‹ Discours de Sir Charles Tupper sur les résolutions du chemin de fer du Pacifique canadien, 5 février 1884Chapitre 3 sur 9 · CHEMIN DIE FER DU PACIFIQUE CANADIEN · texte numérisé non relu

CHEMIN DIE FER DU PACIFIQUE CANADIEN

Sir CHARLES TÜUPPERM. l'Orolewr, en pro:

posant que ln Chmnbre #6 constitue en comité général pour Gludier les résolutions qui ont élt proposées relnlivement au chemin de fer dun Pacifi que canadien, je désire faire un exposé général de

l’état de cette grande entreprise, Je suis profondément pénétré de J'importance de la décision à laypuelle la Chambre peut en arriver au sujot des résolations dont j'ai l’honneur de demander l'adoption. I y a un an, alors que je remplissnis un devoir à peu près semblable, en faisent à In Chambre mon exposé do la position où se trouvait alors le chemin de fer du Pacifique, je me suis husardé à dire que les plué belles espérances entretenues par les promoteurs de cette grande entreprise dans le parlement, avaient été réalisées, et au delà : que les travaux necomplis par la compagnie du chemin de {er du Pacifique étaient sans précédent quant à la vigueur avec laquelle 1ls avaient été exécutis, et quant an suceès qui avaient couronné les efforts consacrés à cette œuvre. Je suis heureux, M. l'Orateur, de pouvoir, aujourd'hui, réitérer cette déclaration et dire que la situation qu'oceupe la compagnie sous le rapport des progrès de cette grande entreprise, est encore plus forle, plus grande qu’elle n'était quand j'ai fait cette déclaration il y a uu an.

À cetle époque, j'ai osé affirmer que si la compagnie du chemin de fer du Pacifique Canadien faisait le même progrès dans l'avenir qu'elle avait fait par le passé, nous avions toute raison de croire que la voie serait ouverte d’un océan à l'autre à la fin de 1886. Je suis heureux de pouvoir dire aujourd’hui que, grâce à la vigueur, à la vigueur non ralentie, à l'énergie croissante, avec laquelle cette entreprise a té poussée, nous pouvons déclarer que si dans Île futur le progrès égale celui accompli dans le passé, uous pourrons abrécer d'à peu près un an la période fixée pour le parachèvement ; que l'on croit maintenant tout à fait praticable l'idée de compléter tous los travaux de cette grande entreprise pour la fin de l’année 1885, et d'ouvrir la voie aux voyageurs ct an

trufie dans Je printonps de 1886, Jo n'ai pos besoin de dire À ln Chambre ques ceux qui ont smivi les progrès de ces ravans, commis je suis cestain que loue les houorables mombrea de cette Chambre l'ont fait, comprendront lromense importance qu'il y a pout ec pays de rénliser en qui esb pralicable à la date Ja plus rapprochée possible, Le contrat qui n éle adjugré il y ù moins de trois ans--paree qu'il n'y a pas lout à fail trois aus que le parlement à ratifié le contrat passé avec ln corapagnie dun chomin de for du Pacilique canadien-—stipulait que le gouverne ment devait compléter 428 müles du chemin depuis Port-Arthur jusqu'à Ja risiève Ronge, el 213 milles depuis lort-Moody jusqu'à Kumloops, soit un ensemble de 641 milles pour le temps fisé par le contrat pour le parachèvement, qui était juillet -L885 Je suis heureux de pouvoir dire que ce que le wouvernement a entrepris do faire sur let parties dun chemin. qu'il devait construire, sera entièrement chmplété. Comine je le disais à la Chambre lors de mon dernier discours sur le sujet, afin d'onvrir la voie au trafic pour le printemps de l'année de-vière, il est devenu nécessaire de transférer à la compagnie du chemin de ler du Pacifique canadien une portion des travaux restant à exécuter sur les entreprises 41 et 49, ot il fallait aussi exécuter des travaux eu vertu des contrats 13 et 25, le preraier comprenant les travaux à parlir de lort-Arthur, et d'aprés lequel 1] restait beaucoup à faire, à cause de la lonwue période qui a suivi son parachèvement ; l'ouvrage à terminer était nécessaire pour mêltre la voie dans la condition où-le gouvernement s'était engagé à la placer pour la livrer à la compagnie du cheain de er du Pacifique Canadien.

