G. AMYOT
Lorsque l'honorable député a jugé qu'il était de son devoir do m'attaquer comme il on a parfaitement le droit ai le cœur lui en dit, il n'aurait pas dà oublier qu'il avait lui-môme exprimé une opinion sur ce que j'avais fait pour les troupes, et il n'aurait pas dû me reprocher d'avoir attaqué lo 9ième bataillon lorsque 808 propres télégrammes contiennent au pv de n08 troupes uno opinion que nu ne puis comprendre, L'Honorable député a aussi ataqué le major général qui commandait les troupes. Je vais lire à la Chambre ie la permission da général) une lettre que l'honorable d puté a adressée au major géuéral à l'occasion de l'élévation de œ dornier à la dignité de chevalier, Elle se lit comme suit :
‘ Quénxo, 26 août 1885.
Sir Frevenick D, Minozsrow, C.C.M.G., Ottawa.
Cuur monsieur, —J'aurais dû vous écrire plas tôt pour me joindre au concert unanime de félicitations qui vous arrivent de partout, mais une absence prolongée de la ville m'en a empêché, Votre 6l6vation À la digaité de ‘‘ebevalier'! n'est qu la juste reconnaissance des grands services que vous avez rendus à la Puissance du Canads, et les honneurs dont on vous couvre rejaillissent aur tous ceux que vous avez encouragés par votre bravoure personnelle, sûrement guidés par votre expérience, et qui tous ont largement bénéficié de la science que vous a acquise une honorable carrière militaire,
Je regrette profondément les attaques d'une presse malicieuse et mesquine contre ‘‘notre général,” mais votre réputation est assez haut plaece pour que ces sottes calomnies ne puisaent l’atteindre.
Veuillez me permettre, par votre entremiss, de présenter mes respects à lady Middleton, et me croire,
Votre tout dévoué, G. AMYOT.
M. RYKERT: Par qui cette lettre était elle signée,
Sir ADOLPHE CARON: Par l'honorable député de Bellechasse (M. Amyot). En ce qui concerne le général, il est inutile que j'exprime une opinion déjà exprimée par tous Goux qui s'y connaissent en fait d'affaires militaires au sujet des services qu'il a rendus, En Aogleterre ot an Canada ses services ont été justement appréciés et dans tous les cas l'honorable député a bien mauvaise grâce d'attaquer le major général après avoir exprimé par écrit l'opinion que j'ai lue au sujet de ses services. Avant que de terminer je désire éclairoir un point dont plusieurs honorables députés ont Fa au cours du débat actuel, On adit que Riel s'étant rondu, le gouvernement aurait du lui pardonner, J'affirme—
et je suis prêt à le démontrer—que Riel ne s'est pas rendv. Je vais d’abord lire uno déclaration faite par le major géné. ral lui-même, C'est un point important pour l'histoire, et cela a une portée très importante sur la question controversée, et il sera très intéressant pour les honorables députés de voir l'interprétation que lo major général donne à une Cortainc lettre, Le major général dit :
Je n'ai écrit qu'une genle lettre à Riel, le dernier jour du combat de
atoche, pour lui dire, er, réponse À une lettre de sa part, apportée par M. Astley, que s’il voulait mettre leg femmes et les eufants de ses gens en sûreté, et me faire savoir où se trouvait l'endroit, je verrais à ce qu'aucun coup de feu ne fut tiré dans cette direction. Lorsque Astley m'a apporté cette lettre, il m'a dit que Riel était dans un grand embarras, et qu'il croyait qu’il 6e rendrait, et il me demanda quelles conditions il devait lui proposer à son retour, Ma réponse fut : ‘ Qu'il se rende sans condition.’ Le second billet de Riel, me remerciant de ma lettre, m'a été livré au moment où, sous un feu très vif, nous nous feayions un chemin en rase Campagne aux environs de Batoche, Astley me dit encore qu'il pensait que Riel se rendrait, mais je répondis: Trop tard maintenant, nous sommes presque arrivés, et il faut que je pousse en avant pour sauver les prisonniers.’ Je n'ai envoyé à iel, la lettre offiant de le protéger, lui et son corseil, que le 13 mai (le jour quia suivi le dernier jour de combat à Batushe), et je l'ai fait parce qu'un prêtre et un métis m'ont dit qu'ils savaient ou qu’ils croyaient savoir où Stait Riel, ajoutant que ce dernier se rendrait mais qu'il avait peur d'être tué dans mon camp par quelques-uns de mes hommes. J'écrivie nlors la lettre et la remis au prêtre pour qu’il la Jui portât, 11 ne pui cejendant trouver Riel, mais le métis le trouva et la lui donna. De bonne lieure, le 15 au matin, à la traverse Gariépy, on m'informa que Riel et Dumont étaient À quelques milles près de la Côte aux Bouleaux et j'envoyai le major Bculton et son infanterie à cheval, avec ordre de fouiller le pays Aux environs de Batoch, ce qu'il fit, et Riel voyant qu'il y avait des troupes entre lui et Batoche se rendit aux trois éclaireurs Hourie, Armstrong et Dieh] qui étaient partis avec Boultrn, mais qui avaient quitté son détachement et s'étant déployés avaient rencontré Riel avec une lettre dans sa poche. Dumont, qui était bien monté, réussit à s’6-
chapper.
