‹ Discours de Napoléon sur les vérités et les sentiments qu'il importe le plus d'inculquer aux hommes pour leur bonheur, ou, Ses idées sur le droit d'ainesse et le morcellement de la propriété Elektronische DatenChapitre 6 sur 19 · ÉGYPTE · texte numérisé non relu

ÉGYPTE

AU DIRECTOIRE EXJÊCPTIF.

Un bâtiment ragusais est entré le 7 pluviôse dans le port d’Alexandrie. Il avait à bord les citoyens Hamelin et Liveron , propriétaires du chargement du bâtiment, consistant en vins, vinaigres et draps. Il ma apporté ime lettre du consul d’Ancône, en date du 1 1 brumaire, qui ne me donne d’autre nouvelle que de me faire connaître que tout est tranquille en Europe et en France.

Il m’envoie la série de journaux de Lugano , depuis le n* 36 (3 septembre) jusqu’au n* 43, (a a octobre), et la série du Courrier de Var-

PIÈCES DIVERSES

mée cV Italie, qui s’imprime à Milan, depuis le (14 vendémiaire) jusqu’au n“ aSo

(6 brumaire).

Le citoyen^iamelin est parti de Trieste le 24 octobre, a relâché a Ancône le 3 novembre, et est arrivé à Navarino, d’où il est parti le 28 nivôse.

J’ai interrogé moi-même le citoyen Haraeliu ; il a déposé les faits suivants :

Les nouvelles sont assez contradictoires :

depuis le 1 S messidor je n’en avais pas reçu d’Europe. .

Le 1" novembre, mon frère est parti sur un aviso, je lui avais ordonné de se rendre a Crotone ou dans le golfe de Tarente; j’imagine qu’il est arrivé. , ,

8a PlàCE» filVBASES. 9

L’ordonnateur Suey est parti le a6 frimaire.

Je vous ai expédié plus de fixante bâtie^ments de toutes les nations , et par toutes les voies : ainsi vous devez être bien au fait de notre position ici.

- Nous^avons appris par Suez que six frégates françaises, qui croisent à l’entrée de la mer Rouge, avaient fait pour plus de vingt millions de prises aux Anglais.

Je fais construire dans ce moment-ci une corvette à Suez, et j’ai flottille de qu.'i-

tre avisos, qui navigue dans la mer Rouge.

Les Anglais ont obtenu de la Porte que Djezzar-Pacha aurait, outre son pachalik d’A-

PiicCXS DIVEHSES.

ar

cre, celui de Damas. Ibrahim- Pacba, Abdaî-

lah-Pacha ^ et d’autres pachas, sont à Gaza,et menacent l^Égypte d’une invasion. Je pars dans une heure pour aller les trouver. Il faut passer neuf jours d’un désert sans eau ni herbes; j’ai ramassé une quantité assez con-, sidérable de chameaux, et j’espère que je ne manquerai de rien. Quand vous lirez cette lettre, il serait possible que > je fusse sur les ruines de' la ville de Salomon. .

Djezzar-Pacha est un vieillard de soixinte»

dix ans, homme féroce, qui a un^ haine démesurée pour les Français"; il a répondu avec dédain aux ouvertures amicales que je lui ai faites plusieurs fois.

J’ai, dans l’opération que j’entreprends, trois buts :

PIÈCES DIVERSES

* 1 * Assurer la concjuête de l’Égypte en construisant une place forte au-delà du dé-, / sert, et dès lors éloigner tellement les armées, de quelque nation que ce soit, de l’Égypte, qu’elles ne pourraient rien combiner avec une armée européenne qui viendrait sur les côtes.

a* Obliger la Porte à s’expliquer, et par là appuyer la négociation que vous avez sans ’ doute entamée, et l’envoi que je fais à Constantinople du citoyen Baucharap sur la caravelle turque.

3* Enfin, ôter à la croisière anglaise les subsistances qu’elle tire de Syrie, en employant les deux mois d’hiver qui me restent à me rendre , par la guerre , toute cette cote amie. " ■■

PIÈCES DIVERSES

Je me fais accompagner dans cette course du mollah, qui est, après le mufti de Constantinople, l’homme le plus révéré dans l’empire musulman ;

Des quatre cheicks des principales sectes;

de l’Émir-Hadji , ou prince de la caravane.

Le ramadan, qui a commencé hier, a été célébré de ma part avec la plus grande pompe. J’ai rempli les mêmes fonctions que remplissait pacha.

Le général Desaix est à plus de cent soixante lieues du Caire, près des cataractes. Il fait des fouilles sur les ruines de Thèbes. J’attends à chaque instant des détails officiels d’un combat qui aurait eu lieu contre Mourad-Bey, qui aurait été tué, et cinq à six beys faits prisonniers. ■

rièCEB SITEASES.

