‹ Discours de M.T.C. Casgrain, M.P., sur le budget [microforme]Chapitre 3 sur 4 · À quelles date ou dates ont-elles été reçues · texte numérisé non relu

À quelles date ou dates ont-elles été reçues

rie,

d'électeurs Importants uvalent 6té omis de {la liste, et d'après lu loi que nous avons, {l [N'y A pas moyen de corriger ces omissions, Nous pouvons d'un moment à l'autre avoir [ue où Dlusieurs élections dans ln province de Québec où dans n'importe quelle partie de la Confédération, et nous n'avons pas de listes légales comme uous devrions en avoir et comine la loi passée par mes honorables [amis devait, disaient-ils, nous en procurer, Les listes que nous avons, si elles sont În-

| correctes et inexactes ne peuvent être corrl-

&ées, la loi actuelle ne nous en fournissant bas le moyen, Eh bien ! voilà une promesse que ces mes-

sieurs ont remplie, Je ne comprends pas

| Comment ilarrive que le gouvernement, qui

n'a absolument rien fait pendant la présente session, n'ait pas au moins présenté et fait adopter un bill, dûs Maintenant, pour corrlger la complète Insuflisance de la lot du cens

| 6lectoral.

Je disais, il y a un instant, que depuis le commencement de cette session, not: n'avons rion fait, En effet ot je pose la ques tion à mes honorables amis de Ja droite, — à l'exception du bill de redistribution des

| comtés qui a été adopté, qu'avons-nous fait ?

Nous avons passé le ti ps à discuter des ré-

| Solutions académiques.

lec- |

jue

toutes les listes de ln province de Québec

avaient 6t6 imprimées ot distributes à 1’ ception de dix.

ex-

Le 28 mars, l'honorable premier ministre

me disait qu'il y avait encore 23 com

tés

dont les listes n'avaient pas été imprimées,

et le 2 avril, trois Jours plus tard, il

me |

répondait que toutes les listes étaient impri-

mées sauf celles de dix comtés, Comm

ent

expliquer cet écart ? No peut-on pas affr-

mer que la loi électorale actuelle fonctiot d'une manière aussi défectueuse pour moins que celle qui existait auparavant qui avait 6t6 passée par le parti conser teur, loi tant critiquée par ces messieurs la droite,

De plus, ces listos indiquent des on

inc le et

Va- | de |

1is-

sions de noms, comme la chose a été consta-

tée lors de l'élection de Sherbrooke, s'est apereu dans cette élection que les no

On ms

Le PREMIER MINISTRE (sir Wilfrid Laurier) : Fear, hoar,

M, CASGRAIN : Discussions, qui, en fin de compte sont absolument inutiles et n'avancent pas les affaires du pays, L'on ue peut pas dire que ce sont les honorables députés de la gauche qui ont discuté le plus longtemps ; parce que, chaque fois que l'un de ces ces députés s'est lové pour parler, au moins deux députés de Ia droite se levaient pour lui répondre. Le gouvernement a fait ceci, cependant, malgré les accusations les plus sérieuses affectant l'élection de deux député: de cette Chambre : malgré les accusations de corruption que l'opposition se fait fort de prouver contre ces deux députés, le gouvernement qui, l’année dernière, nous avait donné la permission de soumettre ces Cas au comité des privilèges et élections,

[ous a refusé ce droit cette année, Com-

ment se fait-il que, l'année dernière, ces cas relevaient du comité des privilèges et élections, et que cette année ils aient changé de nature et qu'ils ne peuvent plus y être soumis ? C'est que ces messieurs savent que depuis la dernière session, nous avons l'ecueilli des informations qui mettent les sièges de ces deux députés en péril, les forceraient à démissionner, Je m'étonne même qu'ils n'aient pas encore démissionné, surtout après en avoir recu le conseil d'un des principaux organes du parti libéral, le Globe.

Mais ce n'est pas tout, le gouvernement a refusé, l'année dernière, une enquête sur

l'administration des affaires au Yukon. Un

honorable député de la gauche avait porté des accusations de mal-administration dans

voir ince rtle s de voir bles el,

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1e Spas qui nte fait vriens

s le 1'a- D, — des It ? r'é-

rid

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les affaires 41 Yukon, 11 les avait faites de telle façon à viettre son siège eu jeu, Le #ouvernement a refusé cette enquête, ou plutôt, il a nommé comme enquêteur un homme

sur lequel il avait tout le contrôle possible, |

et qui, s'il eût fait un rapport un tant soit peu défavorable au ministère, aurait vite.

ment reçu son congé,

Je reviens aux résolutions passées À lu |

Convention de 1898, et je trouve un parugraphe très intéressant que je vais lire:

Cette convention affirme que c'est un droit ancien et incontestable de la Chambre des communes de s'enquérir de toutes matières de dépense publique, de toutes accusations de mulversation proférées contre les ministres de la Couronne, et que la soumission de ces causes à des commissions créées sur l'avis des accusés est en désaccord avec la responsabilité des ministres à la Chambre des communes et tend à affaiblir l'au. torité de Ja Chambre sur l'exécutif, et cette convention affirme que les pouvoirs des représentanta du peuple À cet égard devraient ôtre respectés en toute occasion,