FRED. MIDDLETUN, majoi général Copie de la lettre envoyéo à Ricl etimentionnée ci-dessus :
BarTocue, 13 mai 1885.
M. Riz, —Je suis prêt à vous recevoir vous et votre conseil et à vous protéger jusqu’à ce que le gouvernement fédéral ait décidé de votre sort. FRED. MIDDLETON, major-général, Commandant les troupes en <ampague au Nord-Ouest,
J'ai aussi la dé-laration des deux éclaireurs qui ont pris
Riel. Elle est comme suit : { . . Canada, Territaires du Nord-Ouest.
Savoir :
Nous, William Diehl et Robert Armstrong, de Prince-Albert, dans leg territoires du Nord-Ouest, déclarons individuellement et solennellement : 1. Que pendant la rébellion des métis ot des sauvages qui a eu lieu cur la Saskatchewan au Printemps de 1885, nous avons été dûment enrolég dans les volontaires de Prince-Albert et nous avons servi en qualité d’éciaireurs conjointement avec ces volontaires pendant deux mois, Nous avons dans certaine partie de la presse Gu Canada-Est l'assertion que Louis Riel, le chef rebelle, après la bataille de Batoche, 8'est rendu volontairement aux autorités et que le dit Louis Riel aurait pu faeilement s'échapper du pays £'il l'eut vouin.
3. Nous, en compagnie d'un nommé Thomas Hourie, étions trois des volontaires qui ont pris part à la recherche quia été faite de Louis Riel E DE rebelles qui s'étaient enfuis après leur défaite à la bataille de
atoche,
4. Nous déclarons distinctement de plus que nous étions avec le dit Thomas Hourie, les trois éclaireura qui ont capturé le dit Lous Riel ct qui l'ont livré au général Middleton, Lorsque nous avons opéré son arrestation, nous croyons et nous £firmons maintenant que lo di: Louis Riel n'avait nullement l'intention de ge rendre, mais qu’il 8e préparait À ane fuite précipitée, 11 était alors À la recher ‘he d’un cheval ; il avait €2 8a possession une selle et une bride et il était bien armé. Les deux métis e* compagnie desquels il a été trouvé étaient aussi b'en arcs, Les a:sertions mentionnées plus haut à l'effet que Louis Riel s'était rendu volontairement à nous sont entièrement fausses,
Et nous fusons individuellement cette déclaration solennelle la croyant couscicncieus:ment vraie, et en vertu de l'acte jassé dans la 81ème année du règue de Sa Majesté, intitulé : Acte Pour supprimer les serments volontaires et extraj idicinires ”
WM DIXIIL, RUBERT ARMSTRONG.
Déclaré individuellement devant moi dans
la ville de Prince Albert, dans les terri. |
toires du Nord Ouest, ce 28ème jour de
décembre, A.D. 1885, )
W.R, Gun, Notaire public pour les territoires du Nord-Ouest.
L'autre éclaireur qui était présent lorsqne Riel a été arrêté, était absent de Prince-Ailbert, et sa déclaration D'a pas 66 obtenue, mais il a dit à plusieurs personnes que j'ai
vucs depuis, que son opinion était en tout conforme à celle do ceux qui ont fait cette déclaration. Jo lirai aussi un extrait d'une lettre du major Boulion, lettre que los journaux Ont publiée. Ea co qui concerne l'histoire de cetto Campagne, aucune opinion no fait plus autorité que celle du major Boulton :
En discutant avec Astley la question de savoir s'il devait se rendre, Riel disait : ‘ [1 y a trois choses qui me sauveront, L'une est la politique, une autre c'est que j'ai assumé le caractère des prêtres, et la troisième est que les documents qui sont tous iciimpliqueront le conseil
plus que moi, ?