L’adjadant général Bojera d^xmvert dans le désert, du côté de Faïoum, des ruines qu’aucun Européen n’avait encore vues.

Le général Andréossy et le citoyen Berthollet sont de retour de leur tournée aux lacs natrons et aux couvents des Cophtes.

Ils ont fait des découvertes extrêmement intéressantes ; ils ont trouvé d’excellent natron ,

que l’ignorance des exploiteurs empêchait de découvrir. Cette branche de comm^ce de l’Égypte deviendra par là encore plus impor- *

tante.

Par le premier courrier, je vous enverrai le nîvelieraent du canal de Suez, dont les vestiges se sont parfaitment conservés.

11 est nécessaire que vous nous fassiez pas*

— * PfèCBS DIVBR^S. - 87

ser des armes, et que vos opérations militaires soient combinées de manière que nous recevions des secours: les évènements naturels font mourir du monde.

Une rnaladie contagieuse s’est déclarée depuis deux mois à Alexandrie: deux cents hommes en ont été victimes. Nous avons pris des mesures pour quelle ne s’étende pas:

nous la vaincrons. ï

Nous avôns eu bien des ennemis à com- * battre dans cette expédition : déserts , habi- ' tants du pays, Arabes, Mapielouks, Russes, Turcs, Anglais.

Si, dans le courant de mars , le rapport de citoyen Hamelin irt était confirmé , et que la France fût en guerre contre les rois, je passerais en France. .

PIÈCES DIVERSES

Je ne me permets clans .cette, lettre aucune ' réflexion sur les affaires de la république, puisque depuis dix mois je n’ai plus aucune nouvelle.

Nous avons tous une entière confiance dans la sagesse et la vigueur des déterminations que vous prendrez. ^

Bonaparte.

AU GÉNÉRAL RONAPARTE , COMMANDANT EN ■ CHEF l’armée d’orient.

Paris, le 7 prairial an Tll.

Les efforts extraordinaires, citoyen général , que l’Autriche et la Russie viennent de

PIÈCES DIVERSES.- 8

déployer, la tournure sérieuse et presque • alarmante que la guerre a prise, exigent que * la république concentre ses forces. I^e directoire vient en conséquence d’ordonner à l’amiral Bruix d’employer tous les moyens qui sont en son pouvoir pour se rendre maître de la Méditerranée et pour se porter en Égjpte, à l’effet d’en f amener l’armée que ^ vous commandez. Il est chargé de se concerter avec vous sur les moyens à prendre ’ pour rembarquement et le transport. Vous jugerez, citoyen général, si vous pouvez avec sécurité laisser en Égypte une partie de vos ^ forces, et le directoire vous autorise, dans ce cas, à en confier le commandement à qui % vous jugerez convenable.

Le directoire vous verrait avec plaisir à la tète des arm^s républicaines, que vous avez.

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FliCBS DIVEEIBS.

jusqu’à présent, si glorieyseinent commandées.

Signé TREILHA.RD, LAREVEILliRE- Lepaüx BT Barras.

. CHAMPIOITNET, GENBRAX EST CHEF,

AU DtRECTOIRE.

Quarlier-géoéral de Coni, 4 octobre >799.

Je viens d’apprendre d’une manière certaine, citoyens directeurs, l’heureuse arrivée ^ France du général Bonaparte ; je me suis empressé de la faire connaître, par la voie de l’ordre, à l’armée d’Italie. Celte agréable nouvelle a rempli tous les cœurs deajoie c^t d’espérance, et je suis convaincu que l’armée

va marcher de victoire en victoire, si elle est

de nouveau guidée par ce bék'os. Son nom

■ Digilteea by GoogI

OIYJIMKS. • 91

seul porte la terreur dans les rangs ennemis ,

et double le courage de nos soldats. Il lui a|H partient de relever l’arbre de la liberté sur les lieux où il le planta lui-même, et de faire trembler une seconde fois le tyran de l’Autriche sur son trône chancelant; en vous invitant, citoyens directeurs, au nom de la liberté, de la patrie et de l’armée d’Italie, de confier le commandement de l’armée au général Bonaparte, je vous prie d’accepter ma démission. Ce fardeau est trop pesant pour moi , et je serai complètement récompensé de tous les efforts que j’ai faits jusqu’à ce jour pour le triomphe de la république et la liberté de mes concitoyens , si je puis contribuer de nouveau à rendre heureuse et libre notre chère patrie.

CHiJlPIOirit£T.

PIECES DIVERSES

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