Voilà encore une déclaration de principe

solennellement faite à la convention libé- |

rale de 1893 qui a été violée en deux OCCa-

sions ; une fois au cours de la dernière ses. |

sion lorsqu'il s'agissait de l'administration de la chose publique au Yukon, et une fois cette année au sujet de l'enquête sur les élections de Brockville et Huron-ouest, Dans le cas de ces deux élections, l'enquête demandée avait trait aux accusations les plus graves qui peuvent être äpportées contre ceux qui occupent des sièges dans cette Chambre, mais le gouvernement n'a pas voulu consentir à ce que cette enquête fût ouverte de nouveau cette année,

Je passe maintenant à un sujet qui sera peut-être un peu plus intéressant pour cette Chambre à raison de son actualité. Je veux parler de la politique fiscale du gouvernement, Cette question que je vais traiter se relie plus particulièrement à l'amendement proposé par l'honorable chef de l'opposition,

L'honorable député qui a pris la parole cette après-midi (M. Davis) a dit que le parti conservateur n'avait pas de politique. C'est là une accusation que nous avions le droit de porter contre le parti libéral avant 1896. car il n'avait pas de politique à lui. Ces messieurs vont de husting en husting et leurs journaux répètent que le parti conservateur n’a pas de politique, qu'il n'a ni principe ni programme arrêtés en fait de politique,

Notre programme politique au point de vue du tarif fiscal est tout entier dans l'amendement qui a été proposé par l'honorable chef de l'opposition.

Quelle est la différence qui existe entre les deux partis politiques? Hn 1878 le parti conservateur a fait des promesses au pays ; il lui a dit que s'il arrivait au pouvoir il établirait la protection dont nos industries nationales avaient besoin pour se développer et prospérer, qu'il inaugurerait une politique vraiment nationale. Et dès son ar-

teur a twmis à effet la promesse donnée à l'électorat en appliquant la politique natlo-

[nale, D'un autre côtà le parti libéral a été

constamment À ln recherche d'une politique, Il a voyagé de Charybde à Scylln, disant tantôt: Si nous arrivons au pouvoir, nous Nous engageons À faire disparaître tout vestige de la protection, puis prôchant l'unton commerciale avec les Etats-Unis, puis la réciprocité et le free trade tel qu'il existe en Angleterre, Et si aujourd'hui ce parti suit la politique que le parti conservateur a inau-*

|gurée c'est qu'il a fini par se rendre compte

qu'il ne pouvait pas faire autrement pour assurer la prospérité du pays, prospérité dont il n'a pas cessé de Jouir depuis 1878, Cette politique reposait sur des principes, et le parti libéral lui-même a dû le reconnaître en l'adoptant,

L'honorable député qui a parlé avant mol (M. Davis) a déclaré que le parti libéral n'avait pas promis le libre-échange, En l'entendant faire sa déclaration je me suis demandé s'il ignorait tout ce qui s'était dit sur ce sujet avant l'arrivée du parti libéral au pouvoir, Il se peut que les résolutions ädoptées en 1893, À la convention libérale tenue à Ottawa, ne disent pas formellement qu'on établira le libre-échange, mais on sait fort bien que l'honorable premier ministre ot ses partisans ont répété partout qu'il fallait détruire jusqu'au dernier vestige de la protection, On répétait que la véritable politique nationale pour le Canadn 6tait le libre-échange et non pas la protection : l'on disait partout qu'il fallait abolir les barrières entre le Canada et les Etats-Unis, que les Etats-Unis étaient le grand marché où nous devions aller, et l'on ne se gênait pas de dire que l'on préférait le dollar américain au shelling anglais. D'après ces messieurs le seul marché favorable pour le Canada était les Etats-Unis, et lorsque nous disions que nous pouvions envoyer avec pr''ofit nos produits en Angleterre, on riait de nous et on nous demandait: ‘Pourquoi chercher un marché au delà des mers lorsque nous avons un marché magnifique à côté de nous ?” Le parti libéral en est rendu aujourd'hui à nier qu'il ait jamais promis le libre-échange au Canada, Qu'a fait ce parti une fois rendu au pouvoir ? Il a conservé presqu’en entier le tarif protecteur : il n'a pas osé changer le principe de cette politique. Aussi la politique nationale inaugurée par les conservateurs est-elle encore appliquée aujourd'hui, C'est la politique nationale qui se continue sous le gouvernement actuel, et ces messieurs savent que S'ils avaient rempli les promesses faites dans leurs discours, de supprimer tout vestige du tarif protecteur, ils auraient couvert le Canada de ruines,

Tout ce qu'ils ont fait, et le seul changement qui en vaut la peine, quand ils ont introduit leur politique fiscale, en 1897. a été de donner une préférence, non pas À l'Angle-

rivée au pouvolr en 1978 le parti conserva- | tèrre seulement, comme il le disait, mais une

préférence à tous les pays qui nous douneaient sur leurs marchés les mêmes avantages que nous leur donnions. Cette offre n’a pu convaincre les hommes d'Etat anglais, qui disaient que si on donnait cette préférence, on serait obligé de la donner à ving*tcinq nations €ifférentes, en vertu des traités existants, Qu'a fait le gouvernement alors?