En cette occasion, il désirait ge rendre et tenait beaucoup À aller
trouver le général en toute sécurité. Cepeuuant, il était trop tard, et il loi a fallu se sauver le mieux qu'il a pu. Après la victoire, Agtley, cependant, ne le perdit pas de vue et fit signer au général une lettre lui garantissant sa protection jusqu'à ce qu'il fut livré aux antorités civiles. Lorsqu'il eut recu cette lettre il était très snxieux d'aller en toute sûreté se mettre entre les mains du géné:al et se rendit à l'éclaireur Hourie, Or, M. l'Orateur, je crois que sur ce point, la prouve est tellement convaincante que je ne vois pas commont il est possible de considérer, en présence de cette preuve, que Riel s'est rondu et qu’en conséquence il avait droit à la considé. ration du gouvernement, En commençant ler quelques remarques que j'ai cru de mon devoir d'adresser à la Chambre, j'ai eu le plaisir de féliciter l'honorable député de Québec-Est sur lo discours qu'il a prononcé, et sur ce point J'ai exprimé ma sincère opinion relativement à cet honorable député. Mais je dois exprimor le regrot que cette éloquence, que je lui reconnais, ait été employée à défendre une rébel. lion contre le Canada. L'honorable député a accusé le gouvernement d'avoir, par sa négligence, causé la rébellion. Eh bien, M. l'Orateur, je nie formellement et entièrement que cetta accue ‘:on soit fondée, et je crois que tout homme impartial qui prondra la peine de lire ie dossier arrivera à Ja conclusion que le gouvernement n'est pas coupable de la faute qu on lui impute. Dans le témoignage du Père André,
nous trouvons ce qui suit :
. Q. Voulez-vous dire si, depuis l’arrivée de l'accusé dans le pays
J1squ’au temps de la révolte, le gouvernement avait fait que’que réponse favorable aux demandes et réclamations des métis ?—R. Oui. Je sais qu'il avait acquiescé à certaines demandes concernant ceux qui n'avaient Pas eu de scrips dans le Manitoba. Un télégramme, envoyé le quatre mars dernier, accordait les scrips.
Q. Avant ce temps-1}?—R, Quant au changement de l’arpe: tage des lots le long de la rivière, il y eut une réponse du gouvernement disant qu'il l’accorderait, et c'était une question importante. -
Q. Quelle question restait alors à régler ?—R. C:ile des patentes. Cette question aussi n été réglée en Que sorte, car M. Duck fut envoyé, et je l'accompagnai en qualité ‘interprète, ù -
Q. Quelle autre question restait-il?—R, La seule question du bois, du bois de construction.
Coci fait voir qu'une dépêche lui fut communiquée, de même qu'elle fut Aussi communiquée à Riel et aux autres, ot disant que cos questions avaient été réglées, Outre ce témoignage du Père André que je viens de lire, nous trou- “ons cncore Ca qui suit dans la déposition do Charles Nolin:
Q. Ces conditions ont-elles été acceptées par l'accusé ?—R. Oui. Le jour suivant j: reçus de Macdonald une réponse à ua télégramme ; le {é'égramme disait que le gouvernement allait faire Justice aux droits des métis, mais ne faisait aucune mention de l'indemnité de Riel. =
Q. Avez-vous montré cette réponse à Riel ?—R. J'ai montré le dimanche s iivant la réponse que j'ai reçue,
Q. En quel mois était.ce?—R, En février.
G. Au commencement du mois ?=R, Ou’. : =
Q. Que dit l'accusé?--R. Il répondit que les Auglais volaient depuis 409 ans, qu'il éait t:mps d'y mettre un terme, que cela avait duré assez longtemps.
Dès qu'il fut informé que los réclamations des métis étaient réglées, et qu'il n'obtenait pas l'argent qu'il voulait avoir da gouvernement, le 5 mars, il 8e dérida à prendre Les armes. Voyons ce que dit Cnarles Nolin sur ce point :
R. L'aceusé viat ra faire visite, accompagné de Gabriel Dumont Il me proposa ua plan qu'il avait jeté suruae feaille de pap'er. Il avait décidé de preudre les armes etd'induire la population à prendre leg armes aussi, et que le nremier devoir était de combattre pour la gloire de Dieu, pour l'honneur de la religion et le salut de nos f nes. L'accugé dit qu'il avait neuf noms sur 60n papier et me demanda le mien. Je lui dis que son plan n'était pas parfait, mais que puisqu'il voulait combattra pour la gloire de Dieu, j; proposerais un plan plus parfait Mon plan était d'avoir des prières pabi ques dans la chapelle Catholique pendant neuf
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toute sûreté * Hourie, )reuve est ont il est , que Riel A considéquelques er à la léputé de ce point Lonorable oquence, ne rébelé lo gouébellion.