J'ai déclaré à la Chambre qu'on avait l'intention

e transférer ces travaux à In compagnie du chemin de fer du Pacilique aliu que le chemin püt être mis en exploitation au moment où progressaient les travaux du parachèvement, et parce que c'était le soul moyen pratique d'atteindre cet important résullat. Comme vous le savez, M. l'Orateur, d’après le contrat que j'ai déposé sur le burean, ces arrangements ont été exécutés. La compagnie du chemin

de ler du lactique canadien s'est empuré de tous les travaux qu'il y avait à exécater par les entrepreneura de la section 42, anx prix stipulés daus leur contrat, moins 15 pour 100 gur les travaux que les premiers ontreprencurs avaient entrepris, qu'ils voulaient exécuter, ok auxquels, vu que cela diminuuil lo coût des travaux qui restaient à faire, le gouvernement el la compagnie ont reconnu qne les chireprencurs nvaicnt droit en justice. Jin const. quence, ces trevanix ont été terminés onù sont à se terminer sous la direction de la compagnie du chemin de fer du Pacifique canadien, aux mêmes eandiions et au méme coût ponr Je pays, en vertu des contrats passés avec les entrepronenrs de la section 42. On à anséi convenu de laisser cxéctiter la partie de l'ouvrage restant À faire sur les sections 18, 26 ot 43, par la compayrnie, aux plus basses conditions, aux prix que des travaux semblables avaient coûté d'après les dispositions de ces contrais. La somme de $236,000 à été payée pour ces travaux exécutés par la compagnie du chemin de fer du Pacifique Canadien, tout à fait en dehors de son contrat pour fout le chemin. Je puis dire ici que je n’examine pas du tout colte question, parce que le contrat passé avec la compagnie est précisément fait dans les mêmes conditions que ceux passés avee n’importe quels autres particuliers où entrepreneurs, et n’a aucun rapport au sujet que nous allons discuter.

Je puis dire, à propos des travaux sur les 213 milles depuis Port-Moody jusqu'à Kimloops, que le progrès a été tout À fait satisfaisant. Comme la Chambre le sait bien, les entrepreneurs de ces 213 milles étaient M. Mills et M. Onderdonk, ce dernier intéressé anx deux entreprises. D'une estimation de plus de #9,000,000 environ pour le coût des travaux sur cette section, on a exécuté déjà pour une valeur de plus de $7,000,000, et, avec le nombre d'hommes à leur service et le progrès qu'ils font, nous aVons loute assurance que les iravanx seront terminés avant le temps fixé par le contrat ; de fait, les lisses seront posées depnis Port-Moody jnsqu'à Kamloops, en septembre prochain ; et avant le temps —je crois que je pourrais dire beaucoup avant Île

{1 tempa—fixé par le contrat, Lous les travaux seront paruchevés,

Jo suis heureux, M. l'Oratour, da pouvoir dire que d'après les autres renseignements que NOUS LVONS US jusqu'à présent, como je l'ai déjà dit, des travaux pour uno Valeur de plus ‘da #7,000,000 sur une dépeuss estimée à $9,000,000, ont él& complétés, ce qui fait voir que le coût ne dépassern pas l'estimalon que j'en vi déjà fuite à la Chambre, Ensuite, Ja compagnis ébait Lennie, d'après les conditions stipt l6es au contrat, de Constrnire 660 milles du chemin, depuis Callinder jusqu'au Port-Arthur, ainsi qu'une voie depuis la rivière Rouge jusqu'à Kamloops, distance qui, par le tracé actnel, est d'environ 1,250 railles, ce qui fait en tout 1,900 anilles au plus près possible. Les convois circulent aujourd'hui sur 1,181 millessbien qu'il n’y ait pas trois ans d'écoulés depuis que le Parlement a ratifié le contrat en vertu duquel les travaux ont été exécentés, Ües faits ont rapport à la voie principale, mais la compagnie a aussi construit 289 milles d'embranchements sur lesquels les trains cireulent, ce qui fait maintenant en exploilation pas moins de 1,%70 milles de voie principale et d'embranchements. On a encore exécuté une quantité considérable de travaux sûr 160 milles de lu voie en sus des 1,181 milles, des travaux d'exécution Lrès diffieile, au nord er outre du lac Supérieur. La compagnie emploie actuellement 9,000 hommes à la construction de la partie de la voie qui reste à être complétée dans cette région ; et, comme je Pai déjà dit, avec la inuin-d'wuvre et l'outillage qu'elle à à sa disposition pour faire les travaux, nous avons raison de croire qu'il est tont à fait possible de lerminer le chemin d'an bout à l'autre pour la fin de 1885.