Il a été obligé de changer sa loi et a baissé le tarif en faveur de l'Angleterre, de 25 pour 100. C'est-à-dire que les marchandises qui nous viennent des autres pays payent, disons $1 de droit de douane, quand les mêmes marchandises qui nous viennent d'Angleterre ne payent que soixante-quinze centins. On se demande maintenant, quel bienfait cette politique a produit au Canada? Mais avant de traiter ce point, je dois dire que la diminution qui a été introduite par le tarif de 1897, est de moins de 1 pour 100 sur l'ancien tarif. C'est-à-dire que loin de détruire le principe de la protection, on le continue en le modifiant simplement. Quel en est le résultat au point de vue lu peuple? N'est-il pas vrai que l’on paye les choses ordinaires de la vie, plus cher aujourd’hui, qu'avant 1896? On paye plus cher le coton, les clous, le fil d'engerbage, l'huile de charbon, etc.

L'huile de charbon surtout, les libéraux nous disaient avant 1896. qu'on le payait si cher, parce que le parti conservateur en avait donné l'exploitation à un monopole. Mais ces messieurs ont créé, peut-être, le plus gigantesque monopole qui ait jamais existé dans le pays, et leurs amis doivent songer aujourd'hui, quand à la lueur de la lampe, ils relisent le programme libéral, combien ils ont été trompés, puisqu'ils payent l'huile de charbon vingt-quatre cents aujourd’hui, tandis qu'en 1896 ils ne la payaient que seize centins,

Ces messieurs avaient fait une autre promesse, Ils avaient dit : si nous arrivons au pouvoir, il ne se passera pas six mois avant que nous ayons nommé une commisssion qui ira à Washington et qui conclura, avec les Etats- Unis, un traité de réciprocité. Les conservateurs ne le peuvent pas, disaient-ils, parce qu'ils se sont toujours montrés hostiles aux

Etat;-Unis; mais nous qui sommes les bons!

amis ädes Américains, nous allons avoir ce!

traité dans six mois.

Qu'est-il arrivé ? Ces messieurs sont allés |

à Washington et à Québec, ils ont passé à

peu près six mois à discuter, à ergoter sur |

toutes espèces de questions, bien qu'ils eussent pour les éclairer les lumières de l’honorable député de

aurions pu nous servir auprès des Etats- Unis pour obtenir des concessions. Entre autres articles, le gouvernement avait aboli le droit sur Île blé-d'inde. Pour certaines

parties du pays la suppression de ce droit ne fait pas grand’chose, mais il en est bien autrement ailleurs. L'autre jour je parlais dans le comté d’Essex à un cultivateur bien posé qui me disait : J'ai voté pour le parti libéral en 1896, mais aujourd'hui, je suis bien décidé de ne plus voter pour lui. L’abolition du droit sur le blé-d’inde lui faisait perdre, disait-il, $300 par année. Ce que ce cultivateur me disait, vous pourriez assurément l'entendre répéter par beaucoup d’autres.

Je disais tout à l'heure que le tarif préférentiel est tout à j’avantage de l’Angletere, et que ce’te mesure ne profite en rien aux industriels et aux ouvriers du Canada. Cette année on ne se contente plus de 25 pour 100, puisqu'on a porté la préférence à trente-trois et un tiers. Maintenant, voyons ce que nous pourrions envoyer sur le marché anglais, si nous y jouissions d'une préférence même la plus légère, sur les autres pays. En 1896, l'Angleterre importait 12,000,000 de barils de farine dont le Canada n'avait fourni que 90,000. Elle a aussi importé 5,500,009 minots de pois dont le Canada n'a fourni que 1,400,000 minots.

Elle a importé 58,000,000 de minots d’avoine, dont 500,000 minots venaient du Canada. Elle a importé 52,000,500 minots d'orge, dont 47,000 minots seulement fournis par le Canada. Elle a importé 510,000,000 de livres de bacon, dont 47,000,000 de livres

| venaient du Canaüa ; 163,500,000 livres de

jambon, «ont le Canada n’a fourni que 6,- 50,000 livres. Elle a importé 324,000,000 de livres de mouton dont le Canada n’a fourni que quatre mille livres seulement ; 6,000,000 de minots de pommes dont le Canada n’a fourni que 1,500,000 minots ; 251,000,600 de livres de mouton dont le Canada n'a fourni que 164,000,000 de livres ; 340,000,000 de livres de beurre, dont le Canada n’a fourni que 5,000,000 de livres.

