‹ Discours de M. Nap. Champagne, député d'Ottawa-Est [microforme]Chapitre 3 sur 4 · LES EDITEURS · texte numérisé non relu

LES EDITEURS

Ottawa, 10 juin 1914.

Les droits de la langue francaise dans les Ecoles d'Ontario.

Mousieur 1" Jrateur,

On trouvera sans doute téméraire de ina part de prétendre que les Canadiens-français ont des droits dans ce pays, et L'on ne munquera pas de dire que je dépasse les bornes permises, si j'affirme qu'ils en ont, même dans la province d'Ontario, Certains Canndiens d'origine anglaise pro sent d'étranges doctrines à l’ gard du status des Canadiens français au Cannda, Ils semblent avoir fait leur éducation dans les romans à sensation qui dépeignent avec de si sombres couleurs le sort des peuples conquis. An temps des barbares, on crinit:

“Malheur aux vainens''! Mais même chez les Romains le ‘“Vw Victis’” n’exeluait pas la clémence. Les légions de César terrassaient leurs ennemis sur Je champ de bataille, mais respectaient leur langue et leurs coutumes auxquelles les vaincus tenaient plus qu'à la vie.

Droit International.

Dans les temps modernes, des lois plus humaines et plus généreuses ont régi les rapports entre les conquérants et les conquis. Cet ensemble de lois et de préceptes forme ce qu'on appelle le droit international. Ses décrets ne sont pas aussi précis que ceux du droit civil, mais ils sont assez formels pour n'être pas impunément ignorés des nations civilisées.

Toute cession de territoire se fait en vertu d'un traité; mais, dans la hâte des négociations, beaucoup de choses sont souvent omises et beaucoup de choses inutiles sont stipulées. Ces années dernières, la Cour suprême dos

Etats-Unis sur l'interprétatioi

avait à se prononcer l'un traité, et

le juge Marshall déclara qu'il n'était pas nécessaire, dans on traité, de mentionner spécla ment certains droits civils pa qu'ils sont suffisamment sauve

gurdés par le droit international.

Voici quelques citations à lap pui de cette doctrine :

“Un vainqueur généreux ä} ‘‘pliquera à soulager ses nouveaux ‘sujets, à adoucir leur sort; il “s'y croira indispensablement ‘‘obligé.”’ (Vattel.)

“Heureusement, la bonne politi- ‘que se trouve, iei et partout ail.

‘leurs, parfaitement d'accord ‘'avee l'humanité, Quelle fidé- ‘lité, quels secours pouvez-vous attendre d'un peuple opprimé?

“Voulez-vous que votre conquête “augmente véritablement vos for.

‘‘ees, qu'elle vous « attachée?

“Traitez Di éritable ‘souverain. (Vatt

Plusieurs écrivain mglais dé-

clarent que ‘°l 1 pays a ‘‘été conquis par ] angle i “ss où celles d° on ‘et que le conqu fait ‘une partie de sor les ‘habitants de ce pa ment ‘ses sujets et doi re uni- ‘‘versellement consid comme ‘tels — non comme 4 nernis ‘ou des étrangers.” ( prit

cipe reconnu du droit x tional.

Sujets Britanniques.

Ceci étant posé, je me done autorisé à dire que les nadiens-français, outre les di que leur garantit le traité de l; ris, possèdent aussi ceux que ieur

assure leur titre d niques,

UN DEFUTI - Cela s'appli que-t-il à la province d'Ontario

e sujets britun

M. CHAMPACNE: Assuré ment, A l'époque du traité, le Canada s'étendait depuis le Nou

Vveau-Brunswick jusqu'à la Baie du-Tonnerre, et cela comprenait l'Ontario. J ‘espère que mon honorable collègue connait assez de géographie pour n'en pas douter.

L'immigrant anglais, en arri vant ici, a dû respecter les traités existants, se conformer aux coutumes établies et respecter les Prescriptions du droit international. En venant au Cana “I À n'arrivait pas dans un pays sau- Vage, privé de tout ordre établi.

Dès son arrive il trouvait une Population prospère, un gouverhement fonctionnant régulière ment.

Voici ce que lord Grenville disait à la Chambre des Communes anglaises, en 1774:

“La province du Canada ‘'enpait une situation différ ‘‘de celle des autres “britanniques en ‘‘n'était pas une ‘‘ou originaireme “l'Angleterre, à laquelle on pou- ‘‘vait imposer les lois de la ‘Grande-Bretagne. C'était une ‘‘eolonie enlevée à un autre pays, ‘avant déjà un régime légale- “ment ‘nstitué, une agriculture “florissante et nn commerce con- “sidérable.

Quelques-uns de res sont prêts à Canadiens-franc.

dans la provine

oc ute possessions Amérique, Ce colonie fondée nt conquise par

nos adversai.

1dmettre que jes ais ont des droits e de Québec, mais pas au delà. L'histoire ne confirme pas cette prétention. Comme je le disais il y a un instant, lors de la conquête, les Canadiens.

français n'ont pas été parqués dans une enceinte réservée. Le territoire cédé s’étendait depuis le Nouveau-Brunswiek jus n'à la

en

Baie-du-Tonnerre et c'est là, par

conscquent, qu'on prenait l'Ont

rio, Ce n'est que vlus tard que ce territoire fut divisé en deux provinces — Québec et Ontario.

Je comprends parfaitement que celui qui va s'établir dans un pays étranger est tenu de se conformer mais ce n'est pas le cas des Canadiens-francnis, qui habitent Peys depuis trois siècles, Après la conquête, beaucoup d'autres privilèges nous furent accordés par les autorités impériales, qui voulaient faire de nous de fidèles sujets. Elles voulaient s'assurer de notre dévouement à la C'ouronne d'Angleterre: elles laient que Canadiens-f!

cais cessassent de considér comme Une vice conquise, C'est quatorze ans après la conquête que lord Grenville, disentant l'Ac.

te de Québec, disait :

On a prétendu que les tants francais du Canada € ‘tellement imbus de préjugés “qu'ils préféraient leurs institu- ‘tions, leurs lois et leurs coutu- ‘mes à celles de l’angleterre, Un ‘pareil attachement mérite d'être

“désigné sous nn autre non que 'eclui de préjugés. C'est un at- “‘tachement fondé sur la raison ‘et sur quelque chose de mieux ‘’encore, sur les plus nobles sen.

“timents du cœur humain.” Fidélité du Canadien-français.

Chaque fois. Monsieur l'Orateur, que nous avons été appelés à combattre pour le drapeau an glais, nous avons répondu loyale.

ment à l'appel et nous avons fait triompher nos armes, parce que nous avions la conviction qu'il y

avait plus de liberté à l'ombre de ce drapeau que sous l'égide d'aucune autre nation. Ces sentiments qui nous animaient alors sont ceux qui nous animent encore au-

les

se

jourd'hui.

Je n'ai jamais pu comprendre quoi un Canadien-franeais

Hétsiminminengenners ropursrtes

Mäatque de fidélité à Ju Couronne eu parlant francis. Pourquoi cesseraitil d'être un sujet fidèle? De suel côté tourne at-il ses 157 À qui transporterait-il son allégeance? Croyez-vous qu on trouverait aujourd'hui cent Canadiens-français qui voudraient voir le Canada réuni à lu France ?

