CITOYENS DIRECTEURS
Je VOUS transmets aujourd’hui quelques détails militaires sur l’armée française en Italie. / »
Elle est dans ce moment à la poursuite des ennemis. Affaiblis par le dernier éçhec qu’ils ont éprouvé , ils se retirent vers Trente et vers la Rrenta; mais, d’après ce que m’a dit le général en chef, ils paraissent rassembler leurs principales fofces vers le Tyrol,
PIÈCES DIVERSES
ce qui donne à penser que bientôt ^e nou- , veaux secours venus du Rhin les mettront en état de faire de nouvelles tentatives pour débloquer Mantoue.
Cette tentative sera heureuse ou sans succès. Si elle réussit, Mantoue sera débloqué; nous perdrons une partie de nos conquêtes dans ce beau pays ; la guerre sera peut-être prolongée , et il se peut que l’empereur veuille courir les’ risques d’une nouviMle campagne.
Si les,Autrichiens échouent, Mantoue tombera en notre pouvoir, et la cour de Vienne, désespérant de reprendre l’Italie, craignant poui’ Trieste et même pour l’Autriche, s’empressera de faire ime paix dont nous dicterons les conditions.
50 PIÙCÊS DIVEBS£S.
^ Tout 56 réduit à savoir si de nouveaux renforts peuvent arriver à temps à l’armée autrichienne en Italie. On m’assure qu’ils sont attendus. Le général en chef a été prévenu qu’ils avaient marché. S’ils sont partis trop tard du Rhin , vous pouvez dès à présent compter qpe Mantoue est à nous. Dans le
cas contraire, notre situation est incertaine, •
et l’armistice pourrait être conclu en Italie, sans qu’on pût déterminer d’une manière poiitive à qui il serait plus avantageux de nous ou des ennemis.
Bonaparte pense que Mantoue pourra se rendre dans un mois. 11 doit bombarder cette place importante le a 5 du courant. Si ses calculs se trouvent £ïux, il se proppse de l’assiéger en janvier.
PIÈCES DIVERSES. 5l
>' L’année française est très ^Iki nombreuse,, elle a beaucoup perdu dans les dernières affaires. Il est indispensable de lui envoyer des
renforts que vous pouvez extraire du Rhin.
Si l’empereur nous sait très forts en Italie, il fera la paix. #
Dans le cas où l’empire d’Allemagne embrasserait pour la campagne* prochaine le sage parti d’une neutralité armée, nous nous tiendrons bien certainement sur la défensive sur le Rhin. Il faudrait alors organiser une offensive vigoureuse en Italie. Dans les dernières affaires , l’armée n’avait de combattants présents soûl les armes que dix-neuf mille , et même moins. Il y en a quinze mille à l’hôpital ; le reste est éparpillé et nécessaire ailleurs. U en faut pour imposer à Rome.
PIÈCES DIVEBSES.
II. en faut |||ur s’opposer aux Anglais sur la cûle de Toulon, et pour faire la loi au grand-duc de^Toscane, et pour faire la loi au grand-duc lui même. Il en faut pour contenir lés pays conquis et comprimer les Barbets.
Il en faut pour garder Ferrare et Ancône.
La possession de lltalie est un bien inappréciable qu’on ne doit laisser échapper de nos mains sous aucun prétexte quelconque. C’est le gage et le moyen de la paix.
Je sais combien vous répugnez, citoyens directeurs, à ordonner des marches de troupes, parcequ’elles se fondent en route : mais je vous observerai à cet égard que ifcs soldats viennent volontiers à l’armée d’Italie, où ils
savent qu’ils sont bien payés. Je vous citerai pour exemple la 58® demi-brigarde qui vient d’y arriver de l’armée des côtes de l’Océan ,
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, PIÈCES DlŸEnSES. 53
forte de trois cenls hommes , et qui n’a pas perdu beauco«p de. monde en chemin.
■ Vous ne pouvez pas envoyer moins de
10,000 hommes à cette armée. Noubliez pas qu’ils vivroïit sur pays conquis. Si vous doublez ce nombre , vous serez encore plus certains de vous y maintenir. Si vous étiez ici, vous en seriez convaincus comme moi.