Maintenant on peut voir par ces chiffres

| quel avantage nous retirerions si nous jouis- | sions sur le marché anglais d’une préférence,

quelque légère qu'elle fût. Nous voyons im-

| médiatement quel serait l'immense profit

que nous rapporterait une telle mesure, L'honorable premier ministre l'a bien compris lui-même puisqu'il déclarait dans un

| discours prononcé à London, Ont., en 1896,

que nous devions nous efforcer d'obtenir une

[telle préférence, Voici comment il s'expri-

sabelle (M. Bourassa), et | A DE OU 0 A pires pi | berlain, en est venu à la conclusion que le temps & f e , € ŒIL, € Fe tenu, parce que l'honorable premier ministre | avait d'avance tout donné aux Etats-Unis. | En effet, n’avait-il pas accordé l’'exemption | de droit sur beaucoup d'articles dont nous |

mait en parlant de cette politique de préfé-

| rence réciproque entre le Canada et la mère

patrie :

Cet homme d'Etat pratique, M. Joseph Cham-

est arrivé où il est possible d'établir dans les limites de l'empire, un système nouveau qui donnera aux produits des colonies achetés en Angleterre un avantage sur les produits des autres nations.

Queis seraient les avantages de ce système, s’il était adopté ?

Nous vendons nos marchandises à l'Angleterre, nous lui envoyons notre blé, notre beurre, notre fromage, tous nos produits naturels, mais Ià il

urni

d’a- | Ca- | inots | arnis

ivres

s de e 6,- | 0 de | Jurni | 0,000 n'a 0 de Jurni le lii que

iffres ouisence, s im- )rofit sure, coms un 1896, ‘une xpriréfémère

hamemps s les | qui s en s au-

tème, terre,

notre là il

nous faut faire concurrence aux produits semblabies qui viennent des Etats-Unis, de la Russie et d’autres nations.

Voyez quel grand avantage ce serait pour le Canada si notre blé, notre fromage, notre beurre que nous envoyons en Angleterre, y étaient reçus dans des conditions plus avantageuses que ces mêmes produits des autres pays.

Ces avantages seraient immenses. M. Joseph Chamberlain, le nouveau 2t progressif secrétaire pour les colonies, déclare que le temps est venu de discuter cette question.

Maintenant c'est au peuple canadien de faire son choix.

Quel sera ce choix ?

Son choix sera en faveur d'un tarif de revenu et du commerce préférentiel.

En effet, quel commerce ne pourrions-nous pas faire avec l'Angleterre si nous pouvions obtenir des avantages sur le marché anglais en faveur des produits du Canada, et en vertu desquels, pour me servir de l’expression de l'honorable premier ministre, nous pourrions jouir de la protection d’un droit léger prélevé sur les produits de toutes les autres nations ? Ce serait un avantage incalculable puisque le marché anglais est immense, Mais ici encore, comme pour les Etats-Unis, l'honorable premier ministre a fait d'avance abandon de tout ce que nous pouvions donner en retour de cette faveur.

C'est ce qu'il a fait avant de se rendre à Washington pour négocier un traité de réciprocité. Il a commencé par tout donner, rien d'étonnant que les Américains ne lui aient rien accordé.

En 1897, il a donné une préféfence de 25 pour 100 à l’Angleterre et voici qu’en 1900 il élève cette préférence à 334.

Voici, M. l'Orateur, une considération qui vaut bien la peine qu’on s'y arrête. Supposons une marchandise qui vient d’un autre pays d'Europe ou des Etats-Unis, ou d'un de ces pays où l’on produit tout au meilleur marché possible, comme la Chine par exemple, ou le Japon. On l’envoie en Angleterre, on augmente la valeur de *ette marchandise de 25 pour 100, par le travail des ouvriers anglais et alors cette marchaadise arrive ici comme une marchandise anglaise et pour la seule raison qu'elle a été augmentée d’une plus value de 25 pour 100 elle entre à la faveur du tarif différentiel comme marchandise anglaise, faisant ainsi compétition À nos manufactures et à nos ouvriers.

Quelle est la position qu'a prise l'honorable chef de l'opposition sur ce point ? Qu'exiget-il de l'Angleterre ? Il exige un tarif préférentiel réciproque, en vertu duquel nous donnons quelque chose pour avoir quelque chose, En d'autres termes c'est le contrat :

“Do ut des ;”’ donnant, donnant. Il dit à l'Angleterre : Si vous voulez avoir une préférence sur notre marché, donnez-nous une préférence sur le vôtre. On a cité, dans cette Chambre les paroles de l'honorable M. Chamberlain, de lord Roseberry et de plusieurs autres hommes d'Etat anglais pour

démontrer que l'Angleterre ne nous donnera |

jamais de préférence sur ses marchés, parce

qu’elle est essentiellement favorable à un tarif de libre-échange. Mais si cela est si vrai c’est parce que, en 1897, l'honorable premier ministre a déciaré qu’il ne voulait pas que l’Angleterre s’imposât la protection, et ses hommes d'Etat ont suivi la conduite que notre premier ministre leur avait indiquée. Et lorsqu'ils ont su que le Canada avait déjà donné une préférence de 25 pour 100 sur les marchandises anglaises, sans rien recevoir en retour, ils auraient été bien naïfs d'imposer un droit sur les importations des autres pays. Pourquoi l’auraient-ils fait ? L’honorable premier ministre avait tout donné d'avance. Il avait tout livré à l'Angleterre. Les hommes d’'Etat anglais sont surtout des hommes d’affaires, et lorsqu'on leur offre un bienfait pour rien, ils seraient bien naïfs, ils seraient même ridicules, s'ils ne l’acceptaient pas comme il est offert.