En trouverait-on cent qui voudruient l'annexion aux États.

Unis? Vous savez en ne moi que les Canadiens-fran ais de veulent pas de l'annexion, “17 serg peutêtre demandée un jour par les Canñdiens-angl: jumais par les Canadiens-francais, Reste l'indépeudance, Sur ce poiat, je n'ose me prononcer, C'est une question que l'avenir devra décider, Tout ce que je puis dire, c'est que jusqu'à présent les Canadiens-fran- Çais ne sont pas en dette avec l'Angleterre et que nous avons payé largement tout ce que nous avons obtenu, Question de Langue.

Le fond de toute la difficulté,

‘est la question de langue, et où

‘ons-nous, dons les temps mo-

nes, qu'on ait voulu priver un veuple du droit de parler sa langue? Peut-on citer une seule tentative de ce genre? Napoléon, le Plus brutal conquérant du dernier siècle, n'a jamais exigé des nations conquises qu'elles renoncassent à parler teur langue, et Dieu sait que les serupules ne le gênaient guère. J’admets qu'un gouvernement puisse vouloir im- Poser la langue de la majorité dans une partie restreinte d'un Pays, mais je répète que nous n'avons pas d’exemple qu’on ait voulu forcer tout un peuple à renoncer à sa langue.

Nous avons vu, dans ce pays, de farouches ‘‘loyalistes’? demander l’abolition de la langne française. Mais, Monsieur l'Orateur, on ne pourrait pas écrire dix mots de l’histoire du Canada sans rencontrer un nom francais, En com.

IéHÇHNT aux rives de l'Atlantique, on trouve d'abord Charlevoix,

utmorency, Lévis, Champlain, à helieu, Vaudreuil, Frontennc, Cataraqui, Fort-Rouillé (Toron- 10), Pontehartrain, Cadillue, Sault-Ste.Marie, Baie-du-Touner.

re (Thunder Bay). Le français ust gravé eu traits indé iles dans la vie nationale du Caradi

En 1574, l'usige des lois francuises fut gari ti par l'Acte de Québec, Le français fut égolement reconnu comme langue officielle en 1592, L'usage du français fut aboli sous l'Union des deux Canadus en 1841; mais quatre ans plus tard, le Parlement impérial, à l’unanimité, se prononenit en faveur du ré.

tablissement du français et son usage officiel fut proclamé en 1548,

Tenant compte de la situation ucquis", l'Acte de l'Amérique Britannique du Nord fit du francais une des deux langues officiel.

les du pays et placa les questions scolaires sous la juridiction exelusive des provinces, Il es: indiscutable que si cette Législature a le droit d'abolir le français dans Ontario, la Législature de Québec a le droit d'abolir l'anglais dans la province voisine, mais les Canadiens-francais sont trop généreux pour commettre une pareille injustice,

Justice aux Minorités.

Quand nous avons lutté pour obterir le gouvernement responsable, c'était pour faire rendre justice aux minorités. Nous l’avons réclamé pour le Canada ; et s’imagine-t-on que ceux qui ont fait la Confédération supposaient qu’un jour on défendrait aux minorités de parler leur propre lai rue? Une pareille idée n’a jamais pénétré dars le cerveau étroit et puritain d’un George Brown, ni dans le cerveau lihéral aux lois de sa nouvelle patrie ; et généreux d’un Cartier, pas

Rene un pere -conrerer

plus que dans l'esprit aux larges vues d’un sir John A. Macdonald.

De par la Constitution, le francais est une des deux langues officielles de ce Pays ; quiconque peut se réclamer du titre de Caradien, peut parler français d’un bout à l’autre du Canada. Celui qui ne ce droit, viole un des principes fondamentaux de l’Aete de l'Amérique Britannique du Nord, Tout citoyen du Canada a le droit indéniable de parler l’une ou l’autre largue ; nous nier ce droit, c'est nous nier notre titre de citoyen ; l’un ne va Pas sans l’autre, Quelle serait la valeur d’une liberté qu’on ne saurait pratiquer ? Si nous avons le droit de parler frarçais, nous avons celui d’avoir des écoles où nos enfants apprendront la langue de leurs pères, dont l'usage nous esi garanti par les traités et les lois.

Ces droits des Canadiens-franais sont constamment attaqués dans la presse ct à la tribune.

Nos adversaires sort sans cesse à nous demander ce que nous réclamons. Par acquit de conscience, plutôt que dans l'espoir de faire entendre ces sourds volontaires, je répéterai que Îles habitents d’un pays conquis deviennent les sujets du conquérant et con ses esclaves. Si le pays conquis est déjà en possession de droits civils régulièrement établis, ces droits subsistent après la conquête, à moins d’avoir été expressément abolis.

Or, ils n’ont pas été abolis au Canada, sauf pendant une courte période sous l’Union, de 1641 à 1848, date à laquelle ils ont été rétablis. Employer la force Pour opprimer le faible, c’est un retour à la barbarie, Ortario aura beau vanter l’état avancé de sa civilisation, je dis qu’elle commet un acte digne des temps

‘barbares en voulant supprimer la langue de la minorité.

Langue Officielle

Lorsque l’Acte de Québec fut voté à la Chambre des (Communes d'Angleterre en 1774, un membre du Parlement anglais s’est exprimé ainsi:

‘* Le Canada est ur: pays con- ‘‘quis. La capitulation lui a as- ‘‘suré la jouissance de certains ‘ droits et le traité ne comporte ‘aucune réserve en faveur des ‘habitants, sauf quelque chose ‘‘ de vague concernant la reli- ‘‘gion. Peut-on dire cependant "que, par droit de conquête, le ‘conquérant peut imposer les ‘ lois qu’il lui plaira ? Cette pro- ‘position. a été émise par cer- ‘‘ tains avocats qui ne font pas ‘‘de distinction entre la force ‘Cet le droit.””

Celui qui parlait ainsi, c'était le solliciteur général Wedderburne, qui était un jurisconsulte aussi éminent que les légistes canadiens qui ont entrepris de nous éclairer sur la rature et l'étendue de nos droits.

À cette date, en 1774, le serment du Test existait en Grande- Bretagne, et vous savez, Monsieur l’Orateur, quel était le sort des catholiques cn Irlande et en Angleterre. Il leur était interdit d'occuper aucune position publique, et ce n’est qu’en 1828, par la loi d'Emancipatior; qu’ils ont été relevés de cette interdiction.

Dans Île traité de Paris, il n’est fait qu’une vague allusion à la religion, parce que la religion catholique n'était pas reconnue en Angleterre, Mais le droit d’un peuple à parler sa langue est basé sur le droit international, et il n'était pas nécessaire de le mentionner dans le traité. Plus tard, en 1867, est venue la Confédération. Depuis

1848, sous l’Union, le français était la langue officielle du Canada. Des écoles françaises existaient dans Ontario depuis 1855 et peut-être avart, mais certainemert depuis 1855. I] y en avait dans Essex ; il y en avait à Ottawa. Ces écoles existaient légalement dans les deux provinces, puisque Québec et Ontario étaient réunis politiquement.

