque Fallon. ‘“Mutatis Mutandis’’; changement d ’après les circonstances. Je suis catholique et je veux respecter l'autorité religieuse. Mais si un prêtre ou un évêque se jette dans la politique, il aura à subir les heurts de la Intte.

comme chacun de nous.

Comme le cher évêque a changé d'opinion dans d’autres questions temporelles, je suis sûr qu’il parlera différemment de la question

Ferté vont FA

des écoles avant longtemps.

a peu de temps, il prono: à London, un discours impérialiste ; chaud, volcanique et incandescent, assez chaud pour faire fondre l'acier de Bessemer, Mais le cher évêque n’a pas toujours se la lave impérialiste à ses auditeurs, On lui prête les paroles suivantes, qu’il aurait prononcées à London :

‘‘Je suis préparé à oublier et j'ou- ‘““blie, ainsi que des millions ‘d'hommes de ma race et de ma ‘croyance, pour l'avenir Je plus ‘‘pur et le plus glorieux qui s'ou- ‘‘vre devant l'Empire Britanni- ‘‘que.”’

Et c'est notre conviction intime que la nationalité canadienne se trouverait avantagée, dans le sens le plus élevé et le plus vrai, en Prenant sa part du fardeau de la responsabilité impériale et en portant la croix du sacrifice impérial,

La fédération de l'empire britannique, doublée d’une entente cordiale et intime avec la grande république parlant l'anglais, ayant des idées, des aspirations et des buts semblables, ferait certainement un pas vers la réalisation partielle d’un rêve de poète.

Mais en 1902, au concert St. Patrick, qui eut lieu à Ottawa, le cher évêque, qui était alors un citoyen de Buffalo, fut acclamé et applaudi Par son auditoire tout le long de son discours qui contenait les allusions suivantes à l’histoire de l'Irlande. Le Père Fallon dit en commençant: ‘Je viens parler du plus ‘grand, du plus extraordinaire, du ‘plus prodigieux homme de: ‘‘temps modernes, Daniel 0'Coi ‘nell. Quand j'ai entrepris la ‘tâche de parler de ce grand ‘‘homme, je me suis rappelé que je ‘parlerais à beaucoup d'amis vrais ‘‘et indulgents — à plus d’amis ‘que je ne pourrais en rassembier “nulle part autour de moi, sous le ‘‘ciel de Dieu. Je sens que, dans

‘le passé, vous avez exagéré ce que ‘j'ai pu faire, et oublié mes fautes.

‘Je voudrais qu'il y eût plus “‘d'hostilité, car je viens d'une race “‘batailleuse et je ne suis jamais à ‘mon aise que lorsque je sens la ‘‘bataille,

‘En passant en revue la vie d'un and homme et en jugeant ce “qu'il a fait pour son pays, vous ‘devez vous rendre compte de ce “qu'était le monde lorsqu'il est apparu, et dans quelles conditions “il l’a laissé, Cette terre de nos ‘pères très oppressée, très affligée, “le lieu de repos de nos espérances ‘les plus chères, était sous le coup ‘des lois les plus impitoyables, les ‘‘plns corrompnes, qui, comme l'a “dit le grand écrivain, n° ent ‘pu être forgées que par le diable ‘‘et enregistrées en enfer,

‘Les Irlandais catholiques “étaient terrassés, avilis de toute “manière et ils étaient considérés ‘comme n'ayant pas droit à ‘l'existence. Cependant, malgré ‘cela, quelquefois les Anglais sont ‘surpris de la profondeur de la ‘‘haine irlandaise, de la colère “irlandaise, Dans un pays telle.

“ment oppressé, il était pratique- “nent impossible à un fils du pays “d'y vivre. Il était exclu du Par-

“lement, de la loi de la milice et

“des emplois inférieurs. 11 ne pou ‘‘vait posséder de terres ou en héri-

‘ter. La tête des prêtres, des ‘moines et des instituteurs était ‘mise à prix. Les poursuites, les ‘“dénonciations des catholiques

“étaient reconnues comme services

“honorables rendus au gouverne- “ment.”