J’ajouterai que, dans les dernières affaires, les Français se croyaient tellement inférieurs en nombre aux ennemis, qu’ils n’ont plus témoigné cette énergie qui les avait Si souvent fait vaincre.
l’ont ce que je pourrais vous mander sur J’esprit actuel de l’armée, citoyens directeurs, ne pourrait voùs eu donner une idée comme
54 PIÈCES DIVERSES
celle que'vous présentera la lettre écrite par Louis Bonaparte , aide de camp du général en chef, à Cuviller, mon aide de camp, à qui je l’ai demandée parcequ’elle peint réellement la situation des choses.
La 58* demi-brigade et quelques autres renforts qui arrivent relèveront un peu l’esprit
de l’armée. Ordonnez au ministre de la guerre qu’il y envoie tous les officiers dont il peut disposer, et qui traînent chez eux une existence inglorieuse. Faites-y adresser sans délai tout ce qu’il.y a d’officiers en état et désireux ide se -battre; et vous serez sûrs de l’Italie, car ce sont les officiers qui gagnent et foA: gagner les batailles. Les soldats , qui ont à ' peine l’espoir d’être distingués quand ils fisnt
des merveilles, vont moins bien et s’épar-
gnent quelquefois. Cependant le général en
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PIÈCES DIVERSES
chef fait beaucoup pour réveiller et entretenir l’émulation.
Je ne vous parlerai point aujourd’hui des administrations militaires; il faudrait trois
mois au moins pour examiner leurs désordres et en découvrir les auteurs. Je ne vous entretiendrai que du général en chef, dn chef de l’ét^ major général, des commissaires du gouvernement et du commissaire ordonnateur en chef.
Le général en chef. * .
■ • Ce général a rendu les , plus importants services. «Placé par vous au poste glorieiBc qu’il occupe, il s’en montre digne; il est l’homme de la république/ Le sort de Tïtalie , a plusieurs fois dépendu de ses combinaisom
56 PIÈCES DIVERSES
savantes. Il n’y a personne ici qui ne le regarde comme un homme de génie , et il l’est effectivement. Il est craint, aimé et respecté en Italie. Tous les petits moyens d’intrigue échouent devant sa pénétration. Il a un grand ascendant sur les individus qui cotnposent l’armée républicaine, parcequ’il devine ou conçoit d’abord leur pensée ou leur caractère , et qu’il les dirige avec scient^ers le point où ils peuvent être le plus utiles. Un jugement sain, des idées lumineuses, le mettent à portée de distinguer le vrai du faux.
Son couptd’oBÜ est sûr; ses résolutions sont suivies par lui avec énergie et vigueur. Spu sang-froid dans les affaires les plus vives est aussi remarquable que son extrême promptitude à changer ses plans lorsque des circonr
stances imprévues le commandent. Sa manière d’exécuter est savante et bien calculée.
PIÈCES DIVERSES
BoDaparte peut parcourir avec succès plus d’une c^pière 'y ses talents supérieurs et ses . ccmnaissances lui en donnent les moyens. Je le crois attaché à la république et sans autre
ambition que celle de conserver la gloire q u’il s’est acquise. On se tromperait si l’on pensait qu’il fût l’homme d’un parti. Il n’ap- * H partient ni aux royalistes qui le calomnient , ^i aux anarchistes qu’il n’aime point. La constitution est son guide. Rallié à elle et au directoire qui la veut, je crois qu’il sera toujours utile eC jamais dwgereux à son
. pays. Ne pensez point, citoyens, directeurs ,
que j’en parle par enthousiasme; c’est avec
calme que j’écris , et aucun intérêt ne me ' ^ guide que celui de vous faire connaître la . *
vérité. Bonaparte sera mis par la postérité^ au rang des plus grands hommes.