Maintenant, M. l'Orateur, je puis dire à propos de la nature des travaux, que lorsque le contrat a été passé avec la compagnie du chemin de fer du: Pacifique canadien, quelques membres de cette Chambre craignaient qu'on n’eût pas pris les moyens nécessaires pour que |è gouvernement pût: s'assurer que les travaux seraient exécutés d’une façon aussi parfaite et aussi complète qu'il était désirable. J'ai

répondu à ces eritiques que, comme nn compagnie couxtruisait pour elle-même ot comme le coût de inise en exploitalton de ln voie devait, pour fout Je Lenps à venir, dépendre de Ja façon dout les travaux seraient exécutés, nous avions dans ees faits une enrantie meilenre que celle que pourrait nous offrir le meilleur type de epnstruelion, que les travaux sornient bien exécutés. Je pense, M. l'Oraleur que je n'ai pas besoin de‘dire à cette Chambre que la

Façon dont la compagnie du chemin de fer du

Pacifique eanadien exécuté les travaux est snffisam. anont salisfaiannte pour justifier, coimne elle a justifié, l'approbation et l'adimiration non-restreintes de tous ceux qui ont visité el examiné ce chemin et qui counaissent quelque chose de la construction des chemins de for aux Etats-Unis et au Canada, Un grand nombre de personnes ayant pleinement qualité pour juger de Lx valcur des travaux de la voie ferrée, l'ont parcourne, et elles n’ont exprimé qu'une opiuion : c'es que Hou-seniement les travaux raenlioune au contrat ont 66 complètement et fidèlement exéeutés, mais qu'on a dépassé on tout les stipulalions du marché, et qu'on ne peut’ tronver dans aucune partie de ce continent, un plus beau chemin passant à iravers une contrée semblable. L'ingénicur en chef de chemin de fer du Pacifique Canudien, à visité lès travaux de temps à autre ct il affirme, uinsi que M. Saudford Fleming, ancien ingénicar en chef dn chemin de fer du Pacifique canadien, qu'il serait tmpossible de trouver des tra- “aux exécutés d'une manière plus salisfaisante que celle dont la compagnie du cherain de fer du Pacifique canadian a accompli les siens. ‘ [l est peut-

être à désirer que je donne uuc légère idée du

caractère des travaux à exécuter. Depuis la jonction Sudbury jusqu'à Michinicotan, on dit queles travaux sont faciles, le nivellement de la plus grande partie étant fait de sable : cette distance est de 260 milles. Sur Jes 140 milles depuis Michipicoten jusqu'au Pic, on dit que les travaux sont d'exécution modéréinent facile ; les coupes sont généralement dans la glaise où dans le sable, et quelques-uns dans le roc. Depuis le Pie jusqu'en deçà de 33 milles de Nepigon,

les travaux sont d'exécution cxcossivement difficile, le nivollenént se faisant surtont dans le roc dur ; la distance est de 96 milles. C'est sur ces travaux difficiles que, pour une grande partie, les forces con#idérables dont j'ui perlé ge concenirent actuelle. ment. LVonr les 35 milles qui restent jasqu'à Nepigon, les travaux sont d'exécution modérément facile ; le lerrassement esl à pen de chose près terininé.

Puis, pour ce qui concerne les travaux dans les ‘montagnes Rocheuses, depuis le sommet de ces mon- (agnes jusqu'au pied, on peut diro que les travaux sont généralement difficiles avec, pour de courtes distances, des endroits où les tavaux sont très diff. ciles ; distance, 45 milles. Du pied des montagnes Rocheuses au pied du mont Selkirk, les travaux sont légers, le pays étant plat ; distance, 30 milles. Depuis le versant oriental du Mont Selkirk jusqu'à l’ontrée de la passe de l'Aigle, on peut considérer les travaux comme d'exécution relativeinent facile pour des lravaux de montagnes, Île lerrassement étant on grande partie fait de gravier ; distance, 64 milles. Le reste de la distance à partir de l'entrée de la passe de l'Aïgle jusqu'à Kamloops, 161 milles, nécessite des travaux d’un Caractère moyen, les coupes se faisant dans le roc, la glaise et le gravier. Cela fait en tout 780 milles qui restent à être construits au nord du lac Supéricur et partie qui lie l'extrémité de la voie, au sommet des montagnes Rocheuses, avec Jes travaux que le gouvernement fait exécuter à Kamloops.

