‹ Discours de réceptionChapitre 3 sur 3 · HO · texte numérisé non relu

HO

pftiiséc ol à la iralisalion do leur rrve ? Il ii'admcllail (lorir pas (jn'il put èlro «;iif(;rnn'' dans des fornios de j^oiivcrncim'iil et do riillo où il n'eût pas le droit de tout dire et chanci' d'«Hie ainsi le premier. Il a répudié la Monarchie! i-l le Catholicisme, parce que, dans ces deux formes sociale et religieuse de l'État, il aurait toujours eu inévitableiniMil quchju'un audessus de lui. Il eût accepté la monanhic s'il avait pu arriver l'i être roi : il eût persévéré dans le catholicisme, s'il avait pu arriver à être Pape, à réunir en lui le Pape et l'Kmpereur, ces deux moilirs d<* Dieu, comuKïildit dans llcnumi.

Suivons-le dans le développement logique de son idéal terrestre. A la lin de la préface de Marion de LorniP, il dit : « Pourquoi ne viendrait-il pas un poMc qui serait à Shakespeare ce que Napoléon est à (Iharleinagne. » Il n'en est déjà plus à (Chateaubriand dont la gloire commence à lui paraître bien p;\le; et le voilà qui tente l'ascension vers Shakespeare, en mémo temps qu'il établit un rapprochement entre ce (îharlemagne qu'il vient de glorifier sur la scène et ce Napoléon qu'il a commencé par appeler lîonaparte et dont il avait dit, en des vers admirables :

11 fallut presque un Dieu pour coasacrer cet homme ;

Le Prêtre monarque de Rome

Vint bénir son Iront menaçant :

Car, sans doute, en secret, effrayé de lui-même. Il voulait recevoir son sanglant diadème

Des mains d'oii le pardon descend.

Les mers auront .«a toml)e, et l'oubli la devance. En vain à Saint-Denis il fit poser d'avance

— Hl —

L'u !5<^pulcrj de marijre et dor étincehmt. Le sort n"a pas vouUi que de royales ombres Visseat, en revenant pleurer sous ces murs sombres, Dormir dans leur tombeau son cadavre insolent.

Six ans après avoir écrit ces beaux vers, il écrira ceux-ci non moins beaux, bien qu'ils disent tout le contraire :

Dors, nous l'irons chercher; ce jour viendra i)eut-ètre, Car nous t'avons pour Dieu, sans ("avoir eu pour maître ; Car notre œil s'est mouillé de ton destin fatal ; Et, sous les trois couleurs, comme sous l'oriflamme. Nous ne nous pendons pas à cette corde infâme Qui t'arrache à ton piédestal.

Oh! va, nous te ferons de belles funérailles! Peut-être quelque jour nous aurons nos batailles! Nous en omln-agerons ton cercueil respecté ; Nous y convierons tout : Europe, Afrique, Asie, Et nous t'amènerons la jeune Poésie Chantant la je'une Liberté..

Qu'est devenu le cadavre insolent? A partir de ce moment, la figure de Napoléon le hante, le trouble et l'inspire de plus en plus. Pourquoi? Parce que Napoléon est l'incarnation de la plus grande gloire à laquelle un homme puisse prétendre. Il faut au poète une gloire pareille à celle de cet homme.

Qui, plus grand que César, plus grand même que Konie, Absorbe dans son sort le sort du genre humain.

Il lui faut une gloire équivalente à celle-là, y compris le martyre si le martyre est nécessaire à la réalisation de cette gloire. Il a d'abord essayé d'effacer cette grande figure de Napoléon du souvenir de la France, mais, puisque ni lui ni personne ne saurait

y parvenir, il chaulera <,cliii iiii'il iir jMiuri;iil j»as faire oublier. Ce sera son moyen de l'égaler, do le dépasser pcut-èlre. Homère n'esl-il pas njainlenaiit plus j:rand qu'Achille?

Alors les odes, à la yloiilicalion de Maj)oléon, se succèdenl : odes à la (Colonne, à Napoléon II, où se trouve ce vers déjà trop oublié :

OU] n'exilons personne! oh! l'exil est inij)ie!

Odes à 1 Arc de Uiumphe, au retour des cendres de l'Empereur, et tant d'autres. Lui, toujours lui.