PIÈCES DIVERSES
Je me suis assuré ici que le commissaire du gouvernement, Garreau n’avaitj||)oint eu l’intention de laisser soupçonner que ce gé- • néral eût été infidèle à la probité. Il est trop soigneux de sa gloire, trop insouciant pour les petites choses, pour s’être occupé de s’en* richir. Les personnes avec lesquelles j’en ai conféré, telles que le citoyen Garreau et le général Berthier, m’ont confirmé dans cette' opinion. Le commissaire ordonnateur en chef Déniée, qui passe ici poim très probe, m’en a parlé dans le même sens. J’ai interrogé moi-même , Bonaparte à cet égard : • il m’a répondu d’une manière qui m’a semblé franche et qui chasse au loin le soupçon. Il m’a paru ne pas ignorer que queliques hommes avaient trop profité de la conquête : mais je sais qu’il n’accorde k ceux qu’il soupçonne que l’estime que
PIÈCSS OIVBRSES^. §9
d’autres qualités ' plus utiles peuvent leur mériter.
' J’ai entendu murmurer* ici que le général en chef de l’armée d’Italie avait eu des prêtenoms dans les entreprises; que C.:. était son homme. Le temps ne m’a pas permis d’approfondir. ces inculpations; Je les ai cependant examinées, et elles m’ont paru sans
fondement. Le commissaire ordonnateur Le-^
4 roux, que le ministre de la guerre a envoyé en Italie, a en mains les comptés de ce C... qui, au premier aperçu, paraissent clairs et bons, mais qu’il recherche avec scrupule.
';Des caisses ont été enlevées d’une manièi^e irrégulière. Je sais que le général..
Bonaparte a disposé du contenu de quelques unes pour des objets de service , et notam-
6^ PIÈCES DIVERSES
ment de celles de Trente qu’avait déplacé^ le général Masséna, et dont une partie a payé les dépenses de l’année qui était en marche, pendant que l’autre acquittait quelques gratifications que le général en chef a cru devoir faire à différents officiers , et des frais d’espionnage. Leur montant était de trente mille livres. Le général Berthier, avec lequel j’en ai causé, m’a assuré qu’il existait des procès-verbaux ou déclarations des faits et . < des notes de dépenses, qu’on retrouvera au
besoin. .
' Si le général Bonaparte avait dilapidé, je vous rappelerais, citoyens directeurs, les cent mille écus de vinaigre du maréchal de Yillars, ' car ce général serait difficilement remplacé au poste qu’il occupe ; mais je ne le crois pas, et il parle trop haut contre les fripons, il
PIÈCES DIVEBSES. 6l
les vexe trop, polir ne pas être indépendant de leurs récriminations.
On l’a accusé de se mêler d’administration; s’il s’en est mêlé , c’est qu’il y a été forcé parceque les commissaires du gouvernement ne pourvoient à rien, parcequeda mauvaise santé, et peut-être la faiblesse du commissaire ordonnateur en chef, l’enipêchent de faire aller une machine aussi vaste et aussi mal montée que le sont les administrations de l’armée d’Italie. Que des gens habiles soient à leur tête , jamais le général en chef ne se mêlera de détails administratifs. Je tiens cette déclaration de lui-même.
Le général Bonaparte n’est pas cependant sans défauts. Il n’épargne pas assez les hommes, il ne parle pas toujours, aux individus
6a PIÈCES DIVERSES.
de l’armée qui l’approchent, avec la mesure qui convient à son caractère. Il est quelquefois dur, impatient, précipité ou impérieux.
Souvent il exige avec trop de vivacité des choses difficiles; et sa manière d’exiger ce * qui peut être bien, interdit aux personnes qui ont des rapports avec lui de lui proposer des moyens de faire mieux que ce qu’il propose lui-méme.
Il n’a pas assez ménagé les commissaires - du gouvernement. Il devait du ménagement à leur caractère, je le lui ai reproché. Il m’a , répondu qu’il lui était impossible d’honorer des personnes qui avaient contre elles le mépris universel, et l’avaient mwité par leiir immoralité et leur incapacité.
PIBO^S INVERSÉS.
Lô général de diviaion Alexandre Berthier.
Cet officier a pour maüLime de se mêler le
moins possible de politique, mais de remplir ' ’ \
avec zèle et assiduité les devoirs militaires.