Le sommet des montagnes Rocheuses est à une élévation de 5,300 pds. et celui du mont Selkirk, * 4,316. Je,dois dire, M. l'Orateur, que jusqu'à ce moment:ci, la compagnie du chemin de fer du Pacifique canadien a fait exécuter ces travaux avec. une vigueur qui ne s’est jamais déméntie ; et elle n’a, pour ce qui concerne l'exécution du contrat intervenu entre elle et le gouvernement donné aucun sujet de plainte au sujet du mode d’après lequel elle a procédé. 1lest bien connu de la Chambre qu’en octobre dernier, la compagnie s’est adressée au gouvernement pour faire garantir l'intérêt sur le

capital ndn paré de Ja compagnie — environ $65,000,000. Comme La Chambre le sait, ln première proposition demandait una garantie aur toute ln somme de #100,090,000 du stock émis, el In compagnie supposail alors—cl, de fait, je crois qu'elle avait Taison de kupposer—qu'on n'ém'ouvernil aucune difficulté à obtenir l'argent nécessaire pour garuntir le paiement d'un dividende de 3 pour 100 sur tout le stock, les #100,000,000 en entier. Par Ju snile on a trouvé la chose impraticable, et on à modifié la proposition présentée de façon à liruiter la garantie à tout le stock non payé, les 865,000,000, cf à faire äéposer ontre les mains du gouvernement la balance $36,000,000, et aucune autre partie du stock émis, à moins que la compagnie ne déposât l'argent nécessaire pour fournir la gerantie de 8 pour 100.

Je n'aurai pas besoin de discuter bien longuement les raisons qui ont coutraint la compagnie à agir de la sorte. [l'est parfaitement eonnu de la Chambre que les fonds de chemins de fer--les voies ferréos transvontinentales et tout ce qui les concerne—ont subi uue baisse très prononcée à New-York, qui a mis la compaguie dans l'impossibilité de vendre le reste du stock—vente sur laquelle elle comptait pour obtenir de l’argent afin de parachever le chemin de fer du Pacifique canadien avec la célérité vigoureuse qu'elle a mise à faire exécuter les travaux--à moins d'un sacrifice ruineux, Je n'ai pas l'intention; en cetice circonstance, de parler bien longuement des causes qui ont particulièrement affecté le chemin de fer du Pacifique Canadien. Je-désire, en faisant un exposé calme, non passionné, de la position des affaires de cette grande entreprise et de la question qui se présente actuellement à la Chambre—éviter. autant que possible de soulever auenue question portant ün Caractère de controverse. Mais je dois dire à la Chambre, ce qui est bien connu, qu'aux Etats-Unis, les gens qui sont intéressés an Northern Pacific Railway, au Central Pacific Railway, ét à l'Union Paciñc Raitmay—de fait à toutes les voics qui traversent le continent-—les gens qui, il y a quelques années, regardaient l'idée de voir construire un chornin de fer da Pacifique Canadien par

In population du Dominion, comme lout à fait illusoire, ét en parlaient connne d'une afluire qui ne devait leur inspirer que fort peu d'inquittudo, ont graduellement, mais finalement el en très peu de temps, changé d'ominion au sujet de cctte grande entreprise, [ls ont trouvé que ln vigucur miss à l'exécution des travaux à fait du prochain parachôvement du chemin de fur du Pacifique Canadien une question placée bien loin du domaine purement théorique ; ef ils ont appris, par l’examen de l'affaire, lorsqu'on. à appelé leur attention sur le sujet, que le Canadn possède, pour la construction d'un chemin de fer transcontinental, des avantages qui en feraient un rival formidable du Northern Pacific Railway, où de l'Union Pacific Raihvay et du Central Pacific Railway.

It le résultat qu'a eu celte découverte des grands avantages qu'ofrirait un chemin de fer du l’acifique janadien a été d'augmenter l'hostilité active de tous les chemins do fer transcontineutaux—et je puis dire, de toutes les voies qui, aux Etats-Unis, ont des rapports avec ces chetnins—au projet canadien, Tt je voudrais pouvoir dire que l'hostilité à cette grande entreprise nationale n’a pas eu à subir d’hostilité cn decà de nos frontières, comme elle en a snbi au delà ; maisil est bien connu qu'on a Lenté de décrier cette grande entreprise—bien plus, de l'abattre même si sa ruine entraiuait, si possible, celle du Canada--non seulement à New-Vork, mais sur le . marché de Loudres, et avec une détermination vigoureuse, mais, ainsi que je Pai déjà dit—et je ne désire pes retenir la Chambre bien longtemps sur cette question—-le résultat est hien connu—la valeur du stock de la compagnie du chemin de fer du Pacifique Cänadien a tellement baissé, qu'il à 66 impossible à la compagnie d'obtenir de largent de cette source, suffisamment pour la mettre en état d'avancer avec rapidité vers l'achèvement de sa grande entreprise. La Chambre se souviendra que, lorsque le parlement créait les moyens d'exécuter cette grande entreprise, on a dit au gouvernement qui soumettait la demande à la Chambre, que nous accordions une trop forte subvention pour assurer l'exécution de

