‹ Discours de Sir Georges Cartier, baronnet [microforme]Chapitre 122 sur 247 · EXPLICATIONS MINISTÉRIELLES · texte numérisé non relu

EXPLICATIONS MINISTÉRIELLES

demain, lorsque la Chambre connaîtra les noms des trois nouveaux ministres, elle n'aura que des félicitations à nous décerner, Dans les présentes circonstances, il vaut mieux, à mon avis, pour la droite et pour la gauche, ne pas commencer le débat aujourd'hui. Je propose donc, appuyé par l'honorable M, Galt, que la Chambre s'ajourne à demain.

M. Srcorre.—Les amendements que l'opposition a dessein de proposer n'ont pas été communiqués au gouvernement d’une manière officielle pour une raison toute simple : nous ignorons encore la composition du ministère auquel il faudra les adresser. Sera-ce bien celui-ci ? Si c'était un autre, il faudrait peut-être modifier nos vues, Aussitôt que le gouvernement sera au complet, et qu'il pourra procéder à l'expédition des affaires, je me ferai un devoir de lui communiquer officiellement les amendements dont il a eu avis d'une façon officieuse.

M. Carrien.—Je dois relever l'observation de mon honorable ami, qui a trait à l’organisation du cabinet, Le gouvernement existe, et l'honorable député de Saint-Hyacinthe peut être assuré que, tant que j'en serai le chef, tant que je ne me serai pas démis, entre les mains de Son Excellence, il n'aura aucunement l’occasion de modifier ses amendements, car les nouveaux ministres seront imbus de l'esprit qui anime le gouvernement Cartier-Macdonald,

M. Sicorre.—L'honorable premier ministre me semble, en ce moment, parodier le grand roi qui disait : “L'état c'est moi.” Le ministère existe, nous a-t-il dit, C’est vrai, il existe, mais jusqu’à quel point ? Il me fait l'effet d’être à l’agonie. Quoiqu'il en soit, le pays et cotte Chambre ont raison de se plaindre de lui, qui n'aurait pas dû convoquer les Chambres sans avoir remédié au grave délabrement dans lequel nous apparaît son gouvernement. Il y a dix jours, l'honorable premier ministre savait tout comme aujourd’hui, que tels membres du cabinet se démettaient pour occuper certaines charges de l'Etat, et il est regrettable que le pays ait à souffrir de tous ces atermoiements,

M. CarTiER—Je répète que le gouvernement existe, et nous pourrions, si nous le jugions à propos, commencer à cette heure même le débat sur l’adresse. Mais nous avons préféré donner tout l'avantage possible à l'opposition, qui, par l'absence forcée des nouveaux ministres, sera plus forte pour combattre l'adresse,

Le gouvernement va se rendre avec plaisir à la demande de l'honorable député de Saint-Hyacinthe, La démission de l'honorable commissaire des travaux publics (M. Ross) qui a été remplacé par l'honorable député de Môntmorency (M. Cauchon), est facile à expliquer. A la dernière session, l'honorable commissaire me fit part du mauvais état de sa santé et de l'impossibilité où il so trouvait de continuer à administrer le département qui lui avait été confié, avec tout le soin attentif qu'il aurait voulu encore y apporter. Si c'est toujours avec regret que je me sépare d’un collègue, je dois le dire, cette démission m'a été bien particulièrement sensible. L’honorable commissaire pensait qu'un voyage en Angleterre contribucrait à restaurer une constitution évidemment surmenée. Je l'ai prié avec instance de ne pas se démettre, je l'ai assuré que Son Excellence lui permettrait de faire ce voyage, mais, avec l'extrême délicatesse qui le caractérise, il s’est refusé à cette offre, me disant qu'il lui faudrait être absent trop longtemps et que l'administration de son département aurait à souffrir de son absence, À l'égard des autres pertes que nous avons éprouvées, je laisse à mon honorable ami, le procureur général du Iuut-Canada, le soin de vous en donner l'explication.

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