L'article 93 de l'Acte de l’Amérique Britannique du Nord est ainsi conçu:

‘* Dans chaque province, la Lé- ‘* gislature pourra exclusivemert ‘ décréter des lois relatives à ‘‘ l'éducation, sujettes et confor- ‘mes aux dispositions suivan- ‘tes:

‘lo. Rien dans ces lois ne de- ‘‘vra porter préjudice à aucun ‘* droit ou privilège conféré lors ‘ de l’Union, par la loi, à aucu- ‘‘ ne classe particulière de per- ‘‘ sonnes dans la province, rela- ‘‘tivement aux écoles séparées. ””

Droits du Français

Le premier paragraphe corrobore absolument ma prétertion.

Les provinces ont cédé au pouvoir fédéral tout ce qui était nécessaire au maintien et à l’administration de la Confédération— commerce, postes, douanes, etc.

Mais l’enseignement est resté du ressort des provinces, et si, de 1848 à 1865. nous avions droit à l’enscignement du français, quel est l'avocat digne de ce nom qui oserait prétendre que nous l'avons perdu ? Ce droit est resté intangible. Nous avions le droit d’avoir des écoles françaises et nous avons le droit d’en avoir aujourd’hui puisque les provinces n’ont cédé au pouvoir fédéral que ce qui était nécessaire À la bonne admiristration de la Confédération. Toutes les autres attribu- ‘tions ont été laissées et appartien-

nent encore aux provinces, ainsi que le déclare expressément le premier paragraphe de l’article 93 déjà cité.

Comme preuve que la langue française a été tolérée, même après avoir été formellement abolie au Canada, permettez-moi de rappeler ce qui s’est passé à l’ouverture du premier Parlement sous l'Union. Voici quelquesunes des opirions émises par Îles députés, lors de l'élection d'un Canadien-français au poste d’Orateur:

‘ Monsieur Cameron, de La- ‘ nark, espère que la discussion ‘‘est close. Le ‘ speaker ”’ de- ‘‘ vra pouvoir parler les deux lan- ‘‘gues, francaise et anglaise, et ‘c'est surtout pour cette raison ‘‘ qu'il votera pour M. Cuvil- “Tiers.” (The last forty years, par Charles Dent. Vol 1, p. 115.)

‘M. Draper approuve chaleu- ‘‘ reusement le choix de M. Cu- ‘‘villier comme ‘‘speaker”” par- ‘‘ ce qu'il parle le frarçais et ‘* qu’il possède toutes les qualités ‘‘ requises pour occuper cette “haute position.” (Idem, p.

‘‘ Sur ure motion de sir Allan ‘ MacNab, deux mille exemplai- ‘‘res du message et des docu- ‘ments qui l’accompagnaient ‘ furent imprimés en anglais et ‘un nombre égal en français.

‘‘ pour l’usage des députés, Ce ‘ sont les premiers documents “officiels imprimés.” (Idem, p. 337.)

Ces citations nous fournissent la preuve irréfutable que les deux langues étaient sur ur: pied d'égalité, Puisqu'en 1845 le Parlement vota à l'unanimité le rétablissement du français dans tout le pays, nous sommes bien obligés de supposer que les Anglais de ce temps n'étaient pas aussi farouches que ceux d’aujourd'’hui.

témbrninmmenensitmnrinnntinntmmmaetiirirititinpiianicinis ainsi irait eat eeepc

meer prnnrenerenpnemeenengenmmnnions

Droits Egaux

Le docteur Ryerson, dans son histoire des écoles d'Ontario, dit que les deux provinces travaillaient de concert, sous l'empire d'une seule et même loi. S'il était permis d’avoir des écoles francaises dans la province de Québec, il était également permis d’en avoir dans la province d’Ontario.

I n’y a pas l'ombre d’un doute qne l’enseignement du français dans les écoles était parfaitement légal.

M Monsieur l'Orateur, je ne pose pas la question sur le terrain exclusif de nos droits; ceuxci fussent-ils les plus sacrés et les plus incontestables, en serionsnous plus avancés? Nous savons ce qu'il est advenu de la loi réparatrice dans la province du Manitoba. Cette question ne peut être réglée que par des concessions raisonnables consenties par la majorit Tant que la majorité ne prendra as une attitude plus généreus\ 2 ne sera pas disposée à se monti.r plus charitable, nous devrons protester énergiquement et résister dans les limites de la légalité. C’est la seule solution que j'entrevois, car nos droits sont incontestables, mais nous n’avons pas les moyens de les faire respecter,

En 1890, M. MeCarthy, à la Chambre des Communes, proposa l’abolition de la langue française dans le Nord-Ouest. Permettezmoi de citer un extrait de l’amendement que M. Nicholas Flood Davin proposa à la motion de M.

McCarthy. Ces 1ignes respirent Je véritable libéralisme anglais :

‘ L'usage officiel de la langue ‘‘ francaise et de la langue an.

‘* glaise dans la Législature et de- ‘vant les tribunaux des Terri- ‘‘ toires du Nord-Ouest a été dé- ‘‘crété par ce Parlement dans ‘l'intérêt bien entendu de Ja

‘population de ces territoires, ‘pour assurer la bonne entente et l’harmonie qui doivent exister entre les différentes races et en vue d’encourager, par une ‘ politique libérale, la colonisation et le peuplement de ces vastes régions :

‘* Que rien n'est survenu depuis pour motiver ou justifier l'abo- ‘ lition des privilèges accordés il y à à peine quelques années;

‘* Que l'adoption de la motion proposée aurait pour résultat de créer du malaise et du mécontentement dans tout le Canada et de mettre en doute la stabilité de nos institutions, ce qui pcurrait retarder longtemps le développement des immenses ressources du Nord-Ouest canadien.”?

Le dernier paragraphe de cet amendement définit exactement les conséquences qu'’auraient toutes tentatives semblables dans la province d’Ontario.

L’Irlande Bilingue

Voyons maintenant ce qui se passe aïlieurs, non seulement sur le continent européen, mais aussi dans les Iles britanniques et les autres possessions anglaises. A tout seigneur tout honneur. Commençons par l'Irlande. Notre excellent ami l’Irlandais est toujours extrémiste: il veut être plus catholique que le pape et plus royaliste que le roi. Au cours du pré.

sent débat, j'ai entendu des Canadiens d’origine irlandaise exprimer d’étranges opinions: ils se sont montrés très sévères à l'égard de la langue française, inais heureusement qu'ils n’ont pas toujours été de cet avis Ils prétendent que la langue anglaise est assez bonne pour nous. C’est aussi notre avis, mais en y mêlant la moitié de français.

L'historien Lecky, parlant de l'Irlande, s'exprime ainsi: ‘‘Les

vaincus furent non seulement ‘‘dépouillés de leurs biens, mais ‘‘ persécutés dans leur religion, ‘* leurs lois, leurs coutumes, même ‘leur musique, mais par-dessus ‘* tout, leur langue et leur litté- ‘‘ rature, dans tout ce qui, en un ‘* mot, les rattachait à leur patrie; “tout ce qui leur rappelait le ‘* passé fut proscrit avec une éga.

‘le sévérité.”

