‹ Discours de MM. le vte de Vogüé et de H. Mercier [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 9 · DE M. H. MERCIER · texte numérisé non relu

DE M. H. MERCIER

toire aussi riche que vaste que nous possédons, à prendre pacifiquement, prudemment et sûrement la place à laquelle nous avons droit dans le monde.

Ces 2 millions 1/2 de Canadiens français sont, comme l'étaient leurs ancêtres, disséminés un peu partout : un million dans jies États-Unis d'Ainérique; 300,000 dans les provinces anglaises ; { miilion et quart dans la province de Québec. Nos compatriotes s’aflirment de plus en plus aux États-Unis et se font respecter dans les autres provinces. Quant à nous, Canadiens français de la province de Québec, aux jours de fêtes religieuses et nationales, nous arborons avec orgueil les couleurs de la France.

Ceux d’entre vous qui ont visité nos campagnes, si riches et si pittoresques, ont pu admirer ces cultivateurs , types bretons et normands, chefs de nombreuses familles, vivant heureux et prospères; et, er remontant le fleuve Saint-Laurent, vous avez pu voir, à droite et à gauche, des villes et des villages portant des noms français que vous reconnaissez facilement : Gaspé, Montmagny, Orléans, Montmorency, Lévis, Charlebourg, Lotbinière, Montcalm, Champlaia, Laval,

Verchères, Varennes, Longueil, Chambly, Iberville, Rougemont, Rouville, Vaudreuil, Rigaud,

Beauharnois, etc.

La province de Québec, grande comme deux fois la France, si l’on compte le territoire qu'elle réclame et qui lui est virtuellement concédé, pos-

sède maintenant une population de 4 million 1/2,

dont les trois quarts sont Français et catholiques, la différence étant surtout composée d’Anglais, d'Écossais et d'Irlandais. Tout ce peuple vit en

paix et travaille à augmenter la fortune publique Ë et à étendre ses relations avec le monde entier. : Montréal, notre métropoie, est une ville de d plus de 200,000 âmes, fondée par un Français, n l'illustre de Maisonneuve; Quebec, vieille cité de < Champlain, presque exclusivement française, jetée C comme un phare lumineux sur le cap Diamant à eomme pour rassurer toute notre population et lui | rappeler qu’elle est française et doit rester fran- . caise. C'est le siège du gouvernement de la pro- ï vince, et dans l’ancienne résidence des gouverneurs anglais se trouve maintenant un Canadien “ français. Dans l'enceinte parlementaire, comme dans les tribunaux, les deux langues française et .

anglaise sont sur pied d'égalité et tous les docu-

DE M. H. MERCIER 31 | ments officiels doivent être publiés dans les deux ; Der langues. Sur les 73 députés à l’Assemblée légis- 1 ud, jative, plus de 60 sont de notre race. Nous avons : encore le droit civil français, tel qu'il était sous la 1 eux coutume de Paris; et la loi garantit les droits de | elle la minorité anglaise et protestante dans toutes les il AS conditions politiques, et surtout dans l’organisa- 1/2, tion de ses écoles.

té Ce système empêche toute violence faite aux lais, croyances religieuses et aux sentiments natio- Las naux,; et cette tolérance est tellement dans nos si mœurs et exerce tant d'influence sur nos relations uer. sociales que l’on voit, dans quelques endroits ? . de notre province, des monuments élevés à la OS mémoire des braves de différentes races dont les é de noms sont pieusement confondus sur le marbre. etée C'est ainsi que vous trouvez à Québee un monupe ment où les noms de Wolfe et Montcalm sont L lui gravés l’un à côté de l’autre, l’un vainqueur, ran- l’autre vaincu, tous deux morts sur les plaines pro- d'Abraham. »

IVET- Aussi, afin d'affirmer cette entente cordiale des dien races, l'on voit aujourd’hui, dans toutes nos fêtes mme publiques, flotter les deux drapeaux de l’Anglese et terre et de la France. Et cette union des em- OCU-

blèmes des deux nations a inspiré à notre poète national des vers que j'aime à rappeler en terminant :

dl Regarde, me disait mon père, d Ce drapeau vaillamment porté ; IL a fait ton pays prospère, L Et respecte ta liberté. (l C’est le drapeau de l'Angleterre ; Sans lache, sur le firmament, d Presque à tous les points de la terre F I flotte glorieusement… :

— Mais, père, pardonnez si j'ose...

N'en est-il pas un autre, à nous ? £ — Ah! celui-là, c’est autre chose : nm Il faut le baiser à genoux! tr ù | al | PME:

n | mm M 4 Al ë pe le Coulommiers, — Imp. Pauz BRODARD. ra in

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