KE

œuvre. On nous a dil qu'en outre des #28,000,000 en travaux que nous étions À exécuter, nous donnious #25,000,000 en urgent, ot une quanlité déraisonnubla de Lorres, alors que nos ajoutions 26,000,000 d'acres, attendu qu'une telle dotation n'élail pas nécossnire pour assurer ploinement le parachèvement de l'enreprise Eh bien ! on à estimé cette lLerre—sans bouucoup de dispute, je puis dire—comme ayant une valenr d'environ $2 l'acre : adméltant donc que tout cola (Mt vrai, cela aurait ongagé Île Canada à payer pour la construction dn chemin de fer du Pacifique, #103,000,000. |

Mais voici quelle a été noire réponse-et la chose a élé pleinement Ctablie par unc expérience ultérieure—que si grande que fut la quantité, si considérable que ft la valeur de ces terres, si grande que fût la valeur qu’elles acquerraient par suite de la construction de cetle grande voic ferrée: el des embranchements que la compagnie projetait d'y faire, la compagnie ne pourrait pas obtenir de la vente de ces Lerres l'argent nécessaire pour exécuter l'entreprise. Cela a été abondamment démontré par les faits. Malgré tons les efforts qu'il était possible. de tenter pour réaliser la valeur des terres, le temps est arrivé où il est devenu évident que, si grande que fût la valeur de la proprité de la compagnie, il serait timpossible, par l'émission seule du capitalactions de Ja compagnie, d'oblenir les moyens d'exécuter l'entreprise.

Comme je l'ai dit auparavant, les ressources de la compagnie opt diminué de valeur, et si elle jetait sur le marché les $35,000,000 en stock qui lui restent, ce scrait un sacrifice par lequel elle n'obtiendrait pas même les moyens qu'elle veut avoir. Je n'ai pas besoin, avec les documents qui vous sont soumis, de parler du mode adopté pour créer les dividendes, garantis sûr le capital-nctions. Vous savez que la compagnie a versé $8,710,240 comptant, et vous savez qu'elle a pourvu au paiement de tout l'argent nécessaire pour fournir au gouvernement des garanties complètes qui couvrent celle qu'il donne.

Jeuë pense pas qu'il y ait un seul mermbre de “elte chambre ni au dehors qui contestern qu'il est désirable que le gouvernement assure le prompt parachètement de cette grande entreprise, en necordant le socoure demandé, Le gouvernement n'a guére dépassé les capacités d’ompruut ordinaires d'un gouvernement, Natnrellerncnt on no paul soulever d'objeelion à propos des #8,710,240 qui constituent la garantie pour cinq ans. Cula élant tout à fait en deçà de la limite de la capacité d'emprant du gouvernemeut, et ce n’était qu'exréder bien légèrement ce pouvoir—bien que la chose demandât certdinement l'approbation de Ja Chambre et quo le gouvernement à toute confiance de la voir approuvée par la Chambre—que d'accepter des garanties qui r'offrent aucun doute pour le paiument d'une partie de l'argent à un jour différé; ce qui permet, comme on le désirait, de continuer les travaux avec la même vigueur que celle qui a jusqu'à présent cararhérisé sa construction. Il y à un autre point

sur Jequel on pourrait s'attendre que j'appelle l'at-

tontion de la Chambre pendant quelques instants, et qui à rapport à la garantie: c'est qu’en outre des bons représentant les terres concédées, qui ont été déposés pour garantir le paiement de l’ensemble de la somme requise comme cautionnement pendant

les dix ans pour lesquels Ie gouvernement se rend. responsable, une subvention postale prisée à 83,000,

000, a été prise comme partie du cautionnement. Je suis tout à fait sûr que-ceux qui se. donneront la peine d'examiner cette question, trouveront que le gouvernement était pleinement justifiable d'agir de la sorte—et que de fait ce n'était pas une nouveauté

que de faire servir une subvention postale à pareille:

Hu. © On savait que nous donnions une subvention postale considérable au chemin de fer du Pacifique

aux mêmes taux qu'aux autres voies. ferrées ; et:

qu'en fort peu de temps, advenant le parachèvement

de l'ouvrage, et même avant qu'il fût terminé, uous

“paierons $120,000 comme subvention postale, ce qui

représenterait les .$8,000,000 qui ont ‘été pris en : garantie, sans égard. au service de transport. que la...

compagnie avait à faire pour le département de l’inus 9: ri un : à ‘ +

ous

eu!