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jours, de se confesser et de communier, et ensuite d'agir suivant notre Conscience.
Voilà l'homme qu'on veut faire passer pour un héros et un patriote, Il est évident que tout ce qu'il voulait, c'était d’avoir de l'argent du gouvernement, À la page 97 on voit ce qu'il se proposait de faire avec cet argoat, s’il avait pu l'obtenir:
Il dit encore que s'il recevait vet argent, il s'en irait aux Ztats-Unys, Gants un journal et soulèverait les autres nationalités des Etats-
11 avait déjà organisé deux soulèvements, et après avoir sacrifié lea métis il voulait avoir de l'argant pour alle:, disait-il, aux Htats-Unis soulever les autres nationalités et organiser une autro rébellion. Est-il nécessaire do donner une meilleure prouve de la sagosse du gouvernement, qui Et voulu intervenir Jans la sentence prononcéo contre ui
Il dit: (Avant que l'herbe ait atteint cette hauteur dans ce pays, vous verrez des armées étrangères ici.” Il dit: “Je vais commencer par détruire le Manitoba, et ensuite je viendrai détruire le Nord-Ouest et w’emparer du Nord-Ouest./
Et on prétend que nous aurions dû être cléments envers cet homme: A tous ceux qui oni lu ces témoignages je demande s’il a été clément envers les prisonniers et les gens qui étaient à sa disposition ? A la page 45 on trouve:
Il vint à la porte de la cave et les remiers mots que je l’entendis prononcer furent ceux-ci : ‘‘Astley, Astley, venez ici, et allez dire à Middleton que s'il massacre— massacre est, je crois, le mot qu’il a employé EL femmes et n08 enfants, nous allons veus massacrer, VOUS, prison
C'est lui qui disait à ces quelques personnes qu'il avait. fait arrêter à cause de leur loyauté à leur pays, parce qu'elles avaient refusé do prendre part à la révolte, qu'il les massacreraient si quelque malheur survenait à ses gens; et sans lui ces malheurs ne soraicnt jamais arrivés. S'est.il montré bien clément envers McKay, lorsqu'il lui disait ce qui est rapporté à la page 19 du compte-rendu de l'enquête dans le procès de Rid:
11 devint très excité, se leva at dit : Vous ne savez pas ce que nous voulons. C'est du sang! du sang! nous voulons du sang! O'est rne &uerre d’extermination. Tous ceux qui sont contre nous seront chasses Cu phys. Il 22 deux fléaux dans le pays, le gouvirneMent et la compagnie de la Baie d'Hudson.
. Oui?—R, Il se tourna vers moi et dit quo j'étais un traître À gon Rouvernement, un spéculateur et une canail e, un voleur, et je ne sais quoi encore,
D. 11 s'est sorvi d'expressions violentes À votre adresse ?—R. Oui. Ia fini par dire que c'était dn sang quil leur faliait et que la pr:mier sang versé serait le mien, Il y avait des petits plats sur la tle, et il s'empara d’une cuiller, et dit: Vous n'avez as de sang, vous êtes nn traître 4 vos compatriotes. Votre sang est figé et le peu de sang que vous avez sera là dans cinq minutes, me metiant la cuiller près de la fisureet me la montrant,
So montrat-il clément lorsqu'il condamna à mort Nolin ot Boyer quand ils refusèrent de prendre les armes, A la page 62 on lit :
D. Quel fut le principal évènement de la journée, d'autant que vous vous rappelez les faits ?—R. Il donna l'ordre d'aller faire prisonniers William Boyer et Charles Nolin
D. Lui avez-vous entendu dire ourquoi ils devaient être faits prisonniers?—R, Parce qu'ils ne voulaient pas prendre les armes.
D. A:til dit quelque chose indiquant qu'ils avaient favorisé le monvement jusque-l}?—R. Oui, parce qu’ils avaient pris part au mouvement et qu’ils refusaient de prendre les armes.