Alice Stafford Greene, dans son ouvrage rish Nationality, dit:

‘* Leurs fils n’apprirent plus la ‘ langue irlandaise et n’entendi- ‘‘ rent plus les chansons et les lé- ‘’gendes du passé... L’archevêque ‘*Wateley entreprit de faire servir ‘‘les écoles nationales à assurer ‘cette destruction d’une manière ‘systématique, afin de faire dis- ‘paraître les traditions nationales.

‘A l'enfant qui ne comprenait que “l’irlandais, on donna un institu- ‘‘teur qui ne connaissait que l’an- ‘‘glais; le livre dans lequel on lui ‘‘enseignait l’histoire ne mention- ‘* nait le nom de l'Irlande que ‘* deux fois—un pays conquis par ‘* Henri II et converti en une pro- ‘ vince anglaise, lors de l’Union.

‘ La devise ‘This my own, my ‘ native land’”’ fut rayée des li- ‘‘ vres de lecture, comme perni- ‘‘cieuse, et on enseigna aux jeu- ‘‘ nes Irlandais à remercier Dieu ‘‘ d’en avoir fait d’heureux petits ‘ Anglais-”?

Ce peuple devait tenir énormément à sa langue qu’on persécutait si odieusement. Aujourd’hui cependant, les descendants des Irlandais d'autrefois ne comprennent pas que nous tenions tant à notre langue et que nous la défendions avec la même énergie que leurs ancêtres. Mais il y a mieux encore. De 1671 à 1828, il était très difficile en Irlande d’obtenir une instruction quelconque. Savezvous, Monsieur l’Orateur, que la France a fourni des collèges

pour instruire les jeunes Irlandais qui voulaient aller faire leurs études dans ce pays? Sous le règne d’Elisabeth, un collège fut fondé à Paris pour instruire les jeunes Irlandais, et aujourd'hui encore, la rue où était situé ce çollège s'appelle ‘*La rue des Irlandais””, Plus tard, un autre collège fut fondé à Lille uniquement pour l'instruction des jeunes Irlandais ; un troisième fut ouvert à Douai et un quatrième à Saint-Omer. C’est dans cette institution que O’Connell reçut son instruction. Je n’ai jamais entendu dire que l’instruction francaise reçue par O’Connell eût nui à sa carrière ou l’eût rendu moins apte à servir sa patrie. En dépit de tout ce que la France a fait pour les Irlandais catholiques, nous voyons l’évêque Fallon, le vicaire-général Corbett, les abbés Fitzgerald et Gorman déclarer, du haut de la chaire, que le français est inutile dans ce pays, et faire cause commune avec les ultra-loyaux qui voudraient traiter la langue francaise au Canada comme la langue gaélique a été traitée en Irlande. Après 1367, lorsque les ‘‘lois de Kilkenny”’ furent votées, l'Irlande connut des jours sombres. La langue anglaise lui fut imposée et la langue gaélique fut interdite; mais quel fut le résultat de ces édits cruels? A l'heure présente, on parle gaélique dans les provinces de Leister, de Connaught, de Munster, et, ombre de César!, dans la province d’Ulster. Plus de 30,000 habitants de l'Irlande ne parlent d'autre langue que la gaélique; trois-quarts de million parlent le gaélique et l’anglais. Qui n’a entendu la phrase souvent citée ‘‘ Le gaélique est la langue de l’amour et de l’affection””. En gaélique, il y a cinquante manières de dire ‘‘chér Si cela est vrai, comment se fait-il que des hommes aient pu oublier une langue si douce et si attrayante !

UNS US 02.111000E OSTESNNNNNRENENN Re eEnerer nes ern cree

Il existe actuellement en Irlande une ligue qui possède des ramifications d’un bout à l’autre du pays et dont le but est de faire revivre et de propager l’usage du gaélique. Il y a des cours de gaélique aux universités de Dublin, de Trinity et de Maymoth. Bientôt l'étude de cette langue sera au programme d’études des écoles primaires. A une réunion du conseil de Newry, M. James Small déclarait que le but de la ligue était de remettre la langue gaélique à la place d’'honneur qu'elle occupait autrefois Un mouvement bilingue en Irlande !

le dernier endroit où l’on se serait avisé de le trouver, après ce que nous avons entendu dire ici, Quelques citations, à ce sujet, ne manqueront pas d'intérêt.

‘A une réunion du conseil de “Newry, cette semaine, M. J. F.

“Small, ex-membre du Parlement, ‘‘parlant de la question de la lan- ‘‘gue irlandaise, déclara que le ‘‘but de la ligue était de remettre ‘cette langue à la place qu’elle ‘occupait autrefois en Irlande et ‘‘d’en faire la langue usuelle du ‘pays. Il fit remarquer qu’en ‘‘s’efforçant de faire revivre ls ‘‘Jangue irlandaise, beaucoup de ‘membres de la Ligue étaient ins- ‘‘pirés par d’autres motifs que ‘‘des motifs commerci. IX, mais ‘‘que c'est une erreur de préten- ‘‘dre qu'au point de vue commer- ‘‘cial, la langue irlandaise n’a au- ‘‘eune valeur.”

Et encore:

“Nous avons demandé que l’é- ‘‘tude de la langue irlandaise fût ‘obligatoire dans les universités ‘‘d’Trlande, et nous avons réussi.

“L'irlandais sera enseigné l’an ‘prochain. Le deuxième artiele ‘‘de notre programme comporte ‘l’enseignement de la langue ir- ‘‘landaise dans les écoles primai- ‘‘res et supérieures. La Ligue gaé- “‘lique est en faveur du bilin-

‘‘guisme en Irlande. L'enfant ‘‘qui n’apprend qu'une langue ‘possède un organisme intellec- ‘‘tuel inférieur. Le mouvement ‘‘gaélique est le plus merveilleux ‘stimulant intellectuel que nous ‘‘ayons en Irlande.

‘La Liguc nationaliste vise à ‘l'avancement matériel de l’Ir- ‘lande et la Ligue gaélique tra- ‘‘vaille à son perfectionnement ‘spirituel. Elle embrasse tous ‘‘les cultes et tous les partis po- “litiques.”’

Ces citations m’autorisent à dire que les éducateurs en Irlande n'ont pas, sur ces questions, les mêmes conceptions que ceux qui sont chargés d’administrer le dé- Partement de l’Instruction dans Ontario.

La Ligue gaélique est tellement en faveur en Irlande et fait de tels progrès qu'aujourd'hui elle compte 484 succursales Gans le pays. Il y a cinq ans, le gaélique n'était pas enseigné dans plus de 200 écoles. Aujourd’hui, dans 300 écoles on enseigne le gaélique et l'anglais. Ainsi que le disait le secrétaire provincial, après avoir entendu les opinions exprimées par l’évêque Fallon à la réunion de Sarnia, c’est en Irlande que ce bon prélat devrait aller montrer son gros poing et élever sa forte voix pour faire entendre raison aux agitateurs nationaux ct religieux qui répandent le bilinguisme dans le pays qu’il aime tant.