TR

érieur en rapport avec l'administration des affaires de l gendarmerie à cheval, Mais à part cela complélement, je dis qu'on sail qu'un faux payé anx autres chemins de fer, Ja compagnie aura droil à une subvention de pas moius de #204,000 par année, lorsque lo chemin sera Lerminb, pour le transport des malles, ce qui à une date prochaine, reprtsentera un montant beancoug plus considérable que leu #8,000,000 en obligations déposés entre les mains du gouvernement pour assurer la inise en exploitation de la Vois pour dix ans-ut, comme je le ferai voir dans un inslant, c’osl une œarantie doult, nous le savons aujourd'hui, Pexéeution ne sera jamais oxigée ; nn pronior droit sur tue antre somine de $5,250.000 en obligations,--ln carontie prise était tout à fait suffisante, indépendamment de Ja subvenlion postale, pour couvrir la somme entière que le gouvernement était roquis de garantir. J1 s'est alors agi pour l gous craement de savoir si, dans le bat non de rendre Ja compagnie dn chemin de fer du Pacifique capable d'exéenter son contrat —je désire que la Charabre cmnprenne toat d'abord que le compagnie dn chemin de fer du Pucifique ne. désiré apporter aucun changement aux dispositions dn contrat—que la compagnie de chemin de fer du Pacitique canadien, prenant en considération la propriété qu'elle possède—eslimant la valenr qu'elles ont d’une façon plus wodérée que celle adoptée par les honorables membres de la gauche, d'une façon à laquelle la Chambre pourra donner son assentiment —0n faisant l'estinialion la plns modérée de ls valeur de ses terres, là compagnie du chemin dé fer du Pacifique Üanadien sait qu'elle esi en état d'exéculier son conbrat sans en changer une scule lettre. Il n’y à pas de proposition de soumise aujourd'hui à la Chambre pour changer une seule ligne du côntrat passé avec la compagnie du chemin de fer du Pecilique canadien. Il doit rester aujourd'hui ce qu'il était le jour où nous l'avons déposé sur le bureau de la Chambre. Loin de diminuer en valeur. tout le monde sait qu'à chaque nouvelle année la . Compagnie du chemin de fer du Pacifique Canadien a pris une position de plus en plus forte.

Chacun sait que l'expérience l'aile dans ] vonte de ses Lerros—de Lrois à quatre millions d'acresne permet pas de douter qu'avec celte subvention, elle a amples inoyens de lovminer Jes travaux, avec les moyens additionnels anxquels elle a déjà pourvu elle même ct qu'elle à nppliqués à faire progresser la construction. Mais ln question qui à 616 soumise à l'examen de fa Chambre el qui a 6 soumise à l'exarnvn du gouvernement, lorsque la compagnie a demandé au gouvernement celle garantie, à condition de déposer l'argent el les eautionnements qui en roprésenteraient chaque dollar, était de savoir si où adopterait cette inosure, non afin de permettre an chemin de fer du Pacifique Canadion gle faire lice À ces obligations el d'exécuter le contrat passé avec le gouvernement, mais pour devaucer de plus de cinq ans le Temps fixé part Je contrat ; et le gouvennement a cru qu'il sgissait suivant les meilleurs intérêts du Canada en adoptant les mesures qui, sans dépeuse et sans risque pour le pays, utleindraient un but aussi grand el aussi désirable que l'onvrinre à l4 population de ce pays de toute cette voie de vonmunieation trauscontinentale, d'un bont à l'autre, dans ce court espace de temps. On sait très bien qu'en faisant un grand effort, la compagnie du Northern Pacifir Raïlimuy a complété sa voie depuis Le lac Supérieur jasqu'à l'Océan Pacifique. ‘On sait bien qu'une fois que le trafic a pris une direcrion, tl'e-t très difficile de l'en faire dévier ei de te faire suivre une autre voie; et nous avons cru que c'était la la première chose à considérer dans l'intérêt du pays —vu que nous regardions ce chewin orme une voie transcontinentale—que de voir à ce qu'à la date la plus rapprochée possible, il y eut une voit de communication pour les voyageurs et pour le trafi. qui traverserait le continent sur le territoire canadien, et de la mettre à même d’appeler pour l'alimenter tous ces voyageurs et tout ce trafic qu'on peut y attirer de notre pays et du pays au

sud du nôtre, ‘ Daus ces'circonstances, le gouvernement a adopté, en les modifiant quelque peu, les propositions faites par la compagnie et a pris des mesures pour fournir