Et, de plus, un autre Journaï G'Ottawa donna le compte rendu suivant du discours du Père Fallon: ‘‘Ces lois étaient dénoncées ‘par Burke et Brougham, par “Sydney Smith qui a dit qu'un

“homme serait mieux d'être ba-

“bouin ou singe rouge qu’'Ir-

landais catholique sous des “semblables. C'est ainsi que c ‘lois étaient considérées par d ‘hommes qui n'étaient pas | ‘‘landais. Les Irlandais catho ‘ques ne peuvent aspirer au Par!

ment, à la magistrature, au ba reau, à l'armée où à la marin:

‘ils ne peuvent posséder des ir ‘meubles où Les léguer, Si le fi “d'un catholique abandonne la f ‘de son père, la propriété de « “dernier passe au fils apostat, et

‘parent devient un locataire à vi SI était défendu aux Irlandais d “‘ebercher l'instruction à L'étrar , et cette instruction leur éta refusée au pays. Si Ja femm d'un catholique abandonnait s0 ‘mari et sa religion, elle cessai ‘d'être sous la puissance de 80 ‘mari et elle recouvrait une parti ‘de sa fortune, La tête des év ‘ques et des prêtres irlandai ‘était mise à prix. Le déshonneu ‘‘de ces lois, a dit le Père Fallon ‘ne peut jamais s'effacer et n “peut pas s'oublier, eur les lois an ‘‘glaisses reconnaissaient comm ‘acte honorable le fait d’un Irlan ‘‘dais qui dénoncait son pays.”

IL ne faudra pas désespérer pou les écoles francaises tant que cher évêque pourra si adroitement retourner ses opinions politiques Il est Yankee rouge à Buffalo, et impérialiste chauvin à London Jonathan au sud et John Bull au nord. ‘Quelque puisse être le roi, ie serai le vicaire de Bray, Mon.

sieur, ”?

Laissez-moi dire au cher évêque que l'intolérance nationale est voisine de l'intolérance religieuse, et que toutes deux sont le pire fléau de l'humanité, S'il Ya en Irlande autant de personnes tolérantes comme l’est le cher évêque, s’il y en a autant qui soient disposées à lever le poing et la voix, je les averiis, Monsieur l’Orateur, que si je Gois aller en enfer où à Connaught, je prendrai un chemin

sise. dire tot trutge, Er

sous des lois ainsi que ces crées par des ient pas Ir.

ndais catholiirer au Parle.

ture, au barà la marine; séder des im er, Si le fils ndonne la foi opriété de ce apostat, et le ataire à vie, frlandais de on à tranion leur était Si la femme ndonnait son

elle cessait sance de son it une partie tôte des évêes irlandais e déshonneur Père Fallon, facer et ne ir les lois anient comme t d’un Irlannn pays.”’

espérer pour tant que le adroitement s politiques.

ù Buffalo, et à London; ohn Bull au e être le roi, Bray, Mon-

cher évêque tionale est e religieuse, nt le pire S'il y a en sonnes tolé- “her évêque, | soient dis- + la voix, je

l’Orateur, enfer où à un chemin

de raccourci pour ne pas aller à Connaught,

La perséeution n'a jamais servi.

Elle a réduit l'Espagne à un pouvoir de troisième ordre; elle a chassé de France les Huguenots, dont quelques-uns étaient de ses meilleurs sujets; elle a aussi fait quitter l'Angleterre aux fondateurs de la république notre voisi:

ne, La persécution retardera ct arrêtera le progrès et l'avancement de l'Ontario. C'est une erreur de faire des martyrs plutôt que d’accéder à de justes demandes, Guillaume-le-Conquérant voulait faire des Normands des patriotes saxons, et les Saxons ont conquis le Conquérant, et les successeurs des martyrs chrétiens déchirés par les bêtes dans les amphithéâtres de Rome, siègent aujourd'hui sur le trône des empereurs romains. Un quart de million de personnes élèvent en ce moment leur voix pour protester contre la persécution qui chaque jour les étreint davantage. Nous ne sommes pas des fanatiques; nous sommes prêts et disposés à toute concession raisonnable; mais ce serait aller au-delà que de renoncer à notre langue, et nous n'y consentirons jamais tant que nous resterons une poignée Pour combattre. Tant que nous respirerons, nous demanderons la liberté et le droit de parler la langue de notre berceau, la langue de notre amour et la langue de nos prières. Sauf de rares exceptions, toutes les nations qui ont aban.

donné leur langue sont devenues les eselaves d'un peuple plus puissant. Et tant que vous chanterez, fièrement et hautement, aux échos d’alentours:

Rule Britannia, Rule Britan nia,

Britannia rules the waves,

Britons never, n ver, never,

Shall be Slaves,

Yous ne serez pas des esclaves.

Laissez-moi dire au Breton-saxon que, de l’autre eôté de la Manche, le Breton celtique chante aussi for-

tement et aussi flèrement qu'il ne sera jamais esclave, ear un sang ‘de mème qualité coule dans les veines de l’un et de l'autre,

Votre race et la mienne sont les deux seules au monde qui n'ont pas enduré la tyrannie de leurs rois, lorsqu'elle est devenue insupportable, Vous êtes les descendants de Hampden qui a refusé de payer l'impôt pour la construe.

tion des navires, ct nous sommes les descendants de Mirabeau qui répondit à l'envoyé du roi: Nous sommes iei par la volonté du peuple, et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes'”. Votre race ct la mienne ont été pendant des sièeles à l'avant-garde des nutions, répandant la lumière et les institutions libres par l'Europe aux temps modernes, Parce que, aujourd'hui, - votre race est plus forte que la mienne, ici, allez-vous employer la force brutale pour étouffer le langage dans lequel nos mères nous ont appris les actes héroïques de nos ancêtres?