Vous serez peut-être d'apprendre, Monsieur l’Orateur.

due la langue anglaise n’est que tolérée en Irlande. On peut y parler anglais, maïs ce n’est pas l’unique langue officielle du pays comme on voudrait qu’elle le soit dans Ontario. Au mois de janvier dernier, une motion a été déposée dans la Chambre des Cemmunes d’Angleterre pour faire de l'anglais la langue offi-

surpris

cielle de l'Irlande. Plusieurs mem- Parlement prirent la

bres du

Hiiirnbnnnmmenent

Furole et prétendirent qu'une pareille démarche serait fatale à l'Union. D'autres, pour faire croire que le bilinguisme est un danger pour la Couronne, débitè.

lent tous les arguments démod F les âneries, les enfantillages auxquels nous ont depuis longtemps habitués nos ultra-loyaux. D'’autres encore répondirent qu'on ne menaçait pas l’Union en accordant une plus grande somme de libertés à l'Irlande, car depuis un demi-siècle, toutes les grandes victoires anglaises ont été remportées par des Irlandais servant dans l’armée anglaise, ainsi qu'en peuvent témoigner lord Roberts et lord Kitchener. Finalement le vote fut pris et vous Savez comme moi, Monsieur l’Orateur, quel fut le sort de cette motion. A une majorité de 109, la Chambre des Communes d'Angleterre refusa d’imposer l'anglais comme langue officielle en Irlande. Les têtes chaudes qui ne veulent pas d'autre langue que l'anglais dans Ontario devraient aller au cœur même de l’Angleterre joursuivre leur campagne en faveur de l’uniformité, Si nous devons être un pays exclusivement anglais, le mouvement doit partir du centre même de l’Empire, et c’est là que les unificateurs cevraient aller faire leur œuvre,

Au Pays de Galt,

Laissons maintenant l'Irlande pour traverser la Manche. En route, noùs rencontrons l’île de Man, dont un quart de la population ne parle pas l'anglais, Une visite de quelques heures dans le pays de Galles suffit pour nous faire constater des faits intéressants. Bien que ce pays soit sous le régime anglais depuis plus de six cents ans, une très faible proportion de la population parle anglais. Cette langue n’est pas parlée à l’ouest du Severn.

Je me demande, Monsieur l'Orateur, comment ces populations

peuvent être fidèles à la Couronne? Tusqu’aux instructeurs militaires qui font faire l’exercice aux recrues, en gallois,

Tous les commandements ‘‘tour à droite’””, ‘‘en avant’’, ‘‘présentez armes’”, sont.donnés en gallois et ces mots imprimés en langue galloise ont une apparence de trahison. Peut-on concevoir l’outrecuidance de ces Gallois qui sont allés jusqu'à demander un juge pariant Jeur langue? Des membres de la Chambre des Cominunes ont déclaré en plein Parlement que si on envoyait dans le says d? Galles un juge ne com- Prenant que l’anglais, il y passerait mal son temps; et je me suis laissé dire que les Gallois étaient des hommes de parole II YF eut un débat à la Chambre des Communes sur une motion blâmant la nomination d’un juge de comté qui n’était pas gallois. La Chambre décida qu'il était opportun que les juges du Pays de Galles russent parier et comprendre Je gallois. C’est ce qui a été fait

en 1874.

Vous imaginez-vous, Monsieur l’Orateur, un membre de cette

Chambre, se levant et réclamant la nomination d’un juge parlant francais? Je n'ai aucun doute que le secrétaire provincial connaît des endroits où l’on pourrait mettre en sûreté un député qui donnerait des signes si évi.

dents de dérangement cérébral et qui pousserait l’inconscience jusqu’à demander que les juges de la province d’Ontario comprissent le français. Mais les habitants du Pays de Galles n’ont pas borné là leurs réclamations. Ts sont allés beaucoup plus loin. À une réunion d'’instituteurs gallois, quelqu'un a pris la parole et s’est exprimé ainsi: ‘Tout paradoxal que cela puisse paraître.

l'anglais, jusqu’à un certain

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Point, est une langue étrangère dans le Pays de Galles.” Certains journaux canadiens comme le Kingston Standard, le Toronto Telcgram et le Sentinel devraient être au courant de tout cela, mais ils paraissent lavoir ignoré jusqu'ici. Quelle situation effroyable! Ne faut-il pas Gésespérer de l'avenir quand on entend un instituteur éminent « clar: en pleine convention galloise que l'anglais ne doit pas être vonsidéré dans ce pays comme langue étrangère, au même titre que l'allemand et le français. “Il ne faut pas. dit-il, que ‘l'anglais soit considéré comme ‘‘une langue étrangère, au même ‘‘titre que l’allemand et le fran- ‘‘çais””. La conclusion à tirer de cet aveu, c’est que l’anglais est jusqu’à un certain point considéré comme une langue étrangère dans le pays de Galles, Voici maintenant ce qu'un Gallois déclarait à un voyageur qui visitait ce pays:

“Mon fils apprendra l'anglais quand il saura le gallois, car ce ‘sont les Gallois qui ont été les ‘‘premiers possesseurs des Iles “britanniques. longtemps avant ‘‘les Saxons et les Normands. Au ‘‘treizième siècle, nous étions in- ‘dépendants. Ici, riches comme ‘‘pauvres, nous sommes fiers de ‘notre race qui est la plus an- “‘cienne du Royaume-Uni. Nous ‘‘sommes tous pour le maintien ‘‘du gallois, le symbole de notre ‘‘antique splendeur et le boule- ‘‘vard de nos traditions, N.us ‘‘avons nos poètes pour mainte- ‘nir vivant l'esprit national et ‘nos réjouissances annuelles pour ‘‘glorifier nos poètes.”

Si nn Français parlait sur ce ton au Canada, on le rangerait au nombre des traîtres. Son sort serait bientôt scellé: on le pendrait aujourd’hui et on lu ferait son procès demain. Paul-Louis Courier, dans un de ses pamphlets,

dit que sous l'ancien régime un noble avait le droit de tuer un

vilain, pourvu qu'il laissât dix sous sur sa tombe, Comme les lois libérales ne sont pas tou-

jours observées, ajoute-til, on nous tuait souvent pour rien, C’est certainement ce qui nous arriverait si nous étions aussi arrogants que les habitants du Pays de Galles. Il est grandement temps que nos fougueux ‘‘loyalistes’’ aillent dans le Royaume-Uni mettre ordre à un pareil état de choses.

Les affaires se gâtent et sont à la veille de mal tourner à moins que nos réformateurs ne se mettent immédiatement à l’œuvre. Les Gallois ne se sont pas bornés à réclamer la liberté nationale ; dernièrement, la Chambre des Communes a voté la séparation de l'Etat et de l'Eglise galloise, et après que le résultat du vote fût connu, les membres gallois du Parlement se sont levés et ont chanté ‘‘Hen Wilad Fy Nhadau”” (Terre de Nos Aïeux), et, spectacle plus renversant encore, tous leurs collègues à Westminster ont applaudi. Ces hommes qui, non seulement ne parlent pas anglais, mais ne veulent pas le parler, ont fourni à la mère-patrie le chancelier de l'Echiquier, Lloyd George.