op

la garantie, Je n'ai pus besoin de dire à In Chambre que l'aflaire a GL6 un fiasco — que toutes Lis espérances que la cmapagnie el le gouvernement avaient entre: {onues-—et je puis dire qu'avaient eutretenues les capitalistes, sans exception, du Cnadu, des ltats- . {nis et de l'Angleterre an sujet da résultat prévu et qui devait fournir les moyens requis par J& compagnie pour qu'elle fil mise en état de continuer les travaux avec une vigueur et une célébrité qui en “assureraient le paruchèveinent pour la fin de 1885, que toutes ces espérances s'étaient anéanties misérable. ment, Ona vu qu'on était dans l'erreur. Mais si la compagnie était dans l'erreur, si le gouvernement était dans l'erreur, c'est une erreur dans laquelle les financiers et Jes capitalistes sans exception, et des deux cotés de l'Atlantique, sont Lombés parce qu'on n'entretennit aucuu doute sur ce que dovait être le résultat, Cependant on à activé la guerre dirigée contre le stock du chemin de fer transcontinental ; on à accentué les efforts fails pour amener la baisse du stock de la compagnie du chenin de fer du Pacifique Canadien, et le résultat de tout cela a été. que Je projet s'est terminé par un fiasco signalé non-seulement par an fiasco, mais par un désastre. Car, ainsi qu'on le verra tont de suite, la compagnie s'est trouvée dans cetle situation : qu'ayant failli à Ia tèche d'oblenir une plus-value pour son capital-actions, comme Lout le monde pensait qu'elle ferait, elle s'est trouvée dépourvue des $8,710,240 de ses fonds qu'elle avait déposés entre les mains du gouvernement ; c'était un capital paralysé qu'elle. aurait pu, dans d'autres circonstances, avoir à sa disposition pour continuer les travaux du chemin. : De sorte qu'au lien d'atteindre le but visé, la réalité s'est trouvée l'exact opposé des. prévisions, et la compagnie s’est trouvée dans un embarras plus grand que. tous ceux qu'elle avait eu à surmonter pour :: arriver à un parachèvement rapide et vigoureux des travaux. : . oi C'est dans de pareilles circonstances que le gouver- - nement sonimet les résolutions qui sont maintenant sur Je bureau de la Chambre.‘ Et j'espère, après avoir mis devant la Chambre de la façon Ja plus :

franche ot lu plus ouvorte, tout ca qui à rupport à calte compagnie, tontés 1g$ opérations qui, autant, que j'en puis juger, ont do l'intérôt pour cotte Chambre on ce qui concerne lu position dans laquelle la compagnie se trouve,—que ln Chambre en arrivora à la concinsion que non-seulemant.le gouvemement est jusliliable de soumettre ces résolut'ons, mais qu'il fatilirait À son dovoir envers 1n Chambre ‘et envers le pays, s’il ne soumettait pas les propositions mises sous 108 yeux, non pour pormeétire à la compagnie du chetain de fer du Pacilique Canadien de tirer de nouveaux avantages où de réaliser de plus fortes recettes do lu propriété mise en sa possession, mais pour permettre à la population du Canada de voir terminer avant deux ans cette grande voie transcontinentale, et de profiter de tous les bénéfices qui doivent, d'après les prévisions, provenir de ] achèvement vigonrousement prompt de ces travaux.

Maintenant, M. l'Orateur, la compagnie demande quenous remeftions à plus tard, ou plutôt que les résolutions demandent qu'il soit permis à la compagnie ‘de remettre à plus tard le paiement des $7,380,912 comme garantie des cinq ans. Mais elle laisse un gouvernement d'amples garanties, ainsi qu'il à été stipulé dans le premier arrangement, pour ce retard Pratiquement, la proposition soumise à la Chambre .ne demande qu'un sursis pour le paiemeut des $2,853,912 qui devaient être versés le premier jour de ce mois. C’est le changement à opérer d'iprès J'arrangement déjà fait au sujet de la garantie. On propose de retarder le paiement de cette garantir pour cinq'ans, et de prêter à la compagnie 422,500,06u à être remboursés le premier jour de mai 1891. Voici

__: comment on peut exposer les conditions de cette

avance : D'abord on propose ‘qu'à l'avenir, le paiement pour les travanx exécutés se fasse d’après un principe différent de celui mentionné au contrat. ‘Cest là un changement nominal et non réel dans les conditions du contrat.

‘Quand le contrat a été conclu, il a été stipulé qu'à

… l'achèvement de chaque section de ::0 milles, la com-

‘pagnie recevrait son.paiement, conformément aux

dispositions du contrat, lorsque les 20 milles seraivn £

at utest 1 + : :

au ,h + 5 È u ne .