Il s’est présenté deux circonstances mémorables dans lesquelles, j'en suis certain, l’honorable premier ministre aurait pu obtenir quelque chose de l’Angleterre en retour de ce que nous devons lui donner. En 1897, |lors ces fêtes du jubilé de la Reine, où l’ho- |norable premier ministre a figuré avec avantage, il me semble qu'il aurait pu obtenir une faveur quelconque, non pas seulement | des faveurs qui ne servent qu’à orner la | poitrine des patriotes, mais des faveurs réelles et avantageuses pour le pays. En 1897, l'Angleterre avait besoin d’une démonstration sympathique de la part de toutes ses colonies, pour montrer à la face du monde son pouvoir et sa puissance. Si le premier ministre, à cette époque, au lieu d’aller dire: nous vous donnons en pur don une préférence de 25 pour 100 sur nos marchés ; s’il avait, | dis-je, suivi l'invitation qui lui était faite | par les hommes d'Etat anglais, il aurait pu obtenir, avec les autres premiers ministres des colonies—je n'en doute aucunement, quant à moi, d'après les déclarations que j'ai lues et qui sont bien connues—une pré- | férence comme celle que nous donnons aux produits anglais sur nos marchés.

Mais en 1900, combien plus favorable encore était la situation, lorsque l'Angleterre avait besoin d'une démonstration de sympathie de la part de ses colonies en face du monde entier? Il ne s'agissait plus là d’une démonstration de simple fête jubilaire, mails

d'une manifestation réelle de puissance et de force de nature à prouver aux autres nations du monde que l’empire anglais était uni. Cette occasion unique, le premier ministre n’a pas su en profiter, et au ileu de demander à la mère patrie d’accorder une préférence sur ses marchés aux produits du Cunada, il lui a donné une préférence de 334 pour 100 sans chercher à obtenir ce qu'il considérait lui-même être si avantageux our ce pays. Il veut rester libreéchangiste et craint sans doute de se montrer indigne de porter la médaille de Cobden. Voilà pourquoi il dit aux industriels anglais:

Nous allons vous donner, au préjudice de

nos manufacturiers et de nos ouvriers, une |

préférence sur les marchés canadiens, Il se peut que les manufacturiers du Canada ne ressentent pas immédiatement tous

les résultats de ce tarif préférentiel. Peut-! être ne se feront-ils pas sentir d'ici à quel-

ques années; mais quand viendra le temps où les fabricants anglais ne seront plus occupés comme ils le sont aujourd'hui, à exécuter des commandes énormes par suite des circonstances que tout le monde connaît,

ils déverseront le surcroît de leur production |

sur le Canada, c'est alors que nos fabricants et nos ouvriers souffriront des conséquences de la1 politique inaugurée par l'honorable premier ministre et par le parti libéral. Ce

tarif donne tout à l'Angleterre sans rien!

obtenir en retour, C'est une mesure falla-!

iouse et ruineuse pour les industriels et les ouvriers du Canada.

Je ne vois pas pourquoi l'honorable premier ministre a augmenté cette année la préférence accordée à l'Angleterre à 334

pour 100, si ce n'est pour l’un des deux mo-|

tifs suivants: Où ii désirait manifester l'exubérance de son impérialisme, ou bien se faire pardonner l’hésitation qu'il a apportée à envoyer un contingent en Afrique. Qu'on se rappelle l’entrevue publiée dans le Globe, dans lequel mon honorable ami déclarait qu'il ne pouvait envoyer un contingent en Afrique. Il faisait connaître la politique du gouvernement et il disait qu'il avait étudié la question, qu'il avait étudié la loi de la milice et, après mûre réflexion, il déclarait au représentant du Globe: “Je vous dis que d'après la loi nous n'avons pas le droit d'envoyer de contingent en Afrique.’

Quelques jours après, il envoyait un contingent et aujourd'hui pour faire oublier son hésitation d'alors il accorde cette faveur additionnelle à l'Angleterre afin de prouver son amour et s1 loyauté envers Ia mère patrie,

Peut-être aussi existe-t-il un autre motif.

En 1897 lorsque le tarif préférentiel fut soumis à cette Chambre, l'honorable ministre du Commerce (sir Richard Cartwright), après avoir entendu prononcer le discours de l'honorable ministre des Finances (M. Fielding), s’en allait en souriant dans l: corridor. Rencontrant un ami il lui dit à propos de ce tarif : Nous avons introduit le coin du livieéchange dans la politique fiscale du Canada.