Aux Etats-Unis

Le Kingston Standard a écrit aux Etats-Unis pour savoir si le francais est enseigné dans les écoles publiques des Etats de l'Est. La réponse qu'il a reçue a été que le français n'était pas enseigné du tout. Or, j'appartiens à une association qui est très au evvrant de ce qui se passe de l’autre côté de la frontière, et je puis dire au journal de Kingston que le français est enseigné ‘ans les écoles de l'Est.

avec beaucoup moins de restrietion que dans la province d’Ontario. Je suis heureux de pou-

om UE Rens en ennnes

voir dire que les Américains se montrent plutôt généreux sur cette question des deux langues.

Dans plusieurs grandes villes américaines, l'enseignement se fait moitié en allemand et moitié eu anglais, Dans le Nouveau- Mexique, il y a deux langues officielles, l'espagnol et l'anglais, qui sont enseignées dans les écoles tt parlées dans la Législature.

Ainsi, le Æingston Standard n'est Pas plus heureux quand il va chercher des arguments aux Etats- Uuis que lorsqu'on lui rappelle ce qui se passe dans la mère-patrie.

On a toujours enseigné que tout ce que nous avons ici est supérieur à ce qui existe dans la république voisine, J'ai toujours été sous l'impression que les institutions britanniques, en règle générale, étaient les plus parfaites du monde, et je le crois encore. Je me permettrai de faire observer au rédacteur du Aingston Standard ne ce n'est pas le fait d'un bon patriote de profiter de ce qu'il peut y avoir de défeetueux dans notre système, pour dénigrer son pays et lui préférer les institutions d'un pays étranger. Ni le ÆAingsr Standard croit qu'il y a des formes à opérer, il pourrait , y :mployer sans exalter le Frère Jonathan au détriment de John Bull.

Le Æingston Standard prétend que notre ministre de l'Education est un homme sans volonté.

une mouche du coche, qu'il devrait céder sa place à un autre, et qu'il est grandement temps de faire un changement. Si le rédacteur de ce journal s’est arrogé la mission de corriger ce qu'il y à de défeetueux dans le fonctionnement de notre système scolaire, il devrait écrire à l'honorable M.

Pease, le président du Bureau de l'Education à Londres. pour Ini conseiller d'interdire l'usage du gaélique en Irlande et en Ecosse, et du gallois dans le Pays de Galles.

En Ecosse

Je suis étonné, Monsieur l'Orateur, et je me sens peu à l'aise € voyant la manière d'agir du Parlement impérial. Un jour, il refuse de reconnaître l'anglais comme langue officielle en {rlanre ; le lendemain, il permet le gallois dans les corridors de la Chambre des Communes. Il pourrait bien se faire, si les autorités d'Ontario n'y prennent garde, que le Parlemert impérial imposât la langue française dans l'On- ‘tario.

Monsieur l'Orateur, ‘‘ Scots Wha hae” Sauny MacPherson n’est pas l'être le plus loyal au monde En 1707, lors de l'Union de l'Ecosse à la Grande-Bretagne, il lui fut enjoint de parler doréravant anglais. Sauny Mac- Pherson crut que c'était une farce ; et vous savez combien les Ecossais sont prompts à saisir une plaisanterie, Sauny parle le gaélique depuis plus de deux ecnits ans, et il continuera encore longtemps. Dans le voisinage d'Inverness et d’Aberdeen, il y a probablement vingt-cinq mille Personnes qui ne parlent que le gaélique, et il y à à peu près un quart de million de citoyens britanniques en Ecosse qui parlent à la fois le gaélique et l'anglais. Au dix-septième siècle, Burns et Ramsey firent revivre l’idiome national, et de nos jours, il y a une société ayant à sa tête M. D.

Camaron Swar, dont le but est de répandre la langue gaélique écossaise. Les jeunes garcons qui fréquentent ces écoles obtiennent des prix lorsqu'ils savent bien le gaélique.

M. D. Cameron Swan, le président, disait, au sujet des prétentions qu’invoquert fréquemment ceux qui veulent faire disparaître le sentiment national et l’ancienne langue,: que le monta-

Le mme

guard écossais peut être gèné dans la lutte pour l'existence, à cause de sa cornaissance du gaélique, et que s'il parle l'anglais aussi bien que le gaélique, son hubileté à se servir de ces deux langues est un désavantage mauifeste, en ce sens qu'il en résulté une confusion de pensées, Il concède qu'il y a, en effet, une ‘fficulté de ce genre, mais elle résulte du système l'éducatior:

Pratiqué dans les Hautes-ter à l'endroit des enfants qui parlent le gaélique, ‘La difficul- ‘té, dit-il, dans ces ‘ndroits, ‘dans le nord et l'ouest des Hau- ‘'tes-terres où le gaélique est la “langue du peuple, consiste trop ‘fréquemment en ce que les maî- ‘‘tres ne connaissent pas le gaé- ‘‘lique, et les enfants sont ins- ‘‘truits dans un langage qu'ils “ignorent complètement, Com- ‘ment pourrions-nous apprendre

iuelque chose à l'école, a joute-t.

“il, si les instituteurs parlaient Je “chinois?”

Il prétendait qu'un progrmme d'études rationnel, sur lequel on pût insister, devait comporter le choix de maîtres gaéliques pour

enseigner dans ces districts, dans la langue gaélique, et que l'an.

glais fût enseigné aux élèves de la même facon que le français et l'anglais le sont dans les écoles où l’anglais n’est pas la langue metermmelle,

Il prétendait que, de cette fa- Con seulement, on pourrait raisonnablement instruire les enfants en anglais, et que cette Jangne pourrait être employée comme base des autres études, Il arguait que le gaélique ne devait pas être remplacé, qu'il devait être enseigné grammaticalement et vocalement, que l'or devait remonter à son origine et que les poêmes des anciens bardes devaient être récités à haute voix.

N op

I affirmait, sans restriction, qu'il était très avantageux d'avoir une connaissance pratique de deux langues et même davantage ; que les nuances de tout idiome sort utiles et se prêtent à une plus grande flexibilité de ln pensée et de l'expression.

M. D. Cameron Swan est un des hommes les plus distingués d’Ecosse dans les matières d'éducation, et il prétend que pour apprendre une langue, ou toute autre matière enseignée à l’école, il faut enseigner à l'enfant dans sa langue maternelle, En Angleterre comme en Irlande et en Ecosse, il y a des pédagogues qui soutiennent que l'enfant, pour avancer dans ss études, doit être insfruit dans sa propre langue. Cela paraît si raisornable qu'il est inutile d'y ajouter quoi que ce soit.

En Angleterre

Monsieur l’Orateur, mon saug se fige à la pensée de ce que je vais dire. Je suis glacé jusqu’.

aux moëlles. Même sous l'ombre de Westminster, assez près pour être entendu de notre Roi, dans les Iles de Jersey et de Guernesey, On enseigne, dans ces écoles, un jour en anglais et, juste ciel!, ur autre en français! Et ceci, ie le répète, à l’ombre de Westminster et suffisamment près pour être entendu de notre Roi.