Il semble étrange de constater en ce pays des sentiments hostiles contre les Canadiens-francais, alors que, sur Je vieux continent, la France et l'Angleterre r rent tous les jours les liens d’amitié qui les unissent déjà si intimement par l’entente cordiale, Sur ce continent, les deux races se séparent tous les jours tandis que, de l'autre côté de l’Atlantique, elles se rapprochent. En Europe, cette amitié ne se remarque pas seulement chez les ambassadeurs et les ministres; on la trouve aussi dans le peuple, Si l'uniforme français paraît dans les pares publies de Londres, la population anglaise applaudit aux échos, et les mêmes applaudissements sont prodigués à l'uniforme anglais lorsqu'il paraît dans les rues de Paris. Et à l'heure actuelle nous constatons.

par-dessus tout, que les deux races n’en font qu’une.

Qui peut prévoir les suites d'un cataclysme qui se produirait dans l'atmosphère brumeuse et grosse d'orage qui enveloppe actuellement l'Europe? A tout moment l'on peut entendre sonner l'alarme, et l'Angleterre et la France seront appelées À défendre la liberté et la civilisation, comme elles l'ont fait dans le passé, Au premier coup de clairon, les héros qui sont morts dans la péninsule de la Crimée sortiront de leurs tombeaux, et entreront dans les rangs avec leurs deux immortelles bannières, Malakoff et Baluclava, et ils mareheront à des victoires plus glorieuses encore,

Nous sommes dans ce pays pour y demeurer; nous n'avons pas d'autre pays. Ainsi qu'on l’a dit, l'Ecossais peut retourner en Ecosse, et il sera chez lui; l’Anglais peut aller en Angleterre, l'Irlandais en Irlande, et ils seront chez eux ; mais nous, nous n ’avons pas d'autre foyer que ce Canada, Nous ne pouvons pas aller en France. Après 150 ans de séparation, l’on ne nous reconnaîtrait plus. Le Cane” est notre pays et nous voulons y vivre. Nous sommes devenus sujets britanniques, par le sort des armes, et aujour:

d'hui nous sommes sujets britanniques par raison et par inclination.

Si, après cela, nous ne devons pas être mieux considérés que des Doukobors et des Polonais dans cette province, si, après cela, nous ne pouvons pas obtenir le fair-play britannique, si, après tout cela, la langue francaise doit demeurer odieuse à la majorité de la population, eh! bien, Monsieur l'Orateur, changez les armoiries britanniques, remodelez l’éeusson britannique, parce que c'est un emblême faux, portant une devise fausse et ayant une fausse signification.

At s de votre tête, Monsieur l'Orateur, je vois en effet

quelques mots français qui brillent aux yeux et à la conscience de tous les députés. Je vois ‘‘Honni soit qui mal y pense”. ‘Dieu et mon droit”. S'il n’y a de Dieu et de droit que pour une certaine partie des citoyens de cette province ,effacez la légende française de ces armoiries qui ont présidé à des siècles d'exploits, de gloire et d'héroïsme; biffez la légende du drapeau :

That for a thousand years

Has braved the battle and the brecse.

Sir Henry Summer Maine et sir Charles Lyall ont dit que Rome devait son pouvoir universel au fait qu'elle laissait à ses sujets conquis leurs coutumes et leur langue. L'apogée des droits de citoyen était alors ‘‘Civis Sum Romanus””: je suis citoyen romain et je ne crains personne. De nos jours, l'apogée des droits de citoyen est ‘‘Civis Sum Britannieus” suis citoyen britannique et je ne crains personne. Mais les droits de citoyen britannique ne sont qu'un titre vain s'ils ne sont accompagnés de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Sann ces prérogatives, et sans toutes ces prérogatives, le droit de cité britannique n'est qu'un titre creux.

Il y a assez de place, dans les plis de l'Union Jack, pour abriter l’Irlandaïis, l’Ecossais, le Français, le Hollandais et l’'Hindou; il doit y avoir aussi une place au soleil pour chaque sujet de cet Empire sur lequel le soleil ne se couche jamais.

Et qu'est-ce que cela fait, Monsieur l'Orateur, que nous chantions l'hymne national en français, en gaélique, en hollandais, en gallois ou en hindou, pourvu que nous le chantions loyalement, chaudement et cordialement, pourvu que nous le chantions haut la voix et haut les cœurs, et pourvu qu'il enifie toujours et quand même:

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