Enfin, quand il est exilé à son tour, (ju'il choisit (jucrnesey qui sera son île d'Elbe d'où l'on revient ou son île de Sainte-Hélène où l'on meurt, mais où, quoi qu'il arrive, il aura été à part, seul, plus |j:rand dans l'horizon, comme il veut toujours l'être, que tous ses compagnons d'exil; quand il sera dans celle île où, si l'on ne vient pas ex})rès pour le voir, on ne pourra plus jamais venir sans penser à lui, il écrit ce livre sur Shakespeare, où il fait le dénombrement des éternels grands hommes, et il dit :

La diminution fies liommes de guerre, de force et de proie, le grandissemenl indélini et superbe des hommes de pensée et de paix ; la rentrée en scène des vrais colosses : c'est là un des plus irrands faits de notre grande époque. Il n'y a pas de plus palhélitiue et de plus sublime spectacle; rinnnanilé délivrée d'en haut, les puissants mis en fuite par les songeurs, le prophète anéantissant le héros, le balayage de la force par l'idée, le ciel nettoyé, une expulsion majesueuse. Les traijueurs des peuples, les Iraineurs d'armées, Nemrod, Sennachéiib, Cyrus, Rhamsès, Alexandre, César, Bonaparte, tous ces immenses hommes farouches s'effacent.

?Scipoléoii n'est plus, pour lui, que 13uuaparle ; il n'aura été décidément qu'un sujet de poème. Voilà le poète, tout seul, entre la mer et le ciel, le voilà qui s'enivre d'ambition solitaire, qui se grise d'immortalité préventive, qui se croit le grand justicier du monde, le seul arbitre de la conscience humaine. Il n'est plus à Sainte-Hélène comme Napoléon ; il se voit, sur le Sinaï comme Moïse, sur la montagne comme Jésus, à Pathmos comme saint Jean ; il sait le mot de l'infini, il croit le savoir, ii nous le dit :

Le moi latent de l'infini patent, voilà Dieu. Dieu est l'invisible évident. Le monde dense c'est Dieu. Dieu dilaté c'est le monde. Nous qui parlons ici, nous ne croyons à rien hors do Dieu. Dieu se manifeste à nous au premier degré à travers la vie de l'univers, et au deuxième degré à travers la pensée de l'homme. La deuxième niiinifestation n'est pas moins sacrée que la première. La première s'appelle la nature, la deuxième s'appelle l'arl. De là cette réalité : le poète est prêtre. 11 y a ici-bas un pontife : c'est le génie.

Il ne lui reste plus qu"à ajouter : (( Le génie c'est moi. ') Il ne le dit pas; mais il commence fermement à croire que le monde le dira.

1870 arrive. Ses dernières convictions triomphent : il a donc eu raison de les avoir; il a donc été le vates antique. Le trône croule, l'autel s'ébranle, la papauté chancelle, le vieux monde social tremble. Le poète qui a fulminé comme Junéval, qui a prophétisé comme Isaïc, rentre dans sa patrie avec ce chant héroïque :

— tii —

Puisi|u'eu ce jour U- sang ruisselle, les luits brûlent,

Jour sacré, l'iii-^ciue c'est le moment, oii les lâches reculent

J'accourrai.

France, élre s»ir t.i claio à l'heure où l'on te traîne

Aux cheveux.

0 ma mère, et jjorter un anneau de la chaîne,

Je le veux.

J'accours, puisque sur toi la bombe et la mitraille

Ont craché.

Tu me regai'deras debout sur la muraille.

Ou couché.

Kt pcitt-étrc. en la terre où brille l'espérance.

Pur Hambeau, Pour prix de mon exil, tu m'accorderas, France,

Un tombeau.