Je vous fais cette confidence, Monsieur l’Orateur, mais je vous demande de n’en pas souffler mot. Je vous demande à genoux de ne pas faire ces déclarations au Aingston Standard, à l'Evening Telegram et à l’'Orange Sentincl, parce que nous avons assez à souffrir ici sans exciter ces bouillants champions contre les Français des Iles de la Manche, Au cas même où vous leur diriez ces choses, Monsieur l'Orateur, deviendraientt-ils

HE iesisies stats Fanaene its,

La

Late ste : ci |

plus toléracts, plus indulgents, Canadiens plus sincères et plus patriotes ! Je ne le crois pas.

Une nation rexiste pas par la conformité de son langage, mais bien plutôt Par la poursuite du même idéal et des mêmes aspirations, De plus, laissez-moi dire que Jersey et Guernesey sont, entre les mains des Français, les avant-postes de l’Angleterre au Sud, que ces deux îles sont entre les Mains de deux hommes verus de Normandie, Le Français-normand est le cousin du Français-saxon, mais le Fran- Cais-saxon ne veut pas changer l’Union Jack pour le Tricolore.

La loyauté est quelque chose qui repose au fond du cœur, et elle n’est pas toujours de haute qualité par le seul fait qu'on la proclame sur les toits.

J'ai dit que le frunçais et l’anglais sort enscir nés alternativement, à une très courte distance de Westminster, cent cinquante jours durant l’année. Cela est très sérieux. Je ne voudrais pas me trouver dens les chausses du roi, si Frère Hocken venait à entendre ceei: Savez-vous, Monsieur l'Orateur, que durant presque cirq générations lés rois d'Angleterre ont été des maîtres dans la langue française ? Nous Savons qu'ici, au Canada, lorsque le duc de Kent visita notre pays, il se fit remarquer par la eorreetion de son langage français et ses manières de gentilhomme des meilleurs temps. Et voici encore une chose ‘très sérieuse: Lol.

lié dit que la reine Victoria, lors de sa visite à l’empereur Napoléor: III, en 1855, pendant la guerre de Crimée, parlait le français en perfection et paraissait renseignée sur toutes choses. Cela n’a rien d'étonnant quand on sait que la reine Victoria commença, à soixante-douze ans, à apprendre l’hindoustani.

Le roi Edouard VII était appelé le roi parisiez ; et, il y à à peu près deux semaines, les Pa.

risiens lui élevèrent uLe statue sur Un square auquel on a donné sen nom. Le roi règnant George V, parle très bien le francais, et le prince de Galles a passé l'hiver dernier à Paris afin de combléter ses études de français, Je suis profor. dément peiné, Monsieur l'Orateur, qu'une si bonne famille ait si mal tourné, Mais il Y & encore qu \lque chose de plus affreux que tout cela. Savez.

Vous que George I et George IT ne parlaient pas un seul mot d'anglais ? IL est done excessi. Yement difficile pour nous, (ae Ladiens-français ‘ ignorants ‘”, Comme en nous appelle, 4 Savoir quelle largue parler, Cep ndant, Comme le roi ne peut se tromper, nous allons imiter Sa M: jesté et Continuer à parler français,

Mais c’est ici que se présente une superbe oceasion pour Frère Hocken, s’il est aussi patriote qu’il le proclame, s’il est réellement désireux de répandre son sang sur l'autel de sa Päütrie, de dire au Roi de cesser de parler français, et s'il Ini dit seulement la moitié des choses aimables qu’il nous jette quotidienr ement à la face, s'il Jui applione la moi.

tié des épithôtes amènes qu'il nous décoche, pour prouver que je n'ai aucune ranecæte contre Frère Hocken. Jais ?z-moi vous dire que isterai avec plaisir à sa pendaison qui ne Saurait tarder,

Il me sera sans doute permis d'ajouter à tout evla tt'avant Ja cession d’Heligoland, on y enseignait dans ure égale proportion l'anglais et l'allemand. Et (je frémis en disant ces choses !) dans l’île de Malte, l'anglais et l'italien sont les langues officiel.

les. Ciel! ceci devrait cesser

rerenenn nn aarcamammmmes

PERF eREne ea mer) cremoomeen

rene en pnemanrenen eme ee

sans une minute de retard ! Lma-

ginez vous, l'italien raconnu lar:gue officielle dans une colonie britannique ! L'italien, Mon-

sieur l'Orateur, la langue du pape !

Frère Hocken, tu dors !

Frère Hocken,

En Europe

En Europe, rous rencontrons partout des peuples polylirgues.

En Espagne, on parle deux langues : le basque et l'espagnol. En France, on parle basque, provençal, italien sur la frontière italienne, allemand sur la frontière allemande et celte en Bretagne.

IL y a au moirs cinq langues :tolérées en France. Mais ce n'est pas en France que l’on trouvera de la tyrannie intellectuelle !

Et que voyons-nous en bBeigique ? La languc flamande et la langue française sur un pied d'égalité. Le français était tout récemmert la seule langue officielle. Lorsque les Flamands formèrent un groupe assez nombreux, ils demandèrent la reconnaissance de leur langue, et les Français y consentirent sur le champ. Aujourd'hui les deux langues sont officielles. Dans les localités où le flamand prédomire, le français est obligatoire ; Les deux langues sont officielles dans les Cours, les ministères et au Parlement. Bien que la Belgique soit un des moindres Etats européens, sa position industrielle lui donne un rang très enviable.

Un pas de plus, et nous sommes en Suisse. Il y a, en Suisse, trois langues officielles, avec, dans le Tyrol, le roumanche qui est la langue d’ure forte partie de la population. Le français, dans ce pays, occupe une position semblable à celle qu’il occupe dans Ontario. Les Allemands

sont en proportion de 70 pour cent, les Italiens de 20 pour cent, et les Francais de 10 pour cent, tout comme dans Ontario.

Nos journaux nous parlent souvent du péril allemand, Laissez.

moi vous dire que les soixantedix pour cent allemands rendent volontairement justice aux dix pour cent français qui vivent autour d'eux; ils pratiquent en tous points le ‘‘ fair-play *’ britannique (Juand les soixarte-dix pour cat allemands disent aux dix pour cent français: ‘‘ Parlez votre langue,” cela est du franc-jeu britannique, comme il est pratiqué dans la mère-patrie, Ce nest pas le ‘‘ fair-play ”’ ra.

petissé, le ‘‘fair-play'’ de bas étage qu'on rencontre chez nous, qui n'est après tout qu’ur: semblant et une contrefaçon de la vraie chose portant la marque de Westminster. Le ‘‘ fair-play ”’ britannique protège habituelle.

ment les minotités ; il est libéral, chrétien, et non tyrannique et arbitraire comme il se montre dans cotre cas.

Citons encore l’Allemagne. On nous dit que les Allemands sont une race de tyrans. Mais que trouvons-nous en Alsace-Lorraine f Aujourd'hui, le français est plus répandu qu’il ne l'était en 1870. Dans le Fortnightly Review de janvier dernier, nous lisons ce qui suit:

‘IL est étonnant qu’un peuple ‘aussi adroit que les Allemands ‘‘ qui, par exemple, ont à la tête ‘‘ des municipalités des officiers ‘* si intelligents et versés dans ‘l'administration, s'arrange de ‘‘facon que les bas-quartiers ‘* d’une cité anglaise n’ont pas ‘‘leur contre-partie en Allema- ‘‘ gne. I est étonnant que ces ‘‘ gens puissent penser qu'ils ar- “‘riveront plus sûrement à leurs ‘fins en accrochant quelques dé- ‘‘corations gur la poitrine de

nat peinnbnr niet it,

certains individus, au lieu de ‘’ gagner la population par la ‘to- ‘‘lérance et l'amitié que les ‘* Français employèrent quand ‘‘ ils possédaient le pays, En “1870, il y avait un peu “plus de françuis répandu ‘qu'au dix-septième siècle, et ‘un peu moins qu'aujour- ‘*d'hui, Et les émigrants allemands se trouvent entraîrés dans ce mouvement.