Nolin fut:il mis en accusation ?—R, Je ne puis rien dire touchant son procès, mais j'ai entendu Riel dire qu'il devrait être fusillé, et que ses hommes devraient le fusiller.
D. Vous evez compris que Nolin et Boyer devaient être fusillés?— R. Oui, tous deux.
D. Et cela parce qu’ils ne voulaient passe joindre à la prise d'armes ? —R, Parce qu'ils ne voulaient pas prendre les armes.
J'ai été charmé l'antre soir, et jo crois que le pays doit se féliciter de ce que le chef de l'opposition pour la province
de Québec, se soit exprimé aussi loyalement qu'il l'a fait en cette occasion, Il a dit aus la loyauté tory était très inté. ressée, ot que lorsque lo. .gin sanctionna le bill de l'indomnité, les tories devinrent déloyaux et signèrent un appel en faveur de l'annexion aux Etats-Unis. L'honorable député à oublié, sars doute, de mentionner le fait que ce même manifeste qui, je l'admets, était signé par quelques conservateurs, était aussi signé par des hommes tels que lhonorable A. À, Dorion, feu M, Toute M, Papineau, M. Leflamme, M. Holton, ot autres chefs du pari libéral dans la province do Québec, Il se peut que ceux qui n'auraient pas connu cos détails, auraient pu croire, d'après les paroles de l'honorab'e député, que ce manifeste n'avait êté signé que par des Conservatours ct que pas un soul chef libéral n'aurait consenti à y apposer son nom.
Mais l'honorable député sait que ce manifeste n’a pas été signé par sir George Cartier, le chef du parti libéral-conservateur dans la province de Québec. Er parlant de sir George Cartier, l'honorable député a été très éloquent et a exprimé beaucoup d'admiration pour cet homme d'Etat regretté; mais, M, l'Orateur, lorsque, malheureusement pour le pays, sir George Cartier fut enlové à sos amis et À cote carrière utile, que nous conservateurs ne pourrons jamais oublier, et dont nous nous rappelons tous les jours avec bonheur, at-on oublié que même alors, la presse libérale l'a attaqué brutalement, bien qu'elle le réclame presque aujourd’hui comme un des chefs de son parti.
11 faut que l'honorable député ait oublié la manière dont les libéraux dans cette Chambre at dans tout le pays l'ont attaqué durant sa vie, bien qu'ils tentent maintenant de faire son éloge, comme l'honorable député l’autre soir,
Si sir George Cartier était encorc au milieu de nous, je dis et je crois qu’il aurait agi comme nous l'avons fait, sur cette question Riel. Pendant sa vie ne fut-il pas traité exactement comme nous sommes traités aujourd'hui ? N'at-on pas dit qu'il était vendu aux orangistes? N'at-on dit qu'il avait vendu la province de Québec à sir John A. Macdonald et aux protestants d'Ontario? N'at-on pas dit qu'il ait vondy sa province à l'influence anglaisg ?
Mais il aimait assez son pays pour ne pas attac er plus d'importance qu'il n’en fallait à cos insultes, qui étaient lancées contre lui comme elles sont lancées aujourd'hui Contre nous. Sir George Cartier a fait son devoir, et même après sa mort sa mémoire n’a pas été respectée par les libéraux,
Dans l’histoire de fou M, Letellier, écrite par un député do l'opposition, l'honorable député de l’Islet (M. Casgrain), la mémoire do sir George Cartier est outragée ; ot lorsque lo député de Québec-Est (M. Laurier) parlait de Jui en termes si élogioux et si éloquents je ne pouvais m'empêcher de penser à la triste page que j'ai lue dans le livre dont je viens do parler, En autant que jo suis concerné personnellement, ot je crois pouvoir dire la même chose de mes collègues, au milieu des plus grandes difficultés, ot dans les circonstances les plus pénibles, nos avons fait co que nous avons cru être notre dovoir; et je crois que Ce que nous avons fait, sir George Cartier, dont lo motto, qui est aussi le motto du parti conservateur : “franc et sans dol,"” l'aurait tait dans les mêmes circonstances.
Je dois m'excusor auprès de vous et de la Chambre, monsieur l'Orateur, d'avoir été si long et si peu châtié dans mes remarques ; mais los questions que j'ai traitées, jo croyais devoir los soumettre à la Chambre et j'ai essayé de le faire de la manière la plus sincère possible,
Imprimerie MacLean, Roger et Cie, rue Wellington, Ottawa.