‹ Discours de Sir Georges Cartier, baronnet [microforme]Chapitre 1 sur 247 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

J'avais entrepris la publication de ces discours avec l'espoir que je pourrais placer sous une même couverture une étude qui, pour mieux les faire ressortir, comprendrait la VIE POLITIQUE DE NIR GEORGES CARTIER ET SON TEMPS.

Ce projet ne peut être exécuté. Les huit cents pages qui suivent suffisent à peine à contenir en partie les opinions exprimées par l’homme d’Etat canadien, au cours d’une carrière aussi tourmentée qu'excessivement remplie.

Pour mettre cette vie en pleine lumière, il faudrait un autre volume, qui comblerait les lacunes de celui-ci. Les matériaux que j'ai en main en justifieraient la publication. En attendant que je l’imprime, je me contenterai des notices qui, accompagnant chaque discours, en expliquent ie but, la portée, et les circonstances dans lesquelles il a été prononcé.

Posons toutefois quelques jalons pour donner une idée d'ensemble et guider le lecteur à travers les événements dont il sera question.

Sir Greorges Cartier naquit, le 6 septembre 1814, à Saint- Antoine, paroisse du comté de Verchères, située sur les

if DISCOURS DE SIR GEORGES CARTIER

bords de la rivière Chambly. Son père, le lieutenantcolonel Jacques Cartier, était cultivateur, et son aïeul, riche marchand, qui portait le même nom, représenta Verchères (alors Surrey), de 1804 à 1809. Il fit son cours classique au séminaire de Montréal, étudia le droit dans cette même ville, et fut admis au barreau en 1885. Deux ans après, il prenait part à l'insurrection de 1837, notamment au combat de Saint-Denis. Il est assez curieux de constater que le premier discours de ce volume contient un désaveu de la révolte. En 1848, Cartier consentait de se laisser élire pour le comté de Verchères qu'il représenta jusqu’en 1861. Après avoir refusé deux fois d’être ministre, il devenait, en 18/6, secrétaire provincial dans le cabinet MacNab-Taché. L'année suivante, la voix unanime du parti l’appelait au poste de chef des conservateurs du Bas-Cantda. Il remplaçait Taché, tout comme celui-ci avait rexaplacé Morin. En 1858, il formait le cabinet Cartier-Macdorald,qui dura quatre ans. Battu sur la question de la milice, il remplit le rôle de chef de l'opposition jusqu’en 1864, alors que surgit le cabinet Taché-Macdonald. De ce cabinet sortit la coalition avec les libéraux du Haut-Canada, qui devait amener la confédération des provinces. Sir Georges Cartier en fut un des principaux membres, et souvent l’âme dirigeante, ayant à remplir les fonctions de chef de l'Etat durant les absences ou les maladies de sir John-A. Macdonald. Il alla s'éteindre à Londres, le 20 mai 1873, après une longue maladie causée par son opiniâtreté au travail et ses luttes politiques. Marié en 1847 à Mlle Hortense, fille de M. E.-R. Fabre, et sœur de Mgr Fabre, archevêque de Montréal, il eut deux filles de ce mariage,

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