‘* Mais le Français, qui reste assez longtemps pour pénétrer l’âme du peuple, trouvera que cette âme n'est pas une âme allemande.

‘‘ Le conquérant commence à reconnaître qu'avec l'emploi de la force seulement, il ne fait ‘* qu'éloigrer davantage ceux ‘* qu'il n'a pas encore absorbés.''

Et Bismark disait que, dans les luttes nationales et religieuses, la force brutale n’a pas toujours le dernier mot.

Rappelons encore que le conseil municipal de Berlin a décidé, tout récemment, de donner des prix aux jeunes garçons des écoles élémentaires qui subiraient avec succès des examens de langue française, Le gouvernement ne devrait-il pas encourager l'immigration de ces Allemands généreux et tolérants dans la province d'Ontario?

Au Danemark, en Suède et er:

Norvège, il y a plusieurs langues.

Ce sont des pays polylingues. La Russie a cinquante dialectes, et peut-être plus, officiellement reconnus.

Arrêtons-nous un moment en Autriche. Si l’Europe n’a pas été envahie par les hordes de barbares de l'Est, rous le devons aux Austro-hongrois qui les ont vaincus à la bataille de Vienne.

Je rappelle ce fait parce que certains Français se figurent que la France est le pays qui domine tous les autres, de même que certains

Anglais ss figurent que l'Angleterre seule existe ici-bus, surtout quand en les entend dire ‘‘que le soleil ne se couche jamais sur les possessions anglaises'’, L'Autriche n'a pas moins une opinion très favorable de son pouvoir, exprimée par sa devise: ‘Austria est imperare orbi unirerso’", L'Autriche est destinée à régner sur l'univers'”, La monarchie antrichienne se compose de plusieurs éléments distinets, mais tous ont des droits égaux dans la constitu tion politique du pays. L'article 19 de la Constitution autrichienne stipule que: ‘‘toutes les tribus dans l'Etat ont des droits égaux et, chacune, des droits inviolables au maintien de sa nationalité et de sn langue.”

Monsieur l'Orateur, apprenez qu'un dictionnaire autrichien contient six langues. D'aueuns pour.

raient croire que ces peuples sont illettrés. Maïs dans un milieu divers comine celui-ci, la proportion d'illettrés n’est que de dix-huit pour cent au centre du pays. C'etie statistique n’est pas trop défavorable pour un pays l’on parle une vingtaine de l gues.

Conditions Analogues

En Autriche or rencontre encore une condition ethnologique qui ressemble à la nôtre. On trouve une bande d’Allemands qui divise l'élément slave du Nord et l'élément slave du Sud afin d’empêcher la fusion de ces races du même sang. Lord Elyir: attira l’attention des autorités britanniques sur un fait analogue en ce pays. Il conseilla de coloniser la frontière américaine avec des Canadiens-français afir: d'empêcher le raccordement de l'élément anglais des Etats-Unis ct du Canada, et il indiquait cela comme un moyen de, conserver plus sûrement le Canada à l'Angleterre.

La chose se répète parmi nous mais cette conception est ure vi.

sée de haute politique, probable.

ment trop haute pour être com- Prise dans cette province.

Vous serez surpris d’apprendre qu'en 1862, lorsque les Polonais se révoltèrent contre la Russie, lord John Russell fit certai.

nes pr'positions aux chancelle.

ries européennes, dans le but de venir er aide aux révoltés et leur accorder certaines libertés, Voici ces Propositions : ‘‘Amnistie ‘complète; assemblée nationale ‘des représentants ; administra- ‘tion nationale distincte des Po- ‘* lonais pour le royaume de Po- ‘* logne ; Pieine liberté de cons- ‘cience, et rappel de toutes ‘*trictions imposées au culte en.

“ tholique ; de la langue polonais comme lanque officielle : établise ment d'r sys.

“tème régulier de recrutement”,

L'Angleterre montra en cette circonstance qu'elle méritait Les éloquentes paroles de lord Grey ; L'empire britannique est l'ins- ‘trument le plus puissant qui ait ‘* jamais été Conçu par l’homme pour répandre les bienfaits !‘ de l'ordre et des lois, le devoir ‘et la liberté, l’aide et la misé- ‘ ricorde par tout le monde. ’’

L'Angleterre était prête, À ce moment, À conserver aux Polonais leur langue, N'est.il pas étonnant de voir où les choses en sont rer dues dans ce Pays, quand la mère-patrie voulait verser Je Sang de ses soldats Pour que les Polonais Pussent parler leur lan- £ue nationale? Mnis Jos pauvres Polonais furent vaincus et exilés dans les steppes glaciales de la Sibérie, En Partant pour l’exil, ils prenaient une poignée de terre natale, la mettait dars une enveloppe qu'ils plaçaient près de leur cœur; et quand leurs derniers moments avaient sonné, ils répandaient cette terre sons leur

r'es-

reconnaissance

tête et expiraient,

couchés sur le sol nat Nous aussi,

hais, nous aimo)

disaient-ila, al.

comme les Polous notre langue et rous ne prétendons pas en garder une relique dans l'exil, mais la garder toute et la parler dignement et fièrement, et tous les Co- Säques du monde ne Pourront ‘arracher de notre cœur d'où elle illit,

Même ceux que nous étions ? 4.

bitués à considérer comme des barbares sont plus généreux que les soi-disant civilisés d'Ontario.

La Turquie n'a jamais forcé les Albanais, tant qu’ils furent sous le jong ottoman, Z'abandonner leur langue et leur religion, N tre province est-elle Dire que la Turquie ? Allons-nous soutfrir v état de choses que la Turquie aurait honte d'imposer à ses sujetsf AÀ l'aurore du vingtième allons-nous rétrograder aux époques infâmes de l'histoire, où les mirorités étaient traitées d’après les préceptes d’une hideuse bigoterie et d’un fanatisme sans merci ? Assuément, notre position dans cette province ne sera pas rendue telle que nous finirons par préférer les hordes de Bashi-Bajonks aux bandes d’ultra-pan-britinnistes qui veulent nous réduire au rang d'’ilotes et d'outlaws!

Aux Indes

Laissons maint: nant l’Europe Pour visiter un autre Pays assujéti à la Couronne anglaise et qui y demeurera encore longtemps, je l'espère, Un Coup d'œil sur l’Inde rest pas déplacé dans une enquête comme celle que nous sommes en train de faire, Ah! Monsieur l’Orateur, c’est ici aue les apôtres du Pan-Britannisme peuvent déployer leur zèle et leur ardeur pour le succès de leurs rêves Patriotiques, Il en faudrait une ar-

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