La guerre finie, la paix failo, le pot'lc devieiil l'idole de la foule. Il est écouté comme un oracle, acclamé comme un roi, fêté comme un saint. On l'appelle le Maître; on l'appelle le Père. L'anniversaire de sa première pièce est célébré au théâtre, l'anniversaire de sa naissance est célébré dans la ville. Ou donne congé dans les collèges; on accorde des grâces dans les prisons. Ceux qui admirent cet homme s'agenouillent; ceux qui ne l'admirent jtas se taisent. 11 semble convenu qu'on ne; le discutera plus, tant qu'il vivra, ("/est notre gloire nationale; il vit dans une acclamation incessante. Ouand la mort le menace, la foule inquiète emplit sa rue. Des centaines, des milliers d'hommes et de femmes de ce peuple qu'il a exalté jusque dans ses erreurs passent la nuit devant sa porte; le monde entier demande des nouvelles. Sa mort est un deuil public. On interrompt les alFaires; on suspend les éludi's;

— ho —

ouJL'tlc un voile noir sur l'Arc de Iriomphe, ne pouvant le jeter sur toute la cité. Les « dragons chevelus ^), torches en mains, font la veillée du corps. L'immense murmure d'une population qui ne se couche pas remplace la prière de l'humble prêtre et berce l'âme du poète comme l'Océan a si souvent bercé son esprit et rythmé sa pensée. On écarte César pour lui dresser un autel ; on congédie une sainte pour lui élever un tombeau. Plus d'un million d'hommes font cortège ou font la haie au petit char des pauvres, dernière antithèse du poète, suivi d'énormes chariots chargés de couronnes dont le nombre et le poids useront les marches du Panthéon.

Et, pendant ce temps, je me rappelle que sept personnes seulement, dont j'étais, sont parties de Paris pour accompagner jusqu'au cimetière de Saint-Point l'auteur de Jocclijn et de la Chute d'un Ange, et que trente-trois fidèles seulement, dont j'étais encore, ont suivi jusqu'au Père-Lachaise l'auteur de Rolla, des Nuits et de VEspoi/- rn Dieu.

Victor Ilugo était revenu de l'exil demander un tombeau à la France. La Patrie reconnaissante le lui a donné au Panthéon, cette fosse commune de la gloire, au milieu des ombres de Yoltaire, de Jean-Jacques, de Mirabeau et de Marat, car leurs ombres seules habitent maintenant ces voûtes auxquelles les temps, qui ont leurs variations, eux aussi, ont repris leurs cendres. J'aimerais mieux voir l'auteur des Voix intérieures et des Contempla-

t/'ons doi'uùï son dernier sumnieil la oii les lioininus III' vicrmeiil })as le lroiil)ler de leurs querelles ou le souiller de leur iugralilude : sur un rorher comme (Ihaleaubriaud. sous uu saule comme Musset, ou mieux encore j»rès de sa fille comme Lamartine; mais l'auteur de IM/V tl'iHrc i/nunl-jirrr (jui mettait quelquefois de l'art où il n'en fallait plus, a oublié de dire, dans ce beau livre, qu'il voulait reposer auprès de ceux qui l'avaient aimé.

Jamais empereur romain n'a eu jianMl triomphe pendant sa vie, jamais destructeur de peuples ou bienfaiteur des hommes n'a eu pareille apothéose après sa mort, (lelui qui, à quinze ans, s'était juré d'èlrc le jdus i^rand poète de son temps et de son pays, a pu se dire qu'il l'a été; celui qui, plus tard, a conçu l'espérance secrète d'être le plus grand homme de tous les pays et de tous les temps, a pu vivre ses dernières année et sa dernière nuit en croyant qu'il l'était. Tout a concouru, contribué, consj)iré à le convaincre qu'il avait réalisé son espérance superbe. C'était l'important pour lui. Ouand un dévot meurt convaincu qu'il aura la béatitude éternelle, c'est comme s'il lavait véritablement. Il y a là une minute qui équivaut à l'éternité, qui la contient peut-être.

Maintenant, que va-t-il advenir de cette œuvre immense, étrange, troublante, disparate, splendide, faite des matériaux les plus durs, les plus brillants, les plus précieux, les plus frai;iles? 11 en adviendra ce qu'il advient de toutes les œuvres de l'esprit