, }- a Lou ñi Le ‘ ‘ : Ta î + ‘ ri pa Ê sas Hu , ' te , k

terminés ; mais on trouve maintenant que, vu le caractère des travaux à exeuler, il serait impossible eu justica pour lo compmgnie el pour le gouvernement, dappliqner ce mode de paiement. Qu'on prenne le pays au nord du Jac Supérieur, toute la distance offre des conditions faciles de construction jasqu'à co que vons nrriviez nux 95 milles de travaux excessivement difliciles à faire, el si on fuit les” paiements au prorata,—conforménent aux dispositions du contrat, —du nombre de milles constrnits, il ne resterait pas d'argent pour faire face aux dépenses des travanx à faire sur les 96 milles où l'exécution sera plus purticuliérement, diflicile. 11 en est ainsi dans les mnontagnes Rocheuses, pour les 30 ouilles qui sont de construction relativement feile ; 5] nv aurait pas de proportion gardée relativeinent aux autres travaux à exécuter.

On propose seulement de faire un changement ayant pour base le principe d’après lequel les paicments sont fails par le gouvernement en vertu de presque tous Îles autres contrats—je crois pouvoir dire de tous les nutres contruts pour les canaux, les chenins de fer et autres travaux de méme nature, — qui consiste à payer la valeur des travaux exécutés, Toute la section depuis la jonclion Sudbury, point auquel la voie est aujourd'hui rendue, jusqu'à Nipigon, au nord du lac Supérieur, recevra, d’après les. mesures prises, une certaine somme d'argent, et au licu de payer pour chaque 20 milles à mesure que les travaux avancent, ce qui, comme je l'ai dit, vous laisserait saus moyen de terminer les 95 milles sur le parcours desquels les travaux sont d'exécution très difficile, on propose d'adopter le prineipe suivi pour les paiements à faire en vertu de tous les contrats ayant le même caractère et pour presque tous les travaux exécutés sous la direction du gouvernement, dé payer au prorata à mesure que les travaux | avancent, et en tenant compte de la valeur de tout l'ouvrage. Il y a une certaine somme d'argent à payer pour tout le parcours.

L'ingénieur en chef fait sou estimation du cout de l'ouvrage afin que les paiements se fassent en propor-

tion de la valeur totale des travaux. Quand il est

anivé à son rental, D alleste quo les travaux faits, comparés à conx qui restent à foire, justifient te paioment d'une cotsine some d'argent. Coinme je l'ai dif, dans lPintérét du gouvernement nussi bien que dns l'intérét de la compagnie, il Glaitindiipensable de fire ce chansenment, afin de payor au prorata, comimne c'élait l'intention, pour les travaux exécutés par Ju compagnie pour lo gouvernement,

Ensuite, M. POrateur, on propose d'avancer cvs #29,500,000, et n'en pas payer un seul dollar à ln conpagulie sans que les travanx sotont exéculés, on ayant soin de faire la coin paraison uves tout le travail qui reste à faire. De sorte que lorsque les $22,600,000 seront épuisés, avec les $12,710,788 de la subvention au comptant qui reste entre los mains du gouverne. mont, ce dernier aura lu certilude que le chemin sera Lerminé d'une extrémité à l'autre. Voici de quelle façon on peut donner les conditions auxquelles on propose de faire cote avance : D'abord, il y a l'obligaiion déjà mentionnée, d'assurer lo paiement de la garantie à la fin de cinq ans. Ensuite il y a la confiscation de tous les biens de la compagnie, si elle néglige, pendant douse mois, de payer l'intérêt ou le capital. T1 y a la défense de grever davantage la propriété à moins que ce ne soit pour le remboursement:de l'avance. {l est bien possible-—ct il peut être plus particulièrement nécessaire de pourvoir à a chdSse afin de mettre la compagüie en état de se procurer les moyens de payer promptement le gouvernement si l'occasion s'en présentait—on peut, de fait, trouver qu'il est très à désirer de stipuler qu'elle aura le pouvoir de grever la Lerre cancédée pour qu'elle se procure les moyens de se libérer des obligations qu'elle a envers le gouvernement, si l'occasion se présentait. Puis il y a le fait que la balance de $35,000,000 de stock à émettre est retirée du marché. Cela reste entre les mains du gouvernement, et, comme la chose est entièrement sous son contrôle, pas un dollar de ce stock, même si la compagnie employait le montant aux fins stipulées dans le premier contrat relatif à la garantie de 8 pour 109, ne peut être émis sans le consentement du gouvernement, pour les fins du chemin, ou pour rembourser la somme empruntée au gouvernement.

Page 1