Ses talents comme chef d’état -majbr sont connus. Tout le monde s’accorde ici à bien parler de sa moralité. Le gouvernement peut compter essentiellement sur lui. Berthier se conformera toujours à la constitution et aux lois. Il est ici universellement aimé, et mérite de l’être. Son patriotisme raisonné égale sa bravoure. Il est en bonne intelligence avec le général en chef, dont il est le compagnon et l’ami, et qu’il accompagne partout. <;
64 PIÈCES 9IVE^RSES. ».
Les commissaires du gouvernement S... et G...
Le premier a ici la réputation eVétre le plus déhonté fripon de l’armée. '
Le second est sans capacité. Ni l’un ni l’autre ne conviennent à l’armée d’Italie. Si Je directoire continué à y conserver des commissaires du gouvernement il faut que
cette place éminente soit remplie par des hommes probes, vraiment patriotes, et non ^ pas attachés à un parti factieux, et ne favorisant que lui ; par des hommes qui aient des talents, du caractère et de l’éclat personnel. ’ » • '
Voulez-vous savoir en quelle mains reposent les intérêts de la France en Italie, quelle
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est la cheville ouvrière, le factotum de vos commissaires qui veulent administrer et qui n’y entendent rien? c’est Haller, jadis banquier, homme taré dans l’opinion, et pour lequel vous aviez marqué de la répugnance au citoyen Salîcetti , dans une de vos lettres, que je vous prie de vous faire représenter. Il est plus commissaire du gouvernement que ceux qui sont revêtus de ce titre. On dit ici publiquement qu’il reçoit des sommes pour chaque ordonnance qu’il fait signer à G....
Le général Bonaparte a été sur le point de faire arrêter Haller; mais il sait tous nos secrets, et la confiance de vos commissaires pour lui est illimitée. Ils l’ont fait aller il y a quelque temps à Modène, où il n’avait aucun besoin, et où des caisses de bijoux ont disparu, etc. Haller est devenu momentané-
PIÈCES DIVERSES
ment nécessaire. Il tmvaiUe dans ce moment à faire des états qui doivent constater notre situation , et les recettes et dépenses faites de la conquête d’Italie. Vous devez bien penser que ce seront des mémoires justificatifs des principaux fripons. J’ai parlé à G... àh l’iinmoralité de son collègue; il m’a dit quil n’avait rien remarqué de lui contre la probité. Je lui ai parlé de Haller;, je lui ai témoigné ma surprise de ce que, malgré 1 intention du directoire, manifestée à S..., cet homme prévenu d’émigration avait été mis au timon des affaires.* U. m’a répondu que jamais S... ne lui avàitiail part de ce que le directoire lui avait mandé à cet égard; qu’il croyait Haller honnête homme et bon patriote. On m’assure en effet qu’il parle ici dans le sens de Babœuf, et cela peut passer pour du patriotisme auprès de G..., dont
PIÈCES DIVe4^S-
l’exaltation ne s’est point modérée, et qui est entouré de prétendus patriotes, intrigants et partisans de l’anarchie, qu’ils prêchent,
dit-on, hautement en sa présence. '
Je ne dois pas oublier de vous faire observer que lorsque G... me disait qu’il croyait Haller honnête homme, il avait eu connaissance d’une lettre écrite à cet honnête administrateur par son neveu, et interceptée par lès généraux français. On lisait dans cet lettre k peu près ceci : « Vous avez promis » 5o,ooo livres à Colombe; songez à remplir »vos engagements. N’oubliez pas que votre
• fortune est anéantie; sqngez à la réparer.
• Vous êtes à même de le faire, et vous n’a-
» vez pas un instant à perdre. ».
Je dois vous dire que G... m’a cepen-
PlÉfesS DIVERSES.
dant offert de renvoyer sur-le-champ Haller. Les mêmes raisons qui avaient déterminé le général en chef à ne pas le faire arrêter m’ont porté à conseiller à votre commissaire de le conserver. Cet homme est devenu nécessaire, il a la clef de tout. Il faut qu’il reste en place jusqu’à*ce que vous ayez nommé des successeurs à vos commissaires du gouvernement; et quoique je sois persuadé qu’ils s’accorderont difficilement avec le général en chef, S... et G...
sont au moins coupables d’imprévoyance, d’inactivité et d’insurveillance. Jamais le général en chef n’a pu obtenir d’eux qu’ils visitassent les hôpitaux, et l’insouciance est telle qu’au moment actuel, l’armée Hltalie , qui devrait être au moins bien habillée et avoir des magasins , n’en'a aucun , malgré les ordres que vous n’avez cessé de leur
PIÈCES DIVEHSES. 6g
# donner. Ses transports sont presque nuis.
Vos commissaires , m’assure -t-ou , ont été plus occupés de leurs plaisirs que de leurs (Uîvoirs.