humain. Le temps ne fora pas plus d'exception pour celle-là que pour les autres ; il respectera et affermira ce qui sera solide; il réduira en poussière ce qui ne le sera pas. Tout ce qui est de pure sonorité s'évanouira dans l'air; ce qui est fait pour le bruit est fait pour le vent. Mais il ne m'appartient pas de préparer ici le travail de la postérité. Il n'y a d'ailleurs à Finfluencer ni pour ni contre; elle sait son métier de postérité; elle a le sens mystérieux et implacable des conclusions infaillibles et définitives. J'entends dire que beaucoup de pierres tomberont de cet édifice énorme, que quelques-unes tremblent déjà parmi celles qu'on croyait le mieux fixées. C'est possible; c'est vrai. Mais cet édifice qui tient du temple grec, de la pagode, de la mosquée, du château féodal, de la cathédrale gothique, du bazar d'Orient, du palais delà Renaissance, autour duquel sont venues se grouper des chaumières de paysans, des maisons d'ouvriers, dos masures de pauvres, cet édifice est si grandiose, si pittoresque, si bizarre, il se découpe sur le ciel de l'art en masse si puissante ; il a des cryptes si vastes où le vent fait des bruits si étranges; il a des murailles si hautes flanquées de tours si imposantes, des colonnes d'un marbre si pur, des arcades si nombreuses, d'un entre-croisemont si imprévu, des frises d'une ciselure si fine, des flèches si légères, si dentelées où tant d'oiseaux font leurs nids; le bourdon de son énorme beffroi qui sonne l'Angelus ou le tocsin, le glas de la mort ou le carillon de la fote, est fait rl'un métal si noble.

— «iS —

oiniilil les airs di' jiiilpilalioiis si iii;iji;sliieu.ses, éveille (les échos si puissants et si proliinj^és dans les vastes plaines et les immenses forAts qui Tentonrcnt et (pril domine des liaiileiiis où il s'élève, (jn'cm se deni.inde. par moments, si. comme dans les contes dti moyen àf^e. Dieu ou le Diable n'a pas mis la main ;i la heso^iie.

Attendons. C/esl le poêle lui-même qui l'a ilit :

Voulez-vous qu'une tour, voulez-vous qu'une église Soient de ces monuments d">nt l'anif* idralise

La fornip et la hauteur?

Attendez que de mousse elles soient revêtues. Et laissez tiavaùUer à toutes les stiitiies

Le Temps, ce grand sculpteur!

Si l'on me demandait ensuite, le Temps ayant fait ce qu'il a à faire, comment l'avenir appellera Victor llui^o. je répondrais qu'il l'appellera, selon moi, l'auteur de la Légende des sièrles, comme nous appelons Dante l'auteur de la Divine Comédie, comme nous appelons Balzac l'auteur de la Couv'die Jmmaino. Non pas que je réduise l'œuvre de Victor Hugo aux seuls poèmes qui portent cette dénomination parliculii're de Légende des siècles, mais tout au contraire, parce que, dans ce titre j^énérique, je rassemblerais et ferais rentrer toutes les o'uvres du poète, poésie lyrique et épique, roman, théâtre, histoire, philosophie, vers et prose. A mon avis, à mon avis seulement, quoi qu'il fit, même à son insu, Victor Hugo ne sortait jamais de la légende. Ses personnages ne sont ni dans la réalité de la vie,

ni dans la proportion de l'homme; ils sont toujours au-dessus ou au delà de l'humanité, quelquefois au rehours, pour ne pas dire à l'envers. Cela tient sans doute à ce que la nature a pour lui des aspects qu'elle n'a pour aucun autre. Son œil grossit tout; il voit les herbes hautes comme des arbres; il voit les insectes grands comme des aigles. L'inanimé a une bouche, l'invisible, des yeux. Nous sommes pris entre les voix de l'un et les regards de l'autre, ('/est une évocation continuelle, c'est une vibration incessante, c'est un orchestre sans, fin de harpes, de clairons, de flûtes que le Maestro dirige du haut du ïhabor et auquel on dirait qu'il donne le la avec la trompette du jugement dernier. Il a nécessairement vu l'humanité daus les proportions de ce décor, dans le ton de cette symphonie, et il nous laisse dos titans, des fantômes, des monstres, des ombres qui s'agitent, en silhouettes colossales, dans un monde à part, entre les contes de fées de Perrault et les visions d'Ezéchiel.