Il lo disait lui-même et le laissait croire à ses amis, qu'il avait en fin de compte triomphé en imposant le libre-échange au Canada. Il n'y a pas de doute que cette politique est contraire aux intérêts bien entendus de nos industriels et de nos ouvriers, C’est sur cette politique-Ià que la prochaine

ba'‘aille électorale sa fera, Le peuple aura | à choisir entre la politique du parti conser-|

vateur telle qu'exposée devant cette Chambra par l'honorable chef de Topposition, et celle du premier ministre telle qu’elle ressort du tarif qui nous est maintenant soumis.

C'est en cette policique du premier ministre, que consiste le vrai impérialisme.

On a souvent parlé d’impérialisme et de fédération impériale Pour nous, le seui jimpérialisme que nous voulons, Ja seule fédération impériale que nous voulons,—et ce n’en est pas une—c'est le tarif préférentiel réciproque entre le Canada et l'Angleterre, Nous ne sommes pas pour la fédération impériale préconisée par le premier mninistre, non seulement en Angleterre, mais encore dans cette Chambre,

Nous ne sommes pas pour la fédération impériale préconisée tout récemment en Angleterre par l'honorable ministre des Travaux publics,

la politique du parti libéral, c'est la fédération impériale, et par fédération impéviale, j'entends une agglomération d'Etats, qui sont gouvernés par un même parlement.

Voilà la définition de la fédération impériale, C'est cette fédération que préconise le parti libéral, à l'heure qu’il est. En effet, on voit qu'en 1897, lors des fêtes du Jubilé, {l'honorable premier ministre s'est exprimé |comime suit, d'après les dépêches qui n'ont Jamais été contredites :

Lordres, 6 juillet 1597.

Sir Wilfrid a adressé, hier, la parole à une assemblée des membres de la Chambre des communes comme parti colonial. Il a été accueilli avec la plus grande cordialité. Il a demandé la représentation directe des colonies dans le parlement impérial, qui, dit-il, devrait être un grand conseil national ou un parlement fédéral impérial. T1 a dit que si l'Australie et l'Afrique du Sud étaient des colonies confédérées comme le Canada, cela simplifierait grandement la question.

Et quelques jours plus tard, à un banquet donné par jes ‘coréwainers ” il prononçait ces paroles :

En Canada, nous avons une confiance illimitée dans notre pays ; quand il aura atteint le plein développement de sa virilité, rien ne pourra le satisfaire sinon la représentation dans le parlement de l'empire, Je crois que cette question n'est pas sans difficultés, mais il appartient aux hommes forts de vaincre les difficultés. La carrière du parlement de la Grande-Bretagne a été illustre, mais non moins illustre sera celle du parlement de la Bretagne agrandie.

Dans une autre circonstance, il disait ceci :

Je crois au parlement de la ‘ Greater Britain,” et jamais je ne serai plus fier,—si je ne vis pas assez longtemps pour cela, il y a bien des Canadiens qui vivront jusqu'à ce moment—que Île jour où un Canadien-français soutiendra le principe de In liberté dans ce parlement de la ‘“ Greater Britain.’

Dans un banquet à l'hôtel Cecil, M. Cham-

berlain proposant un toast à l'empire britann'ave, s'exprimait ainsi !

Dans leur intérêt tout est fait pour attacher s colonies à cette Angleterre, à laquelle elles appartiennent, et avant longtemps, nous espérons saluer une fédération australienne, qui, nécessairement sera geuivie d'une fédération des | colonies de l'Afrique du Sud. toutes deux pré- {lude de la fédération impériale.

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L'honorable premier ministre répondit comme suit:

M. Chamberlain, dit-il, a abordé un sujet qui, plus que tout autre, occupe l'attention de l’empire. [De sa nature, ce sujet s'impose à l'esprit du penseur. Une chose est certaine, Les colonies sont tenues de se rapprocher davantage de l'empire ou de s’en séparer, La décision à prendre, le choix à faire ne sont pas tant le fait des colonies que de la mère patrie ellemême. Quand le Canada aura grandi, rien ne pourra satisfaire ses aspirations si on ne lui donne une représentation dans le narlement impérial. Si c’est un rêve, c'est un rêve que doivent caresser hommes et femmes.

Voilà la fédération impériale, voilà l'impérialisme auquel l'honorable premier ministre et son parti se sont liés. Il ne peut s’en défendre. Nous avons sa déclaration solennelle de principes faite en cette Chambre, et l'honorable ministre des Travaux publics (M. Tarte) s'est, pendant cette session même, déclaré en faveur de la même politique. L'impression a été telle que les journaux lui ont donné la même interprétation, et je voyais ces jours derniers un journal illustré, de Londres, Le Sketsh reproduisant une excellente vignette du premier ministre, Le titre de l’article était tiré d’un discours prononcé par le premier ministre, il y a quelques jours : “ Call us to your councils.” “Sir Wilfrid Laurier, Canadian and Imperialist.”

On pourrait nous dire : Vous ne vous êtes pas objecté à l'envoi des contingents en Afrique.

J'ai déjà défini ma position dans une autre circonstance sur ce sujet. J'étais alors d'avis—avis, peut-être discutable,—que le Canada devait prendre part dans ce mouvement. On a prétendu que cela avait été fait sur l’ordre de M. Chamberlain, et que c'était Downing street qui nous gouvernait.

