‹ Discours de réception de m. Ferdinand BrunetièreChapitre 2 sur 13 · DIRECTEUR DE L'ACADÉMIE · texte numérisé non relu

DIRECTEUR DE L'ACADÉMIE

Monsieur,

Vous nous avez dit tout à l'heure que si la franchise était bannie du monde, elle trouverait un refuge dans les discours académiques. Je crains que vous ne vous trompiez. Le palais de l'Institut n'est pas toujours celui de la Vérité. Môme dans les séances solennelles qui nous réunissent sous cette coupole, il n'est pas sans exemple que, pour louer le récipiendaire comme il convient, le directeur soit obligé de se faire une certaine

violence et, qu'il y réussisse assez médiocrement. Je vais essayer cependant de vous donner raison en disant . tout haut devant vous tout ce que je pense de vous. Vousmême avez trop l'iiabitude de la franchise pour vous en étonner, et trop le sens de la justice pour vous en plaindre.

La République avait deux ans (la seconde s'entend) lorsque dans Toulon, vieille ville provençale, vous naquîtes d'un sang vendéen. Votre enfance s'est écoulée tout entière sous le soleil de la Provence et vous avez fait vos études jusqu'à la rhétorique au lycée de Marseille. Ceux qui croient à l'influence fatale du climat et de la race ne manqueraient pas d'assurer que vous joignez aux ardeurs du Midi les ténacités de l'Ouest. Plus simplement, je dirai que de bonne heure vous avez su ce que vous aimiez et ce que vous vouliez. Il n'aurait tenu qu'à vous de suivre

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