Quant à sa philosophie, elle est bien simple. A force de demander aux manifestations extérieures, aux rumeurs de l'Océan, aux bruissements des forêts, aux ombres des cavernes, au rayonnem'ent des astres, aux chansons des nids, au silence des pierres, l'explication du mystère divin que sa religion traditionnelle ne pouvait plus lui donner, il a entamé avec la nature entière un colloque qui n'a plus cessé. A qui va-t-elle parler et qui va nous parler d'elle maintenant qu'elle a perdu son grand interlocuteur?

— "Il —

Mais il s'»'.st ainsi (cllcniL'ul identifié avec cllf (ju'il a iini jiar s'assimiler mcnlalemcnl à son piojnc juinrijw ot par croiro qu'il faisait jiartie de son éternité tanirible.

Il ne se contente pas de la conception vaf>;uo et abstraite do l'immortalité de l'Ame; il veut, après la mort, tontes les formes possibles h cette Ame dégagée de la matière qui l'a contenue ici-bas, et il déclare devoir être encore dans ce qui est toujours, avec les sensations successives et progressives de l'être jusqu'à sa fusion totale en Dieu. Allez donc faire croire à un cerveau par lequel le ciel, la terre, les mondes, ont passé })endant soixantedix ans. qu'il n'est pas contenu dans l'élernité des choses et que toutes choses ne sont pas contenues en lui! Et, comme si l'antilbèse devait suivre Victor Hugo jusque dans la morl . il trouve en vous, Monsieur, qui lui succédez, le système absolument contraire au sien: et <jue vous avez hàle de disparaître dans le grand liien. tandis qu'il se trouvait si bien dans la vie oîi il attendait glorieusement le moment de s'en aller dans le grand Tout. Qui de vous deux a raison? Il y aura longtemps que nous n'affirmerons plus rien ni les uns ni les autres que l'on en discutera encore en ce monde. Ltii, sait déjà peut-être à quoi s'en tenir? Pourquoi ne j)eut-il plus nous le dire dans sa langue merveilleuse, parfois un peu obscure quand elle n'était qu'humaine et qu'il voulait tout expliquer. mais qui resplendirait aujourd'hui de la liimii-re éternelle dans laquelle, selon ses

coQvictions, iJ devai t aller se fondre sans s'y dissoudre.

Au lieu de croire dans l'univers, comme vous, Monsieur, à une simple série de formes qui s'engendrent les unes les autres et s'évanouissent aussitôt que formées, disparaissant dans une sorte d'éternel tonneau des Danaïdes que l'éternelle Nature renouvelle éternellement pour l'éternelle mort, il croit que rien ne se perd, que tout s'accumule et se combine lentement, invisiblement, mais sûrement pour l'entente universelle, pour l'alliance finale du ciel et de la terre. A mesure qu'il avançait dans la vie, il se regardait comme ne faisant plus partie ni moralement, ni intellectuellement, ni physiquement même de notre humanité courante; il ne reconnaissait même plus la supériorité des éléments sur l'homme. Il se croyait de même source, de même essence, de même action. Ni les années, ni les saisons, ni le chaud, ni le froid, n'existaient pour lui, si bien que Zéphyre, jaloux, l'a traîtreusement frappé un soir de printemps, pendant qu'il se promenait dans son jardin, en compagnie d'un autre géant qui n'est pas loin de vous, Monsieur, à votre droite, et que le poète eût certainement chanté un jour comme il a chanté Eviradnus et Boos.

Quanta moi, après avoirpassé, malgré d'autres travaux, plus desixmois dans l'intimité de cet esprit, qui n'a son pareil, en ce qui le caractérise, comme vous dites, dans aucun temps, dans aucun pays, dans aucune littérature, je me suis souvent demandé quelle placepourraitlui être faite dans la mémoire des hom-