• J’ajouterai à ces fatigants détails que lors de la dernière révolution de Modène, S..i et G... y coururent. Il y existait, dit -on, dans les caisses, 1,200,000 francs. Le versement opéré dans celle du payeur n’a été, selon ce qu’on m’a appris , que de 4oo,ooo francs, et le public les accuse l’un et l’autre» d’avoir volé 800,000 francs , conjointement avec Haller. Si les évènements me portaient à Modène ^je vérifierais les faits. Je ne puis aujourd’hui vous mander que ce que je ras- ' semble en écoutant tout le monde. Cependant je ne puis certifier absolument ce qui a rapport au voyage de Modène. Il est cer-
]>lèC£S DIVERSES.
tain toutefois que des ballots nombreux à 4 ^ l’adresse de Haller sont venus de cette ville à la douane de Milan. Je tiens ce fait du général Baraguay d’Hilliers, qui les a vus. «
Quant à mon opinion personnelle sur le • commissaire du gouvernement Q..., je dois dire, que malgré la mauvaise imputation que lui a faite son voj^age de Modène , je persiste à le croire probe. Je Tai interrogé; ses réponses m’ont paru celles d’un homme pur; mais 4I est trop au-dessous de sa place pour que vous l’y continuiez. £n le rappelant, il convient que vous.preniez des précautions pour qu’il rende ses comptes sur les lieux mélues, et non pas à Paris, comme la compagnie Flachat, qui n’y a que trop d’amis, et qui est accusée ici des plus odieux vols.
PlàOSS DIVBKSES. ' 71^
Quelque incapable. et quelque exalté que< soit G..., je pense, citoyens directeurs, que; TOUS ne devez pas, avant de lui permettre de retourner dans ses foyers, le sacrifier dans l’opinion, et que sa probité et votre propre moralité exigent que vous lui confiiez mo-' mentanément quelque emploi. ^ >
Le commissaire-ordonnateur en chef Dentée.
Cet homme* jouit ici de la réputation*
bien rare d|homme probe. Il n’est pas sans*’ talent, mais sa mauvaise santé l’empéche’ de rendre *de grands services. Il manque d’énergie et de vigueur. Il demande à rentrer dans l’intérieur. Le général en chef est d’avis qu’il faut qu’il reste à l’armée comme siVhple ordonnateur. Deniée a besoin d’un* successeur probe et grand administrateur.
PIÈCES DIVERSES
Presque tous les sous -ordres sont tarés ou incapables. ' • r. * • <
Le général en chef parait désirer, pour le remplacer, Villemanzy, qui vient d’étre échangé. Quoiqu’on l’ait accusé d’avoir été froid SUR la révolution , je pense qu’il est le seul homme capable de bien faire ici. S’il se charge de cet effrayant fardeau , soyez certains, citoyens directeurs , qu’il remplira ses fonctions d’une manière qui vous satisfera , et avec la supériorité de talent et de probité qui le distingue . lies lois et vos ordres seront respectés par lui, et les dnapidations* cesseront.
En hnissant cette longue dépêche , je crois devoir vous communiquer ma pensée sur fe manière de bien hiire aller les choses ici. U
PIÈCES 'DIVERSES
faut que le. général en chef continue à commaifder toutes les opérations diplomatiques en Italie.
