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prête et s’il y avait des élections demain, je n'ai aucun doute que ce que je viens de dire pour Sherbrooke se répét-rait dans la grande majorité des comtés.
Je rencontrais l’autre jour, un citoyen qui est à la tête d’un journal important ; je ne nommerai pas la ville dans laquelle ce journal est publié, de peur de le faire reconnaître immédiatement ; après avoir engagé la conversation, il en vint à me faire la parabole suivante : Un jour, un marchand désirant s'assurer les services d'un commis, en fait la demande par la voie ordinaire :
un jeune homme se présente, plein de brillantes promesses. “Je puis faire ceci, je puis faire cela, je suis bon dans telle ligne et dans telle autre.” Le marchand ajoutant foi à ses dires, et se fiant À ses promesses, le prend à son service. Mais, dit mon inter-
locuteur, après trois ou quatre mois, cet employé n'avait pas rempli toutes les belles promesses qu'il avait faites, et le marchand n'attend que l'expiration de son engagement pour le congédier. Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, lui dis-je. C’est bien simple, me répondit ce citoyen, je suis déterminé à suivre l'exemple de ce marchand.
Je suis un libéral, maïs je suis bien décidé à voter contre ce parti et à le renvoyer du pouvoir aux prochaines élections. Ce n’est pas le seul libéral qui tient ce langage, et je ne serais pas surpris d'entendre dire qu’un grand nombre d’autres vont suivre son exemple. Ces électeurs n’attendent que la fin du parlement pour signifier leur congé à ceux qu'ils avaient engagés en 1896, et pour üire à l'honorable premier ministre : Vous n'êtes plus digne d'être notre chef.