mcsjjiii n''|ioiulîl à peu pri's à(('(|u'il roj»r(''.sciilo sur lalrnu ruiuinc hcr qnil a rrvijum-dcssus. ;mil(i(i(miir' au delà, (jiii syml)olis;\l, jKjiir ainsi diro. sur 1rs li;iiileurs (]ii'il a alleiulcs, le rayonncmciil (piil .'p'Ue dans les nuées ipii le voilent. Tout le len»ps «jne je le lisais, ou plulùl que je le relisais, (jue j'assistais à raccroisscment rapide et ininterrompu de ce ji^énie étrange, mené, surmené quelquefois jiar uni' volonté sans repos et sans borne, il m'élail impossible de perdre de vue la lumière de la petite lampe «ju'on vovait briller, toutes les nuits, dans la mansarde dr la ru(! du Drai^ou. à la fenêtre de lenfanl poète, pauvre, solitaire, infatigable, épris d'idéal. alFamé de gloire, de cette petite lampe qui a été la confidente silencieuse et amicale de ses premiers travaux et de ses premières espérances si miraculeusement réalisées, l'^t je me disais : La postérité devrait rallumer et li.xer éternellement dans la nuit cette petite lumière éclairant celte vitre. Pourquoi le jiremier de nos savants français qui découvrira une étoile nouvelle, ne donnerait-il pas le nom d'Hugo à cette étoile?

Pari». - Typ. O. Chumcrot, 19. nm dos Snints-P.T.-s. — i»9~>f>.

^it

M et Charles !

» i Ernest I.rf- Biaiic etOaniUlc r:

,iinon et le baron tU i >:. J B. Dumas et Saiat-Reiié Tai!

î l. John L.emoinne et CuvUIler-I'l

ri Caro et Camille Rouss -t (Il -M. Alexandre Dumas fils et d'Hau i-.s de MM. Méziëres et Camille Roussel irs de MM. Saint-René Talllandif^r et Nisi^ '.is de MM. de Loménie et Jules Sandeau ivs de MM. le baron de Vlel-Castel et X. M ips de MM. Littré et de Cbampagay (5 juin l^ ;> . m ■>■•. ... ors de MM. le duc d'Aumaleet CuvlliJer-Fleviry (5 avril 1873).

i->i:uars de MM. Rousset etd'HaussonvU.e ;2 m

iJiscours de MM. Duvergierde HauranneetCuvil

Discours de MM. X. MarmleretCuvillier-Fleur.v

Dlscour.s de MM. J. Janin et G. Doucet ,') noMîinbr.

Discours de MM. Barbier et Sylvestre de Sacy

Discoup.s de MM. d'HaussonvIlle et St-Marc Gh

Discours de MM. de Champagny et Sylvestre d(

Discours de MM. Autran et Cuvillier-Fleury (S

Discours de MM. Claude Bernard et Patin rJ7 m i

Discours de MM. J. Favre et Ch. deRèmusat ;■'

Discours de MM. l'abbé Gratry et Vltet ('^6 mui> .

Discours de MM. CuvlUIer-Fleury et D. Nisard ). iii-»<>. . 1 fi

Discours dt- M. Guizot fii léponsc à celui de M. Pr6\o ii„ . 1SG5]. 50.

Discours de MM. C. Doucet et J. Sandeau (22 f*'.

Discours de MM. Dufaure et Patin iVuvril tSCîi). In-

Disconrs de MM. le comte de Carné et Vlennet

Discours de MM. le prince de Brog^lle et St-Mf n

IMscours de MM. J Sandeau et Vitet (2C mai tSS'J

riiscours de MM. de Laprade et Vltet vl7 mars 1^

urs de MM. le Comte de Falloux et Brlfaut ^2i. i. irs de MM. Biot et Guizot (5 févnier 1«57). lii-8<» s.. ours de MM. le duc de BrogUe et D. Nisard i

j'iscours de MM. Erne.st Legouvé et Flourens ( j lu

l's de MM. Sylvestre de Sacy et de Salvandy ,''juin IfiOij. iii-S".

l's de MM. Berrycr et de Salvandy (22rtv!iei Ihj-»). In-S»

'e MM. Villemain et Guizotit l'.\cadén>ie(i > .Vi. Iii-S"

l. Horace Vernet, par .V. BEitE, pronm oi lobrc 1 Siia In go

<lt M Hippolyte Flandrin, par M, Beui.ï rtdéiiiie îles 1)1." 186/1

Iieer, par M. bMitt, prononcé à l'AciHléiuiiid.'s Ut'au.\

historique sur la vie et les travaux de M. Victor CoasUi.

MlGiNET (véance ilii te jacivict IrVO;. iii-a». . .

Tyy. G. Ohamerot. J9, rur. des fiaini!--!

Page 1