Il faut que le commissaire - ordonnateur •en chef conduise toutés les administrations , établisse les magasins, pourvoie à tous les.
besoins de l’armée, sous l’autorité du ministre de la guerre. Il faut qu’il fasse verser i^ms la caisse du général^ de l’armée tous les produits pécuniaires provenant de pays
conquis, et dans les magasins militaites les
fournitures que ces pays feront en denrées. ' '
Il&ut que vous fixiez, d’après des tableaux qui vous seront envoyés à l’avance , la dépense probable de chaque mois , et que lés ordres de la trésorerie en déterminent le retirement et la marche régulière d’après la
74 Pli^ES mVEBSES.
constitution. Il faut qu’il reste oô puisse entrer en temps utile dans cette caisse Iles sommes suffisantes à l’entretien de l’armée et de ses services pendant plusieurs mois, et que le surplus se verse à la trésorme nationale; ou acquitte des dépenses arriérées * de l’armée , arrêtées sur les lieux, après un examen scrupuleux , fait par des' gens prolMs. • •
< Il faut que l’administration des pays con- . quis scAt tout entière dans les mains du commissaire-ordonnateur en chef, qui y placera les agents dont il aura besoin ; ou si vous craignez ( peut-être à tort , car œla évite la confusion) de la confier à tm seul homme, il faut que les administrateurs de ces pa]« conquis rendent compte à l’ordonnaténr en chef, surveülé iui-méme par le ministre de
, PIÈCES IHlVElUiBS. 75
la guerre et la trésorerie nationale, ou par ' les oommissaires du gouvernement. . ^ -<
Enfin, citoyens directeurs, si vous en- ' voyez aux années des commissaires du gouvernement , il convient que leurs fonctions se bornent à une surveillance pure et simple. Jamais ils ne doivent administrer, comme l’ont fait S... et G... , et encore,
moins manier des deniers et ordonnancer
sur toutes les caisses, ce qui ouvre la porte à une désorganisation coiqptète , empêche qu’il y ait aucune espèce d’ensemble dans les opérations^ et fait triompher tous les abus. , , , .
Vous ne pouvez trap tôt rapporter l’arrêté que le ministre des finances vous a fait prendre, par lequel les fonctions administratives
PIÈCES DIVERSES
ont été confiées aux commissaires du gouvernement.
Il ne faut plus de compagnie Flachat , ni aucune qui lui ressemble; c’est une monstruosité.
Les ministres des finances et de la guerre ne s’entendent point ensemble; il résulte uhe foule âe désordres de l’espèce de désunion qui règne entre eux.
Jq n’ai* que peu de connaissandes administratives, et je puis errer. Je vous propose mes idées. J’ai cherché à les rectifier en consultant des personnes instruites. Le mihistre (ie la guerre (Schérer)est pro^eet capable. Son avis doit être bon à prendre ; et vous gtes à même , citoyens directeurs , par votre expérience et
PIÈCES DIVERSES
la connaissance que vous avez des choses, d’adopter enfin une marche simple et sûre, et d’établir sur les agents sur lesquels elle doit peser une responsabilité réelle, capable de faire aller les <^es, et de remédier autant que possible aux discordes , à une immoraÜté qui s’accroît chaque jour, et qui menace de devenir universelle et destructive de 1§ république. '
Je remets à un autre courrier l’envoi de •quelques notes sur les administrations , les
généraux et les commissaires des guerres.
Le général de division,
Clarke.
PIÈCSS OIVEUSES.
AU MimSTRE DE LA MARINE.
Paris, i6 dëcembre'iSio,
Monsieur le comte Deci‘M , je vous renvoie les dépêches de 111e de France. Je les ai séparées en deux paquets. Le paquet dont l’enveloppe porte à mettre dans le Moniteur^ est ce qu’il faut y faire imprimer après-demain. L’autre paquet est inutile à imprimer.
Il est bon d’y mettre tout entières les lettres du commandant de la frégate, auxquelles il me semble qu’il n’y a rien à changer. Quant à celles du capitaine-général, il faut en ôter cé^ qui tend à représenter cette victoire comme trop pompeuse, les passages où il y a trop de jactance et où le capitaine - général se donne trop d'importance, et les phrases qui
PIÈCBS DiyxasEs. ^9
pourraient Élire connaître la situation réelle de^a colonie. Quand vous aurez rayé au crayon les passages à supprimer, vous enverrez le tout au ministre secrétaire d’état, qui le fera mettre (laps le Moniteur.
Sur ce , etc.
Napouêoit.
PlilCÉS DIVERSES.