CREUSEMENT DU LAC SAINT-PIERRE
PRONONGÉ LE 11 Mar 1860
A L'ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE
Le lac Saint-Pierre est un élargissement du fleuve Saint-Laurent, qui commence à environ 84 milles en amont des Trois-Rivières; il a 31 milles de longueur et 8 de largeur, Ilest obstruë par des iles et des battures qui de tout temps en ont rendu la navigation diflicile, Dès 1826, les marchands de Montréal s'adressèrent à la législature pour demander qu'elle votât des fonds pour y creuser un chenal, car lorsque les eaux étaient basses, on n'avait que 114 pieds de fond. Le commandant Baylield, de la marine royale, fut chargé du relèvement du lac en 1830, et, à la suite d’une représentation très pressante de la chambre de commerce de Montréal, le département des travaux publics affecta, en 1841, une somme de $284,700 pour obtenir une profondeur de quatorze pieds. L'on abandonna l’ancien chenal pour en creuser un autre à travers les battures, Commencés en 1845, les travaux furent continués l’année suivante, mais suspendus en 1847, à cause du manque de fonds. Un acte passé par la législature, au mois d'août 1850, autorisa les commissaires du havre à creuser le chenal à une profondeur de seize pieds, et à prélever un péage n'excédant pas 20 cents, par tonneau enregistré, de tous les navires tirant dix pieds d’eau ou plus, chaque fois qu'ils passeraient dans le lac, A la suite d’une nouvelle exploration, ils renoncèrent au nouveau chenal pour entreprendre le creusage et l’élargissement du chenal naturel. En 1852, ils furent autorisés à emprunter $160,000 pour exécuter les travaux, puis $400,000 en 1855, ce qui leur permit de les pousser vigoureusement, En 1860, le gouvernement leur avança $60,000, Cette même année, le chenal atteignait une profondeur de 174 pieds à l'eau basse, et le gouvernement, voulant abolir les péages sur les navires qui traversent le lac, se chargeait de la dette de 680,000 qui avait été contractée jusqu'alors par la commission du havre, Dans l'été de 1865, un navire tirant 20 pieds d’eau avait pu se rendre de Québec à Montréal pendant la saison des basses eaux. Le 30 juin 1867, le coût total du dragage s'élevait à