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t eille, dans son éloquence persuasive et chaleureuse , dans son génie pénétrant et facile, de quoi garantir sa constitution naissante, des efforts des méchants et des ennemis, car l’on était alors en guerre avec Gènes.
Mais à nos yeux le principal mérite de’ M. Paoli est d’avoir paru pénétré du principe qu’en corilacrant la loi civile, le législateur devait conserver à chaque homme une portion de propriété telle qu’avec üu médiocre travail elle pût suffire à sou entretien. Pour cela, il distingua les territoires de chaque village en deux espèces : ceux de la première furent les plaines, bonnes aux semailles et aux pâturages; ceux de la 'seconde furent les montagnes, propres à la culture tle l’olivier, de la vigne, du châtaignier , de l’arbre de toute eàpcce. Iæs terres
ab DISCOURS.
(le la première-espèce , appelées pacages, devinrent la propriété publique et l’usufruit particulier. Tous les trois ans le pacage de chaque village se partageait entre les habitants. Les terres de la seconde espèce, susceptibles d’une culture jUrticulière , restèrent sous l’inspection de la cupidité individuelle. Par cette sage disposition , tout citoyen naissait propriétaire, sans détruire Kndustrie, sans nuire aux progrès de l’agriculture : enfin sans avoir d’ilotes. , ,
Mais tous les législateurs ne se sont pas trouvés dans les mêmes circonstances ; tous n’ont pas pu maîtriser les choses et les conduire à une si heureuse fin : cependant, pressés par le principe, ils lui ont rendu hommage en excluant de la société ceux qui ne possédaient rien ou ne payaient pas telle *■
DIS cou RS.
imposition. Pourquoi cette seconde injustice? c’est que l’homme que les lois n’ont pas rnis à meme d’étre heureux ne peut être citoyen; c’est que l’homme qui n’a point d’intérêt au maintien de la loi civile, en est 1 ennemi. Il eut fallu lui assurer une portion de propriété, afin de l’y intéresser, de l’attacher; à défaut de cela, il a fallu l’exclure comme un être avili , hébété, et comme tel incapable d’exercer une portion de la souveraineté.... Voilà la raison politique, sans doute.... Mais aux yeux de la morale! mais aux yeux de l’humanité! Quand je verrai un de ces infortunés transgresser la loi de l’état, être supplicié, je me dirai : C’est le fort qui victime le faible. Il me semblera voir l’Américain périr pour avoir violé la loi de l’Espagnol.
LM s C O II H s. ■
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Après avoir persuacFé au législateur qu’il doit s’occuper également du sort de tous les citoyens dans la rédaction de sa loi civile , vous direz au riche : Tes richesses font ton malheur; rentre dans la latitude de tes sens ; tu ne seras plus ni inquiet ni fantasque. Combien de jeunes ménages deviennent méchants parcequ'il leur manque ce qui produit dans toi cette inquiétude! Tu as trop,
et eux pas assez. Votre sort est égal, avec la différence que toi , plus sage, pourrais ÿ remédier, au lieu qu’eux ne peuvent que gémir..,! Homme froid , tou cœur ne palpite donc jamais? Je te plains et je t’abhorre : tu e$ malheureux, et tu fais le malheur des autres.
Sans femme , avons-nous dit , il n’est ni santé ni bonheur. Vous enseignerez donc à .
la classe nombreuse des célibataires que^ leurs ^
DISCOURS. ôl
plaisirs ne sont pas les vrais, à moins 'que , convaincus (qu’ils ne peuvent vivre sans femme, ils ne fondent sur celles des^autres la satisfaction de leur appétit. Vpus les dénoncerez dès lors à la société entière.
Vous dénoncerez l’extravagante présomption du ministre de Brama; vous lui appren-' cirez que l’homme heureux est seul digne du Créateur, et que le fakir qui se mutile est un monstre de dépravation et de folie.
Vous rirez avec le dédain de l’indignation lorsque l’on prétendra vous persuader que la perfection consiste dans le célibat. Vous avez ouvert le grand livre de la raison et du sentiment , ainsi vous dédaignerez de répondre aux sophismes des préjugés et de l’hypocrisie, ' '
5a * DISCOURS.
Que la loi civile assure à chacun son nécessaire physique; que la soif inextinguible des richesses soit remplacée par le sentiment consolant du bonheur. Qu’à votre voix* le vieillard soit le père de tous ses enfants, qu’il partage également ses biens, et que le spectacle harmonique de huit ménages heureux fasse à jamais abhorrer la loi barbare de la primogéniture. Que l’homme apprenne enfin que sa vraie gloire est dé vivre en homme. Qu’à votre voix les ennemis de la nature se taisent et avalent de rage leurs langues de serpent. Que le ministre de la plus sublime des religions , qui doit porter des paroles de paix et de consolation dans *■ l’âme navrée de l’infortuné, connaisse les douces émotions ’ de lepanciiement ; que le nectar de la volupté le rende sincèrement pénétré de la grandeur de l’auteur de la vie :
alors, vraiment digne de la confiance publique , il sera l’homme de la nature , et l’interprète de ses décrets; qu’il choisisse une
compagne, ce jour sera le vrai triomphe de la morale, et les vrais amis de. la vertu le célébreront de cœur. Le ministre ^sensible bénira l’âge de la raison en goûtant les préM mices de ses bienfaits. . - * • m
Voilà , Messieurs, sous le rapport animaly les vérités, les sentiments qu’il faut inculquer .aux bommes.pour leur bonlMur. v ,
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