Non, l'envoi de ces contingents a été le résultat du désir spontané de la population.

Voyez donc tout ce qui est arrivé.

Voyez avec quel empressement, avec quel enthousiasme l‘enrôlement s’est fait. A peine le premier contingent était-il parti, qu'aussitôt le deuxième s’est organisé et est parti. Et aujourd’hui, si l’on croyait devoir envoyer un troisième et un quatrième contingents, je ne doute pas que le même empressement serait manifesté.

Non, ce n’est pas Downing street, c'est la voix du peuple qui s’est fait entendre.

Qu'est-il arrivé dans cette Chambre ? Sur 213 députés, 10 seulement ont voté contre l'envoi des contingents et contre la politique du gouvernement sur cette question.

Cela ne prouve-t-il pas que ce n’est pas la voix de Downing Street ni celle des hommes de Westminster qui a commandé ? Ce qui a été fait l’a été pour répondre aux sentiments exprimés par le peuple du Canada

périaliste. Je crois qu’au point de vue de la |province de Québec, il n’était pas opportun pour elle de refuser de s'associer à l'acte des autres provinces, et que l'immense ma- {jorité, sinon l’unanimité, des autres pro- | vinces était favorable à cette politique,

Il est vrai que dix députés ont protesté par ieur vote contre l’envoi des contingents, mais je ne puis croire que l'honorable député de Labelle (M. Bourassa) ait pu, avec raison prononcer à l'égard de la majorité dans cette circonstance, les paroles que je vais citer. Parlant à Saint-Rémi, l'honorable député de Labelle s’exprimait ainsi le 26 mars dernier. Faisant allusion au petit nombre de ceux qui ont voté avec lui, ii a donné clairement à entendre que si tout le monde avait voté suivant sa conscience, le nombre aurait été beaucoup plus considérable :

Il y a un bon nombre d'autres députés, disaitil, qui approuvaient notre conduite et qui l’ont proclamé, mais qui n’osent pas voter suivant leur opinion, parce qu’ils sont obligés ue conserver de bonnes relations avec le pouvoir existant. Ils ont besoin de patronage, non seulement pour leurs électeurs, mais à leur propre point de vue, quelques-uns espèrent être sénateurs, d’autres juges et il leur faut se bien conduire pour arriver à leur but.

J’ose à peine croire que l'honorable député de Labelle a prononcé ces paroles ; je ne puis croire qu’il se soit permis de juger les motifs de ceux qui ont voté contre sa proposition, car parmi ses adversaires se trouvent de ses propres amis avec lesquels il est en rapports constants.

Je n'ai plus qu’un mot à ajouter car je crains de n'avoir déjà retenu la Chambre trop longtemps. Il y a une autre question importante qui mérite quelques remarques.

Il y a quelques jours, mon honorable ami de Montcalm posait à l’houorable premier ministre une question très intéressante. Je vais finir mes remarques en traitant une autre violation des promesses faites aux électeurs par l'honorable premier ministre.

Le 28 mars dernier, mon honorable ami (M.

Dugas) posait au premier ministre l’interpellation suivante :

Les mots suivants pris dans le numéro de ‘ La Patrie’’ du 28 septembre 1899, rapportent-ils d'une manière exacte une partie du discours prononcé par l'honorable premier ministre à Drummondville, le 26 septembre dernier ?

Voici maintenant la partie du discours telle que rapportée :

presque tout entier. Mais l'envoi des con- |

tingents et la ratification apportée par cette Chambre à cette nolitique, suivant le désir exprimé par l’opinion publique, ne constitue pas du tout une approbation de l’idée im-

Vous savez qu’en 1896 une question irritante jetait du trouble dans le pays. C'était une question où la religicn et la politique étaient confondues, La solution de cette question exigeait les plus fortes qualités chez un homme d'Etat. L'ancienne administration prétendait avoir réglé cette question par la présentation d’un bill appelé réparateur, mais qui ne réparait rien du tout. Ce bill, d’un autre côté, était de nature à irriter la population d'une province sœur.

La mesure échoua, et nous arrivâmes au pouvoir. Nous avons promis de régler la question en six mois. Vous êtes témoins que cette promesse a été remplie à la lettre, La question

des écoles n'existe plus, bien que nos amis les bleus cherchent à la remettre sur le tanis ?

Maintenant voici la réponse de l'honorable premier ministre. Je la traduis de la ver- Sion anglaise du Hansard :

Je regrette beaucoup de dire, quoique j'aie |

toujours cru que j'avais une bonne mémoire, qu'elle n’est pas assez bonne pour me permettre de me rappeler d’un discours prononcé il y a six mois et deux jours, quand la question m'est posée.

I1 est tout à fait extraordinaire que, sur une question aussi importante que celle-là, la question la plus importante peut-être que mon honorable ami ait eue à régler à son point de vue personnel et au point de vue de son avenir et de son honneur politique, au point de vue de la place qu'il occupera plus tard dans l'histoire—la question des écoles—il est tout à fait extraordinaire, disje, que l'honorable premier ministre n'ait pas pu se rappeler, sinon le texte, du moins le sens des paroles qu’il a prononcées. Je suppose qu'il ne parlait pas à la légère, qu'il ne voulait pas induire les électeurs en erreur ; je suppose qu'il était sincère quand il a dit que la question était réglée comme il avait promis de la régler.

Mais, mon honorable ami, le député de Montcalm (M. Dugas) n'étant pas satisfait £e ia réponse donnée par l'honorable premier

ministre, est revenu à la charge et lui a posé |

la question suivante :

L'honorable premier ministre a-t-il déclaré à Drummondville ou ailleurs, dans le courant de l’année dernière ou en tout autre temps depuis qu’il est premier ministre, que lui ou son administration avait définitivement réglé la question des écoles du Manitoba ?

Voici la réponse de l'honorable premier ministre :

Le premier ministre a déclaré dans cette Chambre et ailleurs que la question des écoles a été réglée de la seule manitre efficace qu'elle pouvait l'être, en l’enlevant l'arène de la politique fédérale et en la renvoyant à la législature du Manitoba, laqueile, dans un esprit de conciliation et de bon vouloir envers la minorité, a adopté une législation importante en amendement de l’Acte des écoles de 1890 : et telle législation comme toute autre législation est toujours sujette à être amendée et améliorée.

Je traduis couramment de la version anglaise, parce que je n'ai pas encore reçu la traduction officielle.

Eh bien ! l'honorable premier ministre peut voir maintenant la différence qu’il y a entre les déclarations et les promesses qu'il faisait en 1896 dans la province de Québec, et leur accomplissement, par le langage qu'il est obligé de tenir aujourd'hui. En 1896, à Saint-Roch,—et j'aime encore à répéter les paroles qu’il prononçait alors, nous ne pouvons jamais les répéter trop souvent. Il disait : Si j'arrive au pouvoir je nommerai une commission à la tête de laquelle sera l'honorable sir Oliver Mowat et l'honorable sir Henri Joly de Lotbinière, et dans six

| mois, si cette question n'est pas réglée au {moyen de la conciliation, je prendrai tous

les moyens que la constitution me donne | pour la régler. Ainsi, mon honorable ami promettait que si la conciliation échouait, il prendrait les moyens indiqués par le juge- | ment du Conseil privé pour régler la ques-

tion ; la seule manière dont elle pouvait, | selon moi, être réglée dans le temps.

Mon honorable ami a dit qu'il avait réglé la question en la renvoyant de nouveau à la législature du Manitoba. Mais c'est justement là où les catholiques ont été privés de leurs droits. En la renvoyant à la législature du Manitoba on ne règle rien du tout,

Je dis donc que la question des écoles envisagée d’après les promesses et les déclarations que mon honorable ami avait faites à l'électorat, n’est pas réglée du tout. Ii a manqué à la foi jurée envers l'électorat de la province de Québec, et je n’ai aucun doute {qu’il lui en demandera un compte sévère.

La question n’a pas été réglée, elle a été compromise.

En se plaçant au seul point de vue des | déclarations solennelles qu’il avait faites sur cette question à l'électorat de la province de Québec surtout, l'honorable premier ministre aurait dû remplir l'engagement qu'il avait pris envers cette province, et je n'ai aucun doute que sur ce point, comme sur tous les autres que j'ai mentionnés, les électeurs lui demanderont compte de sa conduite.

Non, il n’a pas réglé cette question des écoles, mais il l’a peut-être compromise à jamais.

Où est le règlement au point de vue de ceux à qui on a enlevé leurs droits constitutionnels et que l’on s'était engagé à leur resti- | tuer ? Ce règlement n'existe pas, et si aujourd'hui il n’y a peut-être plus moyen de régler cette question d’une manière satisfaisante, toute la responsabilité en retombe sur l'honorable premier ministre.

Je demande pardon à la Chambre de la [retenir aussi longtemps. Un mot encore, I1 me semble que le peuple du Canada a maintenant les yeux ouverts et qu'il est prêt à juger la conduite de ces messieurs de la droite comme elle mérite de l'être. Nous en avons des preuves tous les jours. Lors de | l'élection de Sherbrooke le parti libéral a employé pour triompher tous les moyens à sa disposition. Il y a envoyé, chose qui ne s'était peut-être jamais vu, cinq ministres de la Couronne à la tête desquels se trouvait mon honorable ami le chef du gouvernement. Ils y ont fait la lutte en faveur du candidat libéral, qui était un homme très fort. Les libéraux ont inondé le comté d'argent. Nous en savons quelque chose pour avoir suivi ces messieurs dans leurs comités et au cours de leur cabale ; ils y ont dépensé une somme énorme sans réussir à faire élire leur homme. La lutte se faisait dans une circonscription

! composée de Canadiens-francais et de Oa-

nadiens-anglais, et leur défaite n'en est que plus significative. L'opinion publique dans la province de Québec